Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà

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« Je suis venu jeter un feu sur la terre,
et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé ! » (Luc 12, 49)

            Je vis par la fenêtre une étrange lumière orangée. Le ciel était voilé. Sortant, je constatai que la fumée filtrait la lumière intense du soleil, déjà radieux en ce matin du 11 août 2022. Sainte Claire d'Assise. Sainte Philomène.

 Statue de sainte Philomène
Chapelle Notre-Dame du Refuge – Hôpital Saint-Jacques – Besançon
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            Me retournant, je vis la direction d'où venait cette fumée. La source est un feu dans la montagne, derrière, sur le flanc opposé. Nous sommes dans le Jura, à Villards d'Héria, un village près d'un lac artificiel dont les eaux ont recouvert un hameau et une ancienne Chartreuse. Dans le diocèse de Saint-Claude. Jamais Françoise, la doyenne de la Fraternité du Cœur Eucharistique de Jésus de Besançon, n'avait vu une telle sécheresse dans son pays. Les arbres jaunis, grillés. Le Jura, d'habitude si vert !

            La veille, en la saint Laurent, martyr, nous sommes allés, les 8 présents de la Fraternité du Cœur Eucharistique de Jésus de Besançon, jusqu'à la chapelle Saint-Romain, pour célébrer la messe avec le Père Jean-Louis, qui était des 8. Nous avons bu l'eau fraîche de la glacière en regardant le paysage : les courbes de la Bienne qui se jette plus loin dans l'Ain, laissaient voir son lit asséché, des pans entiers d'algues vertes reclus sur les bords encore vaseux. Le miracle serait la pluie.

            Nous sommes entrés à nouveau dans la fraîcheur de la chapelle pour adorer le Saint Sacrement, ensemble Le louer et prier l'Esprit Saint. Toutes les images reçues en fraternité étaient relatives à l'eau, à l'abondance des eaux souterraines, qui sourdent, comme sourd l'amour du Cœur de Jésus qui a tant hâte de se communiquer à chacune de ses créatures bien aimées, qui trop souvent l'ignorent.

En ce 15 août,
Puisons au Cœur Eucharistique de Jésus,
Prions le Cœur Eucharistique de Jésus…

            En ce 15 août, prions le Cœur Eucharistique de Jésus avec Sophie Prouvier et Notre-Dame du Refuge pour que les âmes de notre pays soient rendues sensibles aux gémissements de l'Esprit de Jésus présent dans l'Eucharistie. Prions pour que nos frères et sœurs baptisés voient en ces feux répandus sur notre pays un appel à la reconnaissance du Feu caché en eux, à la reconnaissance de leur saint Baptême.

            Nous tous qui avons revêtus le Christ, nous sommes les hôtes de ce Feu de Jésus reçu en même temps que les eaux du Baptême. Rejoignons cet Hôte intérieur plus présent à nous-même que nous-même, l'Esprit Saint qui se consume en nous.

            Réveillons, par notre prière, aidés de la Sainte Vierge Marie, Maîtresse des Noces, réveillons l'Esprit Saint qui habite en tout baptisé. Jésus a soif. « Sitio ! » – « J'ai soif ! » crie-t-Il du haut de la Croix. « Sitio ! » – « J'ai soif ! » gémit-Il au plus profond de chacun de nous.

            Jésus, assis sur la margelle du puits, à l'heure la plus chaude du jour, attend la venue de la Samaritaine. De loin, Il la voit venir. De loin, Il la sait venant à Lui. Sa sainte Soif manifeste la soif cachée en chacun de nous… qui se réveille à Son contact. Ce Feu brûlant d'Amour, ce Buisson Ardent en Lui veut s'offrir en source d'eau vive. Dans l'Eucharistie, puisons. À la messe et à l'adoration, puisons. Au tabernacle et sur l'autel, puisons. En nous-même, enfin, rejoignons Jésus oublié à sa Soif.



PRIÈRE AU CŒUR EUCHARITIQUE DE JÉSUS
ÉLÉVATIONS de Sophie Prouvier – L'extrait

Chacune des 20 Élévations se développe en 3 prises de paroles :
– I Réflexion ­– II Jésus – III L'âme


Onzième Élévation
Cœur désirant qu'on l'aime
Deuxième désir du Cœur Eucharistique de Jésus :

Etre aimé d'un amour de préférence

I

Réflexion. – Ne paraît-il pas contraire à la dignité de solliciter l'amour ? D'où vient que le Cœur de Jésus semble s'abaisser à cette supplication ? C'est que aimer Dieu est dans nos intérêts, non dans les siens, et que s'il nous presse de répondre à son amour, c'est uniquement pour notre bien. Dieu n'a pas besoin pour lui de notre retour, trouvant en lui-même son infinie suffisance.
Cependant comme la nature du feu est de se communiquer et que la charité divine est un feu, il est de sa nature de se répandre ; or, le cœur de l'homme fait par Dieu à son image étant pour lui un objet de prédilection, il n'aura complété sa création que quand il l'aura rempli de son amour. Voilà pourquoi il le supplie de faire vivre en lui cet élément essentiel de son bonheur et cette gloire de l'œuvre de Dieu.

