Nous promettons….à Paris…un sanctuaire dédié au Sacré-Cœur de Jésus.

Nous promettons….à Paris…un sanctuaire dédié au Sacré-Cœur de Jésus.

      Ci dessus la bannière réalisée par les religieuses de Paray le Monial

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               Avant de développer le thème de cette publication, en ce troisième jour du temps de l'Avent, je vous souhaite une sainte nouvelle année liturgique. Que le Cœur Immaculé de Marie soit votre refuge dans les difficultés, et si Dieu devait vous rappeler à Lui pendant cette année, que par le port du scapulaire du Mont Carmel que Notre Dame a montré à Lucie le 13 octobre 1917, vous obteniez  le séjour le plus bref au Purgatoire avant de ‘'voir Dieu tel qu'Il est''.   

           Cette nouvelle année liturgique nous rapproche de ce troisième avènement qui marquera la fin de cette ‘'période'' ou le temps a encore un sens. Le premier avènement de Dieu eut lieu lorsqu'Il créa les anges, l'univers avec ses galaxies, la nôtre avec son soleil, ses planètes dont la terre, les êtres vivants dont le premier homme puis Eve. Le second avènement fut celui de son Fils qui pris chair de la Vierge Marie pour offrir à son Père un sacrifice digne de Lui pour réparer l'offense de nos premiers parents, puis celles de toute l'humanité. Le troisième avènement sera le retour de Notre Seigneur pour juger les vivants et les morts comme nous le disons chaque jour en commençant notre chapelet. Ce sera le début de cette éternité, ‘'bienheureuse'' pour les élus, ‘'malheureuse'' pour les maudits.

                    Pendant cette année liturgique, il y aura d'abord la fin du jubilé du centenaire de la consécration de la basilique du Sacré-Cœur à Montmartre. (Cet édifice est la réalisation bien tardive (délais près de 2 siècles) d'une demande de Notre Seigneur, pour notre pays, de façon à permettre à celui qui le ‘'tenait en commande'', le roi de France, de vaincre ses ennemis. Notre Dame à Fatima précisera que le roi de France avait bien reçu les demandes de son Fils, mais ne les avaient pas réalisées. Ce refus aura des conséquences funestes pour le roi, ses descendants et son royaume. Nous célébrerons ensuite, principalement, les 150 ans de l'apparition de Notre Dame à Pontmain. Il y aura, si Dieu le permet, le début du pèlerinage à pied, depuis Fatima jusqu'en Russie d'une statue de Notre Dame. Ensuite le centenaire de la septième apparition de Notre Dame à la Cova da Iria lors du départ de Lucie d'Aljustrel emportant toute seule le précieux secret confié presque 4 ans plus tôt. Enfin nous célébrerons le huitième centenaire de la mort de saint Dominique. Ce fameux 13 octobre 1917, Notre Dame révélait comme promis, 5 mois après sa première apparition, qui Elle était : ‘'Je suis Notre Dame du Rosaire''. A saint Dominique Elle avait dit : «Sache, ô mon fils, que le moyen dont l'adorable Trinité s'est servie pour le salut du monde, a été la Salutation angélique. Si tu veux vaincre ces cœurs endurcis, prêche mon Rosaire, tu en obtiendras les plus heureux résultats.»

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            L'image représente la bannière réalisée par les religieuses de Paray le Monial après la défaite de Sedan. Cette bannière guida 300  zouaves pontificaux le 2 décembre 1870, il y a exactement 150 ans, lors de la bataille de Loigny dans la région d'Orléans. C'était la première fois qu'un étendard du Sacré-Cœur était déployé sur un champ de bataille, c'était un premier vendredi du mois. Nous verrons le 3 décembre prochain, que ce fait est rappelé dans la mosaïque décorant la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.  

            Pendant que se déroulait le sacrifice de ces 300 hommes derrière cette bannière du Sacré-Cœur à Loigny, à Poitiers, dans le couvent des dominicains, MM Le Gentil et Rohault de Fleury, son beau-frère prenaient la décision  d'ériger à Paris un sanctuaire dédié au Sacré-Cœur de Jésus.            

           La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre a été consacrée le 16 octobre 1919. Le jubilé du centenaire de cette consécration a commencé le 20 octobre 2019, et se termine le 8 décembre prochain. Nous consacrerons les quelques publications quotidiennes d'ici la, à rappeler comment s'est effectué le règne politique du Christ et de son Sacré-Cœur sur la France.

