Facebook PixelL'opposition au message de Fatima dans l'Eglise: Le père Dhanis - Hozana

L'opposition au message de Fatima dans l'Eglise: Le père Dhanis

L'opposition au message de Fatima dans l'Eglise: Le père Dhanis

Image de cette publication: Soeur Marie des douleurs (Son nom sous l'habit des soeurs de Dorothé) au Cabeço le 22 mai 1946 lieu béni que Lucie retrouve 25 ans après pour montrer l'endroit exact des apparitions de l'ange. 


Résumé : Globalement, le père Dhanis distingue deux époques pour le message de Fatima. Celle des apparitions de 1917 qu'il considère comme probablement authentiques et celles d'après qui sont le fruit de l'imagination de la voyante. Il s'en suivra un doute important dans l'entourage des papes conduisant à un discrédit, voire même à un isolement de ceux qui ont analysé la question et rencontré sœur Lucie à de nombreuses reprises, ce que n'a jamais fait le père Dhanis.

 

            Le Père Edouard Dhanis, jésuite belge, est un acteur-clé incontournable de l'histoire de Fatima par l'influence qu'il exerça à Rome auprès de l'entourage de trois papes successifs, de Pie XII à Paul VI inclus, influence qui se prolongea après sa mort en 1978.

            Sa théorie sur Fatima établit une distinction entre les apparitions et l'interprétation qui en est fournie essentiellement par Sœur Lucie. Avec les conséquences en matière de décision des autorités de l'Eglise.

            L'essentiel des écrits du Père Dhanis sur cette question a été publié en 1946 dans la revue jésuite néerlando-phone ‘'Streven'' et dans la Nouvelle Revue Théologique. (Revue de la faculté théologique des jésuites de Bruxelle), mais dès 1944, voici ce qu'il écrivait   : «  La nouvelle histoire de Fatima, celle qui repose sur les rapports (Mémoires) de Lucie, exige davantage de réserve. On doit craindre, sans nier le jugement sain et la sincérité de la voyante, que certaines inventions se soient glissées dans ses récits. Les apparitions de l'Ange et la communion miraculeuse qu'il aurait distribuée aux petits voyants restent incertaines.  » (Revue Streven, 1944, p. 213)

             Or Il en est question dès 1917 dans les interrogatoires du chanoine Formigao, celui de Lucie, du 19 octobre, et celui de sa mère, du 10 octobre.

              Ensuite, sœur Lucie les a relatées dès 1918 à son premier directeur de conscience, l'abbé Jacinto Ferreira, doyen d'Olival, qui lui ordonna de n'en parler à personne  ; puis, au début des années 1920, à Mgr da Silva, évêque de Leiria-Fatima, lors de “ vacances ” passées avec lui, dans sa propriété, à la Quinta da Formigueira.

          Après l'avoir écoutée attentivement, Mgr da Silva lui imposa de continuer à les garder secrètes jusqu'à nouvel ordre.

        Le Père Hubert Jongen rapporta le fait en 1946 dans la revue Médiatrice et Reine (p. 33) pour réfuter l'allégation mensongère de Dhanis. Sans fondement puisque le jésuite belge refusa de se rendre au Portugal pour s'informer auprès de Mgr da Silva qui l'y invitait. Dhanis ne voulait pas connaître la vérité.

  De même pour la dévotion au Cœur Immaculé de Marie    

    Dès les années 1927-1928, sœur Lucie a révélé à ses directeurs spirituels que la dévotion au Cœur Immaculé de Marie est un des thèmes des révélations du 13 juin 1917 et du Secret du 13 juillet 1917.

          Non, ce n'est pas une nouveauté qu'elle inventa en rédigeant ses Mémoires, à la fin des années 1930, dix ans plus tard.

            Dhanis était informé de l'existence de cette relation de Lucie, datant de 1927. Il la mentionna en citant le Père da Fonseca (Streven, 1944, p. 194). Mais il n'a pas cherché à en connaître le texte exact et intégral, encore inédit, en s'adressant à Mgr da Silva, ou en écrivant au Père da Fonseca ou au Père Aparicio, comme il aurait dû le faire puisqu'il prétendait accomplir une œuvre critique.

