LE CAREME

LE CAREME

Définition du mot « Carême » et origine de ce temps de jeûne

Qu'est-ce que le Carême chrétien ? Quelle est son étymologie ? Quelle est son origine et sa signification religieuse ? Chez les catholiques, ce un temps de Carême est un temps de conversion au cours duquel le jeûne, la prière et le partage nous aident à nous tourner vers Dieu et à nous ouvrir aux autres.

D'où vient le mot Carême ?

L'étymologie du mot « Carême » nous dit qu'il s'agit d'une altération populaire de l'expression latine quadragesima dies, le « quarantième jour » avant Pâques. Le Carême est un temps pour se préparer à la fête de Pâques. Il commence le mercredi des Cendres pour prendre fin dans la nuit de Pâques.

Les quarante jours du Carême nous rappellent les quarante années de traversée du désert par les Hébreux avant d'atteindre la terre promise par Dieu, mais aussi les quarante jours passés au désert par Jésus, ou encore les quarante jours du déluge. Le nombre 40 symbolise la durée d'une vie et le temps nécessaire à la conversion. Si nous comptons les jours du mercredi des Cendres à la nuit de Pâques, nous avons plus de quarante jours. C'est la même expérience d'intimité avec Dieu que souhaite revivre toute la communauté des croyants, baptisés ou candidats au baptême, alors qu'elle se met en route vers la Pâque, pour y trouver « la joie d'un cœur unifié » dans la communion au Christ mort et ressuscité. Le peuple chrétien entreprend un voyage spirituel ayant pour destination Pâques.

Les dimanches, même s'ils sont dits « dimanches de Carême », ne comptent pas dans le décompte des jours du temps du Carême. Même dans ce temps qui nous prépare à la fête de Pâques, nous fêtons chaque dimanche la résurrection du Christ.

Les trois mots du Carême

- Le jeûne est une privation de nourriture (ou de quelque chose qui est nécessaire ou agréable), destinée à donner plus de temps aux autres et à Dieu dans sa vie.

- L'aumône ou partage, c'est le don de ce que l'on possède (argent, temps).

- La prière est un dialogue avec Dieu. C'est lui parler avec confiance, lui dire merci, lui demander de l'aide.

Les trois tentations que doit vaincre le fidèle catholique

Dans les paroisses, comme dans les communautés chrétiennes, les fidèles chrétiens vont recevoir le « mercredi des cendres » ; la cendre qui symbolise la fragilité de l'homme, mais aussi de l'espérance en la miséricorde de Dieu. Le mercredi des Cendres (en latin Dies cinerum, « Jour des cendres ») est donc un jour de pénitence qui marque le début du carême dans le christianisme. C'est une fête mobile qui a lieu 47 jours avant Pâques en comput ancien.

On pourrait définir le carême comme un voyage spirituel ayant pour destination Pâques. Le début du voyage commence avec le mercredi des Cendres et s'achève le Samedi Saint ; La Semaine Sainte, qui commence avec le dimanche des Rameaux, commémore la Cène, la Passion et la mort du Christ sur la Croix. Le Samedi Saint au soir et le dimanche de Pâques, les chrétiens célèbrent la résurrection du Christ. Le Mercredi des Cendres, premier jour du Carême, est marqué par l'imposition des cendres : le prêtre dépose un peu de cendre sur le front de chaque fidèle, en signe de la fragilité de l'homme, mais aussi de l'espérance en la miséricorde de Dieu.

Le prêtre dit en imposant les Cendres cette formule : « Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle ». Une autre formule possible est la suivante : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière. » On trouve déjà le symbolisme des cendres dans l'Ancien Testament. Il évoque globalement la représentation du péché et la fragilité de l'être. On peut y lire que quand l'homme se recouvre de cendres, c'est qu'il veut montrer à Dieu qu'il reconnaît ses fautes. Par voie de conséquence, il demande à Dieu le pardon de ses péchés : il fait pénitence. Il s'humilie. La cendre est appliquée sur le front pour nous appeler plus clairement encore à la conversion, précisément par le chemin de l'humilité.

Comment vivre le carême concrètement ?

Durant le temps du carême, nous sommes invités à la prière, à la vie sacramentelle, à la pénitence et l'aumône pour nous aider à discerner les priorités de notre vie. Le temps du carême est une période autre qui incite à une mise à l'écart pour faire silence et être ainsi réceptif à la Parole de Dieu.

Le jeûne, la prière et l'aumône (ou le partage)

L'évangile (Matthieu 6 ; 1 à 6 et 16 à 18) incite les fidèles à prier, à jeûner et à agir, non pas de manière orgueilleuse et ostentatoire, mais dans le secret de leur cœur : « Quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais en secret ».

« Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret. Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement du Père qui est présent dans le secret ».

Durant ce voyage spirituel pour nous préparer à la fête de Pâques, tout fidèle chrétien est invité à vivre avec le Christ et à entrer dans un combat spirituel comme Jésus durant ces 40 jours de jeûne au désert.

Comme Jésus qui a résisté à Satan par trois fois, le chrétien aussi peut être vainqueur des trois tentations : la convoitise de la chair, le pouvoir et l'orgueil. Les moyens sont la prière (relation à Dieu), le jeûne (relation au corps) et l'aumône (relation à l'autre)

Le Seigneur n'a jamais séparé dans son enseignement le jeûne de l'aumône et de la prière (Mt 6 ; 1-18).

Qui est habilité au jeûne catholique ?

Les personnes qui doivent jeûner sont celles de 10 à 60 ans. Le carême est lié au jeûne. Le comportement alimentaire de l'homme ne dépend pas seulement des besoins physiologiques mais appartient au registre de l'affection et du désir. Le jeûne nous apprend à avoir faim, à diminuer nos besoins, à nous confier à Dieu pour le lendemain, à creuser notre désir pour l'ouvrir à une autre réalité, celle de l'être et non plus l'avoir. Le jeûne nous permet de mieux connaître ce qui nous habite, quels sont nos désirs les plus profonds, de quoi nous avons faim. Ce temps de jeûne peut être un temps de réflexion, de méditation sur les valeurs essentielles de notre condition humaine. Un temps où nous revenons aux choses importantes. Dans ce contexte, jeûner ne veut pas dire se priver totalement de nourriture, mais se priver de certaines choses qui encombrent notre vie afin de focaliser davantage notre énergie sur d'autres choses bien plus importantes. Par exemple, durant ces quarante jours, quelqu'un pourrait-il essayer de se priver d'Internet, des réseaux sociaux ou de la télévision ? En faisant ainsi, vous libérez plus d'espace dans votre vie. Vous aurez plus de temps pour prier, méditer la Parole de Dieu et reprendre des forces intérieures.

Entre Cendres et Pâques, essayons de connaître notre véritable faim, de voir clair en nos vies, de mettre de l'ordre en nos vies.

Comment doit-on jeûner ?

Voici quelques propositions.

Suivre ce que votre paroisse vous recommande en essayant de savoir avec précision ce qu'elle recommande pour le Carême.

Une proposition pourrait être la suivante : jeûner en ne prenant qu'un repas par jour au coucher du soleil ; et boire de l'eau pour ne pas être déshydraté. Pour les catholiques, boire de l'eau ne rompt pas le jeûne. On peut boire à tout moment pendant le Carême.

Jeûner au pain et à l'eau tous les jours sauf le Dimanche.

Jeûner au pain et à l'eau deux fois par semaine – le mercredi et le vendredi. (Comme la première communauté chrétienne au temps des apôtres).

Quel comportement le fidèle catholique doit-il avoir pendant ce temps de carême ?

L'Eglise invite les chrétiens à beau coup prier, à combattre les vices et à être attentif au prochain.

Pendant ce temps de carême, il convient de prendre le temps de nous recueillir. Prier à l'image de Jésus lui-même qui, dans une vie très active, savait prendre du temps, loin de la foule, pour prier. Prendre du temps pour lire la Parole de Dieu, la méditer. Se décider à prendre chaque jour du temps pour la prière, il s'agit de revoir son emploi du temps et se décider à sortir de la superficialité de certains emplois de temps pour donner la priorité à l'essentiel.

Prendre le temps de la Lectio Divina (une lecture priante de la parole de Dieu). Aussi, vivre le chemin de croix chaque vendredi de Carême est une manière de vivre un Carême qui plaît à Dieu. Il faut aussi partager en ce temps de carême. Pour les chrétiens de l'Eglise primitive, c'était précisément la pratique du partage qui faisait la différence avec les païens. Ils avaient conscience que la charité envers les pauvres permet d'accéder à une révélation sur Dieu.

Dans un écrit des premiers siècles (Le Pasteur – Hermas), nous lisons ceci : « Tu ne prendras, ton jour de jeûne, que du pain et de l'eau puis, tu calculeras le montant de la dépense que tu auras faite ce jour-là pour ta nourriture et tu le donneras à une veuve, à un orphelin ou à un indigent : ainsi tu te priveras afin qu'un autre profite de ta privation pour se rassasier et prie pour toi. »

Dans un autre écrit des années 128 l'Apologie d'Aristide, nous lisons : « Lorsqu'il y a un pauvre parmi eux (les chrétiens) qui a besoin d'être secouru, ils jeûnent pendant deux ou trois jours et ont coutume de lui envoyer la nourriture qu'ils s'étaient préparée pour eux-mêmes ». La vie terrestre était perçue comme un don de Dieu pour accéder à la communion. Le Carême est aussi un temps de Metanoia. Un temps de pénitence, de conversion et de réconciliation.

Dès le premier jour du Carême, le mercredi des Cendres, nous avons entendu : convertissez- vous et croyez à la bonne nouvelle. Il convient que ce temps soit marqué par notre conversion, un retour à Dieu si nous nous étions éloignés de lui. Un retour par une préparation et la réception du sacrement de réconciliation. Le pardon de Dieu est toujours possible si nous faisons une démarche vraiment sincère, en reconnaissant nos péchés et en les regrettant. En se reconnaissant pécheur et en venant à lui dans ce sacrement, nous croyons à l'amour infini de Dieu qui est toujours le plus fort.

Nous dirons à nos frères chrétiens. Le jeûne a disparu ou a moins d'attrait parce que nous avons perdu le sens du jeûne et nous n'avons plus montré les bienfaits du jeûne. Il conviendrait, dans la prédication, d'exposer aux fidèles les fruits et les bienfaits du jeûne. Mais en faisant bien comprendre que dans le domaine du jeûne, le primat est à la pratique et non aux discours.

Le jeûne, chemin de guérison, le jeûne guérit de la gourmandise ;

Le jeûne pour surmonter les tentations ;

Le jeûne porte à un retour à Dieu ;

Le jeûne et la prière ouvrent le chemin de discernement et de décision selon l'Esprit ;

Le jeûne porte au renouveau spirituel ;

Jeûne et prière pour grandir dans la confiance en Dieu ;

Le jeûne arme pour le combat spirituel.

Prière :

Mon Dieu, qui êtes en moi et en qui je suis…

Daignez me donner ce sentiment continuel de votre présence, de votre présence en moi et autour de moi, et, en même temps, cet amour craintif qu'on éprouve en présence de ce qu'on aime passionnément et qui fait qu'on se tient devant la personne aimée, sans pouvoir détacher d'elle ses yeux, avec un grand désir et une pleine volonté de faire tout ce qui lui plaît, tout ce qui est bon pour elle…

En vous, par vous, et pour vous.

Amen.

P/ Les Amis du Saint Sacrement

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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