C'est Notre Dame qui m'a appris cela

C'est Notre Dame qui m'a appris cela

        Nous consacrerons la fin de cette publication aux paroles que sœur Marie de la Purification Godinho recueillit de la bouche de Jacinthe lorsqu'elle l'eut comme pensionnaire dans son orphelinat ‘'Notre-Dame des Miracles'' à Lisbonne, puis la visita très souvent pendant son hospitalisation à l'hôpital Dona Estefania entre le 2 et le 20 février 1920, jour de sa mort, le vendredi avant le début du carême.

            Suivant la forme extraordinaire du rit romain, depuis la semaine qui a commencé dimanche dernier, l'Eglise nous  place dans un nouveau temps liturgique. Depuis Noël, nous étions dans le temps célébrant le mystère de l'Incarnation du Verbe. ‘'Et le Verbe s'est fait chair'', '' et il a habité parmi nous'' disons nous trois fois par jour en récitant l'Angélus au moment des repas. Maintenant l'Eglise célèbre le Mystère de la Rédemption, le rachat des hommes au prix de la croix, c'est le cycle de ¨Pâques. Il a commencé par le dimanche de la Septuagésime, toujours placé au début de la neuvième semaine avant Pâques. Il nous prépare aux austérités du carême et l'Eglise le montre par les ornements qui sont maintenant violets, par la suppression des chants de joie du Gloria et de l'Alléluia, et par la prière du ‘'graduel'' remplacé le ‘'trait''. Dans le missel, la fête de la première apparition de Notre Dame à Lourdes, qui cette année tombe dans ce nouveau temps liturgique, comporte donc ces 2 prières et l'Eglise manifeste nettement cette différence de ton, puisque les deux passages du livre des ‘'cantiques'' citent l'un pour l'Alléluia : ‘' Montrez-moi votre visage, faites-moi entendre votre voix, car votre voix est douce et votre visage plein de charme. Alléluia.'' Puis l'autre, le Trait : ''Vous êtes la gloire de Jérusalem, vous êtes la fierté d'Israël, vous êtes le bonheur de votre peuple! Vous êtes toute belle, Ô Marie, et la tache originelle n'est pas en vous. Quel bonheur est le vôtre Sainte Vierge Marie ; nulle louange ne saurait vous être refusée, puisque c'est vous qui avez écrasé sous votre pied virginal la tête du serpent ‘'. On retrouve l'image de l'apparition de Notre Dame à la rue du Bac.

            Auparavant nous consacrerons quelques mots à Claude de la Colombière dont l'église fête ce jour l'anniversaire de son entrée au ciel le 15 février 1682.  La plaque posée sur la maison ou il mourut illustre notre propos .

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          Lors de son voyage en France en 1986, le pape Jean Paul II vint prier le 5 octobre à Paray le Monial dans la chapelle ‘' La Colombière ‘' sur le tombeau du bienheureux qu'il canonisera le 31 mai 1992. Dans la lettre qu'il écrivit au Préposé général de la Compagnie de Jésus, le pape résume en quelques mots son rôle : ‘' Il fut « le serviteur fidèle » que, dans son amour providentiel, le Seigneur a donné comme directeur spirituel à sainte Marguerite-Marie Alacoque. C'est ainsi qu'il fut amené, le premier, à diffuser son message.'' Ainsi Claude de la Colombière fut le premier à transmettre à l'extérieur le message d'Amour du Sacré-Cœur de Jésus et ses promesses. Mais ce n'est pas par lui, étant déjà mort, que transita la demande que Notre Seigneur adressa au roi Louis XIV, de mettre le Royaume de France, déjà consacré à Marie par Louis XIII, sous la protection directe du Sacré-Cœur de Jésus.

          ‘'Fais savoir au fils aîné de mon Sacré Cœur que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu'il fera de lui-même à mon Cœur adorable qui veut triompher du sien et, par son entremise, de celui des grands de la terre. Il veut régner dans son palais, être peint dans ses étendards et gravé dans ses armes, pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis en abattant à ses pieds ces têtes orgueilleuses et superbes, pour le rendre triomphant de tous les ennemis de la sainte Eglise'' 

            C'est dans le cadre des apparitions de Fatima que Notre Seigneur lèvera le doute qui régnait sur l'aboutissement du message pour Louis XIV confié au père Lachaise, son confesseur. Notre Seigneur  nous précisera que ce message du 17 juin 1689 avait bien été reçu par le Roi de France, mais qu'il n'avait pas été exécuté. Un siècle après, jour pour jour, son successeur Louis XVI perdait juridiquement tous ses pouvoirs. Peu après l'apparition du 13 Juin 1929 à Tuy, le jour de la fête du Sacré-Cœur, Notre Seigneur confiera à sœur Lucie ce message : (Livre de Frère François de Marie des Anges : « Fatima, joie intime, événement mondial », Edition CRC, 2° édition revue et corrigée en décembre 1993, p : 213)

      ▪ Lettre du 29 août 1931 à Mgr Correia da Silva, évêque de Leiria: « … il me sembla que sa divine Majesté me dit : (…) "Fais savoir à mes ministres, étant donné qu'ils suivent l'exemple du roi de France, qu'ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et Marie". »

     ▪ Lettre de 1936 de Sœur Lucie au Père Gonçalves : « Plus tard, par le moyen d'une communication intime, Notre-Seigneur me dit, en se plaignant : " Ils n'ont pas voulu écouter ma demande !… Comme le roi de France, ils s'en repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Eglise. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir".»

