La Messe: …………………Antienne d’entrée -> Alléluia - Hozana

La Messe: …………………Antienne d’entrée -> Alléluia

La Messe: …………………Antienne d’entrée -> Alléluia

      Jésus est chargé de sa croix : Seconde station du chemin de croix de la colline des Espélugues surplombant la grotte de Massabielle à Lourdes.

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          Seconde publication de l’EXPLICATION DE LA MESSE d’après les notes prises lors des différents explications données par Don Guéranger à ses moines.

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              Voici la suite des notes sur la messe, notes relevées des paroles sortant de  la bouche de Don Guéranger

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                Je remercie les différents priants qui se sont exprimés lors de la précédente publication, montrant que c’était surtout la langue qui était pour eux, l’obstacle majeur de cette célébration. Je souhaite que peu à peu, à travers ces explications de Don Guéranger, ces priants percent la signification des paroles et gestes du prêtre dans la messe à laquelle ils ont l’habitude d’assister où ils entendent tout,  et où rien ne leur est caché.  

          Que ces explications leur fassent apparaître comme moins ''obscure'' la messe suivant le rite appelé maintenant '' extraordinaire '' par notre pape Benoît XVI .

             Ne pas perdre de vue que ce que Don Guéranger décrit correspond aux messes solennelles, les messes basses (ou lues), ou les messes chantées, étant plus simples, particulièrement avec un seul célébrant au lieu du prêtre assisté du diacre, et du sous diacre.  

         Que cela augmente en eux le respect pour le lieu dans lequel se déroule ce sacrifice, et les aide à manifester par leur attitude, l’adoration que les rois mage ont montrée en présence de l’Enfant Jésus.  

            

INTROIT

            La cérémonie de l’encensement terminée, le Prêtre dit l’Introït. (Antienne d’entrée) Autrefois, le Prêtre ne faisait pas ainsi ; l’Ordo de saint Grégoire nous dit que le Prêtre s’habillait dans le Secretarium et qu’il se rendait à l’autel, précédé de la Croix et des chandeliers. Pendant ce temps on chantait au chœur l’Introït, qui était plus long que de nos jours ; car on chantait le Psaume dont on ne dit actuellement qu’un verset avec le Gloria. De même le chœur s’occupait seul des autres pièces qui devaient être chantées durant la Messe. L’usage de faire dire ces différentes parties par le Prêtre est venu avec celui des Messes basses, et on a fini par l’observer dans les Grand’ Messes.

            Les anciens Missels, pour cette raison, n’étaient pas semblables à ceux dont nous nous servons aujourd’hui ; ils contenaient simplement les Oraisons : Collectes, Secrètes, Postcommunions, les Préfaces et le Canon ; ils portaient le nom de Sacramentaires. Tout ce qui se chantait se trouvait dans l’Antiphonarium, qui a reçu aujourd’hui le nom de Graduale. (Les chants de la Messe ne sont en effet, pour la plupart, que des Antiennes plus chargées de notes que les Antiennes ordinaires.) De nos jours, depuis que l’usage des Messes basses s’est introduit, le Missel renferme tout ce que le chœur chantait autrefois, ainsi que les Epîtres et les Évangiles.

            Le Prêtre, ainsi que le chœur, fait le signe de la Croix en commençant l’Introït, parce que cette pièce est regardée comme le commencement des Lectures. Aux Messes des Morts il se contente de signer le livre.

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KYRIE

            Vient ensuite le Kyrie, que le Prêtre dans les Grand’Messes doit dire au coin de l’autel, où il a déjà lu l’Introït ; il est accompagné de ses ministres qui ne vont se placer au milieu de l’autel que lorsque lui-même s’y rend. Ils se mettent alors derrière lui sur les différents degrés. Aux Messes basses, le Prêtre dit le Kyrie au milieu. Cette prière est un cri par lequel la sainte Église implore les trois personnes de la sainte Trinité : Les trois premières invocations s’adressent au Père, qui est Seigneur. Kyrie, eleison ; les trois suivantes s’adressent au Fils incarné, au Christ, aussi disons-nous Christe, eleison ; enfin les trois dernières s’adressent au Saint-Esprit, Seigneur avec le Père et le Fils ; c’est pour cela que nous répétons : Kyrie, eleison, Seigneur, ayez pitié. Le Fils, disons-nous, est également Seigneur avec le Père et l’Esprit Saint, mais la sainte Église emploie pour lui le mot de Christ, Christe, à cause du rapport qu’a ce mot avec l’Incarnation. Cependant le chœur chante ces Kyrie que le Prêtre récite. […] Les trois cris différents répétés par trois fois, ainsi que le veut actuellement la Liturgie, nous montrent le rapport qui existe ici-bas avec les neuf chœurs qui chantent dans le Ciel à la gloire du Très Haut. Cette union avec les Anges prépare au Gloria qui va suivre : Cantique angélique apporté sur la terre par ces Esprits bienheureux.

