La Messe: …………………Offertoire -> Lavabo - Hozana

La Messe: …………………Offertoire -> Lavabo

La Messe: …………………Offertoire  ->  Lavabo

      Simon de Cyrène aide Jésus à porter la croix. Cinquième station du chemin de croix de la colline des Espélugues surplombant la grotte de Massabielle à Lourdes,

       Cinquième publication de l’EXPLICATION DE LA MESSE d’après les notes prises lors des différents explications données par Dom Guéranger à ses moines : Elle concerne les prières de l’offertoire, puis de l’encensement et le rite du lavement des mains. 

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OFFERTOIRE

            Après que le Symbole de la foi ait été chanté par tous les fidèles, le Prêtre baise l’autel, et se tournant vers le peuple, il dit : Dominus vobiscum, à quoi l’on répond comme à l’ordinaire : Et cum spiritu tuo. Pourquoi le Prêtre a-t-il baisé l’autel ? Parce que, devant se tourner vers les Fidèles, il veut leur envoyer le baiser du Christ, et le Christ est représenté par l’autel.

            Vient alors la lecture de l’Offertoire ; usage moderne, puisque autrefois tout ce que le chœur chantait n’était pas dit à l’autel. Ici, les fonctions des différents Ordres sont bien marquées : le Diacre présente au Prêtre la patène sur laquelle est l’hostie. Le Diacre ne consacre pas, mais il peut porter la sainte Eucharistie, il peut la toucher et l’administrer ; ne nous étonnons donc pas de ce qu’il fait ici, tandis que nous voyons le Sous-Diacre rester beaucoup plus loin du Célébrant.

            Le Prêtre recevant la patène et offrant l’hostie, dit l’Oraison : Suscipe, sancte Pater. (Recevez, ô Père saint) Cette Oraison date du 8e ou du 9e siècle.

            Pour bien comprendre toutes les Oraisons qui vont suivre, il est nécessaire d’avoir toujours le Sacrifice présent à la pensée, bien qu’il ne soit pas encore offert. Ainsi, dans cette première Oraison, Il parle de l’hostie que l’on présente au Père éternel bien que cette hostie ne soit pas encore l’hostie divine. Et cette hostie est sans tache : immaculatam hostiam ; il y a là une allusion aux victimes de l’Ancien Testament qui devaient toutes n’avoir aucune tache, parce qu’elles étaient la figure de Notre Seigneur, lequel devait un jour nous apparaître immaculatus.

            Dans cette Oraison, la pensée du Prêtre va plus loin que le moment présent ; il pense à l’hostie qui sera sur l’autel après la consécration, hostie qui est la seule véritable. Et pour qui l’offre-t-il ? Ici nous voyons quel avantage procure l’assistance à la Messe ; car non-seulement le Prêtre offre l’hostie pour lui-même, mais encore pour tous ceux qui l’entourent :

            Pro omnibus circumstantibus. (Pour tous ceux qui sont ici présents) II mentionne toujours tous ceux qui sont présents. De plus, l’action du Sacrifice de la Messe s’étend si loin que le Prêtre parle de tous les fidèles, et n’a garde d’omettre les défunts ; il en fait mention immédiatement, disant : pro omnibus fidelibus christianis vivis atque defunctis ; (Et pour tous les chrétiens vivants et morts) car non-seulement la Messe doit apporter gloire à Dieu, mais encore elle procure le bien des hommes.

            Les quatre Oraisons de l’Offertoire ne sont pas très anciennes ; il était laissé autrefois aux différentes Églises la liberté de choisir leurs formules de prières pour ce moment ; seul le Canon n’a pas subi de changements ; il a toujours été le même partout. Depuis que saint Pie V a donné son missel, qui est celui que nous avons, il n’a plus été permis de rien changer aux formules par lui acceptées ; mais la différence des époques auxquelles remontent ces diverses prières explique celle que l’on remarque entre le latin de ces Oraisons et celui du Canon qui est bien plus beau.

            Le Prêtre ayant achevé l’Oraison de l’oblation, fait la croix avec la patène, et dépose l’hostie sur le corporal. Il forme le signe de la croix pour montrer l’identité qui existe entre le sacrifice de la Messe et celui du Calvaire. Après cela le Diacre met le vin dans le calice, et le Sous-Diacre s’approche à son tour pour remplir son office, qui consiste à mettre l’eau dans ce même calice : c’est ce qu’il y a de plus élevé dans ses fonctions.

