Le trop et le rien

150481-le-trop-et-le-rienTroisième lundi du temps pascal

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

De l'Évangile du jour :

Jésus avait rassasié cinq mille hommes, et ses disciples l'avaient vu marcher sur la mer. Le lendemain, la foule restée sur l'autre rive se rendit compte qu'il n'y avait eu là qu'une seule barque, et que Jésus n'y était pas monté avec ses disciples, qui étaient partis sans lui. [...] L'ayant trouvé sur l'autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit : « L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. » (Jn 6, 22-29)

Méditation :

La nourriture n'est pas une basse besogne.

On assiste, Seigneur, à un réveil dés consciences sur la condition animale et, cela est juste. Nos modes d'élevage ne sont pas dignes de ta création, et développent des mutations microbiennes responsables de pandémies. 

Néanmoins, un autre extrême se développe, celui de certains régimes alimentaires stricts, draconiens qui, disons le, sont propres à nos sociétés riches. Oh loin de moi l'envie de les juger, car après tout ils ont raison sur certains points, et chacun est bien libre de manger ce qu'il veut.

Ce que je vois, c'est qu'il y a deux sortes d'humains.

Les premiers, pas les plus nombreux, sont ceux qui ont à outrance et qui peuvent faire des caprices : j'en fait partie.

Les seconds, eux très nombreux, sont ceux qui ont faim.

Il n'est pas nécessaire de leur parler des bienfaits du jeûne, tant ils souffrent du manque de nourriture et d'eau. De la peau et des os.

Je me souviens de ce reportage fabuleux où cette femme d'Afrique noire avait réussi à gagner un peu d'argent, et avait pu faire un « caprice » : acheter du sucre, qu'elle donnait par toutes petites poignées à son fils de 4 ans qui ne connaissait pas ce goût...

Que vaut un kilo de sucre chez nous ?

Mais là où l'argent coule à flot, il y a aussi des victimes du système en place.

Face à la foule qui tous les soirs vient aux points de distribution à Nice, une seule urgence : donner à manger à ces frères !

Seigneur, sur la montagne tu as rassasié tous ces gens, puis tu es parti. Pourquoi ? Parce qu'il y en avait d'autres à nourrir.

Un ami prêtre, héros de la lutte contre la faim à Nice, le Père Patrick, me disait toujours, à l'approche des beaux jours, quand certaines associations arrêtent leurs campagnes hivernales : « les pauvres ne prennent pas de vacances! » Alors, avec l'association qu'il avait fondée de ses mains, il prenait la relève, quoi qu'il en coûte. Où trouverons-nous des bénévoles ? Des denrées ? « Le Seigneur pourvoira ! » disait-il dans sa bonhommie. Et de boulangeries en cantines, il ne manquait rien, il y avait des restes. Bénis ce saint homme, Seigneur !

Alors, moi, le rassasié, qui suis prêt à traverser une mer pour te retrouver, de peur de manquer, que j'écoute ta Parole, qui est nourriture essentielle !

Passé l'estomac, je dois considérer la famine de mon âme. Ton Évangile, ta vie, ta présence réelle dans le corps et le sang, à nos côtés, ta main tendue, voici ce qui demeure en moi sans disparaître, sur le chemin vers la vie éternelle, sur le chemin de la sainteté.

Croire en toi, c'est accepter que tu es mort pour nous par amour, et que tu es ressuscité. Aujourd'hui, si je me dis chrétien, je dois assister celui qui n'a rien, pour qu'il mange et se réinsère. Je dois aussi secourir les âmes en peine, anorexiques d'amour, qui se meurent de ne pas te connaître.

Si la pauvreté n'a pas de vacances, toi non plus.

Tu es là nuit et jour, avec chacun de nous, avec un amour sans limite. Si chacun de nous avait la grandeur de partager avec un nécessiteux, un seul, sans doute arriverions nous à dépasser les dictatures et à éradiquer la faim dans le monde, car l'amour non plus n'a pas de vacances, et touche quiconque, sans distinction.

Que ton Nom soit béni, Seigneur, Père, Fils et Saint-Esprit !

Notre-Dame des petits et des pauvres, prie pour nous et notre monde.

Amen. Alléluia, alléluia.

Frères et sœurs, bien-aimés en Christ, exprimez-vous en commentaires ; ajoutez vos prières, réflexions et méditations, afin que nous puissions échanger dans la paix du Christ !! Je lis chaque jour vos mots, et porte vos intentions dans ma prière.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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Talitha Koum! Se réveiller tous les jours et Vivre le Christ !