"Elle parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la ..." (Lc 2, 36-40) - Hozana

"Elle parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la ..." (Lc 2, 36-40)

"Elle parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la ..." (Lc 2, 36-40)

Chant final :"Benedictus" du Choeur des moines de l'abbaye d'Urt-Belloc

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
quand les parents de Jésus vinrent le présenter au Temple,
il y avait aussi une femme prophète,
Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser.
Elle était très avancée en âge ;
après sept ans de mariage,
demeurée veuve,
elle était arrivée à l’âge de 84 ans.
Elle ne s’éloignait pas du Temple,
servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
Survenant à cette heure même,
elle proclamait les louanges de Dieu
et parlait de l’enfant
à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent achevé
tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,
ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,
rempli de sagesse,
et la grâce de Dieu était sur lui.

Source : AELF

Méditation Père Emmanuel Pic

Anne, la prophétesse, cumule les handicaps.

Elle est femme, et n’a donc en principe en aucune manière voix au chapitre.

Elle est vieille : ce flot de paroles, que déclenche en elle la venue de Jésus dans le Temple, n’est-il pas un signe de sénilité ?

Elle est veuve, et donc sans doute sans ressources, peut-être sans culture, en tout cas fort peu digne d’attention dans un monde dominé par une autorité patriarcale.

Enfin, elle présente toutes les caractéristiques de la bigote : elle n’est jamais loin du Temple et consacre l’essentiel de sa vie à en fréquenter les offices.

Malgré tout cela, c’est elle qui tient la vedette aujourd’hui. C’est que l’Évangile est le lieu d’une inversion de valeurs, qui questionne nos idées toutes faites.

Elle est femme, et alors ? n’a-t-elle pas, comme tout le monde, le droit d’exprimer la joie que lui inspire la venue dans le Temple d’un petit enfant ?

Elle est vieille : et si cet âge avancé était un signe de sagesse ?

Elle est veuve : loin de l’enfermer dans le chagrin et la précarité, la solitude forcée dans laquelle elle se trouve lui a donné le goût de la prière.

Elle n’est pas une bigote ; elle est une femme courageuse et fidèle, qui a trouvé dans une pratique religieuse toute simple un chemin de vie, pour sortir de la logique mortifère dans laquelle l’emprisonne la mort de son époux.

Oui, en donnant le premier rôle à cette vieille dame, l’Évangile interroge profondément notre regard sur ces petits qui viennent à Dieu. Les dames du chapelet, les messieurs qui se lèvent tôt pour déposer dans le tronc une pièce de monnaie, les fidèles de la messe du matin et de l’office du soir, sont autant d’Anne à qui, mystérieusement, l’Esprit-Saint est donné pour qu’ils proclament, comme elle, les merveilles de Dieu.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

3 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

loader