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Sainte Geneviève - Chapitre 4

Dans son projet de conversion de l’armée franque et de son chef Clovis, Geneviève va s’adjoindre une alliée inattendue. Clotilde est une princesse burgonde, élevée dans la foi catholique par sa grand-mère maternelle. Elle vit à la cour de son oncle Gondebaud, lequel n’est autre que l’assassin de ses parents. Cette situation l’insupporte et elle n’a de cesse de s’échapper. En 493, remarquée par les ambassadeurs de Clovis pour sa beauté exceptionnelle, sa sagesse et son élégance, elle traite en cachette avec eux. Une promesse de mariage tenue secrète est échangée et elle part, en toute discrétion, vers le nord, portée par un char à bœuf et suivie de ses nombreux bagages, pour rejoindre son fiancé. Mais, de son côté, Gondebaud découvre la promesse de mariage et, redoutant la vengeance de la jeune fille dont il connaît le caractère bien trempé, s’élance à sa poursuite. Clotilde, informée, abandonne son chariot, enfourche un cheval et court à bride abattue rejoindre Clovis. Il se rencontrent au sud de Troyes et Clovis, transporté de joie  à la vue de Clotilde, connaît un véritable coup de foudre, partagé, semble-t-il. Mais la question religieuse les divise. Pour elle, il n’est pas question d’adorer les dieux païens que vénère Clovis. Aussi obtient-elle l’autorisation de faire baptiser ses enfants. L’aîné ne survit pas et Clovis a beau jeu de lui faire remarquer que son Dieu ne la protège guère…

Dès l’époque de son mariage, elle a rencontré Geneviève et elles sont devenues amies, voire complices. Elles unissent sans doute leurs prières pour obtenir le baptême, si cher à leur cœur, de Clovis et de son armée. En 496, a lieu la fameuse bataille de Tolbiac, non loin de Cologne, contre les Alamans. Le roi joue gros. Il promet au Dieu de Clotilde de se convertir s’il ressort vainqueur. C’est un triomphe. Cette même année, Geneviève et Clotilde préparent ensemble le baptême que célèbre l’évêque Saint Rémi à Reims.

La nouvelle de la conversion de Clovis, de ses officiers et de ses soldats fait bientôt le tour du royaume. Paris s’enthousiasme et Geneviève tient sa promesse. La ville s’ouvre et Clovis y fait une entrée solennelle.

Plus tard, Clovis demandera à être enseveli auprès de Geneviève. Il meurt à 45 ans en 511, précédant d’un an la Sainte dans la tombe.

Cette « battante » de Dieu, à quatre-vingt dix ans passés, rend sa belle âme au Seigneur le 3 janvier 512. Elle est enterrée dans le quartier de la Montagne Sainte-Geneviève, à côté de Clovis et, plus tard, de Clotilde. Elle est canonisée quelques années plus tard.

 

De son vivant, Geneviève a accompli de nombreux miracles. Après sa mort, et au cours des siècles, quantités de guérisons lui furent attribuées comme celle de Louis XV, miraculeusement guéri à Metz après avoir invoqué Sainte Geneviève.

 

En 885, les Normands envahissent le territoire, conquièrent la Neustrie (au  nord-ouest de la France actuelle) et viennent faire le siège de Paris avec 700 barques. L’assaut général est donné à l’été 886. La situation est critique. Mais grande la foi. La châsse de Sainte Geneviève est apportée en hâte à la pointe est de l’île et celle de Saint Germain à l’ouest. Les assaillants sont repoussés avec cinq hommes seulement à l’est. A l’ouest, les ennemis qui avaient pris pied sont refoulés avec de lourdes pertes. Paris est sauvé. Louange aux deux saints.

 

En 1130, le mal des Ardents fit 14000 morts à Paris. Il s’agissait d’un empoisonnement par l’ergot de seigle, provoquant des troubles hallucinatoires avec délires et convulsions. Les malades étaient dévorés par un feu intérieur et la gangrène s’installait dans les extrémités que le sang n’irriguait plus. Ils mouraient dans d’atroces souffrances. L’évêque Pierre de Senlis obtint la descente de la châsse de Sainte Geneviève que l’on emmena à Notre-Dame. Sur le parvis, 103 malades effleurèrent la châsse. Parmi eux,  cent furent guéris sur le champ mais trois incrédules gardèrent leur mal…

 

Septembre 1914 : l’offensive allemande menace Paris. L’évêque de Paris organise un triduum (trois jours de prière) à Saint-Etienne du Mont, église où Sainte Geneviève est vénérée aujourd’hui à Paris depuis la destruction de sa châsse sous la Révolution. Ce sera le miracle des « taxis de la Marne » envoyés pour renforcer la VIe armée française en difficulté. Les deux armées de Von Bülow et de Von Kluck, suite à une erreur de stratégie, sont ensuite contraintes au repli.

 

 Cette extraordinaire présence de la Sainte au cours des siècles dans cette terre de France qu’elle a tant aimée incite à la confiance et à la prière. Qu’elle fasse grandir la foi en nous et autour de nous, qu’elle continue de veiller sur nous et sur notre pays en ce troisième millénaire.

Avant de la quitter, empruntons cette belle prière à Odile Haumonté (Le Grand Livre des Saints. Presses de la Renaissance).

« Geneviève, par tes prières, suscite des chrétiens désireux de s’engager dans la vie politique. Aide-nous à prendre part à la vie de la cité à laquelle nous appartenons, que nous puissions nous souvenir que, si nous sommes bien citoyens des cieux, nous avons aujourd’hui à œuvrer aussi dans la société où Dieu nous invite à être des témoins de Son Amour et des ouvriers de Sa Paix. »

 

Je vous salue Marie…

Prions avec Marie en cliquant sur le bouton "je prie".

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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