Facebook PixelSaint Louis-Marie Grignion de Montfort - Chapitre 4 - Hozana

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort - Chapitre 4

« Totus tuus » « Je suis tout à toi, Marie »

Jusqu’à la fin de sa vie, Louis-Marie Grignion de Montfort ne cessera d’appeler les hommes et les femmes de son temps à établir le règne de la Vierge Marie sur la terre. « Totus tuus » ces quelques mots, tirés du Traité de la Vraie Dévotion à la Vierge Marie, seront choisis, trois siècles plus tard, par Saint Jean-Paul II pour devenir sa devise pontificale. C’est aussi dans ce Traité que Saint Jean-Paul II trouva « la réponse à [ses] doutes, liés à la crainte que le culte pour Marie, en se développant excessivement, finisse par compromettre la suprématie du culte dû au Christ ». « Sous la sage direction de saint Louis-Marie, explique-t-il,  je compris que si l’on vit le mystère de Marie dans le Christ, ce risque n’existe pas. La pensée mariologique du saint est enracinée dans le mystère trinitaire et dans la vérité de l’Incarnation du Verbe de Dieu ».

C’est à Saint-Eloi, près de La Rochelle, dans un refuge qu’il s’est aménagé lorsqu’il n’est pas en mission que Saint Louis-Marie rédige ce Traité qui reste son œuvre maîtresse. Le Saint est aujourd’hui considéré comme l’un des Maîtres modernes de la théologie mariale. Sa dévotion est christocentrique : c’est en nous établissant en Marie que nous trouverons Jésus. En imitant Marie, nous prendrons la forme de Jésus. Devenir esclaves d’amour de Marie devient un  programme de vie qui ne peut être suivi que dans un dépouillement total où les esclavages du péché, du plaisir, des sens, de l’orgueil, de l’opinion sont abolis.

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19 septembre 1996 : lors de son pèlerinage à Saint-Laurent sur Sèvre, Saint-Jean Paul II prie devant le tombeau de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

 

Entièrement voué, dès son plus jeune âge à la Vierge Marie, le premier ouvrage que le Saint publie est  L’Amour de la Sagesse Eternelle. Il ne cesse jamais d’écrire. En 1711, paraît un recueil comprenant cinq fascicules : le premier traite des vertus chrétiennes, les deuxième et troisième sont consacrés à des cantiques pour les missions, le quatrième regroupe des cantiques pour le Sacré-Cœur. Il met aussi au point une Méthode pour convertir les protestants. A La Rochelle, il fait imprimer un livret : Dispositions pour bien mourir. Citons encore Le Secret de Marie, Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire pour se convertir et se sauver, La Prière Embrasée.

L’écriture de ces textes que l’expérience de ses missions vient nourrir, nécessite, de la part du Saint, de longs moments de solitude. Et de fait, tout au long de sa vie, il a ressenti la nostalgie des ermitages, tant est immense son besoin de s’isoler pour méditer, prier, rédiger. Ce sont toujours des abris très modestes mais propices au recueillement et à la méditation. A Paris, il se contente de la soupente de la rue du Pot-de-Fer, en Bretagne, il se recueille dans l’ermitage de Saint-Lazare.

Montfort n’a jamais rien révélé des entretiens qu’il a eus avec le Christ et avec la Vierge Marie, lors de leurs apparitions. Mais, dans son ermitage de Saint-Lazare, il rédige une Lettre Circulaire aux amis de la Croix qui se fait l’écho de la plainte du Christ : « Voici que tout le monde m’abandonne dans le chemin royal de la Croix… Voulez-vous, afin de vous conformer à ce siècle présent, mépriser la pauvreté de ma Croix pour courir après les richesses ; éviter les douleurs de ma Croix pour rechercher les plaisirs, haïr les humiliations de ma Croix pour rechercher les honneurs ? J’ai beaucoup d’amis en apparence qui protestent qu’ils m’aiment  et qui, dans le fond, me haïssent parce qu’ils n’aiment pas ma Croix… »

Comment, à cette lecture, ne pas évoquer les paroles du Christ à Saint Marguerite-Marie Alacoque :

« Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à épuiser et se consommer (sic) pour leur témoigner son amour; et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce Sacrement d’amour. »

Pour Montfort, la dévotion à la Croix et à Marie s’accompagnent d’une dévotion à la Sagesse, incarnée en Marie. Marie est la mère de la divine Sagesse.