                   Le chanoine Sebastiao Martins dos Reis la publia en 1958 dans un livre où il réfutait certaines de ses erreurs (Na orbita de Fatima  : rectificaçaoes e achegas, Évora, p. 112-113). Le jésuite n'en tint aucun compte et persista dans ses erreurs jusqu'à sa mort, le 17 décembre 1978.

                  Dans notre publication N°14, du 7 avril 2017, lors d'un entretien avec le père Jongen, sœur Lucie évoque en 1946, la position du père Dhanis qui conteste la véracité de ses propos après les apparitions de Fatima. 

 

Les apparitions

            Pour le Père Dhanis, les apparitions de 1917 sont « probablement authentiques ».

« Les visions que les trois petits bergers prétendaient avoie eues en 1917 semblent bien provenir d'une intervention surnaturelle ».

      A propos du grand miracle du 13 octobre :

            « Si nous acceptons comme une opinion probable que le miracle du soleil s'est passé comme nous l'avons décrit, faudra-t-il le considérer comme un signe divin, un miracle ? Pour en rester au probable, on considérera ce miracle plutôt comme un signe donné aux hommes par une puissance surnaturelle …Il est important que ce miracle promis comme confirmation de l'origine divine des apparitions les garantisse en effet. Une telle garantie est utile, car on ne voit pas comment les visions de Fatima indiqueraient par elles-mêmes leur origine divine. Les signes favorables aux apparitions ne sont pas décisifs, on peut leur opposer des signes défavorables  qu'on ne trouve pas chez les auteurs récents.

            Quoiqu'il en soit, nous avons distingué d'une part le phénomène de la chute du soleil et de sa remontée en zigzag que nous n'avons pas osé accepter et d'autre part le phénomène des tremblements, des secousses et du commencement de chute que nous avons admis ».

 

Les témoignages de Sœur Lucie

            Sœur Lucie étant la seule survivante, ce que le Père Dhanis pense d'elle s'applique aussi aux deux autres petits voyants.

            Pour le Père Dhanis, la vision de l'enfer est « une représentation exagérément médiévale des peines de l'enfer » qui s'explique ainsi : « les voyants ont reçu une communication très intense de l'horreur des péchés et de la damnation et cette connaissance a évoqué petit à petit une vision dans leur imagination ».

            Toujours au sujet de Sœur Lucie :

            « Tout compte fait, il n'est pas facile de préciser le crédit qu'il y a lieu d'accorder aux rapports de Sœur Lucie. Sans mettre en doute sa sincérité, non plus que le jugement sain dont elle fait preuve dans la vie quotidienne, on peut juger prudent de ne s'appuyer qu'avec circonspection sur ses écrits… Remarquons aussi qu'une personne peut être sincère et faire preuve d'un jugement sain dans la vie quotidienne, mais avoir une propension à la fabulation inconsciente dans un certain secteur ».

 

Les conséquences

            Elles sont de deux sortes : celles qui concernent le jugement de ceux qui ont rencontré Sœur Lucie de nombreuses fois, et les décisions des pontifes sensibles, pour des raisons diverses, aux arguments du Père Dhanis.

            Pour les premiers, le dénigrement envers Sœur Lucie ne peut manquer de retomber sur ceux qui ont cru ses propos, ont tenu à les communiquer et qui ont été réduits au silence par la suite en raison de leur obstination, en particulier le Père Alonso et le Père Fuentes dont il est manifeste qu'ils ont pris toutes précautions pour s'assurer du sérieux des propos et des écrits de Sœur Lucie.

            Comment le Père Dhanis peut-il affirmer mieux la connaître que ceux qui pendant de nombreuses années l'ont suivie et interrogée ?

Pour les seconds, l'analyse du Père Dhanis ne leur est pas plus favorable. Ainsi, pour la consécration de la Russie, le Père Dhanis écrit :

            « Il n'est pas besoin de longues réflexions pour voir que le Souverain Pontife était dans l'impossibilité pratique de faire une pareille consécration … La Russie ne pouvait être consacrée par le pape sans que cet acte prît une allure de défi, tant à l'égard de la hiérarchie séparée qu'à l'égard de l'Union des Républiques Soviétiques. Ceci rendait la consécration pratiquement irréalisable…

… La Très Sainte Vierge a-t-elle pu demander une consécration qui, prise en rigueur de termes, était pratiquement irréalisable ? Cette question paraît bien appeler une réponse négative ».

