Je reviendrai à Fatima, mais seulement après ma mort.

Je reviendrai à Fatima, mais seulement après ma mort.

Ci-dessus la façade de la basilique du Rosaire à Fatima avec les portraits de Jacinthe et François canonisés le 13 mai 2017 par le pape François.


           Demain sera le premier dimanche du carême 2020. L'Eglise nous invite à nous préparer par un temps de pénitence à revivre ce moment charnière de l'humanité : La passion du Christ ; l'offrande du Fils de Dieu à son Père pour réparer l'offense faire à Dieu par la désobéissance de nos premiers parents puis les nôtres et nous ouvrir de nouveau le Ciel. 

          Notre Dame à Fatima conclura sa série d'apparition par ces mots : ‘'Que l'on n'offense pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé''. Nos péchés offensent Dieu nous rappelle le message de Fatima. La première partie du secret délivré par Notre Dame précise que pour les pécheurs, la sanction d'un péché grave, mortel pour l'âme, est l'enfer éternel. Pour les nations, c'est la guerre comme elle l'a dit dans la seconde partie de ce secret ‘' Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes se sauveront et l'on aura la paix. La guerre va finir. Mais si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une autre pire.''  Cette guerre annoncée a eu lieu. Et les nations continuent à offenser Dieu par des lois s'opposant au décalogue, même dans le Portugal ou Notre Dame a précisé que se conserverait le dogme de la Foi. Elle avait en quelque sorte rassuré les enfants sur leur pays pour terminer le secret en 3 parties qu'Elle venait de leur confier. 

          En ce centenaire de la mort de Jacinthe qui a tant offert de sacrifices pour la conversion des pécheurs, demandons lui, pendant ce carême, pour nous même et pour ceux qui nous sont chers, de conserver notre foi catholique et les obligations qu'elle implique. 

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Cette publication sera consacrée à Jacinthe jusqu'à son inhumation dans la basilique du Rosaire à Fatima.

            Dans le cadre du décès de la petite Jacinthe, nous avons cité à plusieurs reprises le père de Marchi avec le témoignage du docteur Eurico Lisboa. Ce dernier fut un témoin très proche des dernières semaines de Jacinthe. En effet, on lui doit la décision de faire opérer Jacinthe à Lisbonne par un spécialiste de la chirurgie infantile. Il désirait ‘'étrenner'' sa nouvelle voiture en allant avec son épouse à la Cova da Iria et fut introduit auprès des familles des 2 voyantes par l'abbé Formigao, un des premiers témoin-enquêteur du temps des apparitions. A la Cova da Iria, ils eurent la grâce de réciter un chapelet avec Lucie ‘'Non sans une vive émotion et une grande dévotion ‘' Sur place le docteur appris que le petit François avait été emporté quelques mois auparavant par la grippe ‘'pneumonique'' et constata que Jacinthe était très pâle, très maigre et qu'elle marchait difficilement. Elle ne s'en attristait pas car toute son ambition, à elle aussi, était de s'en aller auprès de Notre Dame. Appuyé par l'abbé Formigao, et malgré l'hospitalisation de 2 mois que Jacinthe venait de subir à Villa Nova de Ourem, il fut décidé que Jacinthe serait traitée à Lisbonne à l'hôpital de Dona Estefania, dans le service du docteur Castro Frere.

            25 ans après les faits, Le père de Jacinthe se souvient de l'annonce qu'il fit à sa petite fille : ‘' « Oh, Jacinthe, lui dis-je, on est en train de tout préparer pour que tu ailles à Lisbonne dans un hôpital. Et elle, toute triste, se mit à sangloter : c'est donc vrai, Papa !… Me voilà déjà belle pour aller à Lisbonne ! - Ma fille, il faut accepter… sans quoi le monde se retournerait contre nous, si nous ne voulions rien savoir au sujet d'un traitement. Il se peut que tu t'en trouves bien !… C'est alors qu'elle me dit tout tranquillement : Oh, mon Papa ! Même si je m'en trouvais bien, il viendra une autre maladie, et j'en mourrai. Si je vais à Lisbonne, Papa, vous pouvez me dire adieu !

