Carême jour 26 - jeudi IV (26/03/20) : "Mon Père rend témoignage" - Hozana

Carême jour 26 - jeudi IV (26/03/20) : "Mon Père rend témoignage"

Carême jour 26 - jeudi IV (26/03/20) : "Mon Père rend témoignage"

(image web libre de droit pixabay)

Le carême est un temps privilégié pour les Chrétiens. Nous y vivons quarante jours de réflexion, d'efforts et de jeûnes, en miroir avec les quarante jours passés par Jésus dans le désert. Ils s'ouvrent vers la mort et la résurrection du Christ. Comme les anciens, nous avons reçu les cendres, signe de contrition et de pénitence dans l'ancienne alliance, symbole de notre condition mortelle, mais aussi feu vivant qui nous réchauffe, fertilisant de notre renaissance. Marqués sur notre front de la croix, qui nous donne à contempler la mort de Jésus, mais surtout sa résurrection, marchons ensemble durant cette grande quarantaine vers la pâque de notre Seigneur Jésus le Christ.

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Du livre de l'Exode :

En ces jours-là, le Seigneur parla à Moïse : « Va, descends, car ton peuple s'est corrompu, lui que tu as fait monter du pays d'Égypte. Ils n'auront pas mis longtemps à s'écarter du chemin que je leur avais ordonné de suivre ! Ils se sont fait un veau en métal fondu et se sont prosternés devant lui. Ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : “Israël, voici tes dieux, qui t'ont fait monter du pays d'Égypte.” » Le Seigneur dit encore à Moïse : « Je vois que ce peuple est un peuple à la nuque raide. Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s'enflammer contre eux et je vais les exterminer ! Mais, de toi, je ferai une grande nation. » Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Égypte par ta grande force et ta main puissante ? Pourquoi donner aux Égyptiens l'occasion de dire : “C'est par méchanceté qu'il les a fait sortir ; il voulait les tuer dans les montagnes et les exterminer à la surface de la terre” ? Reviens de l'ardeur de ta colère, renonce au mal que tu veux faire à ton peuple. Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Israël, à qui tu as juré par toi-même : “Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel ; je donnerai, comme je l'ai dit, tout ce pays à vos descendants, et il sera pour toujours leur héritage.” » Le Seigneur renonça au mal qu'il avait voulu faire à son peuple.

De l'Évangile de Jésus Christ selon saint Jean :

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Si c'est moi qui me rends témoignage, mon témoignage n'est pas vrai ; c'est un autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu'il me rend est vrai. Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean le Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité. Moi, ce n'est pas d'un homme que je reçois le témoignage, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés. Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière. Mais j'ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m'a donné d'accomplir ; les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m'a envoyé. Et le Père qui m'a envoyé, lui, m'a rendu témoignage. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez jamais vu sa face, et vous ne laissez pas sa parole demeurer en vous, puisque vous ne croyez pas en celui que le Père a envoyé. Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez y trouver la vie éternelle ; or, ce sont les Écritures qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! La gloire, je ne la reçois pas des hommes ; d'ailleurs je vous connais : vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu. Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; qu'un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous le recevrez ! Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ? Ne pensez pas que c'est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c'est à mon sujet qu'il a écrit. Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ? (Jn 5, 31-47)

Le témoignage est important. Dans le sacrement du mariage, celui-ci est valide grâce à la présence de témoins qui viennent attester de ce qu'ils ont vu de l'amour du couple. C'est en tant que témoins qu'avant de monter vers ton Père tu nous envoies baptiser dans le monde entier, et proclamer ta Bonne Nouvelle. Mais le témoin, Seigneur, tu l'as dit, ne peut-être le même que l'acteur. Aussi, Seigneur, tu ne viens pas au monde en tant que témoin, mais en tant que Verbe de Dieu, c'est-à-dire Parole en action.

Si tu avais pour seul témoin un homme, on pourrait toujours te reprocher l'imperfection de l'humain, sa capacité à péché, à mentir, à changer la vérité. En l'absence de Moïse, en train de recevoir la Loi sur le Mont Sinaï, le peuple dans le désert, qui pourtant avait vu la mer s'ouvrir en deux, oublie vite ce qu'il a vu. Dans l'impatience, ils t'oublient, toi le Dieu unique, pour ériger un vœu d'or, devant lequel ils se prosternent, se laissant aller à la débauche. Il faudra l'intercession de Moïse pour calmer ta colère. Les témoins se sont corrompus.

Toi, au Christ, que rien ne corrompt, tu as pour témoin ton Père, le Dieu Créateur. Tes œuvres, tes miracles, sont la preuve que tu es envoyé par lui. Lors de ton baptême par Jean, lors de ta transfiguration, une voix s'est faite entendre pour te proclamer. Mais, tu le rappelles, Dieu le Père, personne ne l'a jamais vu. Dieu le Père, tu es pur Esprit.