 

            On peut s'étonner du peu de foi d'une haute personnalité de l'Eglise, de son scepticisme à l'égard de la puissance divine. Sa façon de juger, strictement humaine et pratique, l'amène à douter du bien-fondé des exigences formulées par La Sainte Vierge. Son esprit imprégné de laïcisme le porte à considérer comme inopportune l'intervention de Dieu dans le domaine politique et temporel. Nous sommes loin du concept de la Royauté sociale de Notre Seigneur. Mais ce qui est tout aussi désolant, c'est de constater que ces arguments ont été pris en compte par quatre pontifes successifs et non des moindres si on se réfère à l'histoire de l'Eglise des soixante dernières années.

            Pour en terminer sur ce sujet, signalons que l'influence du Père Dhanis fut telle qu'il fut nommé recteur de l'Université grégorienne de Rome par Paul VI en 1963, un an après avoir été nommé consulteur au Saint Office et avoir été reconnu comme le spécialiste officiel de Fatima.

 

 A noter

            Il est intéressant de constater et de signaler que ceux qui, pendant longtemps ont été considérés comme des spécialistes reconnus de Fatima, ont eu le souci et la précaution de rencontrer à plusieurs reprises Sœur Lucie jusqu'en 1959, qu'ils l'ont interrogée, comparé et analysé ses déclarations et ses écrits, vérifié qu'il n'y avait rien en elle qui soit entaché d'erreurs doctrinales. Tous l'ont abordée sans à priori tout en gardant une légitime prudence.

            Ils ont pu constater, au fil des ans, que Sœur Lucie ne variait pas dans ses déclarations, que les termes et expressions qu'elle employait étaient justes, précis et constants. Tous ont constaté et témoigné de la qualité de sa mémoire, notamment en ce qui concerne les propos des personnes célestes.

            Ce sont précisément les plus en vue d'entre eux qui ont été contraints au silence et fermement invités à ne plus rien entreprendre concernant Fatima.

            A l'inverse, le Père Dhanis ne s'est jamais rendu auprès de Sœur Lucie pour confirmer ou infirmer le jugement qu'il portait sur elle, jugement qui peut laisser supposer qu'il n'a pas étudié à fond tout ce qui avait pu être écrit par elle et sur elle.

              Pour conclure, nous avons noté que pour le père Dhanis, la dévotion au Cœur Immaculé de Marie était une invention de sœur Lucie. Ne reste-il pas des traces de cette théorie dans l'Eglise avec la faible diffusion de cette dévotion, particulièrement la communion réparatrice des 5 premiers samedis du mois objet de notre communauté de prière ?

 

        Avec nos remerciements à Michel, un de nos priants, pour sa contribution, bien ancienne, à cette  publication. 

          Le 3 novembre dernier, à Fatima, un cardinal a prononcé une conférence dont nous ne pouvons plus donner la référence. Nous en avons extrait, en guise de prière finale, cet extrait significatif :

                 A Fatima, la Mère de Dieu, notre Mère nous fournit les moyens d'aller fidèlement à son divin Fils et de chercher auprès de Lui la sagesse et la force d'apporter sa grâce salvatrice à un monde profondément troublé. Elle nous fournit six moyens particuliers à employer pour faire face à la situation. Elle nous demande, comme fidèle particulier: 1) de prier le Chapelet chaque jour; 2) de porter le scapulaire du Mont-Carmel; 3) de faire des sacrifices pour sauver des pécheurs; 4) de faire réparation des offenses contre le Cœur Immaculée par le moyen de la dévotion des Premiers Samedis ; et 5) de convertir nos propres vies toujours plus au Christ. Ultimement, elle demande que le Pontife Romain, en union avec tous les évêques du monde consacre la Russie à son Cœur Immaculé. Par ces moyens, elle promet que son Cœur Immaculé triomphera, apportant les âmes au Christ, son Fils. Se tournant vers le Christ, elles feront réparation pour leurs péchés. Le Christ, par l'intercession de sa Sainte Mère, les sauvera de l'Enfer et apportera la paix au monde entier.

 

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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