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Bienheureuse Marie Poussepin - Chapitre 1

Bienheureuse Marie Poussepin (1653 - 1744)

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Elle est haute comme trois pommes, Marie ! Mais si grande en générosité, en intelligence, en audace ! Un brin stratège pourrait-on dire, à la voir mener sa barque contre vents et marées, mesurant ses risques au plus juste pour parvenir au but fixé, le service de Dieu et des pauvres.

Femme d’affaires, à l’origine de la prospérité de Dourdan, sa ville natale, elle s’impose d’abord comme chef d’entreprise avisé, avec un souci de promotion sociale, conciliant réussite industrielle et charité surabondante. A mesure qu’elle avance en âge, c’est la charité qui prend le pas sur son activité. Elle renonce alors au monde pour consacrer sa fortune et sa personne à son Dieu. Dans son sillage, elle entraîne nombre de jeunes filles de son temps qui, toutes, vont la suivre pour aimer, soigner, consoler, éduquer, servir.

Marie vient au monde à Dourdan le 14 octobre 1653, dans une famille très croyante. Sans être prospères, les Poussepin sont des artisans aisés, solidement implantés dans la petite ville. Les ancêtres de Marie, parisiens à l’origine, y sont installés depuis cinq générations. Son père, Claude, possède des vignes et quelques parcelles de terre. Surtout, il dirige un atelier de tricot de bas de soie et, à ce titre, accueille à demeure quelques apprentis. Idem pour son oncle, Jean Lefebvre qui a épousé la sœur de Claude. Tout ce petit monde vit dans les divers corps de logis de la maison léguée par les grands-parents et s’entend à merveille. 

La petite fille est tout de suite portée sur les fonts baptismaux et le Père Etienne Legou officie. Ce jeune curé vient d’être nommé à la paroisse Saint-Pierre, une modeste église située à la lisière de la ville. Un saint prêtre qui va se consacrer pendant plus de trente ans à ses administrés et jouer un rôle important dans la vie de Marie. Sa tâche est lourde. Il doit en effet restaurer l’église abandonnée et très abîmée afin de pouvoir y célébrer le culte. Il a besoin de toutes les bonnes volontés. Lié d’amitié avec les parents de Marie, il les associera sans cesse à ses efforts et trouvera en Claude Poussepin, le marguillier (administrateur de la paroisse) dont il a besoin et qui va se dévouer, jusqu’à son décès, à cette tâche. Il lui faut également organiser dans l’urgence les secours aux paroissiens durement touchés par la Fronde. En effet, l’année précédant la naissance de Marie, la région s’était trouvée ruinée et les paysans empêchés de cultiver les terres. La misère et la famine règnent encore. Là encore, il trouvera chez les Poussepin une aide appréciée.

Marie va connaître une enfance plutôt heureuse. La maison est accueillante et ouverte à tous : la fréquentent les apprentis, les vignerons, les cultivateurs, ou encore les nombreux parents qui vivent tant à Dourdan que dans le village proche de Sainville. La petite fille est ainsi en plein contact avec la vie. Mais elle n’est pas oisive. A la maison, elle s’initie auprès de sa mère, Julienne Fourrier, aux tâches ménagères. Elle fait aussi l’apprentissage du tricot des bas à l’aiguille. Dans cette famille très chrétienne, elle reçoit une instruction religieuse approfondie. Va-t-elle à l’école ? A l’issue de la Fronde, la ville de Dourdan n’en comporte plus. Seule existe une école gratuite, ouverte aux enfants indigents par des filles dévouées qui vivaient de leur travail et secouraient les plus pauvres. On peut supposer que c’est chez ces pieuses filles, rue de la Haute-Foulerie, que Marie Poussepin a appris à lire, écrire, compter, coudre et prier Dieu. Sans doute la jeune fille acquiert-elle très vite une réputation de piété et de dévouement à la vie paroissiale car, avant ses vingt-deux ans, elle est dix-sept fois marraine…

Arrêtons-nous un instant sur la personnalité de Madame Poussepin, née Julienne Fourrier. Elle tient sa maison, met au monde sept enfants dont Marie est l’aînée et connaît la dure épreuve de perdre cinq d’entre eux en bas âge. Seul le dernier petit frère de Marie, Claude, parviendra à l’âge adulte. Ces deuils successifs qui assombrissent sa vie ne l’empêchent pas de s’ouvrir à la misère des plus nécessiteux. Lorsque, en 1663, Monsieur Legou décide d’ouvrir une Confrérie de Charité dans sa paroisse, elle est partante. Ces Confréries étaient nées de l’initiative de Saint Vincent de Paul. Elles avaient pour but de servir les malades et les pauvres avec un repas apprêté chaque jour, de les soigner et de leur apporter des secours spirituels. Il s’agissait de confréries féminines, sous forme d’associations, vivant de dons et de quêtes. Julienne devient trésorière de l’association qui regroupe un nombre important des femmes de sa famille, à commencer par sa belle-sœur Lefebvre. Lors de la fondation, Marie n’a que dix ans. Mais elle est imprégnée par cet esprit de charité qui anime toute sa famille et qui constitue l’un des principaux éléments de sa vie chrétienne. A mesure qu’elle grandit, elle accompagne sa mère auprès des pauvres gens secourus par la Confrérie. 

En 1675, à l’âge où de nombreuses jeunes filles pensent à s’établir, le destin va disposer d’elle tout autrement.

Le 18 juin 1675, Julienne décède de façon subite à l’âge de quarante-huit ans. C’est tout juste si le Père Legou a le temps de lui donner les derniers sacrements. Le notaire arrive trop tard mais on tiendra compte des dernières volontés de la défunte : le legs d’une rente de quatre livres à sa paroisse pour assurer différentes célébrations religieuses. Claude, le père, est désemparé et peu préparé à s’occuper du petit Claude, âgé de 10 ans.

Marie fait face. Elle dirige la maison, soutient son père et entoure son frère d’une affection quasi maternelle tout en veillant à son éducation. 

Mais livré à lui-même, Claude, ambitieux et sans doute mal conseillé, fait de très mauvaises affaires. Marie ne se doute de rien. Jusqu’à ce 15 avril 1679 où elle apprend à la fois la faillite de son père et sa fuite à Bourges. Elle et son frère se retrouvent abandonnés. Que vont-ils devenir ?

Dans les épreuves qui furent nombreuses tout au long de sa vie, la Bienheureuse Marie Poussepin n’a jamais faibli. Elle ponctue son travail de haltes de prières : « la prière, considérée en elle-même est un entretien familier avec Dieu, dit-elle. Elle est la nourriture de l’âme, la lumière qui éclaire les ténèbres de nos esprits, le rempart contre les misères et les afflictions de cette vie et enfin le canal par lequel coulent toutes les grâces et tous les dons que nous recevons de la libéralité du Ciel. »

Sachons nous ménager également ces haltes bienheureuses où l’entretien avec Dieu devient familier, où nous nous ouvrons aux dons de Sa Grâce. Allons vers Lui par Marie, notre Mère du Ciel.

Je vous salue, Marie…

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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