Laisser Jésus nous regarder - Jour 1 - Hozana

Laisser Jésus nous regarder - Jour 1

Laisser Jésus nous regarder - Jour 1

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En ce mois du Sacré Cœur, nous pouvons regarder Jésus, ou plutôt, nous laisser regarder par Lui. Dans le Nouveau Testament, nous pouvons lire que le regard de Jésus transforme, convertit, fait évoluer. Ce regard devait être exceptionnel pour changer à ce point les hommes et femmes rencontrés. C’est simplement un regard d’Amour et si nous Le laissons nous toucher, nous brûlons du même feu.

 

 Jour 1              Les regards de Jésus transforment

Aujourd’hui regardons les regards de Dieu fait homme, ces regards qui transforment les hommes et femmes. Observons comment juste cette vue des yeux de Jésus a touché les cœurs. Pour cela, nous vous donnons simplement quelques méditations de certains regards de Jésus. Ni geste ou prière particulière mais la proposition de lire ces textes ou de les retrouver dans la Bible dans leur contexte. Fermez ensuite les yeux pour imaginer ce regard qui a touché, qui touche encore aujourd’hui, peut-être qui vous touchera aussi.

 

« Jésus le regarda et l’aima » (Mc 10,21)

 

IL LE REGARDA ET IL L’AIMA – Père Henri Caffarel – Site des Amis du Père Caffarel

Les Évangiles font plusieurs fois mention des regards du Christ. André présente son frère Simon à Jésus : Celui-ci « le regarda » (Jn 1, 42). Pierre vient de renier son Maître : Celui-ci, « s’étant retourné, fixa son regard sur Pierre », et Pierre pleura amèrement (Lc 22, 61). Un homme vertueux demande au Christ le chemin de la Vie éternelle : « Jésus le regarda et l’aima », nous dit Marc (10, 21), qui a le don des formules brèves et évocatrices.

L’amour et le regard ont partie liée. Il faut regarder pour aimer, mais aussi aimer pour regarder vraiment : « On ne voit bien qu’avec le cœur. » Rien mieux que le regard ne révèle l’amour. Celui qui est ainsi regardé ne s’y trompe pas, tout son être — je parle de son être intime, de son moi secret — s’éveille, frémit, s’émerveille, s’élance et vit, sous le choc de ce regard d’amour. Une vie nouvelle, inconnue, ardente, intense, surgit en lui : le regard d’amour suscite l’amour.

Dans le regard d’amour d’un être sur nous, le plus merveilleux n’est pas seulement ce que, dans ce regard, on découvre de l’âme et de l’amour de cet autre, mais ce qu’on y apprend sur soi-même. Ce regard d’amour est en effet un « miroir-où-l’on-se-voit-vu », selon l’heureuse formule de Lanza del Vasto. Tandis qu’il est des regards où l’on se voit méprisable, quantité négligeable, dans le regard d’amour on se découvre aimable — au sens fort du mot : capable de susciter l’amour dans le cœur d’un autre. Un tel miroir nous renseigne sur nous-même, non pas à la manière d’un miroir inanimé et impassible, mais par la joie, l’émerveillement, l’amour, l’élan qui se sont éveillés en cet être à la vue de notre moi profond, et que son regard nous révèle.

Et c’est très impressionnant de se découvrir ainsi digne d’être aimé, apte à faire jaillir l’amour dans un cœur, comme d’un rocher une source. Comment n’être pas réconcilié avec soi-même ? Amour, estime, respect de soi, ces sentiments sinon inconnus du moins à peine ébauchés jusqu’alors — et très souvent faussés —, voilà que surgissant en nous ils nous font prendre conscience tout à coup de notre dignité. Et l’on sait désormais qu’on a une raison d’être, puisqu’on existe pour un autre.

Mais il y a plus admirable encore. Quand ce regard d’amour est celui d’un chrétien qui dans la lumière du Christ discerne, en notre moi secret, notre âme d’enfant de Dieu, notre nom éternel — celui-là que Dieu a prononcé depuis toujours, qui nous a fait naître en sa pensée divine avant de nous faire entrer dans l’existence —, ce regard alors a ceci d’infiniment bouleversant qu’il est tout transparent au regard même de Dieu sur nous, en lui nous découvrons de quel amour nous sommes aimés de Dieu.

