Facebook Pixel14. דְּמָמָ֥ה Une brise légère, un silence fin. Une voix ténue. Un son subtil. - Hozana

14. דְּמָמָ֥ה Une brise légère, un silence fin. Une voix ténue. Un son subtil.

Prière : 

Seigneur, Ton mystère est insondable. Nous T'adorons...

Seigneur, viens créer en nous le respect pour Ta sainteté, pour Ton incommensurable amour, pour Ta fine douceur de silence et de beauté. 

Seigneur, nous T'adorons...


La plupart des tiroirs évoqués pour cette liturgie dominicale et ses textes bibliques, évoquent le דְּמָמָ֥ה silence דַקָּֽה fin. (1R 19, 12) Il a été choisi parce qu'il est une manifestation du divin. Jésus a la capacité de calmer l'ouragan, apaiser la tempête pour qu'advienne alors la quitétude, le דְּמָמָ֥ה דַקָּֽהא « le silence fin. » La Bible de la Liturgie traduit « la brise légère. » D'autres traducteurs ont écrit : le murmure léger, une voix ténue, le bruit d'un léger souffle, un silence subtil, un son à peine perceptible, un son subtil, le bruissement d'un souffle ténu.

L'écho entre la Présence de Jésus dans l'apaisement de la tempête et la brise légère qu'a connue Elie, brise confirmée comme Présence de Dieu, s'enrichissent l'un l'autre.

Le mot דְּמָמָ֥ה signifie le silence. Il ne revient que trois fois dans tout le Tanach, c'est-à-dire tout l'Ancien Testament. Regardons ces trois occurrences. Nous avions déjà approché le début de ce verset au tiroir no 12, tentons une traduction littérale dans l'ordre où les mots apparaissent en hébreu :

1. « וְאַחַ֤ר Et après הָרַ֙עַשׁ֙ le tremblement de terre, אֵ֔שׁ un feu, לֹ֥א non pas בָאֵ֖שׁ dans le feu יְהוָ֑ה le Seigneur (l'Eternel le tétragramme), וְאַחַ֣ר et après הָאֵ֔שׁ le feu, ק֖וֹל une voix, דְּמָמָ֥ה un silence דַקָּֽהא fin. » (1 R 19, 12)

 ”וְאַחַ֤ר הָרַ֙עַשׁ֙ אֵ֔שׁ לֹ֥א בָאֵ֖שׁ יְהוָ֑ה וְאַחַ֣ר הָאֵ֔שׁ ק֖וֹל דְּמָמָ֥ה דַקָּֽהא׃“

2. « Il arrêta la tempête, ramena le calme, Et les ondes se turent. » (Ps 107, 29)

« יָקֵ֣ם Il éleva סְ֭עָרָה la tempête לִדְמָמָ֑ה pour le silence וַ֝יֶּחֱשׁ֗וּ et וַ֝יֶּחֱשׁ֗וּ elles se turent גַּלֵּיהֶֽם leurs vagues. »  (Ps 107, 6)

 ”יָקֵ֣ם סְ֭עָרָה לִדְמָמָ֑ה וַ֝יֶּחֱשׁ֗וּ גַּלֵּיהֶֽם“

3. « Une figure d'un aspect inconnu était devant mes yeux, Et j'entendis une voix qui murmurait doucement. » (Job 4, 16)

”יַעֲמֹ֤ד ׀ וְֽלֹא־אַכִּ֬יר מַרְאֵ֗הוּ תְּ֭מוּנָה לְנֶ֣גֶד עֵינָ֑י דְּמָמָ֖ה וָק֣וֹל אֶשְׁמָֽע“

« יַעֲמֹ֤ד Elle (l'apparence) se dressait וְֽלֹא־אַכִּ֬יר et je ne reconnaissais pas מַרְאֵ֗הוּ son apparence תְּ֭מוּנָה une forme לְנֶ֣גֶד en face עֵינָ֑י de mes yeux, דְּמָמָ֖ה un silence, וָק֣וֹל et une voix אֶשְׁמָֽע j'entendis. »

Si le propre de l'hébreu est dans des propos forts et concis, il laisse aussi davantage de place pour s'y mouvoir que le français, qui est plus précis. La langue de Molière a besoin de davantage de mots pour susciter la visualisation, l'émoi, la compréhension : « Quelqu'un se tenait là. Je ne le reconnaissais pas. Une silhouette était devant mes yeux. Il y a d'abord eu un silence, puis j'ai entendu sa voix. » (Job 4, 16)

Ce texte est un peu ignoré en tant que théophanie parce qu'il n'explicite pas vraiment qui est ce visage. Cependant. Le contexte montre que la vision s'est manifestée la nuit. Or Dieu se manifeste aussi durant la nuit. « Tu as sondé mon cœur, tu m'as visité la nuit. » (Ps 17, 3)

Deux théophanies sont donc marquées par ce mot דְּמָמָ֥ה. (Job 4, 16 et 1 R 19, 12) Toutes deux expriment quelque chose du mystère de Dieu, ineffable. Qu'elles créent en nous le respect pour Sa sainteté, Son incommensurable amour, Sa fine douceur de silence et de beauté.

Nous allons aborder encore ce texte du point de vue du mystère du tétragramme.  לֹ֥א non pas בָאֵ֖שׁ dans le feu יְהוָ֑ה le Seigneur (l'Eternel le tétragramme), le mystère absolu de Dieu, tellement grand qu'aucun mot ne peut le définir et mettre la main sur l'identité de notre Seigneur. Ce mot s'écrit en quatre lettres. Elles étaient visibles dans nos anciennes Bibles, avec la translitération YHWH. Ces quatre lettres copient dans notre alphabet les quatre lettres hébraïques יְהוָה. 

Nous les chrétiens, nous avons souvent prononcé ce mot. Mais depuis 2008, le Vatican a demandé que par respect pour le Nom de Dieu, pour le Peuple Juif, et pour des raisons philologiques, il ne faut désormais plus le prononcer. Le document date du 29 juin 2008. Il s'agit d'une lettre de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, lettre écrite aux aux conférences des évêques du monde entier. 

Nous savons que lorsque Jésus lisait les Ecritures et voyait ce mot, il ne le prononçait pas non plus, il le remplaçait par Adonaï, car cet usage est certifié dans le peuple d'Israël déjà 3 siècles avec notre ère.

L'aspect étymologique du tétragramme qui joue avec le verbe être, je suis, je serai, faisait opter les protestants pour « Eternel » tandis que les catholiques lui préférait « YHWH ».

Dans la tradition juive, seul le grand prêtre pouvait prononcer ce nom, une fois par an, le jour du Yom Kippour, lorsqu'il pénétrait dans le temple de Jérusalem dans le lieu très Saint. Les Ecritures mentionnent le grand prêtre Simon qui le prononce : « Alors il descendait et élevait les mains, vers toute l'assemblée des enfants d'Israël, pour donner à haute voix la bénédiction du Seigneur et avoir l'honneur de prononcer son nom » (Eccl 50, 20).

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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