Notre Père, qui es aux cieux

Bonjour à tous,

 

Nous entrons aujourd’hui dans la méditation des paroles du Notre Père. Dans cette prière, nous commençons d’abord par nous adresser à Dieu comme « Notre Père » et nous le situons par rapport à nous : « Qui es aux cieux ».

 

Nous avons vu hier que la confiance a une importance considérable dans la prière. Saint Thomas nous enseigne que nous devons nous adresser à Dieu avec foi et sans hésitation. La prière du Notre Père commence par exposer les motifs qui font naître cette confiance : la bienveillance du Père que nous exprimons par les mots « Notre Père » et la grandeur de sa puissance que nous exprimons par les mots « Qui es aux cieux ».

 

« Notre Père »

 

Saint Thomas d’Aquin écrit d’abord qu’il y a trois raisons pour lesquelles nous appelons Dieu « Père » :

 

  • A cause de la manière particulière dont il nous a créés. « Il nous créa en effet à son image et à sa ressemblance, image et ressemblance qu’il n’imprima pas dans les autres créatures inférieures à l’homme. Il est lui-même notre Père, dit le Deutéronome (32, 6), lui qui nous a faits et nous a créés » ;
  • A cause de sa sollicitude particulière, envers les hommes, dans le gouvernement de l’univers. « Si rien, en effet, n’échappe à son gouvernement, celui-ci s’exerce différemment envers nous et envers les créatures inférieures à nous. Celles-ci, il les gouverne comme des esclaves, mais nous, il nous gouverne comme des maîtres. Ô Père, dit le livre de la Sagesse (14, 3), votre providence régit et conduit toutes choses ; et (Sag. 12,18) vous disposez de nous avec beaucoup d’égards » ;
  • Parce qu’il nous a adoptés. « Tandis qu’aux autres créatures il n’a fait que de petits présents, il nous a fait, à nous, don de son héritage, et cela parce que nous sommes ses fils. Parce que nous sommes ses fils, dit saint Paul (Rom 8, 17), nous sommes ses héritiers, et (verset 15) : Vous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour retomber dans la crainte, mais vous avez reçu un esprit d’adoption, qui nous fait crier : Abba, Père. »

 

Parce que Dieu est notre Père, nous avons des obligations à son égard : nous lui devons l’honneur (par la louange, la pureté de notre corps, et l’équité de nos jugements sur le prochain) ; nous devons l’imiter (par l’amour, la miséricorde et la perfection) ; nous lui devons obéissance et nous devons être patients lorsqu’il nous corrige.

 

Saint Thomas fait remarquer ensuite que nous ne disons pas seulement Père mais Notre Père. Le « Notre » implique nos devoirs envers nos proches. Nous leur devons l’amour car ils sont nos frères. Nous leur devons aussi le respect car nous avons un seul et même Père.

 

« Qui es aux cieux »

 

Saint Thomas explique que nous employons cette expression pour trois raisons :

 

  • Elle nous prépare à la prière (par l’imitation, la contemplation et le désir des réalités célestes désignées par « cieux ») ;
  • Elle se rapporte à la facilité de Dieu à entendre notre prière du fait de sa proximité par rapport à nous (Dieu habite dans les saints appelés aussi « cieux ») ;
  • Elle se rapporte à la toute puissance du Père pour nous exaucer (« cieux » désigne enfin les cieux matériels et visibles).

 

Cette expression nous donne au moment de la prière un triple motif de confiance. Notre confiance repose alors sur :

 

  • La puissance de Dieu ;
  • La présence intime de Dieu en nous et dans les saints qui nous font bénéficier de leur patronage. « Plusieurs ont prétendu que Dieu, à cause de son élévation, ne prend pas soin des choses humaines. Il faut au contraire penser qu’il est proche de nous, bien plus, qu’il est présent intimement en nous » ;
  • La convenance de notre demande. Les cieux désignent alors les biens spirituels et éternels. « Si, en disant au Père céleste : vous, qui êtes dans les cieux,nous pensons que les cieux désignent les biens spirituels et éternels, objet de la béatitude, alors notre désir des choses célestes s’enflamme. Notre désir doit en effet tendre là où est notre Père, car là aussi est notre héritage. »

 

Pour résumer cette méditation d’aujourd’hui, on peut encore lire ce que saint Thomas écrit dans la Somme de théologie :

Ce n’est pas pour fléchir Dieu que nous lui adressons notre prière, mais pour exciter en nous-même une demande confiante. Cette confiance naît en nous surtout quand nous considérons l’amour qu’il nous porte et qui lui fait vouloir notre bien ; c’est pourquoi nous disons « Notre Père » ; et quand nous considérons son excellence qui lui permet de l’accomplir : c’est pourquoi nous disons : « Qui es aux cieux. » (ST II-II, q. 83, a. 9, ad 5)

 

Méditation du jour : Récitons lentement ces premiers mots « Notre Père, qui es aux cieux » en entrant dans cette attitude de confiance fondée sur la bienveillance de Dieu envers nous et sur sa toute puissance. Nous pouvons nous les répéter plusieurs fois dans la journée.

 

Achevons notre prière avec l’oraison de la fête de saint Thomas d’Aquin : « Dieu qui as fait de saint Thomas d'Aquin un modèle admirable par sa recherche d'une vie sainte et son amour de la science sacrée, accorde-nous de comprendre ses enseignements et de suivre ses exemples. »

 

Bonne journée en prière avec saint Thomas d’Aquin !

 

Isolde Cambournac, pour Aquinas

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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