Un temps pour se taire - Hozana

Un temps pour se taire

Un temps pour se taire

Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel : un temps pour donner la vie, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher. Un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour détruire et un temps pour construire. Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour gémir, et un temps pour danser. Un temps pour jeter des pierres, et un temps pour les amasser ; un temps pour s’étreindre, et un temps pour s’abstenir. Un temps pour chercher, et un temps pour perdre ; un temps pour garder, et un temps pour jeter. Un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ; un temps pour se taire, et un temps pour parler. Un temps pour aimer, et un temps pour ne pas aimer ; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix. Ecclesiaste 1, 8

En cette période de vacances, prions pour que l'Esprit Saint nous aide à comprendre l'importance du silence et du repos dans notre vie spirituelle.  

Méditation :

Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger.Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart. Marc 6, 31-32

En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart. Luc 9, 18

Le Seigneur est bon pour qui se tourne vers lui, pour celui qui le cherche. Il est bon d’espérer en silence le salut du Seigneur . Lamentations 3, 25-26

Pour aller plus loin :

Le silence, pour Madeleine Delbrel, n'est pas d'abord absence de bruit, mais écoute de la Parole de Dieu. Faire silence, c'est écouter Dieu quand il parle et il parle partout : dans la prière, dans l'Église et dans le monde où il nous appelle.                                       

"Le silence n'est pas évasion mais rassemblement de nous-mêmes au creux de Dieu ..."
("La sainteté des gens ordinaires", tome VII des Œuvres Complètes, Nouvelle Cité 2009, p168)

Ce n'est pas pour que nous nous taisions que le silence existe. Dans ce cas, il ressemblerait fort au mutisme qui n'a jamais été autre chose qu'une infirmité chez des êtres auxquels Dieu a donné la parole, vraisemblablement pour parler.
("La Joie de croire", Seuil, coll. "Livre de Vie", 1995 - p120)

Quand nous avons la possibilité de faire vraiment silence, nous ne devons pas passer à côté, car sans pauses de vrai silence, très vite, on ne sait plus ce que c'est.
("La Joie de croire", Seuil, coll. "Livre de Vie", 1995 - 125-126)

Faire silence, c'est écouter Dieu ; c'est supprimer tout ce qui nous empêche d'écouter ou d'entendre Dieu (...). C'est écouter Dieu partout où il exprime sa volonté, dans la prière et ailleurs que dans la prière proprement dite.
("La Joie de croire", Seuil, coll. "Livre de Vie", 1995 - p120)

Il nous faut le silence pour faire la volonté de Dieu, le silence prolongé par cette autre disposition de nous-même que nous amputons tellement…ou que nous méprisons par ignorance : le recueillement.
Il nous faut " recueillir " les traces, les indices, les invitations, les ordres de la volonté de Dieu, comme le cultivateur recueille sa récolte dans la grange, comme le savant recueille le fruit d'une expérience.
("La Joie de croire", Seuil, coll. "Livre de Vie", 1995 - p120)
Il me paraît impossible d'envisager une vie évangélique sans vouloir et sans savoir qu'elle doit être une vie de silence.
("La Joie de croire", Seuil, coll. "Livre de Vie", 1995 - p121)
Si nous attendons le silence pour prier, nous risquerons de prier rarement ; ou bien si nous prions, ce ne sera pas dans la part du monde la plus dépourvue de prière, celle des grandes villes où le travail comme le plaisir s'unissent contre le silence.
("La Joie de croire", Seuil, coll. "Livre de Vie", 1995 - p119)
Le silence ne nous manque pas, car nous l'avons. Le jour où il nous manque, c'est que nous n'avons pas su le prendre.

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L’histoire biblique met en évidence les indispensables moments de silence pour écouter la Parole qui vient de Dieu. Reconnaissons que nous avons du mal à bien écouter ![...]

