« Ouvrez bien vos oreilles »

« Ouvrez bien vos oreilles »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc


En ce temps-là, comme tout le monde était dans l’admiration devant tout ce qu’il faisait, Jésus dit à ses disciples : « Ouvrez bien vos oreilles à ce que je vous dis maintenant : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. » Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, elle leur était voilée, si bien qu’ils n’en percevaient pas le sens, et ils avaient peur de l’interroger sur cette parole. (Lc 9, 43b-45)

 

Admiration


[Seigneur], vous avez voulu considérer notre condition humaine avec ce voile devant les yeux que notre misère a tissé comme une araignée sa toile. C’est à travers notre poussière mortelle, dont vous vous êtes revêtu comme d’un sac de cendres, que vous nous avez regardés. Votre prunelle, dont la source la plus pure ne saurait approcher la limpidité, égale la netteté de votre âme, elle a cependant voulu refléter la pauvre crèche ; le sable ardent de l’Égypte ; à Nazareth l’échoppe où saint Joseph essuyait du revers du tablier la sueur de son front, et la Mère de Dieu s’occupait d’humbles besognes ; les pêcheurs aux mains rudes remaillant leurs filets ; le médiocre appareil des noces de Cana ; Jean Baptiste, vêtu de poils de chameau et de cuir, nourri de sauterelles et de miel sauvage ; les marchands sordides du Temple ; les possédés, les malades, les infirmes, les morts, toutes nos misères enfin ; les pharisiens hypocrites ; Judas s’avançant vers vous pour vous embrasser et vous trahir et, vision suprême, l’humble femme debout au pied de la croix.

Ô, vous qui paissez le troupeau des âmes dans le champ suave des lis spirituels, qui dans l’éternel printemps respirez l’odeur de la vigne mystique ; vous pour qui l’épouse exhale les aromates, et qui recevez en hommage la fumée des parfums formés par les prières des saints, qu’aviez-vous à descendre sur notre terre où nos plantes ne pouvaient vous offrir que le faible vestige des essences du ciel ? C’est que le zèle de l’amour est plus puissant que l’enfer.


Francis Jammes


Francis Jammes († 1938), poète et romancier français se convertit au catholicisme au début du xxe siècle et fut notamment un compagnon de Paul Claudel. / Le crucifix du poète, Paris, Lethielleux, 1934, p. 22. 24.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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