 

A Saint-Laurent-sur-Sèvre, le 28 avril 1716, la dernière mission de Montfort est triomphale. Il la dirige jusqu’au bout et l’évêque vient la clôturer. Mais les privations, flagellations et mortifications de toutes sortes ont eu, malgré sa constitution robuste, raison de la santé de Louis-Marie. Jusqu’à la limite de ses forces, il s’est acquitté de cette ultime mission. Maintenant c’est dans cette Vendée qu’il a tant parcourue et qu’il a convertie que Saint Louis-Marie Grignion de  Montfort se couche pour mourir. Il souffre d’une pleurésie aigüe et tombe, épuisé. Il s’éteint à l’âge de 43 ans. Son dernier sermon avait eu pour thème la douceur de Jésus. Retenons ses derniers mots : « Allons, mes bons amis, allons en paradis. Quoi qu’on gagne en ces lieux, le paradis vaut mieux. »

Une épitaphe latine, gravée sur le tombeau du Saint, se traduit ainsi : « Que regardes-tu, passant ? Un flambeau éteint, un homme que le feu de la charité a consumé, qui s’est fait tout à tous, Louis-Marie Grignion de Montfort. Si tu t’informes de sa vie, aucune n’a été plus pure, De sa pénitence, aucune plus austère, De son zèle, aucun plus ardent. De sa dévotion envers Marie, personne n’a mieux ressemblé à Saint Bernard. Prêtre du Christ, sa vie a retracé celle du Christ, sa parole a prêché partout le Christ. Infatigable, il ne s’est reposé que dans le cercueil. Il a été le Père des pauvres, le défenseur de l’orphelin, le réconciliateur des pêcheurs. Sa glorieuse mort a ressemblé à sa vie. Comme il avait vécu, il cessa de vivre. Mûr pour Dieu, il s’est envolé pour le Ciel. »

 

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort fut béatifié le 22 janvier 1888 et canonisé par le pape Pie XII le 20 juillet 1947.

 

Saint-Laurent-sur-Sèvre, ville sainte de la Vendée, où Saint Louis-Marie Grignion de Montfort rendit le dernier soupir, devint l’endroit où son œuvre devait rayonner sur la France et le monde. La ville a gardé son tombeau. Les fondations du Saint s’y regroupèrent, comme à son ombre bienfaisante. Tout ce qu’il avait imaginé et commencé, ce qu’il avait semé, fut accompli, après lui, par ses fils et ses filles.

 

La Compagnie de Marie regroupe des missionnaires. A l’origine, Montfort n’en recruta que deux, le Père Mulot, débile et à moitié infirme et le Père Valet, qui, visé par une parole du Saint : « Il y a ici quelqu’un qui me résiste. Je sens que la parole de Dieu me revient. Néanmoins cette âme ne m’échappera pas » baissa sa garde et vint le rejoindre. Quand Montfort mourut, les deux Pères étaient seuls. Mais ils se mirent à l’ouvrage. Aujourd’hui la Compagnie de Marie, de son nom latin SMM, Societas Mariae Montfortana, regroupe plus de 800 missionnaires dans 32 pays. Selon le vœu de Montfort, ils portent un regard de prédilection pour les plus pauvres en s’insérant dans les milieux les plus défavorisés des pays où ils missionnent. Ils travaillent en collaboration avec des laïcs et, conformément à la tradition montfortaine, annoncent le règne de Jésus par Marie. Toujours sur la route, ils vivent de la Providence.

 

Les Frères de Saint Gabriel (initialement Frères du Saint-Esprit) est une congrégation masculine de droit pontifical. Les premiers frères sont au nombre de quatre en 1715, un an avant le décès de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Ils se consacrent essentiellement à l’éducation de la jeunesse, notamment des enfants handicapés. Après la Révolution la Congrégation fut restructurée par un prêtre, Gabriel Deshayes, qui lui donna une impulsion nouvelle. 1200 frères œuvrent aujourd’hui dans trente-trois pays et quinze provinces religieuses.

 

Les Filles de la Sagesse. Rappelons-nous le séjour du Saint à l’hôpital de Poitiers. Il y rencontre Marie-Louise Trichet à qui il commande d’entrer dans la société des mendiantes qu’il avait fondée à l’hôpital. Elle prend l’habit. Il lui impose une bure grossière et l’attache au service des pauvres. Deux ans plus tard, il l’appelle à La Rochelle où elle est en charge des pauvres malades. Bientôt rejointe par Catherine Brunet et deux autres, Marie-Louise Trichet fonde la Congrégation des Filles de la Sagesse. Ce petit noyau va faire école après le décès du saint et se consacrer de plus en plus à l’enseignement des enfants pauvres. Ce seront les écoles de charité. En 2005, elles étaient deux mille religieuses à œuvrer sur cinq continents, soit six-cent-quatre-vingt en France, réparties dans soixante-six communautés. Religieuse sous le nom de Marie-Louise de Jésus, Marie-Louise Trichet fut béatifiée le 16 mai 1993.

 

Compagnie de Jésus, Frères de Saint-Gabriel et Filles de la Sagesse forment, depuis trois siècles, la grande famille montfortaine.

 

Apôtre de son temps, esclave de Marie, adorateur de Jésus, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort a voulu, dans sa chair, porter sa Croix tout en ne cessant de proclamer haut et fort l’Evangile du Seigneur et Sa Miséricorde.

Ô Saint Louis-Marie, fais-nous aimer le Christ par la Vierge Marie et demander pardon pour nos fautes car elles ont contribué à la souffrance de sa Passion. Guide-nous vers le Ciel en nous donnant un peu de cette âme pure et embrasée qui fut la tienne pour que nous soyons toujours davantage unis dans la prière avec le Christ par Marie tout en demeurant à l’écoute de nos frères.

 

Je vous salue, Marie…

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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