Je suis bien sûr que Dieu voudrait pour chaque être qu’il rencontrât au moins un jour dans sa vie un tel regard. Mais ceux-là mêmes qui nous aiment le plus ne peuvent pas être toujours en « acte d’aimer ». Leurs regards d’amour — et je parle surtout du regard de l’âme — sont des moments privilégiés et intermittents. Quand il s’agit de Dieu, on peut être certain qu’il est toujours en acte d’aimer et cet acte, cette attention ardente, est présence d’amour à notre âme.

Émerveillement aussi. Oui, Dieu se complaît en l’âme de son enfant, si étonnant que cela puisse paraître, car en elle son regard rejoint ce qui est plus elle qu’elle-même : le nom divin éternel qui est le sien. Et ce regard d’amour de Dieu, bien plus que tout regard humain, est efficace : il est créateur de sainteté, communication de vie divine.

Encore faut-il, pour qu’il produise ses effets, que l’âme l’accueille en s’ouvrant à lui jusqu’en ses profondeurs par un acte de foi. Foi de l’homme qui reconnaît l’amour de son Dieu, amour actif, amour en acte. Et si cette foi était ardente et sans intermittence, le regard d’amour de Dieu sur l’âme ne cesserait de la faire croître en sainteté comme le soleil fait mûrir les moissons. Prier, c’est prendre conscience de ce regard d’amour de Dieu sur soi, s’ouvrir par la foi à son action créatrice, régénératrice, divinisante, béatifiante. Surgit alors dans l’âme l’amour de Dieu, la charité. Pour bien prier, il faut croire à ce regard d’amour sur soi.

« Il le regarda et il l’aima. »

 

ZACHEE TRANSFORME PAR LE REGARD DE JESUS - Père Jacques Nieuviarts, assomptionniste – croire.la-croix.com - mai 2012

Il était collecteur d’impôt, et donc cette triste interface entre le pouvoir romain et ses exigences en matière de taxes, et une région et ses habitants qui en avaient assez de ces exigences ajoutées à un quotidien déjà difficile. De là à dire que c’était un collaborateur, voire même un voleur, il n’y a qu’un pas. Que beaucoup franchissaient en parlant de Zachée.

Mais si au titre de sa fonction il faisait partie des grands, il était petit de taille, et voulait voir Jésus qui approchait ce jour-là de Jéricho. Ce personnage étrange est un peu le reflet, sous certains aspects du moins, du lecteur, qui fait ce qu’il peut dans la recherche de Jésus. Zachée grimpe sur un arbre, un sycomore que les guides n’hésitent pas à montrer encore aujourd’hui au bord du chemin à Jéricho ! …

Tout chavire dans sa vie lorsque Jésus pose sur lui son regard sur lui et lui adresse la parole : "Descends vite, Zachée, je viens chez toi !". Il n’est pas en bas qu’ils sont à la même table. Traversé par cette voix et ce regard, Zachée donnera tout. Il ne plaide pas coupable – contrairement à ce que l’on dit toujours : "Je donne la moitié de mes biens aux pauvres, et si j’ai pris indûment, je rends quatre fois plus !". La voix, le regard de Jésus. Pour toujours Zachée est autre.

 

MARIE MADELEINE ET PIERRE - Enseignement du Père BRITO - Pèlerinage à Lourdes - Octobre 2012

Prenons un autre passage de l'évangile : la rencontre de Jésus avec Marie-Madeleine. Rappelons-nous la scène : Jésus est invité à dîner chez Simon, le pharisien. Tout se passe normalement jusqu'au moment où entre une femme, Marie-Madeleine, connue pour sa vie apparemment dissolue (Simon la désigne comme une pécheresse et, Jésus parlera de ses nombreux péchés). Elle se tient derrière Jésus, étendu sur des coussins selon la coutume. Elle répand un parfum sur les pieds du Christ, se met à verser des larmes, à essuyer les pieds du Christ avec ses cheveux. Que va faire Jésus ? La repousser ? Lui reprocher ses égarements ?

