Facebook PixelJour 4 - Bienheureuse Leonella Sgorbati, du martyre au sourire - Hozana

Jour 4 - Bienheureuse Leonella Sgorbati, du martyre au sourire

Jour 4 - Bienheureuse Leonella Sgorbati, du martyre au sourire

De certaines vies, on ne se souvient parfois que de la fin, des derniers instants… Ce pourrait être le cas avec celle de la Bienheureuse Leonella Sgorbati morte assassinée par « haine de la foi » le 17 septembre 2006 en Somalie. Ses derniers mots furent « Perdono, perdono », « je pardonne, je pardonne »… 

Mais saviez-vous qu'un martyre peut être prémédité ?

Italienne née en 1940, Rosa Maria Sgorbati annonce à l'âge de 16 ans qu'elle désire devenir missionnaire. Comme sainte Thérèse de Lisieux avant elle, on lui demandera de patienter un peu… La prudence de l'Église peut parfois nous surprendre face à l'élan de la jeunesse. Mais une vraie vocation ne perd rien à mûrir et à s'approfondir dans l'ordinaire des jours. C'est finalement à 23 ans, en 1963, qu'elle entre chez les Sœurs missionnaires de la Consolata, fondées en 1910 par le bienheureux Giuseppe Allamano. Elle prend le nom de Sœur Leonella et quitte sa terre natale pour suivre une formation d'infirmière en Angleterre jusqu'en 1968. Ce n'est pas encore le grand départ missionnaire mais une première étape.

Sœur Leonella accomplit enfin son désir de jeunesse lorsqu'elle est envoyée au Kenya en 1970. Grâce à sa formation, elle peut œuvrer comme sage-femme. Elle assiste les mamans et donne naissance à plusieurs milliers d'enfants. Puis, pour faire face aux nombreux besoins locaux, elle ouvre une école d'infirmière. Sa communauté lui confie aussi des responsabilités et la nomme supérieure provinciale des Sœurs de la Consolata au Kenya de 1993 à 1999.

Nous devrions avoir pour vœu celui de servir la mission au prix même de notre vie. Nous devrions être contents de mourir sur la brèche 

Bienheureux Giuseppe Allamano, fondateur des missionnaires de la Consolata

A travers sa communauté, un nouvel appel du Seigneur est adressé à Sœur Leonella en 2001. Elle a 61 ans et on l'envoie à Mogadiscio, en Somalie. Elle a pour mission de travailler avec l'ONG SOS Villages d'enfants. Une de ses sœurs en Somalie se souvient : « Sœur Leonella était une personne si bonne, tout le monde l'aimait. » Forte de son expérience elle fonde une école de soin qu'elle va diriger. Pourtant la situation politique du pays est dramatique. Des troubles entre l'Etat, différentes milices et des extrémistes islamistes minent la région. Lorsque s'inquiète pour sa sécurité, elle professe sa foi et sa confiance en Dieu. Elle répond, inspirée par le témoignage des moines de Tibhirine : « Je me suis donnée au Seigneur, il peut faire de moi ce qu'il veut ». Mais Sœur Leonella Sgorbati n'est pas une naïve insouciante, elle déclare aussi dans une interview au printemps 2006 : 

Il y a une balle avec mon nom écrit dessus et Dieu seul sait quand elle arrivera.

Le 17 septembre 2006, elle sort de l'hôpital de Mogadiscio avec son garde du corps et marche vers le couvent tout proche. Elle est assaillie par deux islamistes qui l'abattent avec son garde du corps. En pleine rue, la religieuse âgée de 66 ans est assassinée au nom de sa foi. Transportée à l'hôpital, elle meurt en murmurant : « Je pardonne, je pardonne ! ».

On pourrait se focaliser sur le meurtre de sœur Leonella Sgorbati , l'instant où l'on a pris sa vie. C'est oublier que sa vie, elle l'avait déjà donnée

J'espère qu'un jour le Seigneur, dans sa bonté, m'aidera à tout Lui donner ou alors… Il le prendra… Car il sait que c'est réellement ce que je veux

Ce serait oublier que mourir saintement, c'est généralement le fruit d'une vie sainte ! Mourir au nom de sa foi au Christ en pardonnant à ses assassins peut nous paraître héroïque… N'oublions pas que cet ultime appel, cette dernière convocation à aimer et à pardonner s'enracine dans une vie passée à aimer, une vie passée à donner, à l'image du Christ, à l'écoute de sa Parole qui transforme et divinise. 

Ses consœurs en témoignent : toute sa vie sœur Leonella pardonnait et souriant sans cesse. Ainsi son martyre, c'est-à-dire son témoignage, a commencé longtemps avant sa mort, il est le fruit d'une longue et fidèle ascèse évangélique. Toute sa vie, elle a souri ! Le sourire était comme sa signature, raconte-t-on. 

Pourquoi tu souris tout le temps, même aux gens que tu ne connais pas ? - Comme ça ceux qui me regardent souriront à leur tour et ils n'en seront qu'un peu plus heureux.


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La vie de la Bienheureuse Leonella Sgorbati peut nous inspirer pour la mission aujourd'hui :

Remarquons son obéissance et sa souplesse lorsqu'on l'envoya à l'étranger pour de nouvelles missions dans des régions dangereuses.

Ayons à cœur que le service de la vie, des mères et des enfants à naître est un haut lieu de mission pour nous.

Toute la mission de sœur Leonella fut d'abord un martyre ordinaire : donnons aussi le témoignage de la charité par le pardon inlassable et l'apostolat du sourire au quotidien !

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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