Jour 7 - Marie contemplative

Jour 7 - Marie contemplative

« Marie retenait toutes ces choses en son cœur… » 

Marie ne se cherche pas Elle-même par l'intériorité. Elle ne se complaît pas davantage dans les souvenirs. Non, la méditation de Marie débouche sur un Dieu vivant.

Nous avons tendance parfois à lire les évangiles comme un recueil d'histoires édifiantes, on en tire des enseignements, cela peut même nous aider pour notre vie quotidienne. On fait attention à la manière dont Jésus met en valeur le plus pauvre, à sa douceur, à sa capacité de pardonner aux ennemis.

Nous faisons mémoire en quelque sorte de la vie du Christ, des événements du salut, un peu comme quelque chose de passé.

Mais l'attitude de Marie nous invite à porter un regard différent sur le Seigneur : Il n'est pas un héros des temps anciens, même parfaitement édifiant, car Il est vivant !

Marie ne se contente pas de retenir tous les événements qu'Elle vit, des les conserver dans Son cœur : ce ne sont pas simplement des souvenirs… il est dit de Marie : « Marie retenait tous ces événements, et les méditait dans son cœur »

On pourrait le traduire autrement en utilisant le mot observer du grec diatereo ; ce verbe est spécialement utilisé pour Marie.

« Marie observait tous ces événements dans Son cœur. »

A la naissance de Jean Baptiste, il est dit des voisins de Zacharie et d'Elisabeth, qu'ils gardaient ces événements, ils les entreposaient comme des souvenirs morts. Le verbe choisi pour Marie est délibérément différent : elle observait ces événements.

Pourquoi ? On se souvient de ce qui est passé, on observe ce qui est présent. Or les événements continuent d'être présents, même une fois passés. Marie le sait : ces événements sont présents à chaque moment, parce qu'ils concernent la vie du Christ : or ce que vit le Christ dans son temps s'étend à tous les points du temps, parce qu'Il n'est pas un homme : Il est Dieu, Il est éternel. Ce qui fait que tout événement de la vie Christ est contemporain de chaque point de l'histoire…

Autrement dit, Marie comprend que ces événements sont en fait des mystères.

Un mystère, c'est justement un événement qui déborde le point de l'histoire où il s'est déroulé :

La contemplation de Marie est avant tout le fait de se souvenir. Il faut cependant entendre ces paroles dans le sens biblique qui rend présentes les œuvres accomplies par Dieu dans l'Histoire du salut. La Bible est le récit d'événements salvifiques qui trouvent leur somment dans le Christ lui-même. Ces événements ne sont pas seulement un hier ; il sont aussi l'aujourd'hui du salut. Cette actualisation se réalise en particulier dans la liturgie : ce que Dieu a accompli il y a des siècles ne concerne pas seulement les témoins directs des événements, mais rejoint par son don de grâce l'homme de tous les temps. Cela vaut aussi d'une certaine manière pour toute autre approche de dévotion concernant ces événements. En faire mémoire dans une attitude de foi et d'amour signifie s'ouvrir à la grâce que le Christ nous a obtenue par ses mystères de vie, de mort et de résurrection. -(RBVM, JP II 13)

Voilà ce que nous enseigne Marie : la foi aboutit à l'observation, non au simple souvenir pieux (comme celui très beau de Sainte Véronique mais qui est plus de l'ordre du commentaire que du mystère.)

Ainsi, la foi aboutit à la contemplation. La contemplation n'est pas être à la 7ème demeure de Sainte Thérèse d'Avila. C'est simplement rejoindre le Christ comme quelqu'un d'actuellement vivant, même si je ne le vois pas.

Nous comprenons alors que l'Evangile n'est pas un mythe, un récit édifiant, mais qu'il me montre le Christ comme étant mon contemporain.

C'est le sens de la prière du chapelet : on fait défiler devant ses yeux ces mystères, on les observe, on les contemple avec Marie : de joie, de souffrance, de lumière, de gloire.

Marie nous enseigne l'observation, la vraie contemplation.

Prions

« Nous vous choisissons aujourd'hui, ô Marie, en présence de toute la cour céleste pour notre mère et notre reine. Nous vous livrons et consacrons en toute soumission et amour nos corps, nos âmes, nos biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit de disposer de nous et de tout ce qui nous appartient – sans exception - selon votre bon plaisir, et à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et l'éternité ! Amen !  »

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

29 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

loader

Un mois pour vivre plus intensément avec Marie !