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GLORIA IN EXCELSIS

            Pour entonner le Gloria in excelsis Deo, le Prêtre se rend au milieu de l’autel ; il étend les bras en commençant et les rejoint ensuite ; mais ici, comme à l’intonation du Credo, il ne lève pas les yeux. A la fin de l’Hymne, il fait le signe de la Croix, parce qu’il est question de Jésus-Christ, qui est avec le Saint-Esprit dans la gloire de Dieu le Père, et la Sainte Trinité se trouve ainsi mentionnée. Ce chant est des plus anciens dans la sainte Église. […] Cet Hymne remonte certainement aux commencements de la sainte Église, et on le retrouve dans tous les Missels de l’Église d’Orient. Rien de plus beau que les différentes aspirations dont il se compose. Ce n’est pas une longue pièce, dans le genre des Préfaces par exemple, où la sainte Église commence toujours par exposer la doctrine avant de prier ; ici, tout est élan, aspiration. Les Anges eux-mêmes ont donné l’intonation, la sainte Église continue la parole des Anges, conduite qu’elle est par le même Esprit. Voici ce magnifique Cantique :

            Gloria in excelsis Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis. Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes bien-aimés de Dieu. – Telles sont les paroles des Anges : à Dieu la gloire, aux hommes, qui tous autrefois étaient des enfants de colère, la paix et la bénédiction de Dieu. Dans ce début on s’adresse à Dieu d’abord, sans faire la distinction des personnes, et la sainte Église, imitant les Anges, va continuer un instant sur le même ton. Elle ajoute : Laudamus te, nous vous louons, parce que la louange vous appartient, et nous vous l’offrons. – Benedicimus te, nous vous bénissons, c’est-à-dire nous vous présentons l’action de grâces qui vous est due pour vos bienfaits. – Adoramus te, nous adorons votre Majesté. – Glorificamus te, nous vous rendons gloire pour nous avoir créés et rachetés. – Adressant à Dieu ces diverses aspirations, avec l’intention de le louer, de le remercier, de l’adorer et de le glorifier, il n’est pas nécessaire de chercher autre chose dans ces expressions, pour offrir à Dieu une prière et une louange parfaites, selon les intentions de la sainte Église. – Gratias agimus tibi propter magnam
gloriam tuam. Voici une expression importante : Nous vous rendons grâces à cause de vote grande gloire. Dieu met sa gloire à nous faire du bien. L’Incarnation est le plus grand bien qu’il ait fait à l’homme ; c’est aussi sa plus grande gloire. A cause de cela, l’Église devra dire : Nous vous rendons grâces : propter magnam gloriam tuam, pour votre grande gloire. En effet, l’hommage du Verbe incarné procure à Dieu plus de gloire que tous les êtres créés ensemble, même dans la moindre de ses adorations ; l’Incarnation est donc la grande gloire de Dieu, propter magnam gloriam tuam.  Et nous autres créatures, nous rendons grâces pour cela, parce que, si le Fils de Dieu s’est incarné, c’est pour nous, à cause de nous qu’il l’a fait. C’est vraiment pour nous que vous avez opéré, ô Dieu, le mystère qui vous rend la plus grande gloire ; il est trop juste que nous vous en rendions grâces : Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam– Domine Deus, Rex coelestis, Deus Pater omnipotens. (Nous vous rendons grâce pour votre gloire immense, Seigneur Dieu, Roi du ciel, Dieu Père tout puissant)  La sainte Église s’adresse ici directement au Père. D’abord elle avait en vue l’unité en Dieu ; maintenant elle considère la Trinité, et voyant tout d’abord la personne qui est le principe, la source des deux autres, elle s’écrie : Deus Pater omnipotens, Dieu Père tout-puissant. Ensuite elle se tourne vers son Époux ; sa louange ne peut s’arrêter en parlant de lui, et presque tout le reste du Cantique lui est adressé. Elle chante le Fils de Dieu incarné, et elle l’appelle Seigneur : Domine, Fili unigenite, Seigneur, Fils unique ; puis elle ajoute à cela le nom humain qu’il a reçu comme créature : Jesu Christe. Mais elle n’oublie pas qu’il est Dieu, elle le confirme expressément : Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris. Oui, son Époux est Dieu, il est aussi l’Agneau de Dieu, ainsi que l’a montré saint Jean ; enfin, il est Fils du Père. Dans son transport, la sainte Église recherche tous les titres qu’elle peut donner à son Époux elle accumule ses grandeurs et se plaît à les redire les unes après les autres.