            L’Oraison qui accompagne cette cérémonie est très ancienne ; elle remonte aux premiers temps de l’Église, et il est facile de voir qu’à l’époque où elle fut composée, l’on savait encore parler le latin. Elle nous fait comprendre quelle est l’importance, la dignité de l’eau employée dans le saint Sacrifice. Pourquoi met-on de l’eau dans le calice ? Parce que, selon la tradition, Notre Seigneur lui-même, instituant l’Eucharistie, en mêla au vin, comme tout homme sobre doit le faire, et l’Église continue à observer cet usage. Mais elle profite de cela pour nous parler un magnifique langage, et nous découvrir de sublimes mystères.

            L’Église dit donc : Deus, qui humanae subtantiae degnitatem mirabiliter condidisti. (O Dieu qui avez créé la nature humaine d’une manière admirable). A quel propos parle-t-elle ici de la dignité de l’homme ? Pourquoi rappelle-t-elle ici la divinité et l’humanité de Jésus-Christ ? C’est que le vin et l’eau employés sont ici des figures ; le vin représente Jésus-Christ comme Dieu, l’eau le représente comme homme. La faiblesse de l’eau comparée à la force du vin exprime la différence qui existe entre l’humanité et la divinité de Jésus-Christ. Nous devons aussi nous voir nous-mêmes dans cette eau, puisque nous avons fourni à Notre Seigneur l’humanité par Marie ; aussi l’Église exprime-t-elle à ce propos ses sentiments d’admiration, et aime-t-elle à rappeler la dignité de l’homme.

            Déjà le Prophète royal nous a parlé de cette dignité, lorsqu’il dit dans le Psaume : Constituisti eum super opera manuum tuarum, omnia subjecisti sub pedibus ejus : Seigneur, vous avez établi l’homme sur les œuvres de vos mains, vous avez mis toutes choses sous ses pieds (Ps. VIII). Et si nous nous rappelons la manière dont Dieu l’a créé, nous ne sommes pas étonnés d’entendre l’Église dire qu’il a été créé d’une manière admirable. Lorsqu’il s’agit de l’homme, Dieu prononce cette parole  » Faisons l’homme à notre image  » Et ce qu’il dit, il le fait.

            Mais si l’homme a été ainsi créé, il a été, après la faute qui l’avait fait tomber, relevé d’une manière plus admirable encore, et l’Église ne manque pas de le dire : Mirabilius reformasti. Oui, Dieu l’a relevé plus merveilleusement qu’il ne l’avait créé, en épousant par son Fils la nature humaine, et reformant ainsi l’homme.

            Da nobi per hujus aquae et vini mysterium, ejus divinitatis esse consortes, qui humanitatis nostrae fieri dignatus est particeps, Jesus Christus Filius tuus Dominus noster : Faites-nous, par le mystère de cette eau et de ce vin, participer à la divinité de celui qui a daigné se faire participant de notre humanité, Jésus-Christ, votre Fils Notre Seigneur. L’Église met aussi tout d’abord en relief le mystère de l’Incarnation, par la pensée de l’eau et du vin réunis dans un même breuvage ; elle rappelle de cette sorte l’union de l’humanité et de la divinité de Notre Seigneur, et elle demande à Dieu que nous participions à la divinité du Seigneur, ainsi que le dit saint Pierre, dans sa IIème Épître : ut per haec efficiamini divinae consortes naturae, c’est à dire que par les promesses qui ont été accomplies en Jésus-Christ, nous soyons participants de sa divine nature. Cette déification, commencée sur la terre par la grâce sanctifiante, s’achèvera au ciel dans la gloire. Dans le paradis terrestre, le diable avait dit à Ève que, si elle voulait avec Adam suivre son conseil, tous deux deviendraient comme des dieux. Il mentait, car alors comme aujourd’hui, le fidèle accomplissement des préceptes divins pouvait seul élever l’homme jusqu’à Dieu. Dans le ciel nous serons comme des dieux, non pas que nous le devenions en nature, mais par la vision béatifique nous verrons Dieu comme il se voit lui-même, et notre état sera celui de créatures placées immédiatement au-dessous de la divinité. L’Église tient à nous rappeler cette pensée, et elle le fait dans cette Oraison, en nous parlant de l’incarnation du Verbe, qui est le principe de la vraie grandeur de l’homme.

