Récit des apparitions de Ste Anne à Yvon NICOLAZIC

Récit des apparitions de Ste Anne à Yvon NICOLAZIC

( 19 )      RÉCIT DES APPARITIONS, réalité des apparitions.

Pendant les apparitions.

  •  Dans les visions d'un halluciné, qui ne sont en définitive que des cauchemars, il y a nécessairement, comme dans tous les rêves, quelque chose d'imprécis et d'indéterminé.

  Interrogez-le, jamais ses récits ne vous laisseront une impression nette. Ne faisant pas usage de sa raison, étant tout entier sous l'empire des sens et de l'imagination, il ne s'est pas rendu compte ; et comment pourrait-il alors décrire ce qu'il n'a vu ou entendu que d'une manière confuse ?

  Comparez maintenant ces images vaporeuses aux conceptions si claires de Nicolazic.

  Pour ne parler que de la personne qu'il voit, remarquez avec quelle netteté il décrit l'auréole lumineuse qui l'entoure, l'attitude qu'elle a, le cierge qu'elle porte et dont la flamme n'oscille pas au souffle du vent, le nuage où se posent ses pieds, le costume de fin lin qui l'enveloppe, l'expression du visage où se réunissent la beauté et la gravité. de la mère, la voix avec ses inflexions différentes, etc.

  Au cours des interrogations auxquelles il a été soumis jusqu'à sa mort, il lui a fallu rapporter les paroles si nombreuses qu'il disait tenir de sainte Anne : il n'a jamais varié dans ses récits. Et un jour qu'on lui lisait le texte où l'on avait infidèlement reproduit sa déposition, il eut soin de protester et de rectifier. Le greffier avait écrit que la chapelle primitive avait été « bâtie » en l'an 700. - Non, reprit vivement Nicolazic, c'est en 700 qu'elle a été « détruite ».

  Il raconte ses visions avec toutes les circonstances de temps et de lieu, il précise l'endroit, le jour, l'heure. Par exemple, pour la première apparition : c'est une heure après le coucher du soleil, en compagnie de son beau-frère, qu'il avait rencontré là sans s'y attendre ; les bœufs s'effraient ; eux-mêmes ont peur, s'enfuient, pour ensuite revenir sur leurs pas ...

  Que de précision dans la notation de détails qui nous paraissent à nous inutiles ! C'est que Nicolazic se possédait parfaitement, et sa raison toujours libre contrôlait tout ce qui lui passait sous les yeux.


  •   L'halluciné ne fait que se souvenir, il ne crée pas. Dans les phénomènes étranges qu'il subit, il n'y a que combinaisons grossières d'éléments sensibles qu'il a perçus précédemment ; il ne voit que ce qu'il a déjà vu, il n'entend que ce qu'il a déjà entendu ... Les visions ne sont que des reproductions plus ou moins bizarres de la réalité.

  Chez Nicolazic rien de semblable : ce qu'il dit est bien personnel. En outre on n'y rencontre rien de heurté, ni de disparate, ni d'incohérent.

  Il a été examiné pendant plusieurs semaines par des théologiens qui étaient aux aguets ; or, soit qu'il répétât des paroles entendues, soit qu'il décrivît des choses vues, ses réponses étaient si judicieuses, et il se soutint si bien que les théologiens ne purent y relever quoi que ce fût de contraire à l'Evangile et aux décrets de l'Eglise.

  Quel est l'halluciné qui pourrait en faire autant ?

  Quand il s'agit de décrire l'apparition, il ne se borne pas, comme ferait un halluciné, à reproduire des choses qu'il connaît déjà : il fait des combinaisons nouvelles, et qui sont des trouvailles très heureuses ; il crée, au sens artistique de ce mot.

  Non seulement ses inspirations ne pouvaient pas venir d'un cerveau malade, mais comment les expliquer, s'il n'a pas eu réellement sous les yeux la belle vision dont il nous parle !

  Voilà un paysan qui n'a jamais été dans les écoles, dont la vie s'est écoulée dans les occupations matérielles de sa ferme : à un moment donné, il conçoit un type de statue de sainte Anne qu'il n'a jamais eu sous les yeux, ni dans l'église de Pluneret, ni dans les chapelles qu'il fréquentait ; toutes les images de la Sainte devant lesquelles il avait prié étaient des groupes à deux ou à trois personnages ; aucune d'elles ne représentait sainte Anne, isolée de sa fille et de Notre-Seigneur, un flambeau à la main...

  Qui voudrait croire que ce paysan illettré ait pu trouver, au cours d'un état morbide, un modèle de statue auquel personne n'avait pensé jusque-là, que nul artiste ne désavouerait, que nul théologien n'a pu critiquer.

A suivre :

Je choisis ma neuvaine à allumer

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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