La prière de Jésus - Hozana

La prière de Jésus

L'histoire du Notre Père : quand sa rédaction définitive a-t-elle été arrêtée ?

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du mal.
Car c'est à toi qu'appartiennent
le règne, la puissance et la gloire,
pour les siècles des siècles.
 
Amen !

La prière de Jésus

Depuis 1966, l'ensemble des chrétiens peut dire d'une seule voix la prière de Jésus dans ces mots de la traduction œcuménique. La version liturgique correspond pour l'essentiel à la formulation qu'en donne l'évangile selon Matthieu (Matthieu 6, 9-13). Luc présente une formulation un peu différente. Il existe une troisième version très ancienne du Notre Père, qui remonte elle aussi, comme les deux premières, au 1er siècle, mais juste un peu plus tardive, celle transmise par la Didachè ou Doctrine des douze apôtres, un écrit à la fois catéchétique et pratique de la première Église, probablement en Syrie.
 
Les évangiles de Marc et Jean ne rapportent pas le Notre Père, mais ils montrent eux aussi Jésus en prière face à celui qu'il appelle Père, et même Abba (appellation très familière du père, en araméen) lors de la passion à Gethsémani (Marc 14, 36). Paul dans ses lettres ne rapporte pas non plus la prière donnée par Jésus à ses disciples. Mais il revient à plusieurs reprises sur l'Esprit qui nous fait dire Abba, dans la même familiarité que Jésus (Romains 8, 14-17 ; Galates 3, 26 ; 4, 5-7 ; Éphésiens 1, 5 ; 5, 1 ; Philippiens 2, 15).
 
La prière de Jésus nous est parvenue dans la langue des évangiles, le grec, mais les spécialistes s'accordent à penser que Jésus la confia à ses apôtres dans la langue qui était la leur et la sienne, l'araméen. Le Notre Père est la seule prière que l’Église primitive attribue à Jésus lui-même. Très proche de plusieurs prières juives du temps de Jésus, elle est aussi très proche de sa prédication et frappe par sa brièveté et l'audace de la proximité qu'elle manifeste à l'égard de Dieu, appelé Abba, c'est-à-dire Père.

L'audace des tutoyeurs de Dieu

Il est saisissant que l'introduction liturgique du Notre Père nous rappelle sans cesse : "Comme nous l'avons appris du Sauveur et selon son commandement, nous osons dire : Notre Père…". Gérard Bessière, théologien et poète, commente ainsi : "Il faut mesurer l'ampleur de notre audace. D'abord parler à Dieu et lui dire : Notre Père, comme cela, tout simplement, avec cette assurance que seul pouvait avoir Jésus […]. Et parler à Dieu ensemble, comme si nous étions des frères, alors que si souvent on prie comme si l'on était installé à son compte ! Dire du fond de nous mêmes Notre Père, vous imaginez […] ? Le Notre Père est une prière de grand large parce qu'il pressent, annonce, attend et cherche une autre rive."
 
Tertullien, Père de l’Église du 2e siècle déjà le disait : cette prière est "le résumé de tout l’Évangile" (La Prière, 1, 6). Il fut l'un des tout premiers à commenter le Notre Père suivi, très vite par Cyprien de Carthage dans son Oraison dominicale (ce qui signifie prière du Seigneur) vers 252. Ils ont profondément marqué la compréhension du Notre Père jusqu'au moyen-âge et même jusqu'à nos jours.

La prière des baptisés

Les Pères de l’Église rappellent à la fois l'audace de cette prière et comment elle est liée au baptême, comment elle trouve aussi une place toute spéciale au cœur de l'Eucharistie.
 
Avec le Credo, rappellent-ils, le Pater est confié par l'évêque au catéchumène comme un dépôt précieux (traditio) qu'il ... la suite en cliquant ici http://croire.la-croix.com/Les-formations-Croire.com/Vie-spirituelle/Prier-le-Notre-Pere/1re-etape-Dire-Notre-Pere

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

2 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

Sophie
place Boulogne-Billancourt, il y a 1 an
"Car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles"n'appartient qu'à la Bible des protestants qui n'est pas la même que celle des catholiques!
Croire.com
place Montrouge, il y a 1 an
Oui, tout le monde le sait... et alors ? Il s'agit là d'une doxologie... en quoi est-ce un problème de reconnaitre le règne, la puissance et la gloire de Dieu... ? Je ne comprends pas très bien votre remarque