Pour un féminisme catholique, par l'intercession de Céline Martin - Hozana

Pour un féminisme catholique, par l'intercession de Céline Martin

Pour un féminisme catholique, par l'intercession de Céline Martin

Le dernier numéro de la revue Carmel (172),sur la femme, vient de sortir. En voici, l'éditorial : 

1949 : Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir paraît. Après des millénaires d’oppression, l’heure de la « libération » a enfin sonné pour la moitié de l’humanité ! Vingt-deux mille exemplaires du premier tome se vendent en une semaine. Le second tome, qui le suit de près, s’arrache dans les librairies. La même année, dans le cloître du carmel de Lisieux, la sœur de la petite Thérèse (la Française la plus connue de tous les temps), Céline Martin (Sœur Geneviève de la Sainte Face o.c.d.) réagit :

Quand j'étais jeune fille, habituée aux politesses du monde, aux témoignages de respect, d'estime, que les messieurs professaient pour les dames, je souffrais, à l'église, d'un certain manque de courtoisie qui perçait souvent dans les discours, relativement à la femme. J'en parlai même à un prêtre ! Il me semblait, ne fût-ce que par déférence pour la Sainte Vierge, que les auteurs et prédicateurs ne devaient pas abaisser ainsi les femmes, pour lesquelles Notre Seigneur avait tant d'égard, même pour celles qui n'en méritaient pas. Car alors, comme ceux qui ont provoqué toutes les révolutions, lesquelles ont toujours eu pour motif la revendication des droits, souvent très réels, ces abus ont suscité, de nos jours, le mouvement nommé « féminisme ».

Céline Martin serait-elle donc révolutionnaire et féministe ? Oui, en un certain sens – qui correspond bien à son tempérament chevaleresque –, mais elle l’est à la manière de Thérèse. Car le « féminisme » – elle le remarquait déjà ! – « a agi sans mesure, et en voulant rétablir l'ordre, est tombé dans le désordre». L’émancipation de la femme, en effet, « ne lui servira guère si elle ne corrige sa légèreté, cause de son amoindrissement ». Comment donc retrouver l’ordre voulu par le Créateur ? Pour Céline, un mea culpa de la part de l’homme (vir) est nécessaire. En effet, il n’aurait pas dû « disposer avec rigueur [de ses droits d’aînesse] pour asservir sa malheureuse compagne ». En usant de sa seule force, il s’est lui-même dégradé et a provoqué « l’avilissement de celle qu'il aurait dû protége ». Qu’était donc la femme pour l’homme dans le dessein du Créateur ? Elle était « “une aide semblable à lui” par l'intelligence et la dignité, avec les aptitudes spéciales qui, des deux, faisait un tout complet. De plus, elle était pour lui un charme, une douceur qui tempéraient sa virilité. Par ses aimables dissemblances, elle lui était une attirance, comme lui-même par sa force, en était une pour elle »

La spiritualité du Carmel pourrait-elle donc corriger les excès d’un « féminisme » qui se dissout aujourd’hui dans l’idéologie du gender et la négation de la spécificité des femmes ? Rien ne semble plus vital ! Pour les femmes, d’une part, afin qu’elles découvrent toujours davantage la beauté de leur appel. Pour les hommes, d’autre part, afin qu’ils en soient les dignes serviteurs. Pour les sociétés aussi car, comme le disait Juan Alonso Cortès : « la plus prodigieuse de toutes [les] merveilles [du christianisme], celle qui a le plus profondément influé sur la constitution de la société domestique et de la société civile, c’est la sanctification de la femme proclamée du haut de l’Évangile ». Pour l’Église, l’Épouse immaculée de l’Agneau enfin, car la révélation de sa beauté et de sa pureté ne pourra se faire que par ses icônes vivantes que sont les femmes… ce qui sera, écrivait le bienheureux François Palau en 1864, le signe de son plus grand triomphe :

Le temps arrive maintenant où l’Église doit se révéler et se faire connaître au monde, et les hommes la verront et l’aimeront. La foi en elle, presque éteinte, s’élèvera telle une comète qui sera le signe de ses derniers jours de pèlerinage sur la terre

Pendant cette semaine, nous pourrons nous former une image intérieure de Céline Martin, soeur Geneviève, et lui dire : "Céline, pour que le mystère de la femme soit mieux compris, favorise, depuis le ciel, un féminisme catholique !" ou autres paroles encore.

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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

GJ
GJ place Metz, le mois dernier
En ce lundi de la Pentecôte, jour de la Fête de Marie, Mère de l’Eglise, et après lecture de cet édifiant enseignement, je ne dirai que trois mots : Amen, amen, amen !
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