L'adoration des mages

L'adoration des mages

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l'orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, venez me l'annoncer pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent.
Et voici que l'étoile qu'ils avaient vue à l'orient les précédait, jusqu'à ce qu'elle vienne s'arrêter au-dessus de l'endroit où se trouvait l'enfant. Quand ils virent l'étoile, ils se réjouirent d'une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. (Mt 2, 1-12)

Qui sont les mages ?

Le premier des quatre sens principaux entend par le terme « mages » des membres de la caste sacerdotale perse. Dans la culture hellénistique, ils étaient considérés comme « représentants d'une religion authentique » ; en même temps, cependant, leurs idées religieuses étaient retenues comme « fortement influencées par la pensée philosophique », de sorte que, souvent, les philosophes grecs étaient présentés comme leurs disciples.

Les autres sens sont : détenteur et pratiquant d'un savoir et d'un pouvoir surnaturels, comme aussi un magicien ; et, enfin, escroc et séducteur. Dans les Actes des Apôtres, nous trouvons cette dernière signification : un magicien du nom de Bar-Jésus est qualifié par Paul de fils du diable, ennemi de toute justice (Ac 13, 10) et de cette façon, mis au pas.

L'ambivalence du terme « mage », que nous trouvons ici, met en lumière l'ambivalence de la dimension religieuse comme telle. La religiosité peut devenir un chemin vers une vraie connaissance, un chemin vers Jésus Christ. Mais quand, face à la présence du Christ, elle ne s'ouvre pas à lui et se pose contre l'unique Dieu et Sauveur, elle devient démoniaque et destructrice.

Dans le Nouveau Testament, nous rencontrons ainsi les deux significations de « mage » : dans le récit de saint Matthieu sur les mages, la sagesse religieuse et philosophique est clairement une force qui met les hommes en chemin ; c'est la sagesse qui en définitive conduit au Christ. Dans les Actes des Apôtres, en revanche, nous trouvons l'autre type de mage. Celui-ci oppose son pouvoir au message de Jésus Christ et se met ainsi du côté des démons qui, cependant, désormais, ont été vaincus par Jésus.


Benoît XVI

Benoît XVI a été pape de 2005 à 2013. / Jésus de Nazareth, t. 3, L'Enfance de Jésus, Paris, Flammarion, 2012, p. 131-133.


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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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