Fuis en Egypte car Hérode va chercher l'Enfant pour le faire périr…..

Fuis en Egypte car Hérode va chercher l'Enfant pour le faire périr…..

La fuite en Egypte

            Le titre est extrait de l'évangile de ce jour, fête des saints innocents. 

            L'image est celle du tableau de 1839 du peintre Camille Corot. Vous trouverez sur internet des détails de ce tableau puis une analyse de leur signification en utilisant les mots clefs suivants ‘' corot creche croix marie christine ‘'. Il y a la réponse à cette interrogation de la carmélite Edith Stein ‘' Au lendemain de Noël, l'Église dépose ses ornements blancs pour revêtir la pourpre du sang……. Qu'est-ce que cela signifie ?''

.

            L'apôtre Mathieu, qui est le seul évangéliste à nous rapporter ce martyr d'innocents. Il précise que Dieu a envoyé un ange pendant le sommeil de Joseph, en songe, pour lui demander de soustraire l'Enfant à la fureur d'Hérode en s'enfuyant en Egypte. Cette fuite fut la seconde des 7 douleurs de la Vierge Marie. Ainsi se poursuit l'accomplissement des prophéties : ‘' D'Egypte j'ai rappelé mon Fils'', et aussi  ‘' Une clameur s'est faite entendre en Rama, des lamentations et des sanglots sans fin ! C'est Rachel qui pleure ses enfants et qui ne veut pas se consoler parce qu'ils ne sont plus''. L'Eglise a placé dans le début de la Collecte de cette messe la finalité de la mort de ces enfants ‘' Dieu à qui les saints innocents, par leur mort et non par des discours, ont aujourd'hui porté témoignage,….''. ‘'Soyez mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre'', a dit Notre Seigneur :

            L'Hymne des vêpres de ce jour honore ces premiers martyrs avec ces paroles :

  • Honneur à vous, fleurs des martyrs, vous qu'au seuil même de la vie arracha l'ennemi du Christ, tel l'ouragan de fraîches roses.
  • Vous, les prémices des victimes, agneaux immolés pour le Christ, au pied de l'autel, vous jouez avec la palme et la couronne.
  • Jésus, à Vous soit toute gloire, Vous qui de la Vierge êtes nés, comme au Père et au Saint-Esprit, tout au long des siècles sans fin. Amen

            Cette publication, outre qu'elle rappelle notre communion réparatrice de samedi prochain, sera consacrée à honorer quelques ‘'futurs saints modernes'' qui ont été mis à morts il y a 150 ans et que l'Eglise s'apprête à béatifier suite à l'autorisation donnée par le pape François le 26 novembre dernier de promulguer le décret reconnaissant le martyr de 5 prêtres français tués en haine de la foi en 1871.

            Nous avons placé en fin de cette publication le développement de l'histoire de quelques prêtres, dont les 5 objets du décret papal.

.

            I  Samedi Ier Janvier : Premier samedi du mois

            C'est aussi le jour octave de la nativité de Notre Seigneur ; l'Eglise rappelle dans l'évangile du jour, la circoncision de Jésus. Notre communion du premier samedi du mois répare les outrages envers le Cœur Immaculé de Marie. (Dans l'ancien rite ordinaire, l'Eglise fête ce jour la solennité de ‘'Sainte Marie Mère de Dieu'')

            Comme nous l'avons déjà souligné lors de notre publication du 24 décembre, l'Eglise honore ce jour à deux reprises la virginité de Notre Dame.

            D'abord dans la Collecte de la messe du jour avec ce texte : ‘' Dieu qui, par la féconde virginité de la bienheureuse Marie, avait octroyé aux hommes les biens du salut éternel, faites-nous ressentir la puissance d'intercession de Celle par qui nous avons pu recevoir l'auteur de la vie, Notre Seigneur Jésus-Christ, votre fils…''

            Ensuite dans la troisième antienne des vêpres : ‘' Ce buisson en feu, qu'avait vu Moïse et qui ne se consumait pas, nous y reconnaissons votre glorieuse virginité demeurée intacte. O Mère de Dieu, intercédez en notre faveur.''

            C'est donc tout naturellement que notre communion de ce jour, dans le cadre de notre dévotion au Cœur Immaculé de Marie, réparera les outrages que lui infligent ceux qui blasphèment sa Virginité. Nous n'oublierons pas notre chapelet et notre méditation de 15 minutes et aussi notre confession. Nous penserons surtout à cette intention réparatrice à propos de laquelle Notre Dame a insisté le 10 décembre 1925 à Pontevedra. L'Enfant Jésus avait effectivement précisé à sœur Lucie, avant que Notre Dame, lui parle : ‘'Aie compassion du Cœur de ta très Sainte Mère entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment sans qu'il y ait personne pour faire acte de réparation afin de les en retirer."

