Chemin de croix médité

Chemin de croix médité

Ce chemin de croix est médité sur les sculptures à grande échelle du chemin de croix de Lourdes.

Ière Station – Jésus est condamné à mort

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha. C'était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. » Alors ils crièrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n'avons pas d'autre roi que l'empereur. » (Jn 19, 13-15)

Moi, j'étais comme un agneau docile qu'on emmène à l'abattoir, et je ne savais pas qu'ils montaient un complot contre moi. Ils disaient : « Coupons l'arbre à la racine, retranchons-le de la terre des vivants, afin qu'on oublie jusqu'à son nom. » (Jr 11, 19)

Le verdict était déjà décidé. Parce que les foules t'aimaient et que tu créais des remous, ceux qui se proclamaient justes ont eu peur des représailles de Rome. Alors ils décidèrent de sacrifier la vie d'un homme plutôt que celle de la nation. C'est Judas, un de tes amis, qui te livre. Tu es donc condamné à mort. Les tiens t'ont renié ; ils n'ont pas eu la force de te suivre. Le peuple a préféré gracier un criminel que toi, l'éternel innocent. Parce que tu portes la Parole de Dieu, un glaive tranchant qui aura raison de leurs cœur de pierre, on te veut mort. Tu as été sali, humilié, bafoué ; tu as essuyé les crachats et les huées ; on s'est moqué de toi ; on t'a fouetté sauvagement ! Mais cela ne suffit pas. Ils veulent voir ton sang couler. Ils veulent voir ton âme expirer. Telle est la cruauté de cette humanité. Tel est le péché que tu vas librement expier, par ton sacrifice. Face à ce procès injuste, nous te prions pour tous les endroits où l'on enferme, l'on condamne, l'on tue injustement. Nous te prions aussi pour que cessent toutes les condamnations à mort, qui nous rendent, à notre tour, coupable de meurtre. Seigneur prends pitié, ô Christ prends pitié, Seigneur prends pitié.

NOTRE PERE , JE VOUS SALUE MARIE, GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN


IIème Station – Jésus est chargé de sa Croix

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

 Alors, il leur livra Jésus pour qu'il soit crucifié. Ils se saisirent de Jésus. Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha. (Jn 19, 16-17)

En fait, c'étaient nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu'il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. (Is 53, 4)

La voici, la lourde croix de bois rêche, l'instrument de ton supplice, l'abomination de l'humanité pécheresse qui fait condamner un innocent. Comme Ponce Pilate, tout le monde s'en lave les mains, personne ne souhaite la porter à ta place. C'est à toi que revient la construction de ton propre échafaud, comme pour rajouter au supplice encore plus d'ignominie et de torture.

Et pourtant tu l'acceptes, toi Vrai Dieu mais aussi vrai homme, et tu la portes. Ton courage nous illumine, une fois de plus. Même dans ta pire humiliation tu es digne.

Cette croix est lourde parce qu'elle est de bois brut. Cette croix est lourde parce qu'elle est chargée des péchés du monde. Seul toi peut la porter, seul toi doit la porter. Par cette marche qui te conduira au calvaire, tu nous montres ce que nous devons parcourir pour, à ta suite, expier nos péchés.

Par cet exemple, tu nous appelles à prendre nos croix. Elles sont là, devant nous, et nous préférons souvent les ignorer.

Nous te prions, Seigneur, pour que tu nous donnes la force, à notre tour, de porter nos croix intérieures, nos péchés, dans ce chemin si douloureux d'être à ta suite, pour aboutir non pas à la mort qui tue, mais à la mort qui donne vie. Seigneur prends pitié, ô Christ prends pitié, Seigneur prends pitié.

NOTRE PERE , JE VOUS SALUE MARIE

GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN 


IIIème Station – Jésus tombe sous le poids de sa Croix

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » (Mt 11, 28-30)

Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. (Is 53,6)

Oui, elle est lourde, cette croix. Comme ils sont nombreux, les péchés du monde, depuis Adam, le meurtre de Caïn : ils viennent peser comme autant de lestes encombrants. Dans ta condition d'homme, après tout ce que tu viens de subir, tu tombes.

