7ème jour : Miséricorde

Méditation et prière en audio :

Méditation et prière en texte :

Ses disciples lui demandèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ? » Jésus répondit : " Ni lui ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu." Jn 9 2-3

Pendant cette semaine, nous avons médité sur la richesse qu'apportent au monde ces enfants et ces adultes différents, qui ont une force de vie magnifique, une capacité d'aimer exemplaire et une aptitude à la joie que peuvent leur envier bien des personnes qu'on dit « valides ».

Ne pas nier la souffrance

Mais ce regard positif peut choquer ceux qui ne s'en sortent pas. « La trisomie, c'est difficile », m'a confié une jeune femme. Devenir autonome n'est pas évident, parfois impossible. Des lieux de vie en collectivité qu'on n'aurait pas choisis s'imposent souvent. Et comment nier la peine de ceux qui doivent renoncer, sans l'avoir décidé, à fonder une famille dans une société où une « sexualité active » est présentée comme la condition sine qua non du bonheur ? Quelques exemples de personnes trisomiques particulièrement douées, ou dont les performances sont médiatisées, ne doivent pas faire oublier celles qui manquent d'amis fidèles.

Les parents aussi ont besoin de relais, ne serait-ce que pour les frères et sœurs qui pâtissent parfois de leur focalisation sur l'enfant qui est en situation de handicap. L'annonce d'une trisomie 21 fait souvent l'effet d'un coup de massue pour des parents. Un nuage noir envahit leur esprit ; les rêves d'avenir semblent s'effondrer. « Que deviendra-t-il quand nous ne serons plus là ? », s'interrogeait un papa dès la découverte de la trisomie de son nouveau-né. Et si le diagnostic est anténatal, le bon petit visage à aimer n'est pas encore visible pour consoler ses parents. S'ils ne sont pas préparés, ils peuvent se décourager. Et pour peu qu'ils aient une image déformée de la trisomie 21... Une maman a confié qu'à partir du moment où le diagnostic est tombé, elle croyait attendre un monstre ! Aujourd'hui, c'est son enfant, plein de tendresse, qui la console de la solitude.

Du « pourquoi ? » au « pour quoi ? »

Une question jaillit souvent dans les cœurs devant toute épreuve : pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi nous ? C'est naturel. Quand tout va bien, un nouveau-né est la fierté de ses parents, mais la découverte d'un problème peut induire un sentiment de culpabilité. Qu'ai-je fait au bon Dieu s'interrogerait-on, du temps on l'on y croyait encore, comme si Dieu punissait de quelque chose. Il y a deux mille ans, la même question taraudait les disciples : « Est-ce lui ou ses parents qui ont péché pour qu'il soit né aveugle ? » Jésus a été clair : « Ni lui ni ses parents, mais c'est pour qu'en lui soient manifestées les œuvres de Dieu. »

Les mots de Jésus sur l'aveugle-né nous ont aidés, au début d'A Bras Ouverts, quand la souffrance innocente liée au handicap (pas seulement la trisomie 21) nous scandalisait : « Pour qu'en lui… » Face au mystère du mal, on passe de l'impasse du « pourquoi ? » (en un seul mot) à l'élan du « pour quoi ? » en deux mot. Nous nous sommes dits : « Puisque nous n'avons pas de charisme de guérison – car Jésus guérit l'aveugle né –  "Que soient manifestées les œuvres de Dieu !" : nous allons aimer, aider, consoler. » L'œuvre de Dieu, c'est l'amour. Et nous avons été consolés et aimés, en retour. 

La force des maillons faibles

La réponse de Dieu à la souffrance est sa miséricorde : son cœur qui se penche sur nos misère, maladie, péché. La miséricorde est la forme que prend l'amour au contact de la souffrance. Reconnaissons qu'autour des personnes trisomiques la miséricorde rayonne souvent avec une intensité spéciale. La sainteté est liée à l'accueil et au don de la miséricorde. La promesse du Seigneur « Des pauvres, vous en aurez toujours » devient alors une bonne nouvelle. Avec le vénérable professeur Jérôme Lejeune, affirmons qu'une civilisation se juge à la place qu'elle fait au plus faible de ses membres. Le maillon faible d'une chaine de solidarité détermine sa force : il faut le protéger pour prévenir sa rupture.

Prions

Seigneur, au terme de cette semaine, donne-nous ce qui est nécessaire pour bâtir la civilisation de l'amour dans nos relations avec les plus petits : émerveillement, humilité, bienveillance, respect, simplicité, charité et miséricorde.

Fais-nous rencontrer des plus petits à aimer pour que nous puissions te servir, en toute justice et vérité. Fait s'agenouiller nos âmes devant celles qui ont besoin de reconnaissance, d'écoute, de tendresse et de consolation. Embellis nos âmes à leur contact.

Et que les personnes trisomiques et tous ceux qui les accompagnent grandissent ensemble en sainteté !

Amen

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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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