            ‘'L'intention'' est la volonté du cœur. C'est le moteur plus ou moins caché de nos actions. L'Eglise nous enseigne que dans tout sacrement, il faut la matière, la forme et l'intention. L'intention du sacrement est celle de l'Eglise. La matière et la forme sont l'aspect visible du sacrement ; l'intention est le propre du ministre du sacrement et n'est visible que de Dieu. Nos 4 actes, dans le cadre de cette dévotion (Communion, confession, chapelet, méditation) doivent être faits avec ‘'une intention réparatrice'', pour retirer les épines enfoncées dans le Cœur Immaculé de Marie. C'est à cette condition soulignée par Notre Dame, que ces actes nous obtiendront la promesse du salut, pour nous ou pour les pécheurs, ou pour une personne désignée. (Si ce salut est à craindre pour eux, assurons le salut d'abord des membres de notre famille, filleuls, amis….). Que notre mort sera douce avec au cœur la promesse de Notre Dame et notre joie grande au Ciel lorsque nous y retrouverons plus ou moins vite, ceux qui ont été l'objet de notre sollicitude spirituelle.

.

            II  Dimanche 2 Janvier : Fête du saint nom de Jésus. Fête de l'Epiphanie (ancien rite ordinaire).

            Introït du jour : ‘‘Au nom de Jésus, que tout genou fléchisse, aux cieux, sur la terre, et dans les enfers. Et que toute langue proclame que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire du Père''

.

            III  Jeudi 6 janvier : Epiphanie (Célébré officiellement le premier dimanche après le premier janvier)

Nous retiendrons de cette fête la prière de la Secrète :

            ‘'Considérez avec bonté, Seigneur, les dons de votre Eglise, où l'on ne vous offre plus l'or, l'encens et la myrrhe, mais où est immolé et reçu en nourriture celui que désignent ces présents, Jésus-Christ votre Fils, Notre Seigneur….''

.

            IV Vendredi 7 janvier : Premier vendredi du mois 

            L'Eglise nous rappelle dans la collecte de la messe célébrée ce jour, ce devoir de réparation de nos péchés. ‘' Dieu qui nous prodiguez avec miséricorde, dans le cœur de votre Fils, blessé par nos péchés, des trésors infinis de charité, faites qu'en lui rendant le fervent hommage de notre amour, nous lui offrions aussi nos devoirs de juste réparation…. ‘'

            En communiant ce premier vendredi du mois et de l'année civile, nous demanderons au Sacré-Cœur de rendre ferventes les âmes tièdes.

.

            V Dimanche 9 janvier : Premier dimanche après l'épiphanie, solennité de l'Epiphanie et fête de la Sainte Famille (cette dernière a été célébrée le dimanche suivant Noël dans l'ancien rite ordinaire qui fête aussi ce 9 janvier le Baptême de Notre Seigneur) 

            En complément des anges déjà créés en très grand nombre, Dieu voulut que cette nouvelle création, faite à son image et à sa ressemblance, coopère à son œuvre pour peupler le Ciel. Il fit en sorte qu'elle  soit complémentaire et Dieu leur dit de croître et de se multiplier. A la demande de Notre Dame, Notre Seigneur réalisa son premier miracle à l'occasion d'un mariage. Il profita d'une autre occasion pour rappeler que l'homme ne devait pas séparer ce que Dieu avait uni. L'Eglise en honorant la Sainte famille au sein de laquelle Notre Seigneur était né et avait grandi, rappellera la grandeur de cette institution, son indissolubilité, sa finalité première qui est la procréation puis seconde qui est le soutien mutuel. 

            A Paray le Monial, Notre Seigneur avait proposé au roi de France l'assistance de son Cœur Sacré pour vaincre les ennemis (‘'de son lieutenant'' nous avait rappelé Jeanne d'Arc). Cette assistance ne fut pas acceptée ; le 20 septembre 1792 la révolution remplaça le mariage d'un couple d'individus devant un prêtre par le mariage devant un officier municipal. Le sacrement indissoluble fut remplacé par un contrat auquel il pouvait être mis fin par un divorce. La famille continua à être attaquée et dénaturée puisque maintenant il existe dans beaucoup de pays des contrats entre paire d'individu !   Pardon Mon Dieu pour ces péchés publics des nations. A Fatima, Notre Dame demanda de réciter le chapelet tous les jours, et la petite Jacinthe le fit réciter en famille dés après la première apparition. Alors imitons ces petits enfants de Fatima et efforçons nous de réciter le chapelet en famille pour y conserver la foi et celle des enfants que Dieu a bien voulu nous confier.

