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DimanchLe 11 octobre 2020 Vingt-huitième Dimanche du Temps Ordinaire (A)


Evangile de Jesus Christ selon saint Matthieu 22, 1-14

Jésus se remit à parler en paraboles: «Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d'autres serviteurs dire aux invités: “Voilà: mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés; tout est prêt: venez au repas de noce.” Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.
«Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs: “Le repas de noce est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins: tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce.” Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.
«Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et lui dit: “Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce?” L'autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs: “Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.”
«Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux.»

Homélie de Fr Edouard Divry o. p

« Une femme oublie-t-elle  l'enfant qu'elle  allaite ? N'a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l'oublierait, Moi [dit le Seigneur] je ne t'oublierai point » (Is 49, 12). Une maman qui s'abaisse avec amour pour sécher les larmes d'enfant : c'est l'image de Dieu dans les textes d'aujourd'hui. Une des grandes raisons de l'Incarnation, c'est l'amour. Imaginez un Dieu qui pleure c'est impossible : il est bien au-delà de tout ce qui est trop humain, avec les larmes, les soupirs, les pleurs, les sanglots. Cependant, il a voulu, dans sa miséricorde, pour nous montrer qu'il nous aimait suprêmement que son Fils, Lui « le Bien-Aimé » du Père, éprouve en tout la condition humaine (cf. He 4, 15), y compris les larmes, les soupirs, les pleurs, les sanglots, le sang versé. Dès lors, ce sont nos larmes, nos soupirs, nos pleurs, nos sanglots qu'il éprouve tout au long de nos vies comme à la mort de son ami Lazare, comme devant Jérusalem qui va être détruite. Aujourd'hui le Seigneur nous assure du triomphe de son amour. Pourquoi ce chemin si long ? Le chemin est long car le Seigneur ne nous force pas, il respecte infiniment notre liberté, marque inestimable de notre identité divine.

Mais répétons-le, en dépit de notre liberté qui peut diverger avec le bien que le Seigneur nous propose, Dieu vient faire sa demeure parmi nous par amour pour ceux qu'il veut sauver (cf. Jn 13, 1), « Jésus n'avait pas d'autre raison de venir que la charité » (S. AUGUSTIN, In Prima Iohannis ad Parthos, tract. VII, 2). Il n'y a pas d'autre chemin révélé. Le Verbe s'est fait chair pour nous introduire en cet amour suprême qu'il veut nous partager, sa propre vie éternelle : « En ceci s'est manifesté l'amour de Dieu pour nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par Lui » (1 Jn 4, 9). « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 16). C'est l'annonce des noces éternelles de la parabole de l'évangile du jour. 

Ce qui demeure énigmatique pour nous c'est le chemin, la dureté du chemin. Kierkegaard disait : ce n'est pas le chemin qui est dur mais c'est la dureté qui est le chemin. Comment ne pas dévier alors à droite ou à gauche devant cette exigence ? La charité nous maintient au-dessus des flots incertains de l'existence. On peut la retrouver au dernier moment, entre le pont et l'eau, disait le Curé d'Ars, pour un pauvre chenapan suicidé.

Lors de ce chemin si dur, comment garder cette charité, c'est encore saint Augustin qui le dit « ubi humilitas, ibi caritas » (là où il y a l'humilité, là est la charité). Qui perd cela de vue n'a pas l'habit blanc du repas de fête. La générosité du Maître du festin dans l'évangile de ce jour est qu'il invite tout le monde, car Dieu , voudrait que tout homme soit sauvé (cf. 1 Tm 2, 4-5). Mais il n'est cause de salut qu'envers ceux qui lui obéissent (cf. He 5, 9). Nous avons à nous mobiliser pour être dans le Royaume, à revêtir l'habit blanc. « Dieu t'a créé sans toi, il ne te sauvera pas sans toi. » (d'après S. Augustin, serm. 169, 11, 13 ; CEC, 1847).

Une vérité à ne pas manquer avec cette parabole de saint Matthieu proclamée aujourd'hui se révèle dans le fait que celui qui a pourtant été “ramassé”, sauvé en quelque sorte, à la dernière minute a manqué à ce minimum, celui d'accepter de revêtir l'habit blanc qui pourtant lui était présenté au début du repas, comme à tout un chacun. Ce n'est pas par pauvreté que le goujat n'a pas l'habit de fête, c'est qu'il n'a pas voulu, par bravade, le mettre. Il devra repartir loin du repas des élus, car il a montré par son geste qu'il n'en était pas digne. Cet habit de fête, quel est-il ? C'est notre baptême que nous restaurons, notre âme que nous blanchissons, à chaque fois que nous nous confessons, cela au minimum une fois par an. La blanchisserie est toujours ouverte auprès de vos prêtres, même par temps de Covid !

Alors oui, si ce petit peu nous engage, la prophétie s'accomplit, celle du prophète Isaïe se réalisera : « Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur Dieu essuiera les larmes sur tous les visages il ôtera l'opprobre de son peuple de dessus toute la terre ; car le Seigneur a parlé. » (Is 25, 8). Si nous restons fidèles, l'espérance ne peut décevoir : « On dira en ce jour-là : “Voici notre Dieu ; en qui nous espérions pour être sauvés ; c'est le Seigneur, en qui nous avons espéré ; livrons-nous à l'allégresse et réjouissons-nous en son salut. » (Is 25, 9), en ce repas des noces éternelles qu'il a dressé pour nous tous.

Malgré la disparition au cours des années vécues d'être si chers à nos cœurs, nous ne pouvons pas, nous autres chrétiens, céder à la tristesse. Nous les commémorons dans la joie, ceux qui sont déjà au Ciel et qui nous tendent la main dès le 1er nov., et ceux qui ont encore besoin de nos suffrages, c'est-à-dire nécessitent nos offrandes de messe et nos prières. Le Christ fait renaître en nous la certitude d'un monde meilleur où il essuiera toutes larmes comme le redit par deux fois le grand livre de l'Apocalypse (cf. Ap 7, 17 ; 21, 4), et nous ferra participer à la vie bienheureuse, sans larmes, sans sanglots, sans tristesses, sans plus aucun sang versé.

Prière universelle

Le Célébrant :

Nous sommes invités au festin des noces éternelles, prions pour que tout homme y trouve une place.


1) Rendons grâce pour l'Église, et prions pour qu'elle soit le signe visible de la joie du Royaume à venir.

Forts de notre foi, Seigneur, Ecoute nos prières.


2) Rendons grâce pour les personnes engagées auprès des personnes malades,

Que les évêques et les prêtres déploient des oeuvres de charité.

Forts de notre foi, Seigneur, Ecoute nos prières.


3) Rendons grâce pour la science qui vient de Dieu, et prions pour que les jeunes découvrent le sens de la mission, proche ou lointaine.

Forts de notre foi, Seigneur, Ecoute nos prières.


4) Rendons grâce pour notre communauté et prions pour nous-mêmes, invités à méditer ce que signifie « être missionnaire ».

Forts de notre foi, Seigneur, Ecoute nos prières.


Le Célébrant :

Dieu qui cherches des convives pour les noces de ton Fils soutiens-nous en cette vie et conduis-nous jusqu'à toi. Par jésus, le Christ, notre Seigneur.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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