Les différences de traditions ne doivent pas nous séparer - Hozana

Les différences de traditions ne doivent pas nous séparer

Les différences de traditions ne doivent pas nous séparer
Au XIIème siècle, dans une lettre à l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène, le catholicos (primat) de l'Eglise d'Arménie Nersès Shnorhali (1101-1173), théologien et maître spirituel éminent animé d'un ardent désir de la communion entre les Eglises, exprime sa conviction que les différences de traditions en ce qui concerne la matière de l'Eucharistie ne doivent pas amener les chrétiens à se séparer. Ce sont là des propos oecuméniques avant la lettre.


Nous savons avec certitude que ce qui plaît à Dieu, c’est une foi orthodoxe et une vie irréprochable. Pourvu que le Sacrement [du Corps et du Sang du Seigneur] soit accompli avec une intention droite et soit exempt de toute opinion hétérodoxe, les traditions ou usages, qui sont des coutumes particulières à chaque peuple, ne contiennent en soi rien qui puisse ajouter ou enlever quoi que ce soit à la foi. Aussi lorsque la tête, c’est-à-dire la foi, est fermement unie au chef suprême, qui est Jésus Christ, alors les membres, c’est-à-dire les traditions, sont en bonne santé et se viennent en aide les uns aux autres, pour la gloire du Christ notre Dieu. 

Puisque nous avons déjà dit, en parlant du Pain sacré, que le Seigneur exige avant tout de nous une foi véritable et des actions irréprochables, et non l’accomplissement des Saints Mystères avec du pain fermenté plutôt qu’avec du pain azyme, nous répéterons la même chose à propos du vin : qu’on l’emploie avec ou sans eau, ni l’un ni l’autre de ces usages ne peut nous valoir les louanges de Dieu ou attirer sur nos têtes des châtiments. Ceux-là seuls seront glorifiés par Lui qui Lui offrent leurs dons avec un cœur pur et une âme droite. 

Si l’une ou l’autre de ces deux pratiques avait été la volonté formelle de Dieu ou de ses saints, ils l’auraient consignée par écrit, comme il en a été des autres préceptes. Parlant de l’Eucharistie, saint Paul, dans son épître aux Corinthiens, n’a pas dit de quelle manière on devait la célébrer : si c’est avec du pain fermenté ou du pain azyme, avec un mélange d’eau ou sans eau, mais il a principalement insisté sur ce que Dieu exige de nous : Que chacun s’éprouve soi-même, dit-il, et qu’il mange alors de ce pain et boive de ce calice ; car quiconque en mange et en boit indignement mange et boit sa propre condamnation, s’il ne discerne le corps du Seigneur (1 Co 11, 28-29). D’autres interprètes des oracles divins recommandent pareillement, non point la distinction de la matière, mais une digne préparation au Sacrement.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6