Facebook PixelSainte Louise de Marillac - Chapitre 4 - Hozana

Sainte Louise de Marillac - Chapitre 4

Sainte Louise de Marillac - Chapitre 4

L’une des plus belles réalisations de Louise est l’œuvre des Enfants Trouvés à laquelle elle se consacre à partir de 1638, répondant ainsi à l’appel de Vincent et avec l’aide de ce dernier. Tous deux s’y engagent totalement avec leur sens pratique habituel et leur amour des petits et des pauvres.

Chaque année, en effet, 300 à 400 enfants étaient abandonnés à Paris aux portes des églises. Ou bien ils mouraient de froid, ou bien ils étaient envoyés dans une maison appelée La Couche Landry où des femmes appointées, censées s’occuper d’eux, les négligeaient complètement. Pire, elles les revendaient à de mendiants qui leurs rompaient bras et jambes pour apitoyer les fidèles à la porte des églises. Vincent, alerté par le clergé indigné, envoya alors des Dames de la Charité à La Couche Landry pour enquêter sur leur sort. Elles étaient revenues épouvantées. Vincent obtient alors un financement de Louis XIII, fonde l’Institution des Enfants Trouvés et la confie à Louise. Une fois de plus, celle-ci se met à l’ouvrage. Elle loue une maison rue des Boulangers pour accueillir ces enfants. Avec un don inné de l’organisation, elle fait face, trouve l’argent, pourvoit aux besoins de ses petits pensionnaires qu’elle découvre, laissés pour compte dans le « tour » de l’hôpital. En effet, pour garantir l’anonymat aux mères qui abandonnaient leur enfant, M. Vincent avait fait installer un « tour d’abandon », sorte de cylindre à tourniquet. Le système permettait, depuis la rue, de déposer un bébé puis de faire tourner l’appareil pour que l’enfant soit recueilli à l’intérieur de l’hôpital. Avec le dévouement des Sœurs, l’œuvre fonctionne malgré les difficultés rencontrées à la financer. Mais, après dix ans d’existence, Vincent et Louise ne peuvent plus faire face. L’argent manque au point que l’œuvre est menacée de fermeture. Vincent réunit alors dames de charité et personnes de bonne volonté. Il parle, explique que, en dix ans, avec Louise de Marillac, ils ont sauvé six cent enfants. Son discours est si pathétique et convaincant que, le jour même, les dons affluent et il dispose des capitaux nécessaires pour continuer. Il peut alors transférer son hôpital au château de Bicêtre puis ce sera l’enclos Saint-Lazare, enfin le Faubourg Saint-Antoine.

Infatigable, M. Vincent achète en 1650 une maison avec terrain pour créer un hospice de vieillards. A qui va-t-il en confier le fonctionnement ? A Louise et à ses filles, bien sûr !

Où donc Louise de Marillac trouve-t-elle le temps de mener de front autant d’activités ?

On ne sait mais il en est une qui lui tient à cœur : l’enseignement. Elle est douée pour enseigner. Elle en a l’art et le goût. Or l’ignorance est, pour elle, un état de violence. Pourtant l’instruction se répand mais les pauvres et surtout les filles n’y ont pas accès. Louise avait déjà mis institué l’alphabétisation dans les Charités. Par la suite, elle va plus loin, fonde des écoles, les prend en charge, s’occupe des programmes, compose pour ses élèves un catéchisme simple, recommande, pour la lecture, l’utilisation de tableaux afin d’y disposer les lettres de l’alphabet et inclut, dans son enseignement, la couture et la dentelle.

Louise, entièrement consacrée aux soins des pauvres et des nécessiteux, voit bientôt surgir de nouvelles difficultés au sein même des Filles de la Charité. Celles-ci sont sur tous les fronts à une époque où règnent de très nombreuses pauvretés : famine, maladie et violence dans une France décimée par les guerres. La tâche est immense, harassante et, pour certaines d’entre elles, décourageante. Elles quittent la Compagnie tant le service des pauvres leur paraît au-dessus de leurs forces, tant la vie communautaire leur semble exiger davantage que ce qu’elles peuvent donner au point qu’elles perdent le goût de la prière. De ce fait, certains projets n’ont pu aboutir et Louise culpabilise. Cette crise l’atteint au moment où l’avenir de son fils lui paraît incertain et la déstabilise. M. Vincent, nous l’avons vu, va l’aider à la surmonter. Peu à peu, elle retrouve la paix et, plus que jamais, se fait proche des plus pauvres et aussi de ses Sœurs. A tous, elle manifeste attention, douceur, cordialité, compassion. Avec un objectif : que chacun retrouve le chemin de la relation avec le Christ.

Pendant trente-cinq ans, Louise de Marillac et Vincent de Paul, aux caractères si différents mais habités par la même foi et la même charité, bâtissent une œuvre considérable. Ils sont aujourd’hui considérés comme les saints patrons de l’action caritative. L’un comme l’autre vont mourir à la tâche. En février 1660, la santé de Louise décline. Déjà malade, M. Vincent ne peut l’assister lors de ses derniers instants. Mais il lui envoie les mots suivants :

Vous partez la première. J’espère, si Dieu m’en fait la grâce, vous rejoindre bientôt.

Elle reçoit, dans la paix, le sacrement des malades et rend l’âme à Paris, entourée de sa famille et de ses Sœurs, le lundi de la Passion, 15 mars 1660. M. Vincent décède six mois plus tard, le 27 septembre.

Le corps de Sainte Louis de Marillac repose aujourd’hui dans la chapelle de la Maison-Mère des Filles de la Charité, 140 rue du Bac à Paris. La Sainte fut béatifiée le 9 mai 1920 par Benoît XV et canonisée le 11 mars 1934 par Pie XI. En 1960, Jean XXIII l’a proclamée Patronne des Œuvres Sociales. En 2017, les Confréries de la Charité (aujourd’hui Equipes Saint Vincent) ont fêté leur 400e anniversaire. Elles sont présentes dans 453 pays et comptent quelque 150000 membres. Quant aux Filles de la Charité ou Sœurs de Saint Vincent de Paul, elles sont présentes dans 95 pays.

Louise a suivi le chemin du Christ, répondant à sa suite aux besoins des plus pauvres. Il lui importait au premier chef que chacun retrouve sa dignité humaine et se découvre enfant de Dieu. Elle avait pressenti, deux cent ans avant que la Vierge Marie le révèle elle-même à Catherine Labouré l’importance de sa Conception Immaculée. Elle voulait la voir reconnue et célébrée car:

Marie est l’unique pure créature qui ait toujours été agréable à Dieu.

 

Que la vie de Sainte Louise de Marillac nous inspire et, qu’à son exemple, nous nous laissions habiter par la Lumière du Christ en découvrant Sa Présence parmi les plus pauvres et les plus déshérités. Qu’à la suite de la Sainte, nous n’ayons pas peur d’inventer de nouvelles voies pour instaurer sur terre le Royaume de Dieu, comme elle le fit sans hésiter, malgré les réticences de son temps, en créant la première Congrégation de Sœurs dans « le monde ». A l’exemple de sa dévotion à l’Immaculée Conception, prions la Vierge Marie en récitant la prière qu’Elle-même nous a enseignée : ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous.

Je vous salue, Marie…

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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