La parabole du Semeur

La parabole du Semeur

La parabole du Semeur est un récit imagé où Dieu propose et l'homme dispose, pour le pire… ou le meilleur. Dans l'Évangile selon Saint Matthieu (Mat 13. 1-23), le texte comporte 3 temps.

D'abord, Jésus formule la parabole en elle-même : un semeur lance des graines. Elles tombent dans toutes sortes d'endroits :

  • Au bord du chemin : les oiseaux les ont mangées.
  • Dans les endroits rocheux : il n'y avait pas beaucoup de terre. Les graines ont levé rapidement avant de se dessécher.
  • Dans des épines : les épines ont étouffé les graines.
  • Dans de la bonne terre : les graines se sont multipliées par 100, 60 ou 30.

Ensuite, en réponse à leur question, Jésus explique à ses disciples pourquoi il s'exprime en paraboles. Cette forme d'expression s'adresse au plus grand nombre qui peut ainsi appréhender le sens de la Parole de Dieu. Jésus rappelle d'ailleurs ici à ses disciples la chance qu'ils ont de pouvoir entendre de sa bouche la Parole de Dieu.

Enfin, Jésus donne les clés de lecture de la parabole du semeur :

  • Les graines sont la Parole de Dieu.
  • Les graines mangées par les oiseaux au bord du chemin : c'est le démon (synonyme de Satan, Diable, Accusateur, Adversaire) qui les a retirées du cœur de celui qui a entendu la Parole de Dieu.
  • Les graines tombées dans les endroits rocheux : c'est « l'homme d'un moment » qui accueille la Parole avec joie mais qui abandonne dès qu'il se trouve confronté à des difficultés.
  • Les graines étouffées par les épines : ce sont les soucis de la vie quotidienne et l'attrait pour la richesse qui font passer l'accueil de la Parole après le reste.
  • Les graines qui se développent dans de la bonne terre : c'est celui qui entend la Parole et la comprend. Il fait le bien par la mise en pratique dans sa vie de la Parole de Dieu.

La parabole du Semeur : le sens du texte

À l'époque du Christ, les paysans semaient d'abord et labouraient ensuite. Quand on sème avec cette méthode, quel gaspillage ! Il y a la semence aussitôt mangée par les oiseaux, celle qui sèche à peine levée, celle qui a bien pris mais se retrouve vite enfouie par les ronces.

Et pourtant, malgré tous les échecs, voici une belle récolte : une semence qui donne 100 graines pour 1 semée et même du 30 pour 1, c'était un rendement inouï pour les paysans de l'époque en Palestine.

A première vue, l'expérience des semailles semble un échec. Mais en réalité, la récolte l'emporte de loin sur cet apparent gaspillage. La parabole se polarise sur le sort des graines alors que l'explication qui vient ensuite s'intéresse principalement à la qualité des terrains.

Cette parabole a probablement été prononcée par Jésus à l'adresse de ses proches disciples lorsqu'il commençait à faire un premier bilan de son activité.

 La Parole du Christ a rencontré le cœur des hommes avec des succès divers :

  • Il y a des échecs patents : le Christ s'est affronté aux forces du Mal (les esprits mauvais, les scribes et les pharisiens).
  • Mais il y a aussi l'espoir de la réussite : elle vient de ses disciples qui se sont mis à croire.

Dans la version de l'Évangile de Marc, l'idéal de « la bonne terre », c'est d'entendre la Parole de Dieu, de l'accueillir et de « produire » au maximum.

Dans celui de Matthieu, il s'agit d'entendre, de comprendre la Parole, de s'ouvrir et de se soumettre à ce qu'elle demande de faire et de porter du fruit, chacun à la mesure de ses capacités. On peut d'ailleurs facilement établir le lien avec la parabole des talents.

Attention toutefois à un contresens que l'on commet fréquemment. Une lecture rapide pourrait laisser penser aux chrétiens qu'il y a ceux qui reçoivent la Parole (c'est-à-dire eux) et ceux qui s'en détournent (c'est-à-dire les autres). Cette vision est réductrice… elle manque surtout d'un peu d'ouverture d'esprit.

En effet, pour ceux qui ont la chance de recevoir la Parole, il y a des jours où ils ne la méditent pas, où elle les gêne ou encore où elle arrive après toutes les urgences quotidiennes. Mais à d'autres moments, car ils ont pris le temps de l'accueillir, cette Parole fructifie et transmet la vie.

La parabole du Semeur : les personnages principaux

Jésus Christ :

Jésus-Christ formule la parabole puis en donne le sens. Il fournit en quelque sorte le mode opératoire qu'il privilégie pour annoncer la Bonne Nouvelle de l'Amour de Dieu pour les hommes.

Les disciples :

Les disciples ne sont pas nommés et donc présentés comme des élèves qui interrogent leur Maître. Ils veulent comprendre pourquoi Jésus parle en paraboles.

Le semeur :

Dans le texte de la parabole, le semeur c'est Jésus qui répand largement la Parole de Dieu sans s'occuper de l'endroit où elle va être reçue.