    ▪ Entretien du 03 février 1946 avec le Père Jongen : « En 1931, de Rianjo où, par ordre de mes supérieures je suis allée me reposer un mois, j'écrivis une lettre à S. Exc. l'évêque de Leiria, en insistant sur cette même demande, et j'y mentionnai les paroles de Notre-Seigneur : " Comme le roi de France, ils n'écoutent pas mes demandes ; le Saint-Père consacrera la Russie, mais ce sera tard". »

        Retenons cet ordre terrible de Notre Seigneur transmis à sœur Lucie : Fais savoir à mes ministres…qu'ils le suivront dans le malheur''  

       Dans ces messages, on retrouve les mêmes termes de Notre Seigneur ‘'FAIS SAVOIR'' puis la suite du message.

         Le premier s'adressait au roi désigné par ‘' Fils aîné de mon Sacré-Cœur'', montrant l'estime que Notre Seigneur portait au roi de notre pays. Jésus voulait d'abord triompher du cœur du roi, de façon à le rendre ensuite vainqueur des ennemis matériels de son Eglise. Laissant le roi libre de son choix, Notre Seigneur n'a pas empêché la victoire de ces derniers et sa conséquence pour la France.

         Le second s'adresse à ses ministres, au pluriel. Notre Seigneur parle du malheur dans lequel ils tomberont. Ce malheur est comparé à celui du roi de France, Louis XVI qui accomplira la demande alors qu'il n'avait plus le pouvoir. Notre Seigneur évoque aussi le repentir de ses ministres, qui feront alors cette consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. C'est la confirmation des exigences mises par Notre Seigneur pour cette consécration. Elle se fera au cours d'un acte solennelle, la Russie nommément désignée, et en union avec les évêques du monde entier. C'est peu après que le Cœur Immaculé de Marie triomphera.

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            Terminons par ce recueil de quelques pensées de Jacinthe notées par sœur Marie de la Purification Godinho qui lui avait demandé d'où elle les tenait et lui avait répondu : ‘'C'est Notre Dame qui m'a appris cela, mais je pense aussi toute seule ‘'

            Le père de Marchi que nous citons remarque : ‘'Ce qui prouve que ces apparitions n'étaient pas de simples hallucinations ce sont les paroles que Jacinthe disait après en avoir été favorisée, paroles qui ne peuvent s'expliquer sans une sagesse infuse. Une enfant de dix ans, sans aucune instruction, n'ayant que des connaissances religieuses rudimentaires, ne pouvait certainement inventer des sentences comme celles-ci, que Mère Godinho a eu soin de noter. Sur le péché, Par exemple :

            « Les péchés qui conduisent le plus d'âmes en Enfer, ce sont les péchés de la chair».

            « Il viendra des modes qui offenseront beaucoup Notre Seigneur.

            « Les personnes qui servent Dieu ne doivent pas suivre la mode. L'Eglise n'as pas de mode. Notre Seigneur est toujours le même »

            « Les péchés du monde sont bien grands »

            « Si les hommes savaient ce qu'est l'éternité, ils feraient tout pour changer de vie »

            « Les hommes se perdent, parce qu'ils ne pensent pas à la mort de Notre Seigneur, et ne font pas pénitence »

            « Beaucoup de mariages ne sont pas bons; ils ne plaisent pas à Notre Seigneur, et ne sont pas de Dieu »

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            Au sujet des guerres, Jacinthe disait encore:

            « Notre Dame a dit que, dans le monde, il y a trop de guerres et de discordes. »

            « Les guerres ne sont que le châtiment des péchés du monde. »

            « Notre Dame ne peut plus retenir le bras de son Fils bien-aimé sur le monde. »

            « Il faut faire pénitence. Si les gens se corrigent, Notre Seigneur viendra encore secourir le monde; mais s'ils ne se corrigent pas, le châtiment viendra».

            « Pauvre Notre Dame! disait la petite. Ah! J'ai tant de peine de Notre Dame! Tant de peine!»