Cette faiblesse ne montre pas ton impuissance, mais au contraire ta force. C'est lorsque je suis faible que je suis fort. Par cet acte, tu es fatigué parce que tu compatis, c'est-à-dire que tu souffres avec nous. A chacune de nos souffrances, tu es là, Seigneur, et lorsque nous tombons, tu tombes avec nous Seigneur. Tu es à nos côtés dans chacune de nos difficultés. Et tu tends la main, pour nous relever, comme toi tu te relèveras.

Tu tombes parce que les crimes de l'humanité sont nombreux et odieux, qu'ils te bafouent dans ta chair et dans ton corps. Tu sens les offenses passées, présentes et futures. Le diable n'est pas loin. Il te suis, il essaie de te décourager, de te dire que tu n'as pas à porter tout cela, qu'il vaut mieux abandonner que tu n'es pas à la hauteur.

Mais tu tiens bon, tu te relèves et tu reprends ton chemin. Nous te prions, Jésus, pour toutes les fois où nous tombons : sois avec nous, aide-nous à ne pas écouter les paroles du malin, et relève-nous.

Seigneur prends pitié, ô Christ prends pitié, Seigneur prends pitié.

NOTRE PERE , JE VOUS SALUE MARIE

GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN 

 

IVème Station – Jésus rencontre sa Mère

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d'un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d'un grand nombre. » (Lc 2, 34-35)

Que dire de toi ? À quoi te comparer, fille de Jérusalem ? À quoi te rendre égale pour te consoler, vierge, fille de Sion ? Car ton malheur est grand comme la mer ! Qui donc te guérira ? (Lm 2, 13)

Elle est là, la Femme, Eve Nouvelle, Sainte des Saintes, Reine des Cieux, étoile du matin, Vierge des vierges, Mère parfaite et douloureuse, Mère de Dieu, l'Immaculée Conception. Elle est là, ta maman. Elle ne t'a pas abandonné. Il ne lui sera rien épargné. Vos yeux se croiseront, dans cet échange d'amour qui vous lie depuis ta conception par l'Esprit Saint. Tu as été dans son sein, elle t'a donné la vie, elle t'a aimé, vu grandir, vu guérir, vu ressusciter des morts, prêcher de ton Verbe, faire des prodiges et des miracles. Et maintenant, elle assiste à ta passion, à ta souffrance, vers ta mort. Elle pourra pleurer, crier, sauter sur les soldats pour t'arracher au supplice, mais elle reste silencieuse, douloureuse mais silencieuse, parce qu'elle savait déjà, depuis l'annonce de l'Ange, depuis les paroles du vieillard Syméon au Temple. Oui, ta Parole a provoqué la chute de l'hypocrisie d'Israël. Oui, ton Verbe vient contredire les menteurs, les faux monnayeurs, ceux qui s'accommodent des petits arrangements. Toi, tu viens montrer le Chemin, proclamer la Vérité, apporter et accomplir la Vie. Parce qu'il n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime, toi qui aimes le monde, tu consens à ta mort. L'âme de ta maman est traversée par ce glaive de Vérité.

O Sainte Marie, toi, mère parfaite et douloureuse, toi qui es notre maman céleste, prie pour nous qui sommes pécheurs, aide-nous, sois auprès de nous, avec ton regard aimant et ton cœur immense.

Seigneur, prends pitié, ô Christ prends pitié, Seigneur prends pitié.