.

   V Les Martyrs de 1781 (2100 mots au total : plus de détails sur le site de la paroisse ‘'Notre Dame des Otages'')

 

            Pendant la commune de Paris, il y eut au moins 31 catholiques qui ont été arrêtés et tués en haine de la foi. Des ecclésiastiques en majorité, le plus connu fut Mgr Darboy, évêque de Paris, exécuté à la prison de la Roquette le 24 mai 1871. Encore abbé, il avait écrit une histoire de saint Thomas de Cantorbéry ou il disait : ‘' Oui, souffrir et mourir pour avoir aimé l'Eglise, cette destinée est belle et utile entre toutes'' En prenant ses fonctions en 1863, Mgr Darboy avait dit ‘'qu'il qu'il était prêt à donner sa vie pour l'Eglise''. Il avait fini par se rallier à la décision du concile Vatican I concernant l'infaillibilité pontificale. Il fut arrêté le 4 avril 1871, et on lui en signifia le motif : ‘'Il y a 18 siècles que vous embastillez la libre pensée au nom de Jésus Christ. Le tour de la libre pensée est venu, ce sera moins long''. Dans la prison, alors que certaines personnes tentaient de le sauver, il leur rappela l'entretien qu'il avait eu le 4 décembre 1868 avec Maximin Giraud, le petit voyant de la Salette. Le prélat ne croyait pas au message de la Salette, bien que l'Eglise ait reconnu ces apparitions le 19 septembre 1851. Maximin défendit l'honneur de Notre Dame devant Mgr Darboy qui lui disait que cette ‘'prétendue Belle Dame'' avait ‘'un discours stupide'' ; Il lui répondit avec force: « Monseigneur, il est aussi vrai que la Sainte Vierge m'est apparue à la Salette et qu'elle m'a parlé, qu'il est vrai qu'en 1871, vous serez fusillé par la canaille. »

            Le 24 mai 1871, à la prison de la Roquette, furent exécutés avec Mgr Darboy, 2 prêtres du clergé de Paris, 2 jésuites et aussi Mr Bonjean, président de la cour de Cassation. Le lendemain ce furent 5 dominicains et 8 laïcs du collège dominicain d'Arcueil, transférés ce jour à Paris et abattus près de la place d'Italie, et enfin, le 26 mai, parmi les 50 otages fusillés dans la rue Haxo, on compta 10 ecclésiastiques,  (3 jésuites, dont le père Pierre Olivaint, 1 prêtres du diocèse de Paris, un jeune séminariste, l'abbé Paul Seigneret, le Père Henri Planchat des frères de St Vincent de Paul et 4 prêtres de la congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, ces 5 derniers faisant l'objet d'une procédure de béatification suite à la promulgation par la Congrégation pour les causes des saints, d'un décret du pape François, du 25 novembre dernier. )

            Des circonstances variées firent que les procès en béatification de la plupart de ces personnes furent engagés dès 1896, puis stoppés puis réactivés, aux grés des autorités religieuses parisiennes. Seule la cause des 5 prêtres ci-dessous, relancée en 2013, finit par aboutir.

172071-fuis-en-egypte-car-herode-va-chercher-l-enfant-pour-le-faire-perir


                        La Commune avait nommé Raoul Rigault comme préfet de Paris. Il était connu pour ses idées anticléricales et avait l'habitude de répéter : « Notre révolution est faite contre Dieu, la religion, les prêtres » Il avait fait arrêter entre autres otages, 200 prêtres, dont le père Planchat.


     a) Père Henri Planchat 


          Ce dernier, était responsable du patronage Saint-Anne à Charonne. Avant son arrestation le 6 avril 1871, la nuit, il portait secours aux combattants blessés ou mourants. Il était zélé pour sauver les mourants aux portes de la mort ; un soir, un de ceux-là le chasse du logis ou il se mourrait. A dix heures du soir, dans le froid, pour être sûr d'être à sa disposition, le père s'assit sur une borne à proximité de la porte et commença à réciter son chapelet. A minuit, le malade l'envoya chercher et le père eut juste le temps de le confesser avant qu'il ne meure.

