Les miracles de Sainte Anne d'Auray ( 34 )

Les miracles de Sainte Anne d'Auray ( 34 )

Après 30 années de manifestations presque quotidiennes, on constata un ralentissement graduel dans les miracles ; et ceux à qui manque la vraie notion du caractère des interventions divines peuvent se demander si sainte Anne, devenue en apparence moins libérale, n'allait pas se retirer elle-même de ce lieu qu'elle avait choisi...

              Du reste, il est juste de le remarquer, ce ralentissement n'est jamais allé jusqu'à une interruption complète. Rien ne permet de dire que l'ère des miracles soit définitivement close à Sainte-Anne d'Auray. Nicolazic, sur son lit de mort, avait déclaré à son confesseur qu'il s'y ferait d'aussi grands miracles dans l'avenir que dans le passé. Et ses prédictions se réalisent toujours.

              D'ailleurs eussent-ils cessé d'une manière complète, il n'y aurait que les faibles à s'en scandaliser; le Pèlerinage n'aurait subi aucun dommage de cet arrêt définitif. On venait à Sainte-Anne de toutes parts ; la renommée des merveilles qui s'y opéraient s'était répandue jusqu'aux extrémités du pays. Une fois ces résultats obtenus, le miracle, dont la Providence ne se sert qu'exceptionnellement, n'avait plus la même raison d'être.

              Et cette explication se confirme par un rapprochement qui est lui-même un argument de plus. S'il est permis de passer du petit au grand, et de comparer l'établissement du Pèlerinage avec les débuts du christianisme, nous voyons, à l'origine de l'un et de l'autre, la même profusion de miracles suivie du même ralentissement progressif. La disparition des charismes ne prouve rien contre l'origine divine de l'Église ; pour la même raison, la cessation totale des miracles à Keranna ne prouverait nullement gue sainte Anne n'est plus là. La raréfaction des miracles, que certains tournent contre la croyance au surnaturel, devient au contraire un argument singulièrement probant en sa faveur .

              Ce qui guérissait alors, c'était, dit-on, la foi du malade, l'intensité de son désir, en un mot l'autosuggestion dont la médecine a tiré un parti si avantageux à notre époque.

              Qui ne voit du premier coup d'œil le faible de cette objection ! Aujourd'hui le malade est dans les mêmes conditions qu'autrefois, sa volonté de guérir est aussi intense, sa foi aussi vive, sa prière aussi ardente ; et pourtant il ne guérit pas ! La suggestion, autrefois si puissante, aurait-elle perdu son efficacité. Est-ce que la Nature n'obéirait plus aux mêmes lois ? ...

              En même temps que les prodiges devenaient moins fréquents, les gardiens du Pèlerinage y attachaient eux-mêmes moins d'importance, parce qu'ils voyaient moins d'utilité.

              Les faveurs de ce genre, que sainte-Anne pouvait encore accorder, n'ajoutaient rien à la valeur probante des premiers recueils .. Et l'on comprend qu'au bout de quelques années les carmes en soient arrivé à les accueillir presque avec indifférence. Sans doute « sainte Anne était toujours prodigue des dons qu'elle obtenait de Dieu. Mais, dans les années qui précédèrent, comme dans celles qui ont suivi la Révolution, l'on ne crut pas qu'il fût nécessaire de dresser des procès- verbaux des miracles, quand on en possédait déjà un si grand nombre. »

              C'est paroles significatives du P. Martin montrent que, pour lui aussi, le miracle avait achevé son œuvre et que tous les prodiges qui se produiraient à la suite, . témoignage irrécusable de la miséricordieuse bonté de Sainte -Anne, n'aurait aucune nouvelle force apologétique nouvelle pour le culte établi en son honneur.

              Lorsqu'en 1864 M. Kerdaffrec, à son arrivée comme directeur du Pèlerinage, ouvrit un nouveau registre pour recueillir le récit des faveurs obtenues par l'intercession de sainte Anne, il y avait 150 ans environ que celui des carmes avait été clos.

               Entre les deux séries il y a une différence notable.

              Au XVII siècle, quand on recevait une déclaration de miracle, on s'empressait de rédiger un procès-verbal, et l'on constituait une commission pour examiner l'affaire.

              Aujourd'hui, au contraire, on se contente d'enregistrer les faits simplement à titre de récit édifiant pour la chronique du Pèlerinage. Ce n'est pas à dire que le caractère miraculeux de ces secours paraisse plus douteux ; il est possible même que la puissance divine s'y manifeste d'une manière aussi éclatante. Mais comme valeur documentaire, cette nouvelle collection est loin d'égaler la première, parce qu'il y manque le contrôle de l'enquête juridique et le jugement de l'autorité compétente.

A suivre...

En ce 1er mai, j'allume mes neuvaines à St Joseph : patron des artisans

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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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