NOTRE PERE, JE VOUS SALUE MARIE

GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN 

 

Vème Station – Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa Croix

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Comme ils l'emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu'il la porte derrière Jésus. (Lc 23, 26)

Sauve-moi, mon Dieu : les eaux montent jusqu'à ma gorge ! J'enfonce dans la vase du gouffre, rien qui me retienne ; je descends dans l'abîme des eaux, le flot m'engloutit. Je m'épuise à crier, ma gorge brûle., Mes yeux se sont usés d'attendre mon Dieu. (Ps 68, 2-4)

Simon de Cyrène est réquisitionné pour t'aider. Il n'est pas vraiment consentant, mais parce qu'il faut hâter le pas, les soldats le contraignent. Alors il obéit, et même si le cœur n'y est pas, il porte la croix, derrière toi, et te déleste d'une partie certes infime, mais d'une partie tout de même de ton fardeau. Ton Père t'apporte là un maigre réconfort, mais surtout un signe pour les générations. Il y aura toujours des soldats qui regarderont, sans bouger, les supplices. C'est vrai, pourquoi n'est-ce pas eux qui t'apportent cette aide ? Il y aura toujours des Simon de Cyrène pour accomplir cette tâche.

Face à nos frères malades, pauvres, impotents, nous n'avons pas toujours envie d'être le secours. Que les autres s'en chargent, après tout, il y a l'Etat ! Et pourtant, tu nous l'as dit, dans ces frères, c'est toi qui est présent. A défaut d'être comme toi ou tes Saints, emplis de miséricordes et d'amour, soyons des Simon de Cyrène qui, malgré leur dégoût, participe avec courage à l'entreprise.

Seigneur, pardonne-nous ces moments où nous passons à côté de la misère sans la regarder, et donc sans te regarder. Aide-nous, comme Simon de Cyrène, à écouter la réquisition divine pour porter un bout de croix.

Seigneur, prends pitié, ô Christ prends pitié, Seigneur prends pitié.

NOTRE PERE , JE VOUS SALUE MARIE

GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN 

 

VIème Station – Ste Véronique essuie la face de Jésus

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean déclara : « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. (Jn 1, 29)

Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n'avait rien pour nous plaire. (Is 53, 2)

Un acte qui peut paraître anodin, un acte pourtant si important. Saint Véronique essuie ta Sainte Face. Par ce geste, elle essaye d'essuyer les marques de tes stigmates. Sur son linge s'inscrira alors, des marques de ton sang, ton visage.

Ce visage, c'est celui de l'Agneau de Dieu, reconnu par Jean le Baptiste. L'Agneau immolé, qui enlève le péché du monde. Pourtant parfait, issu de la matrice parfaite et de la perfection divine, à cet instant, tu es meurtri, amaigri, marqué par les rides et la douleur. Combien de visages de malades et de mourants ai-je vu, changés par la maladie ? Alors je pensais à toi. Ton apparence devient sans beauté, tu ne peux plus plaire car jamais la douleur et le supplice ne plaisent : ils détournent les regards. Mais Sainte Véronique, elle, t'accueille, et de sa petite condition, elle t'essuie le visage. Une autre petite marque d'affection, une maigre consolation, mais une consolation tout de même, car peu nombreux ont été de ceux qui ont rendu cette croix un peu plus légère.

Oui, Sainte Véronique a fait ce qu'elle a pu, ce qu'elle a jugé bon à l'instant où elle t'a vu. Comme elle, aide-nous, Seigneur, à accomplir de petites choses, mais avec beaucoup d'amour, comme nous l'exhorte ta Sainte la Mère Térésa de Calcutta. Seigneur prends pitié, ô Christ prends pitié, Seigneur prends pitié.