            Le jour de la consécration de la basilique, à l'époque, l'Eglise, célébrait la fête de Sainte Marguerite-Marie, la première confidente du Sacré-Cœur. C'était aussi un anniversaire particulier. Dans le texte du vœu d'édification d'un sanctuaire, les auteurs utiliserons les termes ''Nous reconnaissons que nous avons été coupables et justement châtiés''. Cette culpabilité venait, principalement, de la rupture du lien qui unissait le Christ à la France par l'exécution du roi de France, Louis XVI, le 21 janvier 1793. Ce lien avait été rappelé par Jeanne d'Arc ; le roi tenait le royaume de France en commande de la part du Christ, depuis le baptême de Clovis. La rupture complète de ce lien fut faite en exécutant l'épouse du roi, la reine Marie Antoinette. C'était un 16 octobre. 

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            C'est en janvier 1871 que fut mis par écrit ce vœu dont la rédaction se terminait par cette phrase : ‘'Nous promettons de contribuer à l'érection à Paris d'un sanctuaire dédié au Sacré-Cœur de Jésus''. Le vœu ‘'national'' reprendra pratiquement ces termes  plusieurs mois plus tard. 

            Le texte complet de ce vœu initial, approuvé par le pape Pie IX, était ainsi rédigé :

 « En présence des malheurs qui désolent la France et des malheurs plus grands peut-être qui la menacent encore ; en présence des attentats sacrilèges commis à Rome contre les droits de l'Eglise et du Saint-Siège et contre la personne sacrée du vicaire de Jésus-Christ ; nous nous humilions devant Dieu et réunissant dans notre amour l'Eglise et notre patrie, nous reconnaissons que nous avons été coupables et justement châtié ; et pour faire amende honorable de nos péché et obtenir de l'infinie miséricorde du Sacré-Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ le pardon de nos fautes ainsi que les secours extraordinaires qui peuvent seuls délivrer le souverain Pontife de sa captivité et faire cesser les malheurs de la France, nous promettons de contribuer à l'érection à Paris d'un sanctuaire dédié au Sacré-Cœur de Jésus. »

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            Revenons à cette bannière qui réalisait bien modestement une des 4 demandes formulées par Notre-Seigneur lors des divers apparitions de Paray-le-Monial, à savoir ‘'L'imposition du Sacré-Cœur sur les étendards et les armes de la France''. Les 3 autres étaient ‘'La consécration publique et solennelle du roi au Sacré-Cœur et la construction d'un édifice en l'honneur du Sacré-Cœur'' . Il y avait principalement, une demande à l'attention de l'Eglise : ‘'l'institution d'une fête du Sacré-Cœur à l'échelle universelle''. 

       A la demande des évêques français, la fête du Sacré-Cœur, qui était instituée en France depuis le 17 juillet 1765 dans tous les diocèses, était étendue le 23 août 1856 à toute l'Eglise catholique.

            Dès la défaite de Sedan, les visitandines de Paray le Monial avaient confectionné l'étendard de notre publication, de moire blanche sur lequel figurait l'image du Sacré-Cœur avec l'inscription « Cœur de Jésus, sauvez la France ». Après l'avoir richement dessinée et confectionnée, les religieuses l'avaient déposée durant un mois sur le tombeau de la bienheureuse Marguerite-Marie dont on lui avait fait toucher les reliques. Leur intention était d'abord de l'adresser au général Trochu pour qu'il le fasse arborer sur les remparts de Paris. Elles l'envoyèrent à cet effet à Monsieur Dupont, le saint homme de Tours, qui leur fit savoir qu'à cette date Paris était fermé par l'entier investissement de l'armée allemande. « Et bien ! Vous la donnerez aux volontaires des contrées de l'Ouest » lui répondirent-elles. Savaient-elles que c'est sous le nom de ‘'Légion des volontaires de l'Ouest'' que plus tard les zouaves qui avaient combattu pour défendre les états pontificaux seraient désignés ? Monsieur Dupont, remit cette bannière à Mr de Charrette, alors commandant supérieur de la légion des volontaires de l'Ouest. 

     Voici dans quelles circonstances elle guida les combattants, sous la direction du général de Sonis dont le procès de béatification fut ouvert en 1928, 41 ans après sa mort, et son corps exhumé, trouvé parfaitement conservé.