II

Jésus – Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que désiré-je, sinon qu'il s'allume* ? Ce feu que la terre ne connaissait pas avant que je vinsse lui apporter la loi d'amour avec ses grâces, il n'est pas un feu dévastateur ; depuis ce règne de l'amour, je ne suis plus dans les orages, ni dans les tremblements. Je suis la douceur, qui ne brise pas le roseau à demi rompu mais qui allume la mèche encore fumante. Mon cœur ne s'impose pas, il supplie ; j'en appelle beaucoup à l'intimité de mon amour et plusieurs refusent, je frappe à la porte et souvent on ne m'ouvre pas** ; mais je te supplierai de m'aimer, et avec tant d'instance que si ton cœur n'est pas de pierre, il se rendra.
            Encore une fois, qu'ai-je dû faire que je n'aie pas fait pour toi ? Pour te gagner, j'ai revêtu ta nature et t'ai donné ma vie, je l'ai reprise afin de la donner encore pour toi : je me consume aujourd'hui dans l'Eucharistie, et là, plus à toi que jamais, en toi-même quelles ne sont pas les tendres insinuations de mon cœur pour triompher de ton vouloir, te faire choisir de préférence le seul bien qui ne laissera pas de vide en ton âme. Je n'exige pas de tous un amour exclusif, et si tu n'y es pas appelé, donne-toi à ceux que tu peux aimer ici-bas, j'y consens, puisque je t'en ai fait un devoir, mais aime-les avec mon cœur pour les aimer avec quelque chose de mon immuable tendresse. Médite et honore tous mes mystères, chacun en son temps, mais aime d'un amour de prédilection le mystère qui les renferme tous et qui tient de mon cœur d'être par excellence de sacrement de l'amour.

III

L'âme – Ô mon Dieu, je comprends enfin aujourd'hui pourquoi vous nous aimez tant… ce désir d'être aimé, il n'est pas en vous un besoin se rapportant à vous-même, verbe éternel, amour incréé et infini : quel accroissement de bien vous apporterait notre indigente affection ? mais c'est parce que vous êtes amour parfait que vous êtes si fortement incliné à nous aimer parfaitement et à vouloir être aimé aussi parfaitement que nous en sommes capables. Vous êtes tout amour, ô Jésus, vous êtes tout cœur : je ne m'étonne plus si vous ne pouvez vous lasser de venir du ciel sur la terre, pour nous transformer en vous. Dans votre Eucharistie, vous êtes non seulement tout amour comme Dieu, mais tout amour comme homme, afin qu'il y ait ici-bas un cœur humain qui aime véritablement votre Père de tout lui-même et qui aime aussi véritablement les hommes, vos chers semblables, ô Jésus, comme soi-même pour l'amour de Dieu. Dans l'Eucharistie, vous êtes donc, si j'ose le dire, doublement tout cœur. Quel prodige et quel bonheur ! Si vous n'étiez que science, beauté sagesse, vous ne souffririez autour de vous que sagesse, beauté, science, mais, à cause du grand amour dont vous nous avez aimés, amour qui surpasse toute connaissance humaine, vous demandez surtout nos cœurs. Et si je vous portais la science, la beauté, la sagesse même sans mon cœur, vous compteriez tout cela pour rien ; et si encore mon cœur n'était pas tout amour, le reconnaîtriez-vous pour un cœur ?
            Ah ! que cet amour me remplisse, m'inonde, me consume, me transforme, puisque, en vous donnant mon pauvre cœur, je vous contente. Que du moins maintenant je vous aime, Cœur Eucharistique de Jésus, non seulement par-dessus toutes les choses crées, mais encore avec une affection de préférence, parmi les divers témoignages de votre amour, afin de vous dédommager de l'oubli dans lequel nos cœurs vous ont laissé si longtemps.

* Cf. Lc 12, 49
** Cf. Ap. 3, 20


(Onzième ÉlévationCœur suppliant qu'on l'aime Première plainte du Deuxième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : être aimé d'un amour de préférenceI-II-III – pp.81-85)

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Depuis la fête du Cœur Eucharistique de Jésus, le jeudi 30 juin 2022,
la Chapelle Notre-Dame du Refuge de Besançon
a retrouvé la Présence réelle de Jésus Eucharistie au Tabernacle.

C'est dans ce Tabernacle que Sophie Prouvier a reçu la révélation
du « Cœur Eucharistique de Jésus » – 22 janvier 1854
et reçut pour mission :
« Fais-le connaître, fais-le aimer. » – 1er sept. 1854

Si vous souhaitez visiter la Chapelle Notre-Dame du Refuge
de l'Hôpital Saint-Jacques de Besançon,
et/ou prier le Cœur Eucharistique de Jésus au Tabernacle,
elle est ouverte les vendredis, samedis et dimanches durant l'été.
Site : https://www.andref25.fr/

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Photographie
Porte du Tabernacle du Maître-Autel
Chapelle de La Colombière – Paray-le-Monial
Mosaïque de Mauméjean1932.

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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

1 commentaire

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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Cœur Eucharistique de Jésus - De Besançon à Paray-le-Monial

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