L'Esprit qui habite en nous nous conduit à l'unité

L'Esprit qui habite en nous nous conduit à l'unité

Image : "La Pentecôte". Œuvre peinte par Arcabas (né en 1926) pour la chapelle des Sœurs du Cénacle à Fourvière (Lyon).

Aujourd'hui commence la Semaine universelle de prière pour l'unité des chrétiens (18-25 janvier), semaine durant laquelle les chrétiens de toutes confessions unissent leurs voix pour supplier le Seigneur de rassembler dans l'unité tous ses enfants dispersés (cf. Jn 11, 52).

 Cette année, le mot d'ordre de la Semaine de l'Unité est le verset de l'Évangile de Jean : « Demeurez dans mon amour » (Jn 15, 9), tandis que le texte de référence est Jn 15, 1-17, ce passage où Jésus se présente comme la Vigne véritable dont nous autres, ses disciples, sommes les sarments. Prenons le temps, au cours des prochains jours, de relire et méditer ce chapitre. 

D'autre part, le 18 janvier, les Églises de rite byzantin (orthodoxes et gréco-catholiques) font mémoire de « nos saints pères les grands archevêques d'Alexandrie Athanase et Cyrille », deux Pères de l'Église qui nous ont laissé des écrits riches de doctrine et de spiritualité. 

Saint Cyrille d'Alexandrie est l'auteur d'un admirable « Commentaire de l'Évangile de Jean ».  Dans son commentaire du chapitre 15, il souligne combien, par la participation à l'Eucharistie et par le don de l'Esprit Saint, les chrétiens sont intimement unis les uns aux autres et avec le Christ (dans la Liturgie des Heures du rite romain, ce texte est lu à l'Office des lectures du mardi de la 6ème semaine du temps pascal) :

Nous bénéficions d'une union même corporelle avec le Christ, nous qui participons à sa chair sacrée. Saint Paul en témoigne lorsqu'il dit à propos du mystère de la piété : « Ce mystère, Dieu ne l'avait pas fait connaître aux hommes des générations passées comme il l'a révélé maintenant par l'Esprit à ses saints apôtres et à ses prophètes. Ce mystère, c'est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ. » (Ep 3, 5-6)

Si nous formons tous entre nous un même corps dans le Christ, et non pas seulement entre nous, mais avec lui, puisque évidemment il est en nous par sa propre chair, comment donc notre unité entre nous et dans le Christ n'est-elle pas déjà visible ? Car le Christ est le lien de l'unité, étant en lui-même Dieu et homme.

Quant à l'unité dans l'Esprit, nous suivrons le même chemin et nous dirons encore qu'ayant tous reçu un seul et même Esprit, je veux dire l'Esprit Saint, nous sommes en quelque sorte mêlés intimement les uns avec les autres et avec Dieu. En effet, bien que nous soyons une multitude d'individus, et que le Christ fasse demeurer en chacun de nous l'Esprit de son Père qui est le sien, il n'y a cependant qu'un seul Esprit indivisible, qui rassemble en lui-même des esprits distincts les uns des autres du fait de leur existence individuelle, et qui les fait apparaître pour ainsi dire comme ayant tous une seule existence en lui.

De même que la vertu de la chair sacrée fait un seul corps de tous ceux en qui elle est venue, de la même manière, à mon avis, l'Esprit de Dieu un et indivisible qui nous habite nous conduit tous à l'unité spirituelle. C'est pourquoi saint Paul nous exhortait ainsi : « Supportez-vous les uns les autres avec amour ; rassemblés dans la paix, ayez à cœur de garder l'unité dans un même Esprit, comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance. Il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, parmi tous, et en tous. » (Ep 4, 2-6) Si l'unique Esprit habite en nous, le Dieu unique, Père de tous, sera en nous, et il conduira, par son Fils, à l'union mutuelle et à l'union avec lui tout ce qui participe de l'Esprit.

Faisons nôtres aujourd'hui ces paroles qui, au cours de la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome (principale forme de célébration eucharistique dans le rite byzantin), sont dites juste avant la récitation du Notre Père :

Ayant demandé l'unité de la foi et la communion du Saint-Esprit, confions-nous nous-mêmes, confions-nous les uns les autres, et confions toute notre vie au Christ, notre Dieu.

Notre Père…

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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