Depuis Adam jusqu’aux apôtres, en passant par Jésus lui-même, les exemples ne manquent pas. Moïse, Elie, David, Habakuk, Sophonie etc... Tous ont traduit la nécessité d’être seuls face à l’Eternel. Le silence accompagne cette démarche. On ne peut oublier que c’est dans le calme de la nature, plus particulièrement dans les endroits désertiques et montagneux, que les hommes de Dieu se sont préparés à leur mission. De Moïse à Jean-Baptiste, tous les prophètes ont expérimenté ce besoin de se retrouver face à eux-mêmes et face à Dieu.

Le Christ lui-même a inauguré son ministère par une retraite dans le désert. C’est dans la solitude et le silence, qu’il a puisé les forces spirituelles auprès de son père, pour donner du sens et de la profondeur à sa mission. (Cf. Luc 4 : 1-13 ; Luc 22 :39-46)

Non seulement, le Christ a appliqué ces principes pour lui-même, mais il les a transmis à ses disciples. Il les a invités à se mettre à l’écart de l’agitation, à des moments très précis, à des heures importantes. (Cf. Marc 6 :31 ; Marc 9 :2 ; Luc 9 :18)

Le but avéré était de recréer les conditions d’un vrai repos, d’un vrai ressourcement, d’une vraie réflexion, d’un vrai lien de prière avec Dieu. [...]    

 Pourquoi y-a-t-il nécessité à  faire silence  et à prendre un temps de pose ?   

[...] Dieu avait inculqué à son peuple, l’importance de lui consacrer le meilleur de tout, y compris de son temps, mais en priorité il fallait écouter. Faire silence pour enregistrer les conseils de ce Dieu bienveillant. (Cf. Deutéronome  6 :5 ; Marc 12 :30) [...]

Dieu désirait de son peuple, le meilleur de ses sentiments, de sa pensée, de son énergie, de son travail, bref de l’usage de son temps...Accaparés par la nécessité du travail, par les tâches ménagères, par toute une multitude de petites sollicitations, nous arrivons en fin de journée, complètement épuisés.  [...]

Dans un contexte chrétien la réflexion s’impose. Pourquoi ? Parce que les circonstances révèlent le constat : ce n’est plus le meilleur que l’on peut donner à Dieu, mais ce qui reste de notre temps et de notre énergie. Ne courrons-nous pas alors le danger d’oublier l’essentiel et de passer à coté de tout ce qui peut fortifier notre foi ?Quels moyens nous donnons-nous pour laisser la parole de Dieu, lue ou entendue s’enraciner dans nos vies ? Est-ce une démarche facultative ? Quelles sont nos vraies priorités ? Quelle est la qualité de notre écoute ? Notre capacité de faire silence ?  Afin de nous repositionner dans le bon sens d’un équilibre de vie spirituelle, essayons ensemble de prendre conscience des bienfaits des temps de silence.

Chacun sait qu’il y a 2 types de silence :

- L’un est extérieur, même si dans l’absolu il demeure impossible. (On entend toujours quelque chose, même dans les déserts. Je me souviens avoir été impressionné d’entendre battre mon cœur, dans les dunes du désert, au sud du Maroc.) 

- L’autre est intérieur. On dit aussi : il faut faire le vide, prendre le temps d’écouter son être profond, interroger son for intérieur, etc...

Les deux sont nécessaires et complémentaires à notre bien-être.  Même si l’on considère le silence intérieur comme fondamental. Instruisons-nous par la Parole de Dieu : Lisons Exode 14 : 13-16  

Ce premier exemple, dans les conditions exceptionnelles que nous connaissons, nous renseigne sur la nécessité du silence. Dieu ne pouvait agir, en entendant les cris du peuple. Ce dernier souhaitait revenir en Egypte. Autrement dit, il  refusait la délivrance, il  regrettait d’avoir eu confiance en Dieu et en Moïse.En fait, cette agitation mettait en évidence une situation navrante :Le peuple préférait la servitude égyptienne, plutôt que la réalité de la liberté avec Dieu.