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La bannière du Sacré-Cœur à Loigny   (875 mots)

          Le père Doussot, un des 4 aumôniers des zouaves pontificaux, marchait dans le début de la nuit du Ier décembre 1870 entre le général de Sonis et le colonel de Charrette ; il raconte : «Nous parlions du seul moyen de salut qui restait à la France, celui de redevenir franchement chrétienne. Alors nous montrant son fanion que portait un de ses spahis, M. de Sonis nous dit : ‘'Voilà pourquoi, ayant à mettre un signe sur mon fanion, j'ai mis celui que vous voyez'' C'était une croix blanche sur un fond bleu. –‘'Mais, général, dit Charrette, je voudrais quelque emblème religieux plus marqué.''– ‘'C'est vrai, cette croix héraldique ne parle pas assez de Jésus-Christ. J'y avais bien fait peindre d'abord un crucifix, mais il était si mal fait que je n'en voulus pas.'' – ‘'Et bien mon général, répliqua Charrette, tenez, j'ai ce qu'il vous faut''. Il parla de la bannière du Sacré-Cœur brodée à Paray-le-Monial, que Mr Dupont, lui avait remise après l'avoir déposée pendant une nuit sur le tombeau de saint Martin .  Sonis adopta aussitôt ce drapeau pour son fanion et ajouta : « Puisque c'est à vos zouaves qu'il était destiné, c'est un de vos zouaves qui le portera. Vous me choisirez et me désignerez vous-même mon porte fanion. »

            Après avoir assisté à la messe du Père Doussot dans l'église de Saint-Péravy, ce 2 décembre à 3 heures du matin, messe du Sacré-Cœur du premier vendredi du mois, à laquelle beaucoup de zouaves pontificaux communièrent, le général de Sonis se dirigea avec ses hommes vers Patay, lieu de la victoire miraculeuse de Jeanne d'Arc. Après qu'un porteur désigné par Charrette se fut récusé, ne se trouvant pas assez digne pour porter cette bannière, le général de Sonis la confia au jeune sergent qui, quelque temps auparavant avait demandé à Charrette de consacrer publiquement le régiment des zouaves au Sacré-Cœur.

            Différents ordres arrivés au général pendant la journée firent qu'il demanda 300 volontaires pour une action critique en direction de Loigny, en fin de journée. Au moment de l'engagement avec d'autres bataillons, il dit à Charrette : ‘'Le moment est venu de déployer la bannière du Sacré-Cœur''. Le général poursuit : ‘'Elle se déploya, on la voyait de partout''  Ce groupe s'élança aux cris de ‘'Vive la France, Vive Pie IX, Vive le Sacré-Cœur''. Le père Doussot participa au début de l'assaut en portant haut, un crucifix qui se trouva être à la hauteur de la bannière. Sous le feu d'un ennemi presque 10 fois supérieur en nombre, les porteurs successifs de la bannière tombent les uns après les autres. C'est le cinquième qui la sauva en l'enroulant autour de son bras brisé, puis la transmis  à un compagnon d'arme qui la remettra au Père Doussot retourné à Patay après le début de l'engagement. De ces 300 volontaires, 198 moururent à Loigny ; Le général, blessé, (il perdit une jambe), ne fut relevé que le lendemain à 10 heures et resta toute la nuit sur le terrain par – 20 degré. Parmi les blessés, il fut un des très rares survivants à cette nuit. Par ses silences sur ce fait, on devina qu'il avait été visité par Notre Dame de Lourdes à qui il promit, s'il ne mourrait pas cette nuit, de passer chaque année l'anniversaire de cette nuit, en adoration devant le saint sacrement, ce qu'il fit jusqu'à sa mort en 1887. Bel exemple de ce premier adorateur qui à Montmartre continuent jour et nuit à adorer le Saint Sacrement exposé.

            « Cette nuit si longue et si noire, écrira Sonis, je l'ai passée dans la tranquillité la plus douce, ayant remis mon âme entre les mains du Créateur, lui offrant ma vie pour la patrie si malheureuse. » A l'aumônier qui le recueillit sous la neige, il avait dit : « Vous arrivez à temps, je vais mourir. Oh ! Que la nuit a été froide ! J'ai offert mes souffrances pour le salut de notre pauvre pays. » Cinq jours plus tard, le 8 décembre, il fera écrire à son épouse : « Oh ! Si notre sacrifice pouvait être profitable à la France ! » L'oblation a été acceptée, puisque quelques semaines après Notre Dame apparaissait à Pontmain :''Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps, mon Fils se laisse toucher''.