NOTRE PERE, JE VOUS SALUE MARIE

GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN 


VIIème Station – Jésus tombe pour la seconde fois

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. (Jn 12, 24)

Maltraité, il s'humilie, il n'ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l'abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n'ouvre pas la bouche. (Is 53, 7)

C'est la deuxième fois que tu tombes. Malgré l'aide de Simon le juste, les péchés se rajoutent sur ton dos. Ils sont si nombreux ! C'est la deuxième fois que tu tombes, comme pour nous montrer qu'il ne faut pas avoir peur de tomber. Abandonner nos orgueil, faire preuve d'humilité, c'est accepter ces moments où c'est trop dur, pour s'abandonner à toi. Car en effet, si nous ne nous abandonnons pas, comment pourrions-nous voir ta main tendue pour la prendre ? Nous pouvons rester comme ces soldats romains, droits dans leurs armures rigides ; ce serait pourtant  bâtir des cœurs de pierre. Toi, tu es la bâton qui ouvre les eaux pour faire place à nos chemins, tu es le bâton qui brise le roc pour qu'en sorte l'eau pure. Tu es le pain de vie offert par ton Père dans le désert, pour nourrir le peuple affamé, la manne inaltérable. Mais tu tombes, pour nous donner un signe, ce signe de grande humilité, pour nous montrer le chemin. Car, comme toi, nous devons accepter les petites morts pour revivre. Nous devons être ce grain de blé qui tombe en terre et qui meurt pour pouvoir germer et porter du fruit.

Tu tombes mais tu vas te relever. Oui, Seigneur, à notre tour, aide-nous, à nouveau, à nous relever pour revivre, pour ne pas renoncer ni baisser les bras face à la douleur et la difficulté, puisque tu es là tous les jours de notre vie. Seigneur prends pitié, ô Christ prends pitié, Seigneur prends pitié.

NOTRE PERE , JE VOUS SALUE MARIE

GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN 


VIIIème Station – Jésus console les femmes de Jérusalem

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Voici venir des jours où l'on dira : “Heureuses les femmes stériles, celles qui n'ont pas enfanté, celles qui n'ont pas allaité !” Alors on dira aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez-nous.” Car si l'on traite ainsi l'arbre vert, que deviendra l'arbre sec ? » (Lc 23, 27-31)

Un court instant, je t'avais abandonnée, mais dans ma grande tendresse, je te ramènerai. Quand ma colère a débordé, un instant, je t'avais caché ma face. Mais dans mon éternelle fidélité, je te montre ma tendresse, – dit le Seigneur, ton rédempteur. (Is 54, 7-8)

Tu es à présent débout, bien debout, face aux pleureuses. Tu n'auras pourtant pas de part à leur peine. Cette rengaine lancinante ne t'est pas agréable. Tu n'as pas besoin qu'on te pleure, à cet instant où l'Ecriture s'accomplit. Tu vas vers la mort du corps, mais pas celle de l'âme. Tu es Dieu, Verbe de Dieu, et tu vas vaincre. Même si le moment est difficile, tu en ressortiras vainqueur, et tu le sais. Il n'en est pas de même que de Jérusalem et du monde. Ils t'ont renié, rejeté, humilié ; ils ont oublié le temps de liesse de ton entrée messianique, préférant se joindre lâchement à la vindicte populaire, et te laissant seul face à ton supplice. Il est donc inutile de pleurer sur ton sort, car le tien est glorieux, mais il faut se lamenter sur nos propres esprits, pécheurs et corrompus, qui se laissent prendre par la facilité du mal plutôt que l'exigence de ta Parole. Tu es l'arbre vert, que l'on maltraite, et nous sommes les arbres secs : que peut-il advenir de nous ? Tu ne veux pas de ces faux pleurs, toi qui lis dans les cœurs.

Qu'il est simple de se cacher, Seigneur, derrière la masse et la multitude. Qu'il est difficile, ô Christ, de suivre ceux qui, seuls face aux autres, ont une part de vérité et sont, comme toi, insultés. Eloigne-nous de ces pleurs vains et hypocrites, mais attendris nos cœurs pour que jamais nous ne nous laissions assécher, et que nous acceptions la sève vivifiante qui vient de toi, et qui nous aidera à engendrer des fruits. Seigneur prends pitié, ô Christ prend pitié, Seigneur prends pitié.