            Aux messes des morts, le Prêtre ne bénit pas l’eau, et il y a ici un second mystère. En effet, l’eau représente encore les fidèles, et le vin représente alors Notre Seigneur Jésus Christ. L’emploi de l’eau et du vin est donc la figure de deux mystères à la fois : le mystère de l’union de la nature humaine et de la nature divine de Notre Seigneur ; puis l’union de Jésus-Christ et de son Église, qui se compose de tous les fidèles. Or, l’Église n’a plus de juridiction sur les âmes du Purgatoire ; elle ne peut plus exercer sur elles le pouvoir des clefs. Tant qu’elles sont sur la terre, elle use à leur égard de la puissance qui lui a été donnée par Notre Seigneur de lier et de délier ; et elle conduit ainsi l’âme soit dans l’Église triomphante, et alors l’église de la terre s’incline et l’honore ; soit dans l’Église souffrante, et alors elle prie pour elle. Quant à exercer sur elle un pouvoir quelconque, elle ne pourrait plus le faire ; il ne lui reste que l’intercession. L’Église, en ne bénissant pas l’eau à la messe des morts, montre donc qu’elle n’a plus sur les âmes du Purgatoire aucune autorité.

            L’eau est tellement indispensable pour le saint Sacrifice de la Messe, que, s’il arrivait qu’on ne pût s’en procurer, il faudrait, même un jour de Pâques, s’abstenir de dire la Messe.

            D’un autre côté, on ne doit jamais mettre d’eau en proportion assez grande pour que le vin en soit altéré ; car en ce cas il n’y aurait pas consécration.

            Les Chartreux qui suivent la liturgie du 11e siècle, et les Dominicains qui suivent celle du 13e, ne font pas cette cérémonie à l’église ; ils la font à la sacristie, et quelquefois aussi à l’autel, mais avant le commencement de la Messe.

            L’eau et le vin ayant été mêlés dans le calice, le Prêtre offre ce calice à Dieu en disant ces paroles : Offerimus tibi ; Domine, calicem salutaris, tuam deprecantes clementiam, ut in conspectu divina Majestatis tuae, pro nostra et totius mundi salute, cum odore suavitatis ascendat. Amen. Nous vous offrons, Seigneur, le calice du salut, invoquant votre clémence, afin qu’il s’élève comme un parfum plein de suavité, en la présence de votre divine Majesté, pour notre salut et celui du monde entier. Amen.

            Dans cette prière, l’Église porte sa pensée sur ce que deviendra le calice. Il ne contient encore que du vin, mais plus tard il ne restera de ce vin que les accidents, les espèces ou apparences ; la substance disparaîtra pour faire place au sang de Notre Seigneur lui-même. L’Église prie donc Dieu de voir au-delà de ce qu’elle lui présente dans le moment, et elle demande que ce calice soit devant lui en odeur de suavité, c’est-à-dire qu’il lui soit agréable, afin d’opérer le salut de tous.

            La prière de l’offrande étant finie, le Prêtre dépose le calice sur le corporal, faisant d’abord comme avec la patène, le signe de la Croix sur l’endroit où il va le placer, afin de montrer encore une fois qu’il s’agit ici du Sacrifice de la Croix. Dans l’Église latine, le pain est placé sur l’autel devant le Prêtre, le calice entre le pain et la croix de l’autel : les deux offrandes sont ainsi l’une devant l’autre. Les Grecs au contraire les mettent tous deux sur la même ligne, l’hostie à gauche et le calice à droite. Le calice une fois déposé sur le corporal, est recouvert de la pale. La pale est un linge que l’on a durci pour lui donner plus de consistance, et que l’on place sur le calice pour empêcher que rien ne puisse y tomber, surtout après la consécration. Autrefois on ne se servait pas de la pale, le corporal était assez grand pour être ramené par-dessus le calice. Les Chartreux ont conservé cet usage. La commodité et aussi l’économie ont fait adopter la pale ; mais pour montrer qu’elle n’est autre chose qu’une partie du corporal, elle a la même dignité. La bénédiction qu’elle reçoit la sépare des choses vulgaires que tous peuvent toucher ; et afin de montrer que c’est bien la même chose que le corporal, on se sert de la même bénédiction pour l’un et pour l’autre. A Rome, la pale est formée de deux toiles cousues ensemble et empesées. Dans nos pays, on place un petit carton entre les deux toiles.