Méditation :

L'homme est une terre. Voilà ce que nous dit Jésus. L'homme est un terrain, et ce terrain doit être ensemencé par la Parole de Dieu. On a l'habitude de penser que l'homme est celui qui cultive la terre. Non. L'homme est aussi une terre à cultiver. On a l'habitude de penser que l'homme féconde la femme. Non. L'homme comme la femme est fécondé par Dieu, par la parole de Dieu, par le Verbe de Dieu, qui est porteur de vie.

Voilà ce que tu nous dis, Seigneur Jésus, toi, le Verbe de vie, qui nous donnes cette parabole du semeur, cette parabole qui est en tête de toutes les autres. Ce n'est pas sans raison : comment entendre les autres paraboles sans avoir d'abord entendu celle-ci ? Car dans cette parole, Seigneur, il est question de la manière dont nous recevons ta parole.

Nous sommes un terrain où tu as semé la bonne nouvelle de la vie en Dieu, de l'amour de Dieu. Mais il peut arriver que cette parole soit passée à côté de nous, qu'elle n'ait même pas été entendue par nos oreilles et encore moins reçue dans notre cœur. Ou que cette parole ait été vite écoutée et vite oubliée. Ou qu'elle ait été étouffée par les ronces ou par les mauvaises herbes qui poussent si vite et qui sont si difficiles à arracher. Mais il peut arriver qu'une parole, une seule parole venant de toi, ait été vraiment entendue. Alors elle fructifie, cette parole, elle fait son chemin dans notre cœur, elle peut donner une orientation décisive à notre vie. Une seule graine, une seule parole entendue, accueillie, conservée, porte à son tour une multitude de semences.

Ce que nous constatons de l'église d'aujourd'hui, c'est que peu de chrétiens vivent une vie spirituelle productive. Beaucoup de gens sont exposés à la Bible et ses enseignements, mais leurs vies n'ont pas été véritablement changées par elle.

Beaucoup ont bien commencé dans la vie chrétienne, mais pour une raison ou une autre, ils n'ont pas réussi à mûrir dans la foi et leur croissance a été freinée.

Un vieux conte indien raconte l'histoire d'un chef qui parlait avec des jeunes braves qui vivaient une lutte intérieure : "C'est comme deux chiens de défense à l'intérieur de nous. Il y a un bon chien qui veut faire le bien et l'autre chien qui veut toujours faire le mal. Parfois, le bon chien semble plus fort et est en train de gagner le combat. Mais parfois, le mauvais chien est plus fort et le mal est en train de gagner la lutte ".

Un jeune courageux demanda : "Qui va gagner à la fin ?"

Le chef répondit : "Celui que tu nourris".

Il semble que trop souvent nous nourrissons le mauvais chien. Quand nous nourrissons le chien de nos désirs mondains, il se développe en une bête féroce qui contrôle et ruine nos vies.

Jésus dit une parabole qui illustre pour nous pourquoi beaucoup de ceux qui ont été exposés à la Parole de Dieu qui ne parviennent pas à vivre une vie spirituelle productive.

Dans cette parabole, Jésus compare nos vies ou nos cœurs à différents types de sol sur lesquels les semences sont semées.

Jésus répand partout la Parole. Il ne choisit pas les terrains, il n'écarte personne : tous nous sommes le champ de Dieu. Il y a le chemin, les pierres, les épines, la bonne terre : à tous il fait confiance, en jetant sa semence.

L'attention de la parabole porte surtout sur l'abondance selon laquelle Dieu se met en relation avec nous. C'est seulement après qu'entrent en cause les façons diverses selon lesquelles cette Parole est entendue, avec la responsabilité qui en découle.

La semence est la Parole de Dieu, qui « prend » dans le monde, dans le cœur des personnes humaines. En elle-même elle a la capacité de produire du fruit en abondance.

Le Semeur, c'est Dieu lui-même, et son Fils Jésus. La figure centrale de la parabole, c'est bien ce semeur, infatigable et généreux, qui ne craint pas de gaspiller les grains, parce qu'il sait regarder au trente, au soixante, au cent pour un qu'il pourra récolter au temps de la moisson. C'est un acte de foi, de confiance, qu'il fait : il est convaincu que l'un ou l'autre grain « prendra » et produira du fruit.

Dieu fait confiance à l'homme, il lui confie sa Parole, son propre Fils, la Parole, le Verbe fait chair.

De cette parabole, nous apprenons que les conditions doivent être propices pour que la Parole de Dieu produise une récolte dans nos vies. Nous devons bien cultiver nos cœurs afin de s'assurer que les conditions soient réunies.

 Comment cultiver notre cœur pour une récolte spirituelle ?

1. Labourer

Le premier type de sol décrit dans cette parabole est « le chemin ». Il y avait des chemins à travers et autour des champs d'agriculteurs et il est inévitable que certaines semences dispersées tombent sur ces chemins. Les chemins ont été piétinés. Le sol est durci à cause de tous les gens qui marchent dessus. Il est alors difficile que la graine puisse pénétrer et donc reste au-dessus de la terre et la cueillette est facile pour les oiseaux affamés.