NOTRE PERE , JE VOUS SALUE MARIE

GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN


IXème Station – Jésus tombe pour la troisième fois


Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Alors, l'un d'entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n'y comprenez rien ; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple, et que l'ensemble de la nation ne périsse pas. » Ce qu'il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n'était pas seulement pour la nation, c'était afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés. (Jn 11, 49-52)

Or, c'est à cause de nos révoltes qu'il a été transpercé, à cause de nos fautes qu'il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. (Is 53, 5)

Trois chutes. Celle-là est très douloureuse. Tu es fatigué, la pente se fait de plus en plus raide. Trois chutes, comme cette mystérieuse Trinité à laquelle tu as part. Tu es Dieu, comme le Père et l'Esprit-Saint. Il n'y a qu'un seul Dieu, Dieu Un mais Dieu trine. Trois personnes, le Père qui vit en toi, toi qui vis dans le Père, l'Esprit qui procède de l'Amour entre toi et le Père. Trois chutes. Les trois personnes divines tombent. C'est Dieu qui, à travers ton corps, à travers ton incarnation, tombe. Parce que le Verbe s'est fait chair, et qu'il a habité parmi nous ; parce Christ que tu es, bien qu'ayant la condition de Dieu, tu ne retiens pas le rang qui t'égale à Dieu, mais tu n'anéantis, en prenant la condition de serviteur, comme tu l'avais dis par la bouche des saints et des prophètes depuis les temps anciens. Tu t'es abaissé, lorsque tu as lavé les pieds des apôtres, de tous tes apôtres, même de Judas.

C'est la dernière chute. Maintenant, tu te relèves pour aller à ta mort. Ton courage n'a pas de limite ; jusqu'au bout tu seras notre Christ. Sois le Christ, le Sauveur dans nos vies, dans chacun de nos instants ; ouvre-nous à ta fidélité. Seigneur prends pitié, ô Christ prends pitié, Seigneur prends pitié.

NOTRE PERE, JE VOUS SALUE MARIE

GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN


Xème Station – Jésus est dépouillé de ses vêtements

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c'était une tunique sans couture, tissée tout d'une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l'aura. » Ainsi s'accomplissait la parole de l'Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C'est bien ce que firent les soldats. (Jn 19, 23-24)

Et moi, je suis un ver, pas un homme, raillé par les gens, rejeté par le peuple. Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête : je peux compter tous mes os. Ces gens me voient, ils me regardent. Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement. (Ps 21, 7-8.18-19)

Les hommes font ce qu'ils savent faire depuis tous temps. Comme dans les pires persécutions, dans la traite esclavagiste des hommes, dans les camps de la mort, tu es mis à nu avant d'être mis à mort. En faisant cela, on te retire ce qu'il te reste, ton humanité. Tu demeures un ver, dont on se fiche de la pudeur. Ta peau immolée, collée à tes os secs, n'est plus à l'abri des agressions de l'extérieur. De tes vêtements de fortune, toi qui ne savais garder une tunique de valeur sans la donner aux pauvres, la cupidité se partagera ces bouts de tissus, comme l'avidité déraisonnée d'un monde en proie à l'avarice. Tu te laisses mettre à nu. A présent plus rien ne compte. C'est entier que tu te donnes, tel que tu es, comme au jour de ta naissance. Oui, nous te reconnaissons encore comme vrai Dieu, qui n'as besoin d'aucun apparat pour exister. Il fallait que par toi, cet acte immonde qu'est l'avilissement de l'homme par l'homme s'accomplisse pour être pardonné. Et pourtant, que de fois n'est-on complices, sinon coupables, de mises à nu physiques ou psychologiques ?

O Christ mis à nu, ne nous laisse pas être de ceux-là qui accomplissent de telles tâches, et aide-nous à accepter de nous libérer de nos vêtements inutiles pour se donner entièrement à toi. Seigneur prends pitié, ô Christ prends pitié, Seigneur prends pitié.