Ton discours est lié à l'expérience de Moïse dans le désert, où le peuple a préféré adorer un veau d'or visible qu'un Dieu Unique invisible. Oui, celui qui te voit voit ton Père, celui qui t'entend entend ton Père. Oui, Dieu le Père, tu rends témoignage à ton Fils, toi, Jésus le Christ. C'est par les Écritures que s'accomplit la jonction entre la première alliance et la nouvelle en ton nom. Verbe de Dieu présent depuis le commencement, tu mets en action cette écriture, devant les hommes. Mais puisque tu ne viens pas en ton nom, mais au nom de celui qui t'envoie, tu es rejeté.

Pourtant, c'est bien la Trinité qui se dessine ici : un Dieu unique en trois personnes, qui vivent une relation d'amour. Toi, Dieu le Père, Créateur de toute chose, Toi, Dieu le Verbe de Dieu, unique-engendré et descendu sur terre dans la condition d'homme pour racheté les péchés du monde, et Toi, Dieu l'Esprit-Saint, lien d'amour entre le Père et le Fils, présent depuis les siècles, comme le Père et le Fils, qui a parlé dans les Écritures et par les prophètes, dans l'annonce du Haut Fait qui changera la face de l'univers : Jésus, né d'une vierge, vrai Dieu et vrai homme, qui, par son incarnation, sa vie, sa passion, sa mort et sa résurrection, va accomplir ce qui devait l'être, au regard de tous, pour installer et fonder le Royaume de Dieu, par l'effusion de l'Esprit-Saint qui donnera naissance à l'Église, à la succession de tous les saints, et qui continue aujourd'hui encore de souffler.

Nous devons, comme Marie, dire et redire notre « oui ».

Oui, Seigneur, tu as envoyé ton Fils sur terre pour nous enseigner, par sa Parole et par ses Actes, tout amour infini, ta miséricorde divine ;

Oui, Christ Vivant, tu es Dieu et vrai Dieu, envoyé par le Père, et qui te voit voit le Père ;

Oui, Esprit-Saint, tu continues de jaillir dans nos cœurs, pour que nous participions, à travers notre Foi, nos actes, l'Église universelle et mystique, à l'avènement continuel du Royaume ;

Par toi, Dieu le Père, créateur de toute chose ; avec toi, Dieu le Fils, Verbe Vivant ; en toi, Dieu le Saint-Esprit, qui ne cesse de souffler ses dons ; toi Dieu Un, unique et unitaire, Père, Fils et Esprit-Saint, Trinité insondable depuis le commencement, maintenant, et pour toujours,

Amen, Maranatha ! (durant le carême, nous ne disons pas Alléluia, mais Maranatha, qui signifie en Araméen « Seigneur, viens ! »)


Prière finale pour le Carême :

Seigneur Jésus Christ, durant quarante jours, nous allons marcher dans tes pas.
Tu es parti au désert et tu as jeûné ; tu as été tenté par le diable, mais par ta Parole tu as vaincu.
Nous allons parcourir nos déserts existentiels, périphériques, profonds et enfouis. Nous allons faire face à nos démons, qui, bien cachés, nous paralysent. Nous allons jeûner physiquement et spirituellement, pour nous dépouiller du superflu qui nous alourdit, et redécouvrir la vraie valeur de ce et ceux qui nous entourent.
Donne-nous, Seigneur, d'avoir le courage de faire la Lumière sur les démons de nos caves, et de rejeter comme toi vigoureusement Satan et ses œuvres.
Donne-nous, ô Christ, d'accepter notre croix, dans l'espoir et la certitude de la résurrection, Bonne Nouvelle que tu nous envoies annoncer.
Donne-nous, Seigneur, de nous éloigner de tout orgueil et gloriole, de toute démonstration ostentatoire, et de donner, prier ou jeûner dans le secret de nos cœurs, afin de donner à notre démarche une intention pure, et que l'on nous reconnaisse « à la façon dont nous nous aimons ».
Rappelle-nous, agneau de Dieu immolé, qui enlève le péché du monde, que lorsque nous assistons un affamé, un assoiffé, un pauvre, un malade, un enfant, un aveugle, une brebis égarée, c'est à toi que nous le faisons.
A nous, pauvres pécheurs, disciples divisés, parce que cela n'est pas ta Volonté, affermis nous dans notre Foi et notre zèle pour que nous œuvrions chaque jour dans l'œcuménisme et la voie de l'unité des Chrétiens, ainsi que dans le respect et l'accueil des autres religions, car tu es venu pour tous les Hommes. Par notre démarche de rédemption, purifie-nous de tout ce qui nous sépare, et qui est l'œuvre du prince de ce monde.
Selon ton commandement, assumons avec vigueur ce que nous sommes : que notre oui soit oui, que notre non soit non.
Par toi, Dieu le Père tout-puissant et miséricordieux, qui nous pardonne ; avec toi, Dieu le Fils, Verbe de Dieu, qui est parti au désert et qui a vaincu le mal ; en toi, Dieu l'Esprit-Saint, souffle vivant et vivifiant, qui nous donne la force d'avancer vers la sainteté. Amen, Maranatha.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6