            Au nombre des titres qu’elle donne à l’Époux, la sainte Église lui a donné celui d’Agneau de Dieu ; mais il semble qu’elle n’ait pas osé ajouter immédiatement ce qui pour lui est la conséquence douloureuse : qui tollis peccata mundi : (Vous qui portez les péchés du monde) Une fois encore elle a voulu parler de sa grandeur, et elle s’est écriée : Filius Patris ; puis elle s’est enhardie, et maintenant elle rappelle à son Époux qu’étant Agneau, il a daigné porter les péchés du monde : Qui tollis peccata mundi : Si vous avez bien voulu nous racheter par votre Sang, paraît-elle dire, maintenant que vous êtes dans la gloire, ne nous délaissez pas, mais ayez pitié de nous, miserere nobis ; une seconde fois elle répète : Qui tollis peccata mundi. Elle ne craint plus de dire cette parole ; elle y revient au contraire, parce que là est notre force. L’Agneau de Dieu, le Fils du Père, enlevant nos taches et nos péchés, qu’avons-nous à craindre, et n’est-ce pas là ce qui nous rend forts ? La sainte Église le comprend si bien, qu’elle le répète par deux fois, demandant pitié d’abord, puis ajoutant qu’il daigne faire attention à la prière de son Épouse, Suscipe deprecationem nostram. (Accueillez notre prière) Nous sommes, dit-elle, rassemblés pour le Sacrifice recevez donc maintenant notre prière.

            Après avoir ainsi parlé, la sainte Église remonte au plus haut des Cieux : Qui sedes ad dexteram Patris. (Vous qui siégez à la droite du Père) Tout à l’heure, elle s’est plue à considérer l’Époux comme étant l’Agneau de Dieu, qui s’est chargé de tous les péchés du monde ; maintenant elle s’élance et pénètre jusqu’à la droite du Père, où elle voit assis Celui qui fait l’objet de sa louange. Là, elle se plonge dans l’Être même de Dieu, elle y révère toute sainteté, toute justice, toute rectitude, toute grandeur, ainsi qu’elle va nous le dire bientôt. Mais auparavant, elle fait entendre ce cri : Miserere nobis, ayez pitié de nous, car vous nous avez rachetés. Alors elle ajoute : Tu solus Sanctus, Tu solus Dominus, Tu solus AltissimusJesu Christe. O Jésus-Christ, vous êtes le seul Saint, le seul Seigneur, le seul Très Haut. – Ainsi la sainte Église, dans ce Cantique, ne cesse de s’élancer vers l’Époux, et toutes ses exclamations sont autant de bonds qu’elle fait pour monter vers lui. Tantôt elle pense à elle-même, tantôt elle pense à lui, et rien n’arrête son enthousiasme. Elle a commencé à parler de son Epoux, elle recherche toutes ses grandeurs et ne veut en omettre aucune. Elle le met à part, parce qu’il est son Époux ; elle veut le louer, le glorifier et elle le nomme : seul Saint, seul Seigneur, seul Très Haut. Cependant elle ajoute : Cum Sancto Spiritu, in gloria Dei Patris, avec le Saint-Esprit dans la gloire du Père. Elle mentionne ainsi la Trinité ; et la louange qu’elle adresse au Christ en l’appelant seul Saint, seul Seigneur, seul Très Haut, atteint les deux autres personnes, puisque le Père et le Saint-Esprit ne peuvent être séparés du Fils, et qu’ils sont également seul Saint, seul Seigneur, seul
Très Haut ; et nul n’est Saint, nul n’est Seigneur, nul n’est Très Haut, que le Seigneur lui-même.