Cela n’a pas dû être simple pour Moïse de contenir cette multitude incrédule, qui ne prenait en compte que ses besoins physiologiques. Les bruits de l’Egypte idolâtre avaient parasité et occulté toute confiance en Dieu.

Et pourtant, ce Dieu d’Israël déclarait combattre pour eux… En retour, ils n’avaient pas grand-chose à faire. Il suffisait de garder le silence. Dans le récit faire silence équivaut à faire confiance tout simplement.

Bien que tout soit différent, aujourd’hui,nous avons la même difficulté. Faute de faire confiance à Dieu sur tout, nous occupons le terrain en nous évertuant de tout gérer par nous-mêmes, nous nous agitons... Nos cris diffèrent, mais ils sont bien présents : cris d’exaspération, de crainte, d’appréhension du lendemain, et que dire de nos multiples murmures !

Et pourtant, Dieu veut bien combattre pour nous. Mais pour cela, il nous invite à garder le Silence, donc à lui faire confiance.

Cette invitation tend à nous aider à réapprendre  les nécessaires temps de pause. Il s’agit de se réapproprier les temps du silence. Un peu comme en musique, ou soupirs et silence donnent du relief et de la respiration à la partition.

 « Que toute chair fasse silence devant l’Eternel ! » Zacharie 2 : 13

 « Que toute la terre fasse silence devant Dieu » Habakuk 2 :20

Dans un texte prophétique à double accomplissement, Sophonie déclare :

«  Silence devant le Seigneur, l’Eternel ! Car le jour de l’Eternel est proche... » 

Et plus loin, en conclusion de son livre il dit   :

« Il fera de toi sa plus grande joie ; il gardera le silence dans son amour ; il aura pour toi des transports d’allégresse. » Sophonie 1 :7 ; 3 :17 autre traduction :

« Il jubile à ton sujet ; il reste silencieux dans son amour. » interlinéaire Hébreux-français, Alliance Biblique Universelle p. 1941

Dieu garde le silence pour exprimer sa profonde joie de nous aimer ! N’est-ce pas surprenant et touchant à la fois !  Les dernières paroles de Dieu, dans le contexte du temps de la fin et de l’établissement de son royaume, ne sont pas des paroles de jugement, mais d’amour. D’un amour qui exprime une joie débordante dans un temps de silence éloquent. Quelle émotion puissante et incomparable !

Apprenons à faire silence pour réviser et reformuler nos engagements d’amour.[...]

Pour faire silence devant l’Eternel, il faut s’arrêter, faire une pose, prendre du temps. Une relation authentiquement vraie, nécessite du temps, moins en quantité qu’en qualité. Elle se manifeste par des choix de priorité. Elle s’investit dans la disponibilité. Le silence est la distinction du recueillement.

  Mais avant le temps du silence 2 actes sont nécessaires : s’arrêter et se mettre en disponibilité d’écoute. S’arrêter, car il faut sortir du tourbillon qui nous entraine malgré nous. Et écouter pour déceler cette voix intérieure qui veut nous conduire sur un chemin sécurisé.Esaïe avait raison de dire :

«  C’est dans la tranquillité et le repos que sera votre salut, c’est dans le calme et la confiance que sera votre force »Esaïe 30 :15

Le silence est un ami, il n’est point à redouter, ni à meubler. On ne tue jamais le temps. De multiples bienfaits peuvent accompagner celui ou celle qui veut en faire l’expérience.. [...]

L’expérience spirituelle des hommes de Dieu a intégré cette réalité. David l’a compris et c’est pourquoi il a écrit :

 «  Fais de l’Eternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur désire. Recommande ton sort à l’Eternel, mets en lui ta confiance, et il agira. Il fera paraître ta justice comme la lumière, et ton droit comme le soleil à son midi.Garde le silence devant l’Eternel et espère en lui. » Psaume 37 :4-7a

Ce témoignage de David nous incite à expérimenter quelques pistes d’action : 

[...] Dieu nous demande de traverser un chemin de silence, comme quelque part les israélites lors du passage de la mer rouge. Symboliquement, c’est peut-être la traversée de nos obscurités personnelles, de nos craintes du lendemain, de nos rebellions et murmures. En bref, de nos multiples tentatives à combler nos vides...

