Carême J38 : le petit garçon aux cheveux frisés.

Tridium Pascal : jeudi saint.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

De l'Évangile de Jésus Christ selon saint Jean : 

Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l'Iscariote, l'intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est sorti de Dieu et qu'il s'en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu'il se noue à la ceinture ; puis il verse de l'eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu'il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C'est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n'auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n'a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c'est pourquoi il disait : « Vous n'êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m'appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous. » (Jn 13, 1-15)

Méditation :

Je commence à comprendre, Seigneur, que tes signes apparaissent sans prévenir.

Moi, le disciple indiscipliné, j'ai reçu une bonne leçon.

Si j'ai parfois tendance à moraliser, la réalité de la vie me ramène à ma faible condition.

Je marchais, dans la rue.

Il y avait là ce magasin populaire.

Juste à la sortie, ce jeune homme.

Roumain.

A la rue.

Je le vois tous les jours. Il est poli, mais la rue commence à l'abîmer.

C'est dingue les ravages que fait la rue.

Et puis il y a eu ce petit garçon.

Pas plus de sept ans. Une chevelure noire épaisse et frisée, afro, le teint mat. 

Il sort du magasin en suivant sa mère pressée qui a une bonne longueur d'avance.

Je ne sais pas ce qu'il a dans la main. Deux longues barres au chocolat, sans doute. Et là, voyant le sans abri, spontanément, il lui donne une de ses barres.

Puis il continue à suivre sa maman, regardant de temps en temps si le Roumain est content.

Cet acte était gratuit. Parce qu'il a vu la petite pancarte en carton « j'ai faim », il lui a donné la moitié de ce qu'il avait.

En ce jour où tu accomplis tes derniers gestes, ceux du lavement des pieds et de l'institution de l'eucharistie, il n'y a pas de meilleurs exemples de service.

En lavant les pieds de tes disciples, tu t'abaisses.

Qu'y-a-t-il de plus bas que les pieds ? Ils foulent le sol. La terre. La glaise.

Les pieds sont souvent sales et malades.

On ne se laisse pas toucher les pieds comme cela.

Seigneur, le service, l'amour, n'ont pas besoin de s'apprendre, car ils sont en nous, comme chez ce petit garçon aux cheveux frisés. 

Mais il est plus facile de servir que de se faire servir.

Comme Pierre, nous rechignons souvent à prendre la main tendue. 

Mélange de fierté, d'orgueil, de dignité.

C'est pourtant cela que tu nous apprends aujourd'hui : t'accepter comme celui qui nous relève, et celui qui se donne entièrement, dans le sacrement de l'eucharistie.

Alors, Seigneur, lorsque je serai face à un nécessiteux, que je mesure le courage qu'il a d'accepter de faire la manche et que, à mon tour, comme le petit enfant aux cheveux frisés, j'accepte de partager mon trésor.

Que ton Nom soit béni, Seigneur, Père, Fils et Saint-Esprit !

Notre-Dame des pauvres, prie pour nous et notre monde.

Amen.

Frères et sœurs, bien-aimés en Christ, exprimez-vous en commentaires ; ajoutez vos prières, réflexions et méditations, afin que nous puissions échanger dans la paix du Christ !! Je lis chaque jour vos mots, et porte vos intentions dans ma prière.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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Talitha Koum! Se réveiller tous les jours et Vivre le Christ !