            Dans ce magnifique Cantique, tout est grand et simple en même temps. La sainte Église est émue à la pensée de son Époux. Elle s’est élevée d’abord par le chant du Kyrie ; puis l’intonation des Anges a suivi ; elle a voulu continuer leur chant, et ce même Esprit qui parlait aux bergers par les Anges, a placé sur les lèvres de l’Église la fin du Cantique.

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COLLECTE

            Le Gloria étant fini, le Prêtre baise l’autel, et, tourné vers le peuple, il dit : Dominus vobiscum. Une fois déjà il a fait entendre cette parole aux ministres seuls, mais il était encore au bas de l’autel, c’était comme un adieu qu’il faisait ; il semblait, au moment où il se disposait à entrer dans la nuée, ne pas vouloir se séparer du peuple fidèle sans avoir dit une parole d’affection à ceux qui avaient prié avec lui. Ici la sainte Église l’emploie dans une autre intention : pour réclamer en quelque sorte l’attention, parce que le Prêtre va prononcer la Collecte, cette Oraison où il recueille les vœux de l’assistance et présente à Dieu ses demandes. Ce nom de Collecte vient du latin colligere, recueillir, réunir. La Collecte est d’une grande importance. Aussi la sainte Église veut qu’on l’entende avec respect et gravité. D’après les usages monastiques, on s’incline profondément pendant que le Prêtre la récite ; dans les Chapitres, les Chanoines l’entendent étant tournés vers l’autel. – A la fin le chœur dit avec acclamation : Amen, c’est-à-dire : Oui, c’est bien cela que nous demandons, et nous approuvons tout ce qui vient d’être dit. Cette première Oraison de la Messe se retrouve dans l’Office à Vêpres, à Laudes et aussi à Matines dans l’Office monastique, mais non dans le romain, sauf à l’Office de Noël, avant la Messe de Minuit. Elle ne se trouve pas à Prime, parce que cet Office a été institué plus tard ; ni à Complies que l’on doit considérer comme une prière du soir, et dont saint Benoît, le premier, a fixé la forme liturgique. Mais on la retrouve à Tierce, Sexte et None. Tout cela nous montre quelle importance la sainte Église attache à la récitation de cette prière, qui- donne comme la caractéristique du jour ; rien d’étonnant donc qu’elle la fasse précéder du Dominus vobiscum, disant par là au Peuple : Prenez garde à vous, faites attention, parce que ce qui va suivre est de la plus haute importance. De plus, le Prêtre se tourne en ce moment vers le peuple, ce qu’il n’a pas fait lorsqu’il était encore au bas de l’autel. Désormais il se sent solidement établi, et, après avoir pris la paix du Seigneur en baisant l’autel, il l’annonce à l’assistance, la prenant tout entière dans ses bras qu’il étend, en lui disant : Dominus vobiscum. Et le peuple répond : Et cum spiritu tuo. Le Prêtre alors sentant que le peuple lui est uni, dit aussitôt : Prions, Oremus.

            Le Pax vobis que disent les Prélats, au lieu de ce Dominus vobiscum, est un usage très ancien ; c’était une formule de salut habituelle chez les juifs, et il rappelle ces paroles du Gloria :Pax hominibus bonae : voluntatis. Tout donne à penser que dans les premiers siècles, tous les Prêtres disaient le Pax vobis. II en est de même de plusieurs cérémonies pontificales. Ainsi, pour le manipule qu’on ne met au Prélat que lorsqu’il va monter à l’autel, tous les prêtres agissaient ainsi autrefois. Plus tard, on a trouvé plus simple de prendre le manipule à la sacristie, et cet usage a prévalu sur l’ancien qui a été réservé aux seuls Prélats. – Le Pax vobis étant un souvenir du Gloria, il suit de là que dans une Messe où cet hymne n’est pas dit, on doit le remplacer par le Dominus vobiscum.