Comment ?  Par la confiance en la toute-puissance d’un Père qui nous aime.

Dieu se porte garant, si nous le voulons bien, de la traversée de la mer de nos difficultés, multiples et variées. Au lieu d’essuyer la tempête, on peut traverser à sec…

Garder le silence et espérer est souvent la solution à nos problèmes !

C’est aussi entrer dans le sens profond de la prière : Elle est, avant tout et surtout, écoute. Oui ! Ecoute dans le silence de notre cœur. Ecouter pour entendre les convictions que Dieu désire y installer. Nous avons moins à parler qu’à écouter. La prière ne se limite pas à une formulation de nos besoins, elle est avant tout écoute, même si on entend apparemment rien. Ce n’est pas parce que nous n’entendons pas que Dieu ne parle pas.

David a trouvé le secret de cette sagesse dans sa relation à Dieu :

« Eternel ! Je n’ai ni un cœur qui s’enfle, ni des regards hautains ; je ne m’occupe pas de choses trop grandes et trop élevées pour moi. Loin de là, j’ai l’âme calme et tranquille, comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère ; j’ai l’âme comme un enfant sevré. Israël, mets ton espoir en l’Eternel, dès maintenant et à jamais. » Psaume 131 :1-3

La version synodale traduit :

«  j’impose à mon âme le calme et le silence » v.2 

Que ces paroles sont belles !

  Il y a donc bien un acte de volonté, pour rechercher la tranquillité et la paix intérieure. Et si nous avons une difficulté importante, ne pensez-vous pas que le Seigneur, qui a redonné le calme à la mer en furie sur le lac de Galilée, (Cf. Marc4 :39) peut rendre à nos cœurs la tranquillité,la sérénité, la paix dont ils ont besoin ?  

Si notre corps a besoin de calme et de repos, notre cœur et notre esprit ont eux aussi besoin de silence. Que de tempêtes à faire cesser ! Que de calme à retrouver !

Jérémie, l’homme de Dieu solitaire et silencieux a pu écrire par expérience :

«  Il est bon d’attendre en silence le secours de l’Eternel. » La traduction œcuménique de la Bible (T.O.B) traduit : « Il est bon d’espérer en silence le salut du Seigneur. » Lamentations de Jérémie 3 : 25-26.

[...]https://www.chretiens-en-marche.org/paroles-en-chemin/la-spiritualit%C3%A9/le-silence/


N'hésitons pas à partager dans cette communauté ce que nous mettons en place au quotidien pour (re)donner à Dieu la première place.

Soyons sources d'encouragement les uns pour les autres.


 


 



Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

2 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

Doriane
Doriane place Saint-Leu-la-Forêt, il y a 5 jours
Merci Seigneur pour ses belles paroles qui nous redonne force rend à nos cœurs la tranquillité,la sérénité, la paix dont ils ont besoin. Seigneur j'ai besoin de silence intérieur et extérieur en ce moment aide moi mon Dieu comme toujours a entrer en intimité parfait avec toi car tu es mon tout.🙏🏿🙏🏿🙏🏿
Marlène
Marlène place Petit-Canal, il y a 6 jours
Merci Dieu Trinité pour nos retrouvailles en famille pendant ces vacances! Que chacun Te réserve, avec l'aide de Maman Marie, la première place dans son cœur! Que nos pensées, malgré nos diverses activités, soient toujours tournées vers Toi, Lumière de nos vies! Je Te confie ces quelques jours de vacances Seigneur, Toi qui es le Chemin, la Vérité et la Vie; que tout soit fait pour Ta plus grande Gloire! Amen! Alléluia!
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