Mission de Nicolazic suite aux apparitions ( 24 )

  Dès le premier jour de juillet, il avait entre les mains une somme considérable ; à la fin du mois cette somme était presque doublée.

  Il s'était chargé du soin de recueillir les aumônes ; et à voir son abord si doux et si agréable, son empressement à rendre service, son désintéressement personnel, en l'entendant exposer ses projets et son désir d'élever à la gloire de sainte Anne « une église grande comme une cathédrale », les pèlerins se sentaient gagnés ; et leur générosité s'ouvrait spontanément pour venir à son aide.

Toutes les offrandes étaient scrupuleusement réservées pour l'œuvre ; et, malgré l'insistance de certains pèlerins, il ne voulut jamais garder pour lui-même et pour sa famille les dons qu'on lui proposait.

  Mais pour réaliser son projet, il ne comptait pas uniquement sur les ressources offertes par les pèlerins, quelque généreuses qu'elles fussent.

  Il sut créer dans toutes les paroisses d'alentour, à trois ou quatre lieues à la ronde, un mouvement qui dura jusqu'à la fin des travaux; et grâce à son initiative, sainte Anne acquit un« droit de corvée» à quatre lieues à la ronde «sans autre paiement que celui de la récompense qu'attendaient ces pauvres gens dans le Paradis.

  Et ces bonnes volontés, qui venaient s'offrir à lui après l'annonce faite au prône des paroisses, il sut admirablement en tirer parti, en se multipliant lui-même. Sa carrière de pierre de taille était à Plumergat ; il y allait tous les jours. Le bois qu'il exploitait était à Baud; il s'y rendait de jour et de nuit pour le faire abattre, équarrir, débiter. La chaux, les ardoises et les autres objets que le pays ne lui fournissait pas, il les faisait venir par mer jusque sur les quais d'Auray.

  Et ces matériaux, d'un transport difficile, il s'agissait ensuite de les amener à pied d'œuvre, parfois d'une grande distance par des chemins difficiles, et à toutes les époques de l'année. Il y réussissait toujours sans difficulté.

  Au temps des moissons, comme au temps des semailles, on le voyait à la tête d'interminables files de charrettes, lourdement chargées, qui, de Saint·Goustan, de Baud ou de Plumergat, se dirigeaient vers le Bocenno. Et dans ces charrois qui réunissaient tant de monde, chose inouïe, il ne se produisait ni confusion ni murmures ni excès d'aucune sorte. C'est que le chef savait assigner à chacun sa place et sa besogne ; il pourvoyait libéralement à la nourriture des travailleurs ; et par l'amabilité de ses procédés Il gagnait toutes les sympathies. Du reste il inspirait un tel respect à tous que personne n'eut voulu lui déplaire.

  Le charroi terminé, les gens s'en retournaient heureux, flattés aussi d'avoir contribué à la sainte entreprise, et. renouvelant leurs offres de service pour toutes les circonstances où l'on aurait besoin d'eux.

  Nicolazic s'occupait avec le même soin des travaux qui s'exécutaient au Bocenno ; et il ne sans laissait détourner par aucune affaire étrangère. Ainsi lit-on sur les registres paroissiaux de Pluneret que Yves Nicolazic se fit remplacer par son frère Pierre pour tenir un enfant sur les fonts de baptême « à cause des empêchements du bâtiment de Madame sainte Anne.

  Il avait l'œil à tout, et rien n'échappait à sa vigilance ; il contrôlait jusqu'à l'architecte.

  C'est lui qui faisait les marchés, soldait les fournisseurs, récriait les dépenses dans les divers chantiers où il occupait des travailleurs ; puis, lorsqu'il lui fallait plus tard dicter les comptes à dom Yves Richard qui lui servait de secrétaire, sa mémoire était si fidèle qu'il n'oubliait rien ; ni le sénéchal d'Auray ni les représentants de l'évêque, qui venaient régulièrement contrôler sa gestion, n'y ont jamais relevé la moindre erreur.