   

      La photo ci-dessous montre sœur Lucie offrant la pale qu'elle à confectionnée au pape Paul VI lorsqu'il vint à Fatima pour l'anniversaire du cinquantenaire des apparitions, le 13 mai 1967. 

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            Une autre prière suit l’offrande du calice, le Prêtre la récite au milieu de l’autel, ayant les mains jointes et étant un peu incliné : In Spiritu humilitatis et :in animo contrito suscipiamur a te, Domine, et sic fiat sacrificium nostrum in conspectu tuo hodie ut placeat tibi ; Domine Deus. En esprit d’humilité et le cœur contrit, nous vous demandons, Seigneur, d’être reçus par vous, et que notre sacrifice soit tel aujourd’hui en votre présence qu’il puisse vous être agréable, Seigneur notre Dieu. C’est une prière générale, que l’Église a placée ici pour compléter les rites. Ce sont les paroles des trois enfants dans la fournaise, au livre de Daniel (III, 39, 40).

            Suit alors une bénédiction importante ; il s’agit d’appeler l’Esprit Saint, afin que lui aussi daigne venir opérer dans le saint Sacrifice ; le Prêtre le fait par cette prière : Veni ; sanctificator omnipotensaeterne Deus, et benedic (en disant ce mot, il fait le signe de la croix sur les choses offertes) hoc sacrificium tuo sancto nomini praeparatum. (Venez, Sanctificateur tout puissant, Dieu éternel, et bénissez ce sacrifice préparé à la gloire de votre saint nom)

            Comme c’est le Saint-Esprit lui-même qui opère le changement du pain et du vin au corps et au sang de Notre Seigneur dans le saint Sacrifice de la Messe, il est juste qu’il soit mentionné dans le courant de ce Sacrifice. L’Église l’appelle donc par cette prière, afin que, de même qu’il a produit Notre Seigneur au sein de Marie, il daigne le produire de nouveau sur l’autel. Elle exprime sa demande en réclamant une bénédiction : Bénissez, dit-elle, ce Sacrifice, c’est-à-dire faites-le fructifier, afin qu’il soit agréable à la divine Majesté.

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ENCENSEMENT

            Nous avons déjà vu que l’autel représente Notre Seigneur ; c’est ce qui nous explique pourquoi on le traite avec tant d’honneur ; le reste de l’église représente les membres du corps mystique dont Notre Seigneur est la tête, c’est-à-dire les fidèles dont la réunion compose la sainte Église, l’Épouse de Jésus-Christ. Déjà, en montant à l’autel, le Prêtre l’a encensé dans tous les sens, rendant ainsi ses hommages à Notre Seigneur. Ici, cette cérémonie va se représenter ; comme les rois de l’Orient qui déposèrent aux pieds du divin enfant les trois présents dont l’Évangile fait mention, le Prêtre va brûler encore une fois l’encens en l’honneur de son Maître et de son Roi.

            Cependant une autre cérémonie doit précéder l’encensement de l’autel. Ce pain et ce vin, offerts par le Prêtre, sont tirés de l’ordre commun par l’offrande qui en a déjà été faite, de sorte que si le Prêtre mourait à ce moment de la fonction, le pain et le vin devraient être jetés dans la piscine (Nota: Pour être détruits). Pour témoigner son estime à leur égard, la sainte Église les parfume, comme elle le fait pour le Christ lui-même. Cet usage des parfums employés dans les cérémonies de l’Église a commencé en Orient où ils se trouvent en grande abondance. Dans nos pays froids, il est beaucoup plus difficile de s’en procurer ; toutefois la sainte Église ne veut pas que nos cérémonies en soient entièrement privées, et elle nous prescrit au moins l’encens, de même que pour le saint Chrême elle nous prescrit de joindre le baume à l’huile. C’est à la suite de l’encensement du pain et du vin, incensatio super oblata, encensement sur les choses offertes, qu’a lieu le second encensement de l’autel. Mais auparavant l’encens doit être béni et le Prêtre le fait par la prière : Per intercessionem beati Michaelis Archangeli stantis a dextris altaris incensi.. (Par l’intercession du bienheureux Michel Archange, qui se tient debout à la droite de l’autel des parfums). L’Ange qui tient l’encensoir d’or dans l’Apocalypse n’est pas nommé. La sainte Église nomme ici saint Michel, prince de la milice céleste. Quelques-uns ont cru qu’il y avait ici une erreur, parce que c’est l’Ange Gabriel qui dans saint Luc apparaît à la droite de l’autel, mais l’Église n’a pas tenu compte de leurs réclamations ; saint Luc ne dit pas que l’Ange Gabriel tient en main l’encensoir d’or. La première bénédiction de l’encens avait été moins solennelle, le Prêtre avait seulement dit : Ab illo benedicaris in cujus honore cremaberis. Que celui-là te bénisse en l’honneur de qui tu seras brûlé. Ici les Anges sont appelés, car le mystère de l’encens n’est autre que la prière des Saints présentée à Dieu par les Anges, ainsi que saint Jean nous le dit dans son Apocalypse (8, 4) : La fumée monte comme la prière des Saints devant le trône de Dieu : Et ascendit fumus incensorum de orationibus sanctorum de manu Angeli coram Deo.

