Carême J39 : face à l'horreur de la passion, la beauté de Marie.

Tridium pascal : Vendredi saint.

Du livre du prophète Isaïe :

Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s'élèvera, il sera exalté ! La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu'il ne ressemblait plus à un homme ; il n'avait plus l'apparence d'un fils d'homme.
Il étonnera de même une multitude de nations ; devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit, ils découvriront ce dont ils n'avaient jamais entendu parler.
Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s'est-il révélé ? Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n'avait rien pour nous plaire.
Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l'avons méprisé, compté pour rien.
En fait, c'étaient nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu'il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c'est à cause de nos révoltes qu'il a été transpercé, à cause de nos fautes qu'il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. Maltraité, il s'humilie, il n'ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l'abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n'ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s'est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple. On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n'avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche. Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S'il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira. Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. C'est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s'est dépouillé lui-même jusqu'à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu'il portait le péché des multitudes et qu'il intercédait pour les pécheurs.

Méditation :

Ô Isaïe, prophète par qui l'Esprit a parlé, nous lisons dans tes mots la vie de notre Seigneur.

Le Christ.

Jésus.

Oui Seigneur, tu es bien celui qu'annoncent les prophètes.

Tu es bien le Messie, le Sauveur.

Par ta Parole tu as subjugué les plus grands.

Par tes œuvres tu as relevé les plus petits.

Et pourtant, c'est la croix.

Aujourd'hui, par ceux-là même qui t'acclamaient avec des rameaux, tu es pendu sur la croix au bois lourd et rêche.

Non pas avec des sangles. Non.

Avec des clous plantés à vif.

La violence des hommes s'est révélée.

L'horreur de leurs instincts plus les plus vils fait d'eux des bêtes sanguinaires.

Mais après les moqueries, les railleries, les crachats, ce sera le silence de la consternation.

Tu es si défiguré par les coups qu'on ne te reconnaît plus comme un homme.

Tu es nu comme un ver.

Toi qui t'es abaissé à la condition de serviteur, tu es pleinement Dieu.

Mais tu as été méprisé, compté pour rien.

Tu es l'agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde, et qui pour cela accepte d'être conduit à l'abattoir.

Dans un silence sans reproche, ni cri, tu montes le chemin de douleur, portant ce bois si lourd, si lourd de nos péchés.

Oui, nous t'avons vu avec les pécheurs.

Tu n'as pas daigné revendiquer ta condition divine, mais tu t'es mis à notre bassesse, et en cela tu t'es élevé.

Tu passes devant le tribunal, et la foule réclame ta mort. 

Ils préfèrent libérer Barabas, l'assassin, à toi, l'innocent.

Et même si Pilate ne voit rien qui puisse t'accuser, et même si il s'en lave les mains, il se rend coupable de lâcheté en cédant à la foule pour éviter une émeute.

Elle est là, la croix.

Elle est lourde, la croix.

Elle est rêche, la croix.

Tu la portes jusqu'au Golgotha.

Tu la traînes. Tu trébuches.

On t'y pend, aux côtés de deux criminels.

Les clous éclatent tes os. Tu es broyé par la souffrance. Tu es livide. Tu es amaigri.

Tu souffres.

Sur ton visage les traits de la douleur, car rien de la condition humaine ne t'a été épargné, hormis le péché.

Ta mère te regarde. Son cœur est transpercé de toutes parts. Tu es son enfant, celui qu'elle chérit, et elle est ta sainte mère. 

Parce que tu sais que tu vas mourir, tu la confies à Jean.

Et ainsi, tu en fais un mère pour nous tous.

Dans un dernier cri d'angoisse, tu lèves les yeux vers le Père. Tu le cherches. Où est-il ? T'a-t-il abandonné ?

Mais là, ta condition divine te rappelle, et dans le calme, tu lui remets ton esprit.

Tu es mort, Jésus. 

On perce ton coté pour en être sûr.

Il en jailli le sang du sacrifice et l'eau du rachat.

Tu es mort, Jésus.

On te descend sur les genoux de Marie. On te met dans un tombeau. On ferme avec la pierre.

Tu es mort, Jésus, et nous nous sentons seuls, comme orphelins.

Le doute s'installe. Reviendras-tu, comme tu l'as promis ?

Pour l'heure, tu es mort.

A côté de notre maman, la Vierge des sept douleurs, et face au Christ en croix, confions toutes nos complaintes, nos supplications, nos prières.

Puis entrons dans le temps du silence.


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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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Talitha Koum! Se réveiller tous les jours et Vivre le Christ !