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Aspazia Otel-Petrescu_2

Bonjour chers amis,

Merci de tout coeur de me suivre si fidelement et de plus en plus nombreux !

Je traduis aujourd'hui pour vous un autre fragment des souvenirs de l'ecrivaine. Elle etait a nouveau dans une chambre isolee de la prison de Miercurea-Ciuc. De temps en temps, les detenus etaient jetes dans des chambres isolees, le plus souvent sans habits, des chambres ou il faisait tres froid, dans l'espoir de les tuer plus ou moins lentement, en fonction de la resistance de l'organisme de chacun.

"La premiere nuit a ete difficile a supporter. Surtout a cause du froid et de la faim que je ressentais tres violemment. [...] Le sommeil refuse de me sortir de l'impasse. J'essaie de me creer un espace mirifique, une evasion dans le sublime par la porte de l'imagination, mais la pensee epuisee refuse de m'ecouter. A la fin, je cours aux pieds de Jesus. Je m'imagine que je Le cherche et que je Le trouve et que je Lui parle :

"Seigneur, je sais que quelque part, dans son noyau, meme cette prison a un coeur. Un coeur etroit et froid comme une cellule ou, apres qu'ils T'aient habille dans des vetements rayes par l'opprobre et les insultes, ils T'ont jete a giser par terre, affame de verite et assoiffe d'amour. Tu as bien voulu, Seigneur, souffrir avec nous cette persecution pour nous soulager de notre fardeau. Ce soir, mon coeur a eu beaucoup de peine ; j'ai pense aux blessures que je T'ai provoquees. Voila, je suis seule parmi les rats. [...] Je veux Te dire que je T'ai apporte deux cadeaux pour les blessures que je T'ai faites. Je T'ai apporte la chandelle de mon ame. Elle est modeste et laide, car l'or de mon ame est pauvre et mon travail d'orfevre n'est pas de main de maitre. Mais je l'ai forgee sur l'enclume de la douleur, aux flammes de la souffrance et je sais que Tu va multiplier sa valeur. Sa lumiere n'est plus grande qu'une semence de coquelicot, parce que l'huile de la foi avec laquelle elle se nourit n'est qu'une goutte. C'est tout ce que j'ai pu presse des grains de mes bonnes actions. Multiplie-les, Seigneur, comme le vin de Cana, comme les pains dans le desert. [...] Je T'ai apporte la fleur de mon coeur. Ce n'est qu'une pauvre tige de basilique. Il a pousse difficilement. Sur le rocher de mon coeur, il a pu a peine prendre racines. Et la larme avec laquelle je l'ai arrose a ete salee et amere. Mais il est ne et a fleuri du miracle de Ton amour. [...] Je Te remercie de tout mon coeur, Seigneur, que Tu as bien voulu me donner la souffrance." (op. cit., p. 93-95).

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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