            Le Prêtre encense le pain et le vin de façon à ce que l’odeur de l’encens parfume et enveloppe toutes les choses Offertes ; il dit pendant ce temps ces paroles : Incensum istud a te benedictum, ascendat ad te Domine, et descendat super nos misericordia tua. Que cet encens, béni par vous, monte vers vous, Seigneur, et que votre miséricorde descende sur nous. Cette prière, en honorant Dieu, est un souhait que nous faisons pour nous-mêmes. Le prêtre divise les paroles entre les divers encensements, pour lesquels il suit ce qui lui est indiqué par la rubrique. Lorsque l’autel a été encensé pour la première fois, le Prêtre n’a dit aucune prière ; ici la sainte Église lui fait réciter une partie du Psaume 140, qu’elle a choisi particulièrement à cause des premières paroles qu’elle met dans la bouche du Prêtre : Dirigatur, Domine, oratio mea sicut incensum in conspectu tuo. Que ma prière, Seigneur, s’élève comme l’encens en votre présence. Elle prend toujours ainsi ce qui lui convient pour la circonstance, soit dans un Psaume, soit dans les Évangiles ou les Epîtres.

            Le Prêtre commence par encenser la Croix, ou le Saint-Sacrement s’il est exposé ; ensuite il s’incline devant la Croix, ou fait la génuflexion si le Saint-Sacrement est en ce lieu ; puis, s’il se trouve des reliques exposées, il les encense par deux coups d’encensoir, d’abord du côté de l’Évangile, puis du côté de l’Epître, ensuite il porte l’encens sur toutes les parties de l’autel. Du reste cet encensement ne diffère pas du premier, ni de celui qui se fait à Laudes et à Vêpres.

            Le Prêtre, rendant l’encensoir au Diacre, lui adresse un souhait qu’il fait également pour lui-même, disant : Accendat in nobis Dominus iguem sui amoris et flammam aeternae charitatis. Que le Seigneur allume en nous le feu de son amour et la flamme de la charité éternelle. Le Diacre, recevant l’encensoir, baise la main du prêtre, puis le haut des chaînes ; il fait le contraire lorsqu’il le présente. Ces usages nous sont venus de l’Orient, et comme ils sont une marque de révérence et de respect, ils nous ont été conservés par la liturgie. Le Diacre encense alors le Prêtre qui se tourne de côté à l’autel ; mais si le Saint-Sacrement est exposé, comme à la messe de reposition ( Nota: de L'ostensoir), par exemple, le Prêtre descend de l’autel, et le visage tourné vers le peuple, il reçoit l’encensement du Diacre qui s’est également déplacé. On encense ensuite le chœur, commençant d’abord par l’Évêque, s’il est présent, les Prélats ensuite, s’il y en a, puis les Prêtres et les Clercs, enfin tous les fidèles, pour montrer qu’ils ne forment qu’un seul corps dont Jésus-Christ est le chef. Tous, Évêques, Prêtres et fidèles, doivent se lever pour recevoir l’encens ; le Pape seul ne se lève pas, lorsqu’il est encensé.

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LAVABO

            Pendant que l’on encense le chœur et les fidèles, le Prêtre se lave les mains. Cette cérémonie a été placée à ce moment parce que le Prêtre vient de toucher l’encensoir, qui laisse toujours quelques traces sur les mains à cause de la fumée. Mais en même temps le lavement des mains renferme un mystère ; il exprime la nécessité qu’il y a pour le Prêtre de se purifier toujours davantage, à mesure qu’il avance dans le saint Sacrifice. De même que Notre Seigneur lava les pieds à ses Apôtres avant d’instituer la sainte Eucharistie et de leur donner la sainte Communion, de même le Prêtre doit se purifier. Dans la liturgie ambrosienne le rite du lavement des mains se trouve dans le courant même du Canon, avant la consécration ; la signification en est toujours la même, c’est à dire, le besoin qu’a le Prêtre de se purifier ; cependant le moment choisi par l’Église Romaine, toujours si sage dans ses décisions, est préférable à celui qu’a adopté la liturgie ambrosienne.

