La Fête-Dieu - Une relation de corps à Corps - 1/3

La Fête-Dieu - Une relation de corps à Corps - 1/3

La Fête-Dieu

Prédication publique dans la chapelle des Religieux du Saint Sacrement de Paris
du jeudi 20 juin 1867.

Notes prises par le Père Tesnière.

Publié dans Pierre-Julien Eymard, La sainte Eucharistie. Fêtes et mystères, vol. I, Paris, Montréal, Bruxelles, Librairie eucharistique, 1951, p. 283 (adaptation libre).


La Fête-Dieu - Une relation de corps à Corps

Hæc [est] dies quam fecit Dominus, exultemus et lætemur in ea – Voici le jour que fit le Seigneur, pour nous allégresse et joie [Ps 117,24].

Tous les jours viennent de Dieu. Cependant Dieu en donna six à l'homme et s'en réserva un. Dans la loi nouvelle, c'est le dimanche. Mais il est un jour qui est bien plus spécialement le jour de Dieu. Son nom le proclame assez haut : Fête-Dieu. Jour de joie et de fête.

1° Pour Dieu, pour Notre Seigneur. C'est le seul jour qui soit consacré à sa personne. Les autres fêtes célèbrent un mystère passé. Elles sont belles, honorables pour Dieu, fécondes en grâces pour nous. Mais enfin elles sont au passé. Dieu n'y est plus dans ces mystères, si ce n'est par notre piété. Ici au contraire, tout est actuel parce que l'on s'adresse à la personnalité vivante et présente au milieu de nous de Notre Seigneur. Elle a pour cela un caractère de célébration particulier. On n'y expose pas des reliques ou des emblèmes mais on y expose l'objet même de la fête, tout vivant. Aussi dans les pays où Dieu est libre, voyez comme tout le monde proclame sa présence, comme on se prosterne devant lui. Les impies mêmes tremblent et s'inclinent. Il est là. C'est l'image de ce qui se fait au ciel tous les jours. Seulement l'amour qui l'opère sur notre terre d'exil est plus grand.

Cette fête outre qu'elle est plus glorieuse, est aussi la plus aimable. Nous n'étions pas dans tous ces mystères que l'on célèbre. Nous nous réjouissons parce que des grâces en découlent sur nous. Tandis qu'ici nous participons au mystère. C'est nous qui sommes les auteurs de la fête.

Il y a entre nous et l'objet de cette fête une relation d'existence, de corps à corps. Aussi son nom démontre cette pensée : ce n'est pas la fête de Notre Seigneur mais du corps de Notre Seigneur. On aurait pu l'appeler la fête du roi, de Dieu ; non, le nom que lui donne l'Église devant servir à attiser votre dévotion, est celui qui vous touche de plus près, c'est la fête du corps de Notre Seigneur. C'est par ce corps que nous le touchons, qu'il est devenu notre frère, notre convive et notre nourriture. Que ce nom a d'amour parce qu'il est humble et près de notre misère ! Notre Seigneur a voulu cette fête personnelle afin de se rapprocher encore davantage de nous, comme un père tient à ce que son enfant lui souhaite sa fête pour pouvoir lui témoigner tout son amour paternel, et lui faire quelque faveur particulière. Faisons-en donc une fête de joie et attendons-en de plus amples faveurs. Tous les chants de ce jour expriment cette pensée que Notre Seigneur se montrera plus favorable en ce jour que jamais.

L'Église aurait pu faire cette fête le jeudi saint, jour de l'institution de l'Eucharistie. Mais cette fête n'est pas assez joyeuse à cause de la pensée de mort qui suit. Au jeudi saint, elle a adoré le mystère mais ne l'a pas célébré. Elle l'a retardé jusqu'après l'Ascension parce qu'il y a encore des adieux tristes à subir en ce jour. Après la Pentecôte parce que, le Saint-Esprit n'étant pas encore venu, la plénitude de la grâce n'a pas encore pris possession des âmes. Aujourd'hui, tout est prêt. L'Église a été fondée au jour de la Pentecôte. Elle est entrée dans sa vie active. Elle peut célébrer avec tout éclat la fête de son époux. Aussi, voyez comme elle prodigue tout sur son passage.

Saint Pierre-Julien Eymard (PP 32,1)


En ce mois du Sacré Cœur et du Saint Sacrement,
avec la solennité de la Sainte Trinité de Dimanche prochain,
voici ce lien au chant découvert il y a peu :
L'amour de la Croix – Dans l'auguste mystère


Photographie : Parterre de fleurs pour la Fête-Dieu au séminaire de Zaitzkofen - ©Compte Twitter de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) - Juin 2018.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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Saint Pierre-Julien Eymard – Prophète de l'Eucharistie