            La pauvre enfant était alors, en vérité,  « un puits de misère ». Une pitié !… Le ventre abîmé, le cœur qui n'allait plus !… Une vraie ruine ! »

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            Le jour même des funérailles de Jacinthe, avait lieu une Assemblée générale des Conférences de St. Vincent de Paul, à laquelle je devais assister poursuit le docteur Lisboa. A l'Assemblée suivante, je crus de mon devoir de justifier mon absence à l'Assemblée précédente, en disant qu'une œuvre de miséricorde m'avait empêché d'y être présent, et je précisais que j'avais eu à m'occuper des funérailles d'une des voyantes de Fatima. Cette déclaration provoqua un éclat de rire presque général des assistants, dont faisait partie, cependant, comme il est naturel, des personnalités importantes des milieux catholiques du patriarcat. Il y avait là entre autres, plusieurs membres de la famille Pinto Coelho. L'un d'eux, à la suite de la dernière apparition avait publié un article de journal ou il manifestait son incrédulité à l'égard des faits qui s'étaient produits au cours de cette apparition. Ces faits, cependant, même les journaux non-catholiques les avaient déclarés inexplicables naturellement.

            A cet éclat de rire, s'était associé son Éminence le cardinal Patriarche Dom Antonio Mendes Belo, qui présidait l'assemblée. Fatima appartenait alors encore à son diocèse, avant la réorganisation du diocèse de Leiria. Il est vrai que, plus tard, Son éminence m'a déclaré son admiration pour Fatima, et m'a dit son désir de ne pas mourir avant d'avoir pu célébrer la Messe à l'autel de la basilique que l'on construit à la Cova da Iria.

            Il est intéressant et utile de rappeler de tels faits, précise le père de Marchi. Ils montrent bien quelle résistance s'est manifestée dans presque tout le clergé et dans une grande partie des catholiques portugais, pour ajouter foi aux événements de Fatima. Bien peu y croyaient. Parmi les précurseurs se détachent, cependant, Mr l'abbé Formigâo, qui assista aux apparitions et fit une enquête à leur sujet, et le vénéré père Cruz que je vis à Fatima dès les premières visites que je fis la bas, et que j'entendis faire, pour la première fois, dans une église de Lisbonne, une allocation publique pour exhorter à prier Notre Dame du Rosaire de Fatima, à un moment ou la généralité du clergé craignait encore de manifester des sentiments favorables aux apparitions.

            Après des années écoulées, et jusqu'à maintenant, conclue le docteur Lisboa, je considère comme une grande consolation d'avoir contribué à faire venir Jacinthe à Lisbonne, ou elle est morte assistée de médecins de valeur et d'un personnel infirmier compétent. On ne savait peut-être pas, autour d'elle, qui elle était. Mais, ainsi, on a pu très facilement réfuter l'odieuse calomnie qui s'est répandue dans le pays, et que j'ai entendu répéter trois fois déjà par des personnes de régions éloignées les unes des autres, selon laquelle la mort des deux petits voyants, François et Jacinthe, avait été provoquée par les catholiques, pour éviter que personne ne puisse contredire ou démentir tes affirmations de Lucie au sujet des apparitions.»

            Ainsi se termine la précieuse relation, rédigée par le Dr. Lisboa, sur la maladie et la mort de Jacinthe.

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            Entre temps, la triste nouvelle arrivait à Fatima. Voici ce que nous dit à ce sujet Mr. Marto qui relate les faits déroulés entre le 10 février, jour de l'opération de sa petite Jacinthe, et sa mise au caveau familial du Baron de Alvaiâzere à Villa Nova de Ourem.

            «Après l'opération, on écrivit pour dire: Jacinthe été opérée et tout s'est bien passé. Tout de suite, je fis écrire à Mr. Le Baron : Je viens de recevoir une lettre de Lisbonne, qui me dit que l'opération de Jacinthe s'est bien passée. Je remercie toutes les bonnes personnes qui ont contribué à cela.

            Mr. le Baron, cependant, avait reçu, lui aussi, du courrier de la capitale, qui disait la même chose, et il me le communiquait dans une lettre. Au bout d'une dizaine de jours peut-être, voilà qu'arrive chez nous une lettre du Baron qui disait : Mr. Marto, veuillez venir chez moi (à Ourem) ; j'ai à vous parler». Je me mis en route aussitôt pour la ville, et, en arrivant, le Baron, tristement, ordonna aux domestiques de me servir quelque chose à manger. Il tira ensuite (de sa poche) une lettre et me la lut : Jacinthe a été opérée, et tout s'est bien passé; mais je ne sais ce qui lui est survenu, et elle est morte... J'étais assis devant lui... Je me levais, et tout ce que je lui dis fut ceci: Mr. le Baron, s'il faut contribuer à quelque chose, je suis prêt à faire tout ce qui est nécessaire. - Mr. Marto, me répondit-il, vous n'avez à vous occuper de rien, absolument de rien!