          Le 21 mai, les troupes régulières réussissent à pénétrer dans Paris pour ‘'une semaine sanglante''. Le père Planchat écrit alors à son frère : ‘' L'heure est à l'exécution des prêtres ‘'. Les fédérés reculent de barricades en barricades incendiant  les bâtiments administratifs. Notre Dame échappe de peu à l'incendie suite à l'aveu de celui qui avait installé le dispositif de mise à feu. Le 26 mai, 50 otages sont désignés dans la prison de la Roquette pour être exécutés. Ils sont conduits entre deux rangs de fédérés et à la hauteur de la Villa de Vincennes, placés contre un grand mur. Pendant que le père Planchat demande que l'on épargne les pères de famille, la foule se presse et déborde les fédérés. La furie qui avait ouvert la marche en tête du cortège était celle qui avait achevé 2 jours plus tôt Mgr Darboy ; c'est elle qui entreprit la première, le massacre des otages. Le jeune Nicolas Schmitt, qui avait alors 17 ans, fut témoin de la mort du Père et raconte : ‘'Il avait déjà reçu sept ou huit balles. À genoux, dans l'attitude de la prière, il s'affaissait à chaque balle, puis se relevait. Un officier des Garibaldiens s'était avancé tout près des victimes. M. Planchat, instinctivement, s'accrocha à lui pour se maintenir. Le misérable se mit à le frapper à coups de sabre. M. Planchat se cramponnait solidement à l'officier, quand celui-ci, soudainement, poussant un cri, porta sa main à la tête et s'affaissa. L'officier venait d'être frappé lui-même par une balle destinée à ceux qu'il voulait assassiner. » Ainsi, à la même heure mouraient et la victime et son bourreau.

.

         b) Père Ladislas Radigue.


         Il était prieur de la maison des ‘'Picpuciens'', dès le début des événements de la Commune, il fit éloigner de Paris les religieux de la maison et il n'y eut donc que 4 prêtres arrêtés le 12 avril 1871, mercredi de Pâques. Il interrogeât le communard qui fouillait dans ses papier ‘' Que cherchez-vous la dedans ? Nous ne faisons pas de politique.'' Ce dernier répondit : ‘'Ce n'est point votre politique que nous craignons, mais vous dites la messe et vous portez des scapulaires. Nous ne voulons plus de ces superstitions.'' Il écrivit le 3 mai une lettre à son supérieur général dont nous extrayons ces quelques mots : ‘'N'allez pas conclure de ce qui précède, mon père, que je suis malheureux. Je puis vous le dire, a vous, mon bien-aimé Père, que je n'ai jamais été aussi heureux de ma vie ; j'ai éprouvé combien le Seigneur est bon, et quelle assistance il donne à ceux qu'il éprouve pour la gloire de son nom.''

.

               c) Père Polycarpe Tuffier.

            Il était Procureur de la maison de Picpus depuis 1863. Dans sa prison de la Roquette, il gardait une figure radieuse, expansive, épanouie. Quelques jours après son arrestation, il écrivit à Me Langlois, une lettre dans laquelle il précise à propos des grandes peines qu'elle avait rencontrées dans sa vie : ‘' Les peines sont pour l'âme le feu qui purifie l'or et le dégage de tout alliage. Pour le prêtre, c'est la seule gloire que l'apôtre saint Paul lui permette d'accepter. Elles nous rappellent que nous sommes les ministres d'un Dieu mort sur la croix. Nous sortirons de cette épreuve meilleurs, il faut l'espérer, et, par conséquent, plus dignes d'annoncer le Dieu crucifié ‘'

.

            d) Pére Frézal Tardieu 

            Il était depuis 1858 directeur du noviciat d'Issy-les-Moulineaux. Comme professeur le père Tardieu savait se faire aimer de ses élèves, au milieu desquels il aimait à se trouver dans les récréations. Le père Tardieu avait un cœur très sensible. C'était surtout pour les enfants et pour les pauvres que ce cœur de prêtre était compatissant. Il avait coutume de dire qu'il valait mieux parler à Dieu que de parler de Dieu. Son humilité était profonde ; il aimait à rester caché. Il parlait fort peu, et à l'entendre on l'eût cru incapable de tout.