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 Au sujet des prêtres et des gouvernants, Jacinthe, disait encore:

            « Marraine, priez beaucoup pour les pécheurs ! Priez beaucoup pour les prêtres! Priez beaucoup pour les Religieux! Les prêtres devraient s'occuper seulement des choses de l'Eglise. »

            « Les prêtres doivent être purs, très purs.  La désobéissance des prêtres et des Religieux à leurs supérieurs et au Saint-Père offense beaucoup Notre Seigneur ».

            « Marraine, priez beaucoup pour les gouvernements ! »

            « Malheur à ceux qui persécutent la Religion de Notre Seigneur !  » 

            « Si le gouvernement laissait en paix l'Eglise, et s'il donnait la liberté à la sainte Religion, il serait béni de Dieu.»

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            Sur les vertus chrétiennes, elle faisait ces réflexions:

            « Marraine, n'allez pas au milieu du luxe! Fuyez les richesses ! »

            « Soyez amie de la sainte pauvreté et du silence. »

            « Ayez beaucoup de charité, même avec ceux qui sont mauvais. »

            « Ne dites du mal de personne, et fuyez ceux qui en disent. »

            « Ayez beaucoup de patience, parce que la patience nous conduit au Ciel. »

            « La Confession est un sacrement de miséricorde. Aussi faut-il s'approcher du confessionnal avec confiance et joie. Sans Confession il n'y a pas de salut. »

            « La Mère de Dieu voudrait qu'il y ait plus de vierges qui s'attachent à elle par le vœu de chasteté »

            « J'aimerais bien, moi, aller au couvent; mais j'aime encore mieux aller au Ciel. »

            « Pour être Religieuse, il faut être très pure d'âme et de corps »

            « Et sais-tu ce que veut dire être pure?»» lui demandait Mère Godinho.

            « Je le sais, je le sais. Etre pure de corps, c'est garder la chasteté; être pure d'âme c'est ne pas faire de de péchés : ne pas regarder ce qu'il ne faut pas voir, ne pas voler, ne jamais mentir, dire toujours la vérité, même si cela coûte ».

            « Ceux qui n'accomplissent pas les promesses faites à Notre-Dame ne seront jamais heureux dans leur vie. »

            « Les médecins n'ont pas de lumière pour la guérison des malades, parce qu'ils n'ont pas d'amour de Dieu.»

            «Mais qui donc t'a appris tant de choses? lui demandait encore Mère Godinho - C'est Notre Dame... Mais il y en a aussi que je pense toute seule. J'aime beaucoup penser'.»

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            La Très Sainte vierge ne se contentait pas d'inspirer à Jacinthe ces profondes pensées. Quelquefois elle lui découvrait l'avenir. Mère Godinho, un jour, posa cette question à Mme Olympia,qui se trouvait auprès de sa fille ‘'N'aimeriez-vous pas que vos filles Florinda et Teresa, entrent dans la vie religieuse ? Dieu m'en garde ! répondit la bonne dame». Quelques instants-après, Jacinthe, qui avait suivi la conversation, disait, avec gravité, à la supérieure de l'orphelinat: ‘'Notre Seigneur aimerait beaucoup que mes sœurs se fassent religieuses. Maman ne veut pas; mais, pour, cela, Notre Dame ne tardera pas à les emmener au Ciel.». C'est ce qui arriva. En 1921, ses deux sœurs, Florinda et Teresa, moururent, l'une à 17 ans, l'autre à 16 ans.

            Don Bosco vécu un événement similaire avec le dernier garçon d'une famille dont la mère était venu le trouver et lui avait demandé d'émettre un souhait pour l'avenir de ses 4 garçons. ‘' Quant à votre benjamin lui dit-il, il sera prêtre. ‘' Prêtre ! J'aimerai mieux que Dieu le reprenne plutôt que de le voir embrasser un tel état''. ‘' Madame, je crois n'avoir plus rien à dire à une personne qui a si peu d'estime pour l'état le plus noble qui soit.'' Se reprenant, elle se justifia en précisant que personnellement ‘'elle s'y résignerait''. Don Bosco répliqua : ‘' Serait-ce un déshonneur que de servir Dieu ? Prenez garde que Dieu n'exauce votre imprudente prière. Quelques années plus tard, l'enfant tomba malade. Sa mère fit venir don Bosco et à son chevet et annonça la visite du prêtre en lui précisant qu'il venait pour le guérir. C'est alors que l'enfant lui répondit : ‘'Non, maman, Jésus me prend avec lui... C'est toi… Tu te souviens chez don Bosco ? ' (Extrait de la bande dessinée Don Bosco'' La vie prodigieuse et Héroïque de Don Bosco'' Edition Jean Dupuis 1976)

            Que les familles se réjouissent lorsque Dieu leur fait la grâce de choisir un de leurs enfants pour ‘'l'état le plus noble qui soit ‘'. L'accomplissement d'une vocation religieuse dans une famille est un moyen de faire plaisir à Dieu. C'est la petite Jacinthe qui nous le dit.  

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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