NOTRE PERE, JE VOUS SALUE MARIE

GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN


XIème Station – Jésus est cloué sur la Croix
 

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Ils lui donnaient du vin aromatisé de myrrhe ; mais il n'en prit pas. Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir la part de chacun. C'était la troisième heure (c'est-à-dire : neuf heures du matin) lorsqu'on le crucifia. L'inscription indiquant le motif de sa condamnation portait ces mots : « Le roi des Juifs ». Avec lui ils crucifient deux bandits, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche. (Mc 15, 23-27)

Je suis comme l'eau qui se répand, tous mes membres se disloquent. Mon coeur est comme la cire, il fond au milieu de mes entrailles. Ma vigueur a séché comme l'argile, ma langue colle à mon palais. Tu me mènes à la poussière de la mort. (Ps 21, 15-16)

Il n'y avait pas assez des cordelettes, comme pour les autres, pour t'attacher à la croix. Allongée au sol, on t'y place, et on enfonce des clous dans tes mains et dans tes pieds, poussant à l'extrême ta douleur. De cette douleur, rien ne te sera épargné. Ton humanité dégouline comme de l'eau, et par les coups de marteau, tes membres sont disloqués. Tout ton corps est pétrifié, parcouru par un frisson à chaque fois que l'on tape. Cela résonne dans ta tête et dans ton cœur. Sous l'ordre de Pilate, hypocrite lui aussi qui, bien que se lavant les mains de ta mort, fait exécuter froidement ta sentence, le motif de ta condamnation est accroché, comme une raillerie : Jésus Christ, roi des juifs (INRI). Ce roi que tout le monde moque, cet homme qui se prétend Fils de Dieu et qui ne peut se sauver lui-même. La croix est levée ; toi accroché, tu sens encore plus les plaies vivantes des clous rouillés. Mais tu es comme le serpent d'argent que Moïse fit ériger dans le désert et dont la simple vue sauvait ceux qui étaient mordus par les serpents exterminateurs. Tu es ce signe, qui nous restera dans les siècles, cette croix objet de supplice, montrant un homme torturé, qui pourtant deviendra le symbole non de la mort, mais de la résurrection.

Que nous cessions, Seigneur, de porter nos croix, de nous signer de la croix, pour nous rappeler cet instant où tout fut accompli, pour montrer que nous venons de toi, et que nous te suivons non vers la mort mais vers la résurrection.

NOTRE PERE, JE VOUS SALUE MARIE

GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN


XIIème Station – Jésus meurt sur la Croix

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.


L'un des malfaiteurs suspendus en croix l'injuriait : « N'es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l'autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » C'était déjà environ la sixième heure (c'est-à-dire : midi) ; l'obscurité se fit sur toute la terre jusqu'à la neuvième heure, car le soleil s'était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira. (Lc 23, 39-46)

Comme c'était le jour de la Préparation (c'est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d'autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu'on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l'autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau. (Jn 19, 31-34)

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?  Le salut est loin de moi, loin des mots que je rugis. Mon Dieu, j'appelle tout le jour, et tu ne réponds pas ;  même la nuit, je n'ai pas de repos. (Ps 21, 2-3)

Il n'y a pas grand-chose à dire. Tu es mort. Tu as rendu l'Esprit. Tu n'es plus parmi nous. Tu nous offres pourtant un dernier signe. Le soldat, qui voit que tu es déjà mort, ne te brise pas les jambes, mais plante dans ton flanc la lance. Il jaillit de ton cœur du sang et de l'eau, le sang de ton sacrifice rédempteur, l'eau pure de ton pardon et de ton baptême. Il n'y a pas grand-chose à dire, mais à faire silence, à genoux, devant notre Dieu immolé.

Seigneur prends pitié, ô Christ prend pitié, Seigneur prend pitié.

