Facebook Pixel7 - L'épiscopat - Hozana
Abbaye de Mondaye

Abbaye de Mondaye dans Neuvaine à saint Augustin

Publication #7Initialement publiée le 26 août 2019

7 - L'épiscopat

7 - L'épiscopat

Méditation quotidienne

Augustin est donc prêtre. Quatre ans plus tard, en 395, l'évêque Valère meurt. Et Augustin est naturellement choisi comme nouvel évêque d'Hippone. Il a quarante ans, et s'apprête à en découdre avec les donatistes. Mais avant de vous parler de ces tristes personnages, voyons comment Augustin a appréhendé sa charge épiscopale. Il confesse lui-même qu'il a eu du mal à s'y habituer, qu'il a éprouvé des difficultés à passer de la contemplation à l'action. Il faut dire, à sa décharge, que les habitants d'Hippone ne sont pas simples à gouverner : on trouve dans cette ville des traces importantes du paganisme romain, et Augustin condamne vigoureusement les jeux du cirque. Il se heurte également aux grands propriétaires terriens, qui appliquent la loi du plus fort et écrasent les faibles, pour lesquels il éprouve une prédilection. Augustin doit aussi s'habituer à traiter des affaires sociales et judiciaires, pour lesquelles l'évêque de l'Antiquité était aussi responsable. En clair, la charge est lourde. Il la compare au barda des légionnaires, soit près de 40 kg en permanence sur le dos !


Il faut dire aussi que le premier dossier qu'il trouve sur son bureau n'est pas simple : il s'agit de la querelle donatiste. Vous n'en avez peut-être jamais entendu parlé, et cela serait tout à fait normal! Alors, qui sont les donatistes ? Pour le dire simplement, ce sont des gens qui ont formé une Église parallèle, ce qui a pu conduire les théologiens chrétiens à réfléchir à la question de l'unité de l'Église, d'où la fameuse phrase de Cyprien de Carthage, où le donatisme était florissant : « hors de l'Église, point de salut ». Le fait est que l'empereur Dioclétien avait engagé une vaste persécution des chrétiens au début du IVè siècle : les chrétiens étaient mis à mort s'ils refusaient de sacrifier au culte de l'empereur. Or beaucoup de clercs ont cédé à la menace, et ont adoré l'empereur. La question qui s'est posée ensuite résidait dans l'attitude qu'il convenait d'adopter à leur égard, soit les lapsi ou les traditores (= ceux qui sont tombés, qui ont trahi) : fallait-il les accueillir de nouveau avec miséricorde dans le giron de l'Église, ou pensait-on qu'ils s'étaient si compromis qu'il convenait de les baptiser de nouveau ? Les donatistes ont penché pour la seconde réponse, et c'est pourquoi on les présente comme une Église des purs. Cette Église s'était si développée que lorsqu'Augustin réunissait ses fidèles à la cathédrale le dimanche matin, il entendait les chants de l'Église donatiste, située de l'autre côté de la place. Augustin ne pouvait pas se satisfaire de cette situation : il fallait taper du poing sur la table, et mettre un terme à la division. Ainsi, il a rappelé clairement que l'Église catholique était la vraie mère des chrétiens, et que les donatistes avaient succombé à l'idole de la pureté. En 404, il prend un édit qui signe la dissolution de cette Église séparée. Dans l'intervalle, Augustin prend part à de nombreux Conciles régionaux, qui condamnent le donatisme. Il faut retenir en particulier le concile de 411, tenu à Carthage, qui conclut en faveur des catholiques. Augustin a été très influent dans les débats, et sa position est saluée. S'il est sceptique quant à l'efficacité de la coercition, il pense que les hommes de son temps ont besoin d'être dirigés par une main qui ne tremble pas, et il est confiant dans la puissance de la grâce. 


Augustin est devenu évêque. Il a pu mesurer le poids de sa charge dans la querelle avec les donatistes. Après l'erreur des manichéens, il a fustigé l'hérésie des donatistes, et la folie d'une Église séparée. Mais si le feu est éteint d'un côté, il s'allume et se propage d'un autre côté. Dans le prochain épisode, vous apprendrez tout sur la troisième grande querelle qu'Augustin a dû affronter dans la seconde partie de son épiscopat...


Une phrase de la Règle : « Ce que vous portez ne doit pas vous faire remarquer, et ne cherchez pas à plaire par vos vêtements, mais par ce que vous êtes intérieurement. »

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Publication #3Initialement publiée le 22 août 2019

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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