10- Marie, chemin du croyant - Hozana

10- Marie, chemin du croyant

10- Marie, chemin du croyant

Depuis toujours en effet, l’Église a pressenti l'exception que représente Marie au cœur de notre humanité.

L'émerveillement de Claudel

On se souvient de la très belle prière de Claudel. Confronté à l'épreuve redoutable que subissent tant de gens, aux noires heures de la guerre, il se tourne vers Marie. Nous reprenons ses mots. Ils semblent résumer l'ensemble de ce parcours sur le Je vous salue Marie.
 
« Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.
Je n'ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là.
Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.
Midi !
Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.
Ne rien dire, regarder votre visage,
Laisser le cœur chanter dans son propre langage.
Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu'on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.
Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
[…] intacte ineffablement,
Parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit […].
Parce qu'il est midi, parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,
parce que vous êtes là pour toujours, simplement parce que vous êtes Marie,
simplement parce que vous existez,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !
(extrait de Paul Claudel : "La Vierge à midi", Poèmes de Guerre, N.R.F., 1914-1915)

Dès le commencement… et pour toujours

L'émerveillement de Claudel est celui de toute l’Église, au fil des siècles. Il a pour le dire les mots du poète, que nous gardons et relisons. Depuis toujours en effet, l’Église a pressenti l'exception que représente Marie au cœur de notre humanité. Les premiers mots que nous gardons sur elle, ceux de l’Évangile, affirment que Marie en sa virginité, conçoit de l'Esprit Saint. Tout est dit, en peu de mots, du mystère qui ne cesse d'emporter notre foi en même temps que de l'interroger, pour nous mener plus loin encore dans une compréhension infinie, dans la foi.
 
Ainsi en est-il du mystère. Nous dépassant infiniment, et dépassant entièrement l'intelligence, il nous entraîne. Comme le dit et le redit en effet, avec vigueur, Saint Augustin : Comprends pour croire, et crois pour comprendre. C'est ainsi que firent les croyants, pour élaborer au fil des siècles les affirmations de la foi concernant Marie. Ils le firent en particulier dans deux directions essentielles : vers le commencement, et en scrutant aussi la fin ou plus exactement l'infini. C'est ainsi que l’Église formula peu à peu la foi en l'Immaculée Conception de Marie, et en son Assomption.

Marie toute sainte

C'est le Pape Sixte IV qui pour la première fois, le 24 février 1477, évoqua l'Immaculée Conception de Marie. Les premiers siècles ne pressentaient-ils pas cette réalité lorsqu'ils parlaient de Marie Nouvelle Eve, ou toute sainte ? Et de fait, dès le 8ème siècle, on célébra la fête de la Conception de Marie. Au Moyen Age, la question fut débattue dans l'Eglise : Bernard de Clairvaux (1090-1153), Thomas d'Aquin (1225-1274), Bonaventure (1221-1274) étaient assez réservés sur cette question, tandis que Duns Scot (v. 1270-1308), était beaucoup plus audacieux. Les débats continuèrent, jusqu'à Sixte IV, un siècle et demi ou deux siècles plus tard, signe du travail de la foi et aussi du discernement opéré par l'Eglise sur une question aussi essentielle : parlant de Marie, elle parle aussi de Dieu… et finalement de nous. Ce qui advient en Marie nous touche, nous aussi. L'Eglise le pressentait bien.

L’Immaculée Conception

En 1708, Clément XI confirme la fête de l'Immaculée Conception. Pie IX, le 8 décembre 1854, en fait un article de foi : en aucun instant de son existence, Marie n'a été soumise à la domination du péché. Et même, par un effet anticipé de la Rédemption, une faveur particulière de Dieu l'a préservée de la souillure du péché originel. Précisons que la question n'a en soi aucun lien avec celle de la virginité de Marie, comme on le dit parfois trop vite ne sachant que dire. Marie a toujours été à distance du péché. Voilà ce qu'affirme la foi en professant son Immaculée Conception.
Quelques années à peine après la promulgation de ce dogme, le 25 mars 1858, Bernadette Soubirous entendait la même affirmation dans son patois, de la Vierge qui lui apparaissait dans le rocher de Massabielle, à Lourdes.