            Le Prêtre doit avoir les bras étendus pour dire la Collecte. II observe en cela l’ancienne manière de prier des premiers Chrétiens. De même que Notre Seigneur a prié sur la Croix, les bras étendus, de même les premiers Chrétiens s’adressaient-ils à Dieu en étendant les bras.

            Cet usage des premiers Chrétiens nous est transmis en particulier par les peintures des Catacombes, qui représentent toujours ainsi la prière : d’où le nom d’Orantes donné à ces représentations. Ainsi se sont conservés, de même que dans les écrits des Pères, beaucoup de détails sur les premiers siècles qui, sans cela eussent été à jamais perdus pour nous.

            En Orient, cet usage s’est conservé pour tout le monde ; en Occident, il est devenu assez rare et est restreint à des cas particuliers ; le Prêtre seul prie en cette manière, parce qu’il représente Notre Seigneur offrant une prière très efficace à son Père pendant qu’il était sur la Croix.

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ÉPÎTRE.

            Après la Collecte, et les autres Oraisons qu’on y ajoute souvent sous le nom de Mémoires, vient l’Épître qui est presque toujours un passage des Épîtres des Apôtres, quelquefois cependant d’un autre Livre de l’Écriture Sainte. L’usage de ne lire qu’une seule Épître n’est pas l’usage primitif de l’Église ; il remonte cependant à mille ans au moins. Dans les premiers siècles on lisait d’abord une leçon de l’Ancien Testament, que l’on faisait suivre alors d’un passage des écrits des Apôtres. Maintenant l’Epître seule se lit à la Messe, excepté aux jours des Quatre-Temps et à certains jours de Féries. L’usage de lire des leçons de l’Ancien Testament avant l’Épître a disparu lorsqu’on a composé le Missel dont on se sert aujourd’hui, contenant tout ce qui se dit à la Messe, soit par le Prêtre, soit par le chœur, et appelé pour cette raison Missel plénier. Le Missel d’autrefois ou Sacramentaire, ne contenait, comme nous l’avons déjà dit, que les Oraisons, les Préfaces et le Canon. Pour le reste on avait l’Antiphonaire, la Bible et un Évangéliaire. Nous avons perdu au changement qui s’est opéré ; car chaque Messe avait sa Préface propre, et nous sommes réduits aujourd’hui à un très petit nombre de ces pièces liturgiques. On observait pour l’Office la même manière d’agir, puisqu’il n’y avait pas encore de Bréviaire ; il fallait donc le Psautier, l’Hymnaire, la Bible, le Passionnel dans lequel on lisait les Actes des Saints, et l’Homiliaire qui contenait les discours des Pères.

            Pendant longtemps encore, le premier Dimanche de l’Avent avait gardé le privilège d’avoir à la Messe deux Épîtres. On a fini par ne lui en laisser qu’une aussi. L’Office de ce Dimanche a du reste été traité avec un grand soin, et représente, plus fidèlement que la plupart des autres Offices, les usages de l’antiquité ; aussi, quoique semi-double, on ne lui a jamais assigné les Suffrages ; ce qu’on observe, du reste, jusqu’à l’Épiphanie. Les Suffrages ne remontent pas au-delà du XI° siècle, il n’y en avait point auparavant.

            Ainsi tout procède avec ordre dans le saint Sacrifice : le Prêtre a exposé d’abord les demandes et exprimé les vœux de l’assistance ; la sainte Église a parlé par sa bouche. Bientôt nous entendrons la parole du Maître dans l’Évangile ; mais la sainte Église veut nous y préparer par celle du serviteur, et elle place d’abord l’Épure, allant ainsi du prophète, de l’Apôtre, à Notre Seigneur lui-même.

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GRADUEL

            Entre l’Épître et l’Évangile on chante le Graduel. Il se compose d’un Répons avec son verset ; autrefois on reprenait le Répons tout entier avant et après le verset, dans la forme encore usitée pour les Répons brefs, mais sur une mélodie très ornée. Le Graduel est en effet la partie la plus musicale de l’Office ; et comme le chant en est très délicat, jamais plus de deux chantres n’étaient admis à le faire entendre. Ceux-ci se rendaient pour cela à l’ambon, espèce de chaire en marbre placée dans l’Église, et c’est précisément à cause des degrés de l’ambon qu’il fallait monter, que ce morceau a reçu le nom de Graduel ; de même qu’on a appelé Psaumes graduels, ceux que les juifs chantaient en montant les degrés du Temple.

