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EXTRAIT DE LA LETTRE À CATHERINE RAMON

Qui est Guy de Brès?

Guy est né vers 1522 dans la ville de Mons, en Belgique (région wallonne ou française), ou peutêtre dans le village de Bray, tout près de Mons. Pendant que sa mère était enceinte de lui, elle a été bouleversée par le message d’un prédicateur. Elle s’est mise à prier pour son bébé, pour qu’il devienne lui aussi prédicateur de la Parole de Dieu. Dieu a entendu cette prière. Guy a grandi dans une famille catholique romaine pieuse. Il s’est converti vers l’âge de 25 ans. Il a exercé le ministère de pasteur pendant la très dure Inquisition espagnole. Arrêté une première fois, il a réussi à s’enfuir à Londres (1547-1552) où il a fait la connaissance d’autres réformateurs réfugiés (Jean Lasko, Peter Dathenus, etc.). En 1552, il est revenu en France et est devenu pasteur à Lille, exerçant un ministère itinérant dans toute la région. Il a rédigé son premier livre, Le Bâton de la foi, qui avait pour but de montrer que c’était l’Église réformée qui était la continuation de l’Église ancienne et non l’Église romaine. Plusieurs membres de son Église sont morts martyrs. Guy a été obligé de s’enfuir encore une fois. Il s’est rendu à Francfort (en Allemagne), puis à Lausanne et à Genève (en Suisse). Là, il a pu approfondir ses connaissances à l’école de Calvin et de Théodore de Bèze. En 1559, il est rentré au pays et s’est établi à Tournai (Belgique). Il a alors épousé Catherine Ramon. Son ministère itinérant l’a amené à prêcher l’Évangile et à établir des Églises dans le nord de la France et en Belgique (cette région faisait autrefois partie des Pays-Bas). En 1561, il a publié en français la Confession de foi des Églises réformées aux Pays-Bas. Pourchassé, il a dû de nouveau s’enfuir et se réfugier dans différentes villes pendant cinq ans. Il a écrit un autre livre, La Racine, qui réfute les erreurs des anabaptistes et qui explique qu’il ne faut pas confondre les Églises réformées avec les anabaptistes radicaux insoumis aux autorités. Le mouvement réformé a beaucoup grandi dans ces régions. De grands rassemblements avaient lieu en plein air. Une bonne partie de la population devenue réformée a voulu prendre possession des églises et démolir les images et les statues. Guy de Brès, partisan de la modération, n’était pas d’accord avec ces violences, mais la répression s’est installée. La population a résisté plusieurs mois, mais finalement, le 11 avril 1567, Guy de Brès fut arrêté avec d’autres, puis jeté dans la prison de Valenciennes. Pendant son emprisonnement, il a reçu la force d’écrire plusieurs lettres, alors qu’il savait qu’il allait mourir à cause de sa foi. Le 31 mai, il a été pendu sur la place publique pour avoir officié une célébration de la sainte Cène qui était alors interdite.

LETTRE DE GUY DE BRÈS À SON ÉPOUSE CATHERINE RAMON

D’autre part, considère que je ne suis pas tombé entre les mains de mes adversaires par hasard, mais par la providence de mon Dieu, qui conduit et gouverne toutes choses, tant petites que grandes, comme le Christ nous le dit : « Ne craignez pas, vos cheveux sont tous comptés. Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou? Aucun d’eux ne tombera sur la terre sans la volonté de votre Père céleste. Ne craignez donc pas. Vous valez bien plus que beaucoup de passereaux. » Y a-t-il quelque chose que nous estimions moins qu’un cheveu? Cependant, voilà la bouche de la sagesse divine qui dit que Dieu tient le registre du nombre de mes cheveux. Comment donc le mal et l’adversité pourront-ils m’atteindre sans que Dieu l’ait ordonné dans sa 3 providence? Il ne pourrait en être autrement, à moins que Dieu ne soit plus Dieu. Voilà pourquoi le prophète dit qu’il n’y a pas de malheur dans la ville sans que le Seigneur en soit l’auteur. Nous voyons que tous les saints qui nous ont précédés ont été consolés par cette doctrine dans toutes leurs afflictions et leurs tribulations. Joseph qui a été vendu par ses frères pour être mené en Égypte a dit : « Vous avez fait une mauvaise œuvre, mais Dieu l’a transformée pour votre bien; Dieu m’a envoyé devant vous en Égypte pour votre profit. » David a fait la même chose envers Chimei qui le maudissait. Job également, de même que tous les autres. C’est la raison pour laquelle les évangélistes, traitant avec tant de soin des souffrances et de la mort de notre Seigneur Jésus-Christ, ajoutent : « Et ceci a été fait, afin que ce qui était écrit de lui soit accompli. » La même chose doit être dite de tous les membres du Christ.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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