            Pour accompagner cette action, qui signifie qu’elle doit être la pureté du Prêtre, l’Église a fait choix du Psaume 25, qui se trouve dans l’Office monastique au premier Nocturne des Matines du Dimanche : Judica me, Domine, quoniam ego in innocentia mea ingressus sum. (Rends-moi justice, Seigneur car je marche dans l’intégrité). Dans ce Psaume c’est Notre Seigneur qui parle ; on comprend bien que le Prêtre ne peut s’appliquer à lui-même ces paroles. La sainte Église n’en fait dire que la moitié, commençant par ces paroles : Lavabo inter innocentes manus meas et circumdabo altare tuum, Domine, . . . je veux laver mes mains, Seigneur, et me rendre semblable à ceux qui sont dans l’innocence, pour être digne d’approcher de votre autel, d’entendre vos sacrés cantiques et de raconter vos merveilles. Toutes paroles s’adaptant parfaitement à la circonstance. Plus loin nous remarquons cette parole du Prophète : Domine, dilexi decorem domus tuae et locum habitationis gloriae tuae : Seigneur, j’aime la beauté de votre maison, le lieu dont vous avez fait l’habitation de votre gloire. David parle ici du tabernacle à l’ombre duquel il se trouvait heureux, quoique le temple n’existât pas encore, puisqu’il ne fut bâti que par Salomon. On continue jusqu’à la fin le Psaume afin de laisser au Prêtre tout le temps nécessaire pour se laver et s’essuyer les mains. Cet autre verset du Psaume : Ego autem ininnocentia mea ingressus sum : J’y suis entré avec mon innocence, nous prouve une fois de plus que ce Psaume est tout à fait un Psaume du Christ ; le Prêtre le dit donc au nom de Notre Seigneur, avec lequel il ne fait qu’un dans l’action du Sacrifice. Aux Messes des morts et dans le temps de la Passion (à la Messe du temps), on omet le Gloria Patri à la fin du Psaume. Cette omission du Gloria en cet endroit va toujours de pair avec celle du Psaume Judica au commencement de la Messe.

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           '' Divin Cœur de Jésus, je vous offre, par le Cœur Immaculé de Marie, les prières les œuvres et les souffrances de cette journée, en réparation de nos offenses et à toutes les intentions pour lesquelles vous vous immolez continuellement sur l’autel. Je vous les offres en particulier, aux intentions du Souverain Pontife et pour les besoins de votre Sainte Eglise.''

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

8 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

Hortense
 il y a 4 mois
Mreci la communaute D hozana pour cette belle publication ,amen allelua
Philippe
place Le Blanc, il y a 4 mois
Et Merci aussi aux 80 séminaristes qui, il y a un an ont voulu en savoir plus sur cette forme de la messe, nous donnant l’idée, comme eux, d’en approfondir la forme et le sens caché. Grâce à la demande du cardinal Pie, à l’imagination de Thomas Delendas qui a créé le site de ‘’Hozana’’, à votre ange gardien qui vous a conduit à vous inscrire dans cette communauté, les précieux propos de Dom Guéranger vous sont accessibles. Mon souhait en publiant Dom Guéranger est que ceux qui prennent le temps de le lire aient une foi plus profonde, plus forte, en connaissant mieux l’histoire et la signification de la messe. On aime mieux ce que l’on connaît bien. Pour les fidèles, c’est une nourriture spirituelle dont ils ont besoin pour s’unir plus intensément au sacrifice qui plait le plus à Dieu, celui offert par son Fils pour nous réconcilier avec Lui. En grande union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Michel
 il y a 4 mois
En union de prières.
Philippe
place Le Blanc, il y a 4 mois
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Luiz
 il y a 4 mois
Merci pour cette publication.
Philippe
place Le Blanc, il y a 4 mois
Merci Luiz pour la fidélité de votre commentaire d’appréciation des propos de Dom Guéranger En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Marie-guy
place Orbigny, il y a 4 mois
Union de priére Amen 🙏
Philippe
place Le Blanc, il y a 4 mois
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie