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Les Anges Gardiens

 

Pauvre petit enfant à la frêle existence,
Dans ton berceau moelleux, appelant le sommeil,
Tes larmes et tes cris trahissent la souffrance,
Car il faut payer cher notre place au soleil.
Mais qui donc calmera ta douleur éphémère
Et de son frais visage effleurera le tien ?
Eh ! qui serait-ce, enfant, si ce n'était ta mère
Dont la sollicitude est ton ange gardien.

Tu grandiras un jour et tu voudras sans doute
Au banquet des humains prendre ta large part.
Qui donc écartera l'obstacle de la route
Et guidera tes pas à travers le hasard ?
Va, c'est un noble instinct plus grand que la science
Qui sait flétrir le mal en exaltant le bien :
Dans notre langue à nous il a nom « conscience » ;
Mais il habite aux cieux, c'est ton ange gardien.

Tu vieilliras aussi ; sur notre pauvre terre,
Aux splendeurs du printemps succèdent les frimas ;
Les doux et gais propos font place à la prière ;
Vers le dernier asile on descend pas à pas.
Tu sentiras alors de lourdes défaillances ;
Mais il te restera, comme un pieux soutien,
L'amour de tes enfants, les douces souvenances
Le foyer du vieillard sera l'ange gardien.

Enfin il faut mourir ; la mort en ce bas monde
De tout ce qui respire est l'horizon fatal ;
Il faut régénérer la sève qui féconde
Les rameaux toujours verts du grand arbre vital.

Mais quand l'heure est venue à travers la souffrance,
Que de ce corps vivant il ne reste plus rien,
Au-delà du tombeau se dresse l'Espérance,
Qui, pour veiller sur nous, s'est faite ange gardien.

Ainsi soit-il.

Prière extraite des Poésies posthumes d’Edouard Courteville (1832-1887), Maître clerc de Notaire puis Commissaire-priseur à Versailles et aussi homme lettré, écrivain et artiste, ami de Gustave Flaubert et Louis Bouilhet, qui retiré des affaires après quinze années d'un labeur incessant va se consacrer aux œuvres de bienfaisance.


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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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