  Et le souci de manier tant d'argent, de régler tant d'affaires différentes, en des endroits si nombreux, loin de troubler un homme qui n'avait pas la ressource de l'écriture pour aider sa mémoire, le laissait dans une parfaite tranquillité d'esprit : son égalité d'humeur était si grande qu'il n'avait jamais l'air d'avoir des préoccupations. Au milieu de ses ouvriers comme avec les pèlerins, il conservait toujours dans le regard, dans la physionomie et dans son parler, la même douceur et la même affabilité.

A suivre :   

" Chantons Sainte Anne dans la langue de Nicolazic! "

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O ANNA, MAMM MARI, HA GALON NI HO PED,

DOH PEB DROUG GOUARNET NI, GROEIT MA VEM OLL SALVET.                   

Anne,Mère de Marie,de tout cœur,nous te prions, garde-nous de tout mal, donne-nous le salut

1- En Amzér-hont, en dud ér bed e oé heb peah, heb leuiné,

En o spered meid tioalded én o halon nameit tristé.

En ce temps-là, les gens sur terre  ne connaissaient ni paix, ni joie :

Ténèbres dans leur esprit, tristesse dans leur coeur.

2- Er Judé neoah daoud bried, Joachim hag Anna, e viùé,

ged karanté hag avisted én ur sentein doh lézenn Doué.

En Judée cependant, deux époux, Anne et Joachim,

Vivaient dans l'amour et la sagesse, dociles à la loi du Seigneur.

3- En o ziegeh eurus meurbed, ne vanké meid ur joé heb kin :

N'o devoé bet krouédur erbed ha kouhad e hrent get hankin.

Dans cette famille si heureuse, il ne manquait qu'une joie !

Ils n'avaient pas d'enfants : tristesse pour leur vieillesse.

4- O daou atao d'en Aotrou Doué gredus é larant o goulenn, 

Un El érfin e lar dehé é ma cheleuet o fédenn.

Tous les deux pourtant en faisaient ardemment la demande à Dieu,

Un ange enfin leur dit que leur prière est exaucée.

5- Chetu ganet er hrouédur glan, biskoah ne vo hanval doh-ti,

Gréseù a-leih én hé inéan, ganet é er Werhiéz Vari.

Leur naît enfin une enfant à nulle autre pareille;

Toute remplie de grâce naît la Vierge Marie.

6-Joachim, Anna,um rejoeiset, reit zo deoh ur hrouèdur hep par,

Ho merhig e zo beniget, dreist en oll dud zo ar en douar.

Joachim, Anne, réjouissez-vous, vous avez une enfant incomparable,

Votre petite fille est bénie entre toutes les femmes

7- Saùet ho penn ged leuiné, tud ag en douar, ne ouilet ket, 

Rag a pe splann er goleu-dé e ma tost en héol de zoned.

Redressez la tête avec joie ! Ne pleurez pas, habitants de la terre, 

Car lorsque se lève l'aurore, le soleil n'est pas loin.

8- Er verhig-man e zo choéjet, de voud Mam de salvér er bed,

Ha ged en oll é vo anùet, rouanéz en dud hag en Eled.

Cette petite fille est choisie pour être mère du sauveur du monde,

Par tous, elle sera nommée reine du monde et reine des anges.

9- O Mari, rozenn mistérius, nen des énnoh meid braùité;

Stirenn dreist en oll lugernus, hui e zigor splanndér en dé.

Ô Marie, Rose mystique, il n'y a en toi que beauté !

Etoile rayonnante entre toutes, tu apportes la lumière.

10- Santéz Anna, inour deoh-hui, ar en douar èl é lein en né,

Inour eué d'ho merh Mari, gwerhiez berped ha Mamm de Zoué.

Sainte Anne, honneur à toi sur la terre comme au ciel,

Honneur aussi à Marie, ta fille, toujours Vierge et Mère de Dieu.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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