Le temps de la foi

On le voit, les affirmations de foi prennent du temps, se débattent dans l'Eglise, se confirment, elles se taraudent peu à peu dans le mouvement de foi d'un peuple tout entier, croyant avec les représentations et les mots de son époque, que la suivante tente de comprendre pour vivre du trésor de la foi.
 
L’Église continua ainsi à réfléchir sur la place et le rôle de Marie dans l’Église, dans la foi, dans la prière de l’Église, dans le mystère de la Rédemption. Léon XIII (en 1891), puis Pie X (en 1904), exprimèrent ainsi peu à peu dans l'approche de ce mystère, les mots de la foi, sur ce qui est aujourd'hui au cœur de la piété et de la dévotion mariales : la source de la plénitude de qui nous avons tous reçu est le Christ (Jean 1, 16). Marie, affirme Pie X, est auprès du Fils unique, la très puissante médiatrice et avocate du monde entier (2 février 1904). Pie XII poursuivra la réflexion sur cette question importante, en 1943. Et le concile Vatican II aura également de magnifiques pages (1962-1965).

L'Assomption de Marie

Très tôt dans l’Église, on célébra à Jérusalem, le 15 août, une fête mariale : le jour de Marie. On y faisait mémoire du passage de la mère de Jésus à la gloire du ciel, à la fin de sa vie terrestre. Les Églises d'Orient appellent ce passage la Dormition de la Vierge Marie, et en Occident, son Assomption. En effet, comment la corruption du tombeau et de la mort pouvait-elle toucher celle qui donna la vie au Sauveur, Jésus Fils de Dieu ? Ici encore, l’Église porte le regard sur Jésus, le Fils, pour contempler, comme par reflet, Marie sa mère. Et tout ce qui est affirmé de Marie provient de ce que peu à peu l'on comprit de Jésus. Ainsi, très tôt, dans la liturgie de l'Eglise, on aima relire en pensant à Marie, la vison de l'Apocalypse, de la femme revêtue de soleil et terrassant le dragon [du mal] (Apocalypse 12).
 
Le 1er novembre 1950, en la fête de tous les Saints, Pie XII proclamait le dogme de l'Assomption : « Marie, l'Immaculée, mère de Dieu toujours vierge, à la fin de sa vie terrestre, a été enlevée en âme et en corps à la gloire céleste ». Tels sont les mots de la foi. Pie XII laissait ouverte la question de savoir si Marie mourut ou non. Mais il retraçait dans le dogme, la foi constante de l’Église depuis le 6ème siècle. Ainsi les chrétiens d'Orient parlent de ce que l'on hésite à appeler la fin de Marie - car elle n'en est pas une, elle est un commencement, infini - sous le beau mot de Dormition (ce sommeil n'est pas la mort, il est une lumineuse veille). Ceux d'Occident parlent de son Assomption dans le ciel.

Marie lumière, au chemin du croyant

Celle qui donna au monde, et porta en elle le Fils de Dieu, ne put connaître la souillure originelle du péché. Elle ne peut connaître la dégradation de la mort. Elle est toute lumière, celle que l'on prie au fil des jours et des nuits, dans la solitude et la pauvreté, comme aux jours de bonheur. Pour qu'elle nous donne son Fils et nous entraîne sur le chemin de foi.

N'hésitez pas à approfondir votre prière mariale en vous rendant sur la page de notre site : http://croire.la-croix.com/Les-formations-Croire.com/Vie-spirituelle/Prier-le-Je-vous-salue-Marie/10e-etape-Marie-chemin-du-croyant

Et mieux encore : http://croire.la-croix.com/Definitions/Bible/Marie

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

22 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

Hélène
Hélène place Saint-Augustin-de-Desmaures, il y a 2 ans
Mère du ciel, priez pour nous et conduisez-nous à Jésus.
Claire
Claire place Québec, il y a 2 ans
Bonne Vierge et Maman Marie, priez pour nous. Union de prières. Amen.
Christelle
Christelle place Lyon, il y a 2 ans
Amen 🙏❤
Marie-Thérèse
Marie-Thérèse place Quincy-Voisins, il y a 2 ans
En union de prières - Amen -
Guy
Guy  il y a 2 ans
Marie ;pour la foie ,l'espérance ,charité , priez pour nous
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