Jésus se réfère à des gens dont les cœurs sont si endurcis que la vérité de sa parole ne peut pas y pénétrer. Tout comme une graine ne peut pas croître à moins qu'elle ne pénètre dans le sol, la semence de la Parole de Dieu ne peut se développer que si elle peut pénétrer dans le cœur.

Les agriculteurs peuvent remédier à ce problème dans leurs champs par les labours. La charrue brise le sol dur de sorte que lorsque l'agriculteur plante les graines, elles peuvent pénétrer dans le sol. Tout comme les agriculteurs, certains d'entre vous avez besoin de labourer le sol de vos cœurs pour que la Parole de Dieu puisse pénétrer. Vous devez préparer vos cœurs pour recevoir la parole de Dieu.

2. Préparer notre esprit

Si vous voulez recevoir quelque chose en allant à l'église le dimanche matin, vous devez préparer votre cœur et votre esprit avant le service tout comme l'agriculteur doit préparer son sol avant le semis. Il y a plusieurs choses pratiques que vous pouvez faire pour vous préparer pour aller à l'église.

Vous n'allez pas pouvoir recevoir quelque chose si vous êtes trop fatigué pour rester éveillé et garder l'attention. Samedi soir n'est pas la soirée pour veiller tard, pour regarder des films ou jouer à des jeux toute la nuit. C'est un soir pour se coucher tôt afin que vous puissiez aller à l'église bien reposé et que vous puissiez donner à Dieu votre meilleur. Vous avez besoin de vos heures de sommeil pour fonctionner à un niveau idéal.

- Demander à Dieu d'ouvrir vos cœurs et de vous donner la compréhension

Vous devez aller au lit tôt le samedi soir afin que vous puissiez vous lever tôt le dimanche matin et passer du temps avec Dieu avant de venir à l'église.

C'est sa parole qui est prêchée et enseignée dans sa maison le dimanche et vous devriez penser à lui demander de vous aider à comprendre.

- Chercher à savoir comment elle s'applique à votre vie et non à la personne assise à côté de vous

Chaque fois que vous dites, "C'était super, J'espère qu'il a écouté parce qu'il a vraiment besoin de ça. " Chaque fois que vous pensez ainsi, vous vous éloignez du point principal et vous manquez l'occasion d'entendre Dieu vous parler personnellement.

Si vous jetez un coup d'œil à votre vie aujourd'hui, vous vous rendrez compte que si vous n'avez pas grandi spirituellement c'est peut-être parce que vous avez endurci votre cœur à ce que Dieu a essayé de vous enseigner. Tout comme l'agriculteur et le chemin, Dieu a essayé de semer des graines, mais votre cœur a été trop dur pour les recevoir.

Il est temps de laisser Dieu labourer le sol de votre cœur aujourd'hui. Comme vous pouvez l'imaginer, le labour n'est pas toujours une expérience agréable. Dieu a besoin de briser la dureté de notre cœur et cela peut faire un peu mal, mais les résultats en valent la peine.

Que la grâce de la parabole du semeur annoncé par notre Seigneur Jésus Christ (Mat 13. 1-23) touche et transforme votre cœur.


Prière :

La parabole rapporte l'histoire d'un semeur qui d'une façon généreuse, prodigue, insouciante même, sème la semence un peu partout, même sur un sol accidenté, rocheux ou plein d'épines. Bien des raisons pourraient le retenir de semer, mais il ne croit pas devoir en tenir compte : il jette la semence partout, et abondamment, et il attend de son travail un fruit abondant. C'est ainsi que le Seigneur sème, partout et abondamment : aussi en nous. Le Seigneur nous enseigne par-là, que c'est ainsi que nous devons semer : sans calcul, avec largesse et dévouement, au-delà de toute mesure. Demandons de comprendre, d'accueillir et de remercier.

Jésus, Seigneur, merci d'avoir semé ta Parole parmi nous.

C'est Toi qui es le Semeur du Royaume sur notre terre, dans notre vie de chaque jour.

Des pierres, des épines, tu en trouveras toujours, Seigneur ! Mais nous comptons sur ton inébranlable confiance et générosité : la moisson sera surabondante, tu le sais.

Nous faisons confiance à ta Parole : tu es un Semeur courageux. Les clous qui ont cloué tes bras à la croix ont fixé à jamais l'ampleur de ton geste.

Libère-nous de la peur de gaspiller pour toi et pour ton Évangile. Donne-nous le courage de jeter avec toi notre vie, sûrs que la bonne terre de ton Royaume compensera infiniment toute perte ou tout risque.

En ce moment de prière, Jésus veut semer en toi la Parole de Dieu. Dis-lui ta reconnaissance, dans le silence de ton cœur. Puis poursuis la prière :

Merci, Jésus, tu es le bon Semeur du Père. Dans le cœur des hommes et des femmes, avec abondance tu répands la semence de la Parole de Dieu. Tu le sais, nous avons faim et soif de cette Parole, même quand nous croyons pouvoir nous en passer. Continue de la semer en nous, et que tous nous puissions la recevoir largement.

Amen.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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