Carême J36 : tantôt disciple, tantôt traître, je suis un pécheur qui te supplie.

Mardi saint.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

De l'Évangile de Jésus Christ selon saint Jean :

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l'un de vous me livrera. » Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l'un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C'est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l'Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d'acheter ce qu'il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit. Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c'est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l'ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. » Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m'aies renié trois fois. » (Jn 13, 21-33.36-38)

Méditation :

La passion commence.

Du jour nous basculons dans la nuit.

Tu en es conscient, Seigneur.

Tu le sais.

Tu connais celui que Satan a terminé de tuer.

Ce disciple, tu l'aimes, comme les autres.

Ce disciple, tu ne le dénonces pas, mais tu lui donnes une bouchée de pain.

Ce disciple, tu lui demandes de s'empresser de faire son affaire.

Les autres ne comprennent pas.

Ils ont la nuque raide, les apôtres. 

Ils sont comme nous, qui peinons à comprendre tes messages.

Avant même qu'il ait commis son crime, tu as déjà, vers Judas, un regard de miséricorde.

Tu sais qui agit en lui.

Le prince de ce monde, Satan, crie, vocifère, se débat.

Il ne veut pas de ta victoire.

Il fait ce qu'il sait faire.

Le travail de sape.

Les manigances dans la pénombre.

Le pourrissement de l'âme, et ici celle de Judas.

Car Judas va te vendre, sans doute ne sait-il pas ce qu'il fait, et en te vendant il se vendra au démon.

Judas regrettera. Trop tard. Atteint jusqu'à la moelle, il met fin à ses jours.

Nul ne sait ce qu'il en est du devenir de l'âme de Judas. Nul ne connaît ton jugement personnel. Ne cherchons pas ni à haïr, ni à excuser, mais méditons avec lucidité.

Ici commence ta passion.

Là où tu vas, dans les tréfonds de la mort, dans la profondeur des enfers, pour racheter toutes les âmes depuis Adam, nous ne pouvons te suivre.

Seul toi, le Fils de l'homme, Dieu incarné, peut le faire.

Alors Pierre l'assure : il te suivra.

Et nous le savons, il te reniera.

Au moment de ton arrestation, devant ta tunique en sang, ton visage boursoufflé de coups, il panique.

Il a peur.

Il tressaille.

Il ment.

Mais Pierre reste vrai : vrai dans sa promesse et vrai dans sa trahison.

Pierre est le mortel, porteur de la pauvreté crasse de notre humanité commune.

Alors, moi, le disciple indiscipliné, j'aimerai tant être celui que tu aimais, couché sur ton épaule, mais je demeure tantôt Pierre, tantôt Judas, tantôt Pilate, tantôt le pauvre passant qui crie à ta mort.

Je suis un humain imparfait.

Mais comme Pierre, je crois.

Je crois. Je crois. Je crois. 

Ma foi est en toi. 

Ton image inversée sur la Saint Suaire me glace le sang. Alors je prie Marie, elle qui a été si forte. Alors je me relève peu à peu. Alors, tout en te suivant dans ta passion, j'entrevois, au loin, la lumière de la résurrection.

Car à la fin, c'est la vie qui gagne.

Que ton Nom soit béni, Seigneur, Père, Fils et Saint-Esprit !

Notre-Dame des sept douleurs, prie pour nous et notre monde.

Amen.

Frères et sœurs, bien-aimés en Christ, exprimez-vous en commentaires ; ajoutez vos prières, réflexions et méditations, afin que nous puissions échanger dans la paix du Christ !! Je lis chaque jour vos mots, et porte vos intentions dans ma prière.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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Talitha Koum! Se réveiller tous les jours et Vivre le Christ !