Non, contrairement à l'attitude de Simon qui ne voit dans cette femme que le côté négatif, Jésus lui, voit l'amour qu'elle a dans le cœur et qui ne demande qu'à se déployer. Alors Jésus lui redonne confiance : « tes péchés ont été pardonnés ». La note de la TOB signale que la parole du Christ : "celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour", demande qu'on interprète le texte non pas dans le sens : "tes péchés sont pardonnés à cause de l'amour que tu as montré", mais "parce que tu es pardonnée, alors tu montres beaucoup d'amour". […]

 Un simple regard peut remettre debout. N’est-ce pas l'expérience de l'apôtre Pierre en sortant de la cour de Caïphe, après l'arrestation de Jésus. Pierre devait se sentir mal à l'aise, il venait de renier son maître, Jésus, qu'il aimait tant. Comme il devait s'en vouloir d'avoir été aussi lâche ! Comme il devait se détester pour avoir été si lamentable, surtout après ses protestations de fidélité au cénacle. Et voilà, que le Seigneur sort, entouré des gardes. C'est seulement dans l'évangile de Luc qu'on lit cette phrase : « le Seigneur se retournant posa son regard sur Pierre » (Luc 22, 61).

Le regard de Jésus devait être un regard chargé d'amour pour que le cœur de l’apôtre fonde. Pierre se rappelle les paroles de Jésus, il se rappelle tout ce que le Christ a été pour lui. Et il se met à pleurer, comme Marie-Madeleine. Je pense que ses larmes ne sont pas seulement des larmes de repentir mais, aussi, et peut-être, surtout, des larmes qui viennent de cette redécouverte : à quel point il était aimé du Christ. Pierre aurait pu, comme Judas, s’enfoncer dans le désespoir : c'est fini, je ne pourrai plus jamais me regarder en face, je ne mérite pas d'être l'ami de Jésus (comme le fils prodigue à son père : "je ne mérite pas d'être appelé ton fils" !). Mais il comprend que l'amour du Christ n'est pas en rapport avec ses mérites, il comprend qu'il est aimé, gratuitement. Il comprend que la confiance n'est pas morte. C'est presque le contraire, car cette expérience douloureuse permettra, peut-être, à Pierre d'accepter avec plus d'humilité, la mission que Jésus lui confiera après la résurrection, en s'appuyant non sur ses propres mérites, mais sur la confiance que le Christ n'a jamais cessé de lui accorder. Le regard de Jésus est, là encore, un regard qui remet debout, qui ressuscite.

JESUS LE REGARDA ET L’AIMA – Pape Benoit XVI - Du Vatican, 22 février 2010

Dans le récit évangélique, saint Marc souligne que « Jésus fixa sur lui son regard et l’aima » (cf. Mc 10,21). C’est dans le regard du Seigneur que réside le cœur de cette rencontre très particulière et de toute l’expérience chrétienne. Le christianisme, en effet, n’est pas d’abord une morale, mais une expérience de Jésus-Christ, qui nous aime personnellement, jeunes ou vieux, pauvres ou riches. Il nous aime même quand nous lui tournons le dos.

Commentant cette scène, le Pape Jean-Paul II ajoutait, s’adressant à vous les jeunes : « Je vous souhaite de connaître un tel regard ! Je vous souhaite de faire l’expérience qu’en vérité, lui, le Christ, vous regarde avec amour ! » (Lettre aux jeunes, n.7). Un amour, qui s’est manifesté sur la Croix d’une manière si pleine et si totale qu’il fait écrire à saint Paul, avec stupeur : « Il m’a aimé et s’est livré pour moi » (Gal 2, 20). « Savoir que le Père nous a toujours aimés en son Fils, que le Christ aime chacun en tout temps – écrit encore le Pape Jean-Paul II – cela devient un solide point d’appui pour toute notre existence humaine » (Lettre aux jeunes, n.7), et nous permet de surmonter toutes les épreuves : la découverte de nos péchés, la souffrance, le découragement.

Dans cet amour se trouve la source de toute la vie chrétienne et la raison fondamentale de l’évangélisation : si nous avons vraiment rencontré Jésus, nous ne pouvons pas nous empêcher de lui rendre témoignage devant ceux qui n’ont pas encore croisé son regard !

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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