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ALLÉLUIA – TRAIT

            Au Graduel succède l’Alléluia ou le Trait, suivant le temps dans lequel on est ; l’Alléluia est répété en manière de Répons et suivi d’un verset, après lequel on reprend une troisième fois Alléluia. Ce chant, par excellence, de la louange de Dieu devait avoir sa place à la sainte Messe. II a quelque chose de si joyeux et à la fois de si mystérieux, que dans les temps de pénitence, c’est-à-dire depuis la Septuagésime jusqu’à Pâques, on ne le fait pas retentir.

            II est remplacé alors parle Trait. Ce dernier occupe pieusement l’assemblée pendant le temps nécessaire aux différentes évolutions qui doivent avoir lieu, lorsque le Diacre, après avoir demandé la bénédiction du Prêtre, se rend en procession à l’ambon de l’Évangile et se prépare à y faire entendre le Verbe de Dieu. Le Trait se compose quelquefois d’un Psaume tout entier, ou à peu près, ainsi que nous le voyons au premier Dimanche de Carême ; ordinairement il ne contient que quelques versets. Ces versets, qui se chantent sur une mélodie assez riche et très caractérisée, se suivent sans réclame ni répétition aucune : et c’est parce que le tout s’exécute ainsi de suite et d’un seul trait, qu’on lui a donné le nom de Tractus.

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SÉQUENCE

            Dans quelques solennités, on ajoute à  l’Alléluia  ou au Trait , ce qu’on appelle la SéquenceSequentia,. Elle fut ajoutée au chant de la Messe bien après saint Grégoire, vers le 9e siècle. Elle a reçu le nom de Sequentia, c’est-à-dire ‘’suite’’, parce qu’elle consistait primitivement en un texte qu’on adaptait aux notes mélodiques qui font suite au mot Alléluia, et qui s’appelaient déjà Sequentia, avant l’invention de la Séquence.

            On l’appelle aussi Prosa, Prose, parce que dans l’origine, elle ne ressemblait ni aux hymnes mesurées dont on trouve des modèles chez les anciens, ni aux rythmes régulièrement cadencés qui ont fait leur apparition plus tardivement. C’était un véritable morceau de prose que l’on chantait ainsi simplement, comme nous l’avons dit, pour revêtir de paroles le neume de l’Alléluia. Peu à peu toutefois on rapprocha son genre de celui des hymnes. – La Séquence servait ainsi à relever la solennité des Offices, et pendant qu’on la chantait, les cloches et l’orgue se faisaient entendre. On en fit pour toutes les fêtes, et aussi pour les Dimanches au temps de l’Avent

            Dans la réforme du Missel romain, sous saint Pie V, quatre d’entre elles seulement furent conservées. Ce sont le Victimae Paschali, (Gloire à la victime de Pâques) la plus ancienne de toutes, et modèle de toute Prose ; le Veni Sancte Spiritus,(Venez Esprit Saint) pour la Pentecôte  le Lauda Sion  (Loue Sion ton Sauveur) pour la fête Dieu et le Dies irae. (Jour de colère) pour les messes des funérailles. Plus tard on y ajouta le Stabat Mater. (Debout la mère des douleurs se dresse le visage en pleurs) pour la fête de Notre dame des 7 douleurs.  Notre Missel monastique renferme aussi le Laeta dies, (Jour bienheureux)  pour la fête de saint Benoît (21 mars) ; c’est une composition qui date du 16e siècle.

Remarque : ‘’Ainsi se sont conservés, de même que dans les écrits des Pères, beaucoup de détails sur les premiers siècles qui, sans cela eussent été à jamais perdus pour nous.’’ A précisé Don Guéranger, montrant par la tout ce que la tradition a permis de conserver et de transmettre. En effet, en liturgie, chaque mot, chaque geste traduit  une idée qui est une idée théologique.

 

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

4 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

Michel
Michel  il y a 17 jours
En union de prières.
Philippe
Philippe place Le Blanc, il y a 17 jours
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Marie-guy
Marie-guy place Orbigny, il y a 17 jours
Union et communion de priére Alleluia Amen 🙏
Philippe
Philippe place Le Blanc, il y a 17 jours
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
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