            Je suis donc revenu à la maison, et j'ai communiqué à la famille la mort de notre Jacinthe... Deux ou trois jours après, j'ai reçu une autre lettre du Baron, pour me dire d'aller à Vila Nova de Ourem, ou allait arriver, par le train, le corps de ma fille, qui serait inhumé dans le caveau de sa famille.

            Quand j'arrivai à Vila Nova, voilà que je vois un groupe de personnes autour du petit cercueil de ma fille... Tout était bien arrangé, très bien même... Je me suis mis à pleurer comme un enfant. Je n'en pouvais plus ! Jamais je n'ai tant pleuré !... Rien n'a servi ! Tout a été inutile!... Tu as été ici deux mois; tu as été ensuite à Lisbonne... et, là tu es morte toute seule !...»

            «Je reviendrai à Fatima, mais seulement après ma mort», avait dit Jacinthe à ‘'Marraine'' l'un des derniers jours de son existence terrestre. »

            La prédiction se réalisa seulement le 12 Septembre 1935, lorsque Mgr l'Evêque de Leiria décida de transférer les restes de la petite voyante au cimetière de Fatima, dans un caveau préparé spécialement pour elle et pour son frère François. (Ce caveau est encore visible  au cimetière de Fatima ou se trouvent encore les tombes d'une grande partie des famille des voyants. S'y aussi le corps de l'abbé Formigao )                    Avant le départ du corps, toutefois, le cercueil de plomb fut ouvert, et, à la grande surprise de tous les assistants, le visage de l'enfant apparut parfaitement intact. La Très Sainte Vierge n'avait pas permis que la chair innocente de la petite Jacinthe fût la proie des vers. On put photographier son visage, et une photographie en fut envoyée à Sœur Lucie par Mgr l'Evêque de Leiria. Celle-ci lui répondit en ces termes:

            «Je suis très reconnaissante des photographies, dont je vous remercie. Je ne puis dire combien elles me sont précieuses, spécialement celle de Jacinthe. J'aurais voulu, sur la photographie, écarter les étoffes qui entourent son visage, pour la voir tout entière. J'étais comme impatiente de ne pouvoir la découvrir davantage, sans me rendre compte que ce n'était qu'une image. J'étais comme transportée par la joie de revoir mon amie d'enfance la plus intime. J'espère que le Seigneur, pour la gloire de la Très Sainte Vierge, lui accordera l'auréole des Saints.  EIle n'était enfant que par les années. Au reste, elle savait déjà pratiquer la vertu, et montrer son amour à Dieu et à la Très Sainte Vierge par la pratique du sacrifice...»

            Ce ne fut pas sans chagrin que le Baron de Alvaiâzere se vit obligé d'abandonner le précieux dépôt, ''qui avait valu déjà tant de grâces, si manifestes, à lui-même et à sa famille », comme il l'exprimait, dans une lettre à Mgr l'Evêque de Leiria.

            A trois heures et demie de l'après-midi, le 12 Septembre 1935, l'automobile qui portait les restes mortels de Jacinthe enveloppés de riches tentures de soie, entrait dans l'enceinte du sanctuaire, et se dirigeait vers la chapelle dite « des confessions», ou Mgr l'Archevêque d'Evora célébra une messe de «Requiem». A la fin de la Messe, on conduisit le cercueil de Jacinthe au cimetière de Fatima, ou il fut déposé dans le nouveau caveau.

            Le Ier Mai 1951, après une nouvelle reconnaissance des restes, qui révéla que .le corps de Jacinthe était resté presque intact, eut lieu la translation et l'inhumation définitive du corps de la petite voyante à la Basilique de Fatima, ou il repose dans la première chapelle latérale à gauche.

            A cause de difficultés rencontrées pour retrouver les restes de François au cimetière de Fatima, la translation de ses restes à la Basilique eut lieu seulement l'année suivante, le 13 Mars 1952. Il ne restait que des ossements, qui furent inhumés dans la première chapelle latérale à droite.

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      Pensons que samedi prochain, est le premier samedi du mois consacré à St Joseph, patron de la bonne mort. La veille, nous aurons à cœur de célébrer aussi le premier vendredi de ce mois, jour dédié au Sacré-Cœur de Jésus . N'oublions pas de nous préparer à notre communion réparatrice qui console le Cœur Immaculé de Marie et nous garantit notre salut. 

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            Particulièrement pendant ce temps de carême, imitons Jacinthe qui ‘'savait déjà pratiquer la vertu, et montrer son amour à Dieu et à la Très Sainte Vierge par la pratique du sacrifice''


Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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