NOTRE PERE, JE VOUS SALUE MARIE

GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN


XIIIème Station – Jésus est descendu de La Croix et remis à sa Mère

 

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

« Sa mère gardait dans son cœur tous ces évènements. » (Luc 2, 51)

Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S'il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, 

Il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira. (Is 53, 10)

La piéta. Ta Sainte Mère te récolte sur ses genoux. Tu es meurtri de toute part. Tu es mort. Ta Saint Mère a suivi ta passion. Elle ne t'a jamais quitté, depuis ta naissance jusqu'au moment fatidique de ta mort. Elle a observé en silence, se rappelant sa promesse devant l'ange : « Qu'il m'en soit fait selon ta Parole ». Sa simple vue t'a redonné courage, mais il te fallait reprendre la voie douloureuse. Elle était là, lorsque tu as rendu ton dernier soupir. Elle était là, lorsque la lance t'a transpercé le côté. Elle a vu le sang et l'eau jaillir, cette eau virginale et pure qu'elle partage avec toi, l'immaculée conception, la Vierge des vierges, la femme que tous les âges diront bienheureuse, à qui le Seigneur fit des merveilles. Et lorsqu'en enfin on libère ton pauvre corps de tes bourreaux, c'est sur elle qu'on te dépose, sur ses genoux saints, comme au moment de ta naissance. Son cœur est transpercé. Une épée est venue le trancher. A jamais elle portera cette souffrance. Elle recevra sa récompense, enlevée au ciel à ses derniers instants, et couronnées d'étoiles, proclamée Reine des Cieux. Oui, Jésus, ta Mère est Sainte à jamais. Oui, Jésus, comme elle ne t'a pas abandonné, elle est venue, à Lourdes, à Fatima, au Laus, à Guadalupe, à Medjugorje, et à bien d'autres endroits, pour nous donner l'espérance, pour nous ramener vers toi, pour nous aider à porter nos croix.

Prions pour toutes les mères, tous les parents qui supportent la douleur et la mort de leurs enfants. Remettons nous à l'intercession de Notre Dame des douleurs, pour nous aider dans nos voies douloureuses, nos chemins de croix.

NOTRE PERE , JE VOUS SALUE MARIE

GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN

 

XIVème Station – Jésus est mis au tombeau

Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Tous ses amis, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée, se tenaient plus loin pour regarder. Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c'était un homme bon et juste, qui n'avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d'Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l'enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n'avait été déposé. C'était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat. Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s'en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit. (Lc 23, 49-56)

Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable. Mon coeur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance :  tu ne peux m'abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption. (Ps 15, 8-10)

Te voilà maintenant mis au tombeau, embaumé et enveloppé. On pousse une dalle pour bien t'enfermer. Tes ennemis paranoïaques demanderont à Pilate de le faire garder par tes gardes, de peur qu'on ne vienne te prendre pour simuler ta résurrection. Tu es doublement enfermé. Et dehors, le silence va se faire, pour observer le repos prescrit. C'est le silence du deuil, le silence de la peur, le silence de l'angoisse, le silence de l'attente, le silence de ceux qui, voraces, sont rassasiés de ta mort. C'est le grand silence. Nombreux seront ceux qui éprouveront de l'impatience à ton retour. Mais le temps de Dieu n'est pas le temps des hommes. Et ton temps viendra. Seigneur prends pitié, ô Christ prends pitié, Seigneur prends pitié.

NOTRE PERE, JE VOUS SALUE MARIE

GLOIRE AU PERE, AU FILS, AU SAINT ESPRIT, COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT, MAINTENANT ET TOUJOURS, ET POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN



Comme cette dernière station du chemin de Lourdes, qui nous montre ce disque rayonnant, aide-nous à garder la Foi dans les moments de famine et de fatigue, parce qu'au bout, c'est la résurrection qui nous attend, c'est-à-dire la Vérité, la Lumière et la Vie.

114716-chemin-de-croix-medite

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

2 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

loader

Talitha Koum! Se réveiller tous les jours et Vivre le Christ !