Aux pieds de Celui qui aime - Hozana

Aux pieds de Celui qui aime

Aux pieds de Celui qui aime

Chers compagnons de prière,


Il y a quelques temps nous avons partagé neuf jours de prière dans les mots lumineux de saint Charbel. En ce jour si particulier du Jeudi Saint je voudrais partager avec vous quelques mots de Padre Pio, fils de saint François d’Assise. Parce que le jeudi Saint nous fait revivre la prière par laquelle Jésus scelle à Gethsémani la réalisation de la Passion, réconciliation de Dieu et des hommes. Et parce que me bouleverse ce moment où Jésus à Gethsémani dialogue avec Dieu-Père et dans ce dialogue chemine du consentement à la Passion jusqu’à l’amour de la Passion ; ce moment est pour moi peut-être le plus beau moment de la Passion, le moment où s’incarne l’amour de Jésus pour Dieu et tous les hommes dans un même élan de lumière. 

Redescendant du Jardin, au terme de son cheminement de prière, Jésus adresse à ses disciples des mots qui m’apparaissent comme les plus doux de l’Evangile : “Dormez maintenant et reposez-vous”. Dans ces mots j’entends l’amour d’une mère veillant son enfant malade, et qui lui dis “dors” car elle sait qu’elle restera à son chevet pour surveiller sa température et le soigner afin qu’il guérisse. Alors dans ces mots de Jésus j’entends cet amour qui veille et qui guérit, et qui nous permettra de Le suivre quand il poursuivra en nous disant “Levez-vous maintenant”.


Alors je voudrais commémorer ce jour si particulier avec vous. 


Laissons-nous gagner par les mots d’amour pour la Croix, pour le pacte d’amour scellé par Jésus, qui émanent du coeur ardent de Padre Pio : 


Que Jésus comble votre esprit de ses grâces les plus belles et vous donne de goûter à la douceur d’une croix portée chrétiennement !

Comme il est doux, ce mot de : croix ! Ici, au pied de la croix, les âmes se revêtent de lumière, s’enflamment d’amour, mettent des ailes pour atteindre des cieux plus élevés.

Que cette même croix soit également notre lit de repos, notre école de perfection, notre héritage bien-aimé ! Dans ce but, gardons-nous de la séparer de l’amour que nous portons à Jésus : sans celui-ci, elle deviendrait un fardeau que notre faiblesse ne saurait supporter.

Que la Vierge des Douleurs nous obtienne de son Fils de nous faire pénétrer toujours plus avant dans ce mystère et de nous enivrer des souffrances de Jésus ! La plus grande preuve d’amour consiste à souffrir pour l’être aimé. Par conséquent, comme le Fils de Dieu a subi tant de souffrances par pur amour, il ne fait aucun doute que la croix qu’il a portée devient aussi aimable que l’amour.

Que la Sainte Vierge nous obtienne d’aimer la croix, les souffrances et les douleurs ! Puisqu’elle fut la première à mettre l’Evangile en pratique dans toute sa perfection et sa sévérité, et cela avant même qu’il ne soit publié, qu’elle nous l’obtienne à nous aussi et nous donne d’être toujours à ses côtés.

Efforçons-nous aussi, à l’exemple de tant d’âmes élues, de nous tenir toujours derrière cette Mère bénie et de marcher à sa suite, car il n’y a pas d’autre chemin qui conduise à la vie que celui que notre Mère emprunte : ne nous en détournons pas, si nous voulons atteindre notre but.

Restons toujours unis à notre Mère si chère : avec elle, sortons de Jérusalem auprès de Jésus, car Jérusalem symbolise l’obstination du peuple juif, du monde qui rejette Jésus-Christ et le renie. D’ailleurs, Jésus a déclaré s’en être séparé, car il a dit : “Je ne suis pas de ce monde” et il l’a exclu de sa prière à son Père : “Je ne prie pas pour le monde”.

Oui, sortons de cette Jérusalem reniée, déicide et ouvertement infidèle et portons avec Jésus l’opprobre glorieux de la croix.

C’est ce à quoi l’Apôtre nous invite : “Par conséquent, pour aller à lui, sortons en dehors du camp” ; en cela, il reprend l’appel du divin Maître : “Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive”. Gardons les yeux fixés sur cette noble et sainte foule qui suit Jésus au Golgotha : il n’y en a pas un seul qui ne porte la profession de la vraie foi sur le front, l’abnégation au fond du cœur et la croix sur les épaules. Exhortons-nous à faire partie de ce peuple entreprenant chez qui toutes les consolations s’unissent à tous les sacrifices, tous les espoirs à toutes les vertus.

