Évangile du mercredi 24 Février 2021

Évangile du mercredi 24 Février 2021

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
comme les foules s'amassaient,
Jésus se mit à dire :
« Cette génération est une génération mauvaise :
elle cherche un signe,
mais en fait de signe
il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ;
il en sera de même avec le Fils de l'homme
pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera
en même temps que les hommes de cette génération,
et elle les condamnera.
En effet, elle est venue des extrémités de la terre
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront
en même temps que cette génération,
et ils la condamneront ;
en effet, ils se sont convertis
en réponse à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas. »


Méditation

L'Amour ! L'Amour ! voilà ce que Vous demandez, ce que Vous mendiez Seigneur de la part de créatures pourtant si misérables ! Mais quelle admirable Vérité nous donnez-Vous à contempler en ces temps de carême, celle de voir un Dieu qui Aime jusqu'à nos faiblesses, à notre misère. Voilà ce qui est irrésistible à Dieu, au point de mourir d'Amour pour nous, à savoir notre misère, le « rien » que nous sommes. Quel mystère qui nous donne à voir que Dieu n'attend pas avant tout de nous la perfection, mais l'Amour. Quelle folie que de vouloir atteindre absolument la perfection en occultant l'Amour ! n'est-ce pas ce que fit « cette génération » en observant littéralement et parfaitement la Loi, oubliant dès lors d'aimer ? Voilà le commandement suprême, Aimer, en toute circonstance car jamais nous ne dépasserons notre condition misérable, du fait même que nous sommes pauvre créatures. Pourtant c'est là que l'Amour de Dieu s'abaisse de la manière la plus admirable, pour embrasser notre misère, nous embrasser. Notre misère devient alors un bien par lequel, appelant à l'humilité, nous aimons d'un cœur sincère et vrai notre Créateur, source de toutes perfections. Que notre misère soit pour nous un bien par lequel nous ne cessons d'aimer Dieu, quel que soit nos faiblesses, nos pêchés, nos peines… Aimons, Aimons sans cesse Dieu ! n'attendons pas demain pour aimer, n'attendons pas d'être parfait pour aimer ; dès lors nous serions jugés, par la croix, la mort et la résurrection, par le signe de Jonas, indigne de l'Amour de Dieu qui n'a attendu une seule seconde pour nous aimer. « N'attend pas d'être parfait pour aimer sinon tu n'aimeras jamais ». N'es crainte ! Dieu Aime ta misère !   

Voilà ce que signifie faire pénitence. Non, il ne s'agit point de cocher des cases tel des juristes, afin d'observer scrupuleusement une loi que l'on s'est imposée pour le carême ! la pénitence désigne la conversion de l'esprit et avant tout la conversion du cœur ! la pénitence suppose un plus grand amour pour Dieu, soi-même et son prochain ! la pénitence signifie un élargissement du cœur, de tout notre être, pour l'Amour seul ! dès lors Aimons ! ne cessons jamais d'aimer !

Prière

Aime-moi

Aime-moi, tel que tu es. Je connais ta misère, les combats et les tribulations de ton âme ; la faiblesse et les infirmités de ton corps ; je sais ta lâcheté, tes péchés, tes défaillances ; je te dis quand même : "Donne-Moi ton coeur, aime-Moi comme tu es."

Si tu attends d'être un ange pour te livrer à l'amour, tu ne m'aimeras jamais. Même si tu retombes souvent, dans ces fautes que tu voudrais ne jamais connaître, même si tu es lâche dans la pratique de la vertu, je ne te permets pas de ne pas M'aimer. Aime-Moi comme tu es.

A chaque instant et dans quelque position que tu te trouves, dans la ferveur ou dans la sécheresse, dans la fidélité ou dans l'infidélité. Aime-Moi tel tu es.

Je veux l'amour de ton coeur indigent ; si pour m'aimer tu attends d'être parfait, tu ne m'aimeras jamais. Ne pourrais-je pas faire de chaque grain de sable un séraphin tout radieux de pureté, de noblesse et d'amour ? Ne pourrais-je pas, d'un seul signe de ma volonté faire surgir du néant des milliers de saints, mille fois plus parfaits et plus aimants que ceux que j'ai créés ? Ne suis-je pas le Tout-Puissant ? Et s'il me plaît de laisser pour jamais dans le néant ces êtres merveilleux et de leur préférer ton pauvre amour !

Mon enfant, laisse-moi t'aimer, je veux ton coeur. Je compte bien te former mais en attendant, je t'aime comme tu es. Et je souhaite que tu fasses de même : je désire voir, du fond de ta misère, monter l'amour. J'aime en toi jusqu'à ta faiblesse.

J'aime l'amour des pauvres ; je veux que, de l'indigence, s'élève continuellement ce cri : Seigneur, je vous aime. C'est le chant de ton coeur qui m'importe. Qu'ai-je besoin de ta science et de tes talents ? Ce ne sont pas des vertus que je te demande, et si je t'en donnais, tu es si faible que bientôt l'amour-propre s'y mêlerait : ne t'inquiète pas de cela. J'aurais pu te destiner à de grandes choses : Non, tu seras le serviteur inutile, je te prendrai même le peu que tu as, car je t'ai créé pour l'amour. Aime !

L'amour te fera faire tout le reste sans que tu y penses ; ne cherche qu'à remplir le moment présent de ton amour. Aujourd'hui je me tiens à la porte de ton coeur comme un mendiant, Moi, le Seigneur des seigneurs. Je frappe et j'attends, hâte-toi de m'ouvrir, n'allègue pas ta misère. Ton indigence, si tu la connaissais pleinement, tu mourrais de douleur. Cela seul qui pourrait me blesser le coeur, ce serait de te voir douter et manquer de confiance. Je veux que tu penses à moi à chaque heure du jour et de la nuit, je ne veux pas que tu poses l'action la plus insignifiante pour un motif autre que l'amour. Quand il te faudra souffrir, je te donnerai la force ; tu m'as donné l'amour, je te donnerai d'aimer au-delà de ce que tu as pu rêver.

Mais souviens-toi : "Aime-moi, tel que tu es."

N'attends pas d'être un saint pour te livrer à l'Amour, sinon tu n'aimeras jamais.

Saint Augustin  


Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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