            Extrayons ces quelques paroles de la prière du Père Tardieu :'' Me voici, ô mon Dieu, je viens pour faire votre volonté ; gravez votre loi au milieu de mon cœur et faites-moi la grâce d'accomplir toujours ce qui vous est agréable………Daignez ôter de moi tout ce qui vous déplaît et me donner tout ce qui peut vous être agréable………..Prosterné devant vous, ô mon Dieu, et tout couvert du sang précieux de votre Fils, je vous offre et vous consacre tout ce que j'ai, tout ce que je suis, mes pensées, mes paroles, ma santé, mes infirmités, mes maladies, mes biens, ma réputation, ma vie……     Accordez-moi, par l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie, la grâce de ne jamais vous offenser, mais de faire toujours votre sainte volonté.  Faites que j'arrive à la perfection de ma vocation selon l'esprit des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, afin que ma joie soit parfaite………Accordez-moi de tendre continuellement vers vous par amour et par reconnaissance, et d'arriver à vous par la palme du martyr, afin que je puisse vous louer, vous bénir et chanter éternellement vos miséricordes !    Amen.

.

            e) Père  Marcellin Rouchouze

            Depuis 1865, il était secrétaire général de la maison de Picpus. C'était un exemple de silence de calme, de douceur et de régularité. Il était le modèle des professeurs et avait gagné la sympathie des parents, des élèves et du clergé local. Dans sa prison, il écrivit : ‘' La prison est pour moi une véritable école du silence. Du reste, nous aurions tort de nous plaindre. Que la sainte et adorable volonté de Dieu soit faite en tout et partout''

.

            Le séminariste Paul Seigneret (grand séminaire de Saint-Sulpice)

, ne fait pas parti des futurs béatifiés ; Il fut exécuté avec eux, il avait 26 ans. C'est parce qu'ils portaient une soutane que lui et son ami Georges Guitton furent arrêtés le 6 avril 1871, alors qu'ils effectuaient des formalités d'acquisition de laisser-passer pour sortir de Paris. L'abbé Seigneret fut désigné pour faire partie des 50 otages. Avant ce choix, il écrivit à M. Sire : « Nos pauvres familles doivent être épouvantées. Ce sont elles qui sont à plaindre et pas nous. Pour nous, la Commune, sans qu'elle s'en doute, nous a fait tressaillir d'espérance avec ses menaces. Serait-il donc possible qu'au commencement seulement de notre vie, Dieu nous tint quitte du reste, et que nous fussions jugés dignes de lui rendre ce témoignage du sang, plus fécond que l'emploi de mille vies ! Heureux le jour où nous verrons ces choses, si jamais elles nous arrivent ! Je n'y puis penser sans larmes dans les yeux ! »

            Son père écrivit dans cette épreuve : « Supportons le plus virilement, le plus chrétiennement possible la mort de notre pauvre enfant. Oui, Dieu l'a conduit comme par la main sous les coups des scélérats. Il fallait des victimes expiatoires ; il a eu l'insigne honneur d'être marqué d'avance comme l'une de ces victimes. Puisse son sang, joint à celui de tant d'autres innocents, apaiser enfin la justice de Dieu ! »

            Parmi les 3 Jésuites massacrés le 26 mai, figure le  père Olivaint dont nous reparlerons ultérieurement. Pour l'anniversaire de sa mort, en 1872 l'abbé Bayle, dans son oraison funèbre rapporte l'appel des noms des condamnés. ‘' Le P. Olivaint qui était à mes côtés, est appelé le premier, il répond présent ; et obéissant au geste du gardien, il va, sans se troubler, se ranger à sa droite pour commencer la série des victimes. …… Quinze noms sont successivement prononcés et on part.     Que de choses dans ces regards que nous avons échangés et qui étaient pour nous un suprême adieu ! Pauvres Pères, vous partez sans nous ! ….Ils n'ont ni poussé un cri de joie, ni proféré une plainte, mais à l'exemple du Sauveur comme d'innocentes brebis, ils se sont laissés conduire à la mort. …. Et qu'elle mort ! Car que de fois dans votre agonie (en marchant vers le lieu de l'exécution), vous avez entendu vociférer autour de vous le ‘'Crucifige'' du Calvaire : A mort, a mort, à mort. ‘' 

            Le lendemain, près de la prison de la Roquette, furent encore exécutés 3 autres prêtres. L'un d'eux ,l'abbé Bécourt, curé de Notre Dame de Bonne Nouvelle à Paris, fit son testament en entendant les condamnations des 25 et 26 mai. On le retrouva dans sa cellule après son exécution. Voici quelques extraits : ‘' Je me prépare comme si j'allais monter à l'autel. …. Que l'on dise bien aux paroissiens et aux enfants que je meurs parce que j'ai voulu rester à mon devoir et sauver les âmes en ne quittant pas Paris…. Au commencement de nos malheurs, au mois de septembre, je m'étais offert en victime pour Paris. Dieu s'en est souvenu. ‘'

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

13 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

loader

Fatima 100 ans et + Mon Cœur Immaculé sera ton refuge...