Veillons bien à ne jamais nous laisser troubler par quelque triste accident qui pourrait survenir : en effet, ce sentiment est toujours lié à notre imperfection, puisqu’il puise ses racines dans l’égoïsme et l’amour-propre.” (lettre au Père Agostino 1915)



Apprenons à nous défaire de cette volonté propre qui pour saint Charbel nous masque la Volonté de Dieu à l'oeuvre dans nos vies.

Suivons l’injonction de Padre Pio :  "allez donc, plus que jamais, aux pieds de Jésus-Christ qui lutte, qui agonise pour vous dans le Jardin." 


Aimer le destin

En union profonde de coeur avec Jésus qui prie dans le Jardin, suivons le précieux enseignement de l’abbé Jean Carmignac : 

“Jésus lui-même, lors de son agonie à Gethsémani, nous indique la véritable portée de la formule “Que Ta Volonté soit faite” qu’il avait employée dans son Notre-Père : “S’il n’est pas possible que cette coupe passe sans que je la boive, que ta volonté soit faite.” Dans la bouche de Jésus, cette parole n’exprime nullement une résignation fataliste, mais la soumission filiale de sa volonté humaine à la Volonté du Père, puisque trois versets auparavant (Matthieu 26, 39) il disait : “Pas comme je veux mais comme tu veux”. Malgré ses répugnances personnelles devant les horribles souffrances de sa Passions, Jésus veut positivement ce que son Père veut et il contribuera à la réalisation de cette Volonté. L’impératif employé en grec indique une volonté humaine qui demande que soit effectuée la Volonté divine, quoi qu’il en coûte.

Ainsi donc, cette formule du Notre Père est un souhait ardent que la Volonté de Dieu soit effectivement réalisée : on demande, et presque on commande, à Dieu d’exécuter sa Volonté, et aux hommes d’y collaborer le mieux possible. [...]

Cette demande exige de nous une attitude spirituelle très particulière. En la formulant, nous devons vouloir uniquement la Volonté du Père, et donc nous devons renoncer à notre volonté propre en tout ce qu’elle renferme d’égoïsme instinctif, pour la fondre dans la sainte Volonté divine, dont nous implorons la réalisation parfaite en étant bien décidés à y participer selon nos possibilités.” (A l'écoute du Notre Père)



Remettons-nous en à la tendresse de Marie qui façonne nos coeurs pour les rendre prêts à accueillir Jésus. Prions avec Padre Pio et recevons en notre âme ces deux mystères douloureux :


“Mystère Douloureux, le Portement de la Croix : Ô Marie, Mère des Douleurs, fais que, avec toi, nous suivions Jésus qui s’est rendu faible pour nous donner la force, qui est tombé pour nous relever, et que rien ne nous arrête dans la montée de notre propre Calvaire pour arriver au sommet et y mourir avec Jésus, assistés par toi, Mère très aimante !”

 

“Mystère Douloureux, la Mort de Jésus : Ô Marie, Reine des Martyrs, fais-nous mourir à nous-mêmes pour vivre et mourir avec Jésus et pour Lui. Que notre détachement de ce qui est terrestre soit un acte parfait d’amour et de douleur, un ardent soupir vers la “Rencontre.”



Laissons résonner en nous ce chant vibrant de la tradition orthodoxe qui nous place devant la Croix




je vous souhaite un jeudi et un vendredi saints en union profonde de coeur à Jésus crucifié. Que Jésus vous garde en son amour incommensurable.

Mes prières vous accompagnent



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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

3 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

FRANCOISE
FRANCOISE place Guérande, il y a 3 mois
Grand merci LUCIENNE, je suis très touchée car profondément attachée à PADRE PIO, et à ST CHARBEL. Que le SEIGNEUR vous bénisse en abondance. Françoise
Christian
Christian place Seyssinet-Pariset, il y a 3 mois
Des ténèbres surgit la Croix du Christ ! Victime offerte et consentante Agneau pur et innocent Il apporte à nos pauvres vies l'espoir d'une éternité sans fin. Au sol il est tombé à Gethsemani Au sol il est tombé sur le chemin du Golgotha Au sol il est déposé au pied de la croix Mais il est élevé sur la croix du supplice il est élevé au-dessus de l'humanité il est élevé à la droite du Père bien-Aimé. Du jardin nocturne au lieu de torture sa souffrance est promesse sa souffrance est délivrance sa souffrance est transfiguration. Amen Saint triduum pascal à vous Lucienne de la part de Christian
Lucienne
Lucienne place Lourmarin, il y a 3 mois
merci Christian pour ce très beau texte "Que le Seigneur vous donne Sa Paix"
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