            Charrette, fut également blessé à Loigny; son successeur , dira dans son ordre du jour du 16 décembre 1870 : «Quelque désastreuse que soit la situation, nous ne devons pas nous décourager… La guerre que nous subissons est une guerre d'EXPIATION et Dieu a déjà choisi, parmi nous, les victimes les plus pures… C'est par un acte de foi que la France est née sur le champ de bataille de Tolbiac, c'est par un acte de foi quelle sera sauvée. »

            Avant la dissolution des zouaves qu'il devinait prochaine, Charrette réunit ses Volontaires pour les consacrer au Sacré-Cœur. Ce fut le dimanche de Pentecôte, 28 mai 1871, 4 jours après l'exécution des otages dans Paris et l'entrée des troupes après la commune . Ce fut devant le Saint Sacrement exposé, dans la chapelle du grand séminaire de Rennes, autour de la bannière du Sacré-Cœur, en présence de 1500 zouaves en uniforme, que Mgr Daniel, leur aumônier en chef, lu cette consécration que le général de Sonis avait fini par rédiger, suite aux supplications de Charrette et d'autres amis : la voici.

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Prière de la consécration des Zouaves au Sacré-Cœur (450 mots)

            « O Jésus, vrai Fils de Dieu, notre roi et notre frère, rassemblés tous ici, au pied de vos autels, nous venons nous donner pleinement à vous et nous consacrer à votre divin Cœur.

            « Vous le savez, Seigneur, nos bras se sont armés pour la défense de la plus sainte des causes, de la vôtre, Seigneur, puisque nous sommes les soldats de votre Vicaire.

            « Vous avez permis que nous fussions associés aux douleurs de Pie IX et qu'après avoir partagé ses humiliations nous fussions violemment séparés de notre Père.

            « Mais, Seigneur, après avoir été chassés de cette terre romaine, où nous montions la garde au tombeau des saints Apôtres, vous nous prépariez d'autres devoirs et vous permettiez que les soldats du Pape devinssent les soldats de la France.

            « Nous avons paru sur les champs de bataille armés pour le combat. Votre Cœur adorable représenté sur notre drapeau, abritait nos bataillons.

            « Seigneur, la terre de France a bu notre sang et vous savez si nous avons bien fait à notre patrie le sacrifice de notre vie. Beaucoup de nos frères sont morts, vous les avez rappelés à vous, parce qu'ils étaient mûrs pour le ciel.

            « Mais nous, nous restons et nous ignorons le sort que vous nous réservez. Faites, mon Dieu, que la vie que vous nous avez laissée soit tout entière consacrée à votre service.

            « Nous portons tous, sur nos poitrines, l'image de votre Sacré-Cœur faites que nos cœurs en soient l'image encore plus vraie; rendez-nous dignes du titre de soldats chrétiens.

            « Faites que nous soyons soumis à nos chefs, charitables pour le prochain, sévères pour nous-mêmes, dévoués à nos devoirs et prêts à tous les sacrifices.

            « Faites que nous soyons purs de corps et d'âme, qu'ardents dans le combat, nous devenions tendres et compatissants pour les blessés.

            « O Jésus, dans les dangers et dans les souffrances, c'est de votre divin Cœur que nous attendons notre plus puissant secours. Il SERA NOTRE REFUGE lorsque tous les appuis humains nous manqueront et notre dernier soupir sera notre dernier acte d'espérance dans la miséricorde infinie.

            « Et vous, ô divine Marie, que nous avons choisie pour notre Mère, à vous aussi nous avons rendu témoignage.

            « Nos champs de bataille ont vu le long cortège des mères, des épouses et des sœurs en deuil, et lorsque de pieuses mains remuaient la terre qui recouvre la mort, on savait reconnaître les nôtres, à VOTRE SCAPULAIRE.

            « Soyez donc notre protectrice et obtenez-nous la grâce de nous tenir chrétiennement unis à vous, dans le Sacré-Cœur de Jésus, durant la vie et la mort, pour le temps et pour l'éternité. Ainsi soit-il. »

            La cérémonie se termina par l'invocation : ‘' Cœur de Jésus, sauvez la France ''  

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Extraits des litanies du Sacré-Cœur de Jésus  (Début) 

Cœur de Jésus, Fils du Père éternel, ayez pitié de nous.

Cœur de Jésus, formé par le Saint-Esprit dans le sein de la Vierge mère, ayez pitié de nous.

Cœur de Jésus, uni substantiellement au Verbe de Dieu, ayez pitié de nous.

Cœur de Jésus, d'une infinie majesté, ayez pitié de nous.

Cœur de Jésus, temple saint de Dieu, ayez pitié de nous

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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