« Ton frère ressuscitera. »

« Ton frère ressuscitera. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

A son arrivée à Béthanie, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c'est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l'arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » (Jn 11, 17-27)

Le silence de nos morts

N'allons donc pas oublier nos morts, nos vivants de l'au-delà. Notre amour et notre fidélité à leur égard devraient être une pierre de touche de notre foi en Dieu, qui est le Dieu de la vie éternelle. N'allons pas fermer l'oreille de notre cœur au silence des morts, car un tel silence est le dernier mot, et le plus secret, de leur amour. Ah ! Puisse cette parole qui résonne au plus intime de nous-mêmes nous accompagner, aujourd'hui et tous les jours ! Car s'ils nous ont quittés, c'est pour que leur amour pour nous acquière, en pénétrant dans le mystère de Dieu, son maximum d'intimité et de proximité.

Ô mon âme, n'oublie pas les morts, car ils vivent, et leur vie n'est rien d'autre que la tienne telle qu'elle sera lorsque, débarrassée des voiles qui te dissimulent sa vraie nature, elle parviendra à son épanouissement dans le sein de la lumière éternelle ! Mais comment de leur côté, nos vivants de l'au-delà pourraient-ils, eux qui vivent près du Dieu de la vie, oublier les morts que nous sommes ? Dieu qui, en leur faisant le don de lui-même, leur a octroyé une garantie sans limite, ne leur accordera-t-il pas aussi la joie de voir leur silence devenir pour nous la manifestation la plus éloquente de l'amour qu'ils nous portent, le langage qui conduira l'amour que nous leur gardons jusqu'au lieu de son épanouissement suprême, la vie et la lumière dont ils jouissent eux-mêmes ?


Karl Rahner, s.j.

Karl Rahner († 1984), jésuite et théologien, fut un expert influent au concile Vatican II.


Jésus (1893), Émile Munier (1840-1895), Collection privée. © Christie's Images / Bridgeman Images.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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