Saint Bruno : chapitre 1 - Hozana

Saint Bruno : chapitre 1

Saint Bruno : 1030 - 1101

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Chapitre 1

Extrait de la lettre du Saint-Père Jean-Paul II, Silentio et Solitudini adressée aux Chartreux le 14 mai 1984, à l’occasion du neuvième centenaire de la fondation de leur Ordre.

« Pour l'Eglise elle-même, en tant qu'elle est absorbée dans les difficultés du labeur apostolique, les solitaires signifient la certitude de l'Amour immuable de Dieu. Et c'est au nom de toute l'Eglise qu'ils font monter vers Lui un hymne de louange ininterrompue ».

Depuis bientôt mille ans, les Chartreux font monter vers Dieu cet hymne de louange ininterrompue, signifiant ainsi au monde leur foi en l’Amour immuable de Dieu. Mille ans se sont écoulés depuis qu’un moine humble et pauvre s’enferma dans la solitude d’une montagne glacée, avec quelques compagnons, pour vivre en ermites l’éternité de l’Amour divin. 

Bruno est né à l’aube du deuxième millénaire tandis que s’estompait la grande peur de l’an mille, une peur de la fin du monde qui avait perduré jusque vers l’an 1033. Pourquoi 1033 ? Certains pensaient alors que les trompettes du Jugement Dernier retentiraient mille ans après la Crucifixion et non après la naissance du Christ.

Quand il vient au monde à Cologne vers l’an 1030, on assiste au début d’une première Renaissance, comme un Printemps de la Chrétienté. La théologie et les sciences se développent, partout on bâtit églises et chapelles, élevées vers le ciel en actions de grâces. Le petit Bruno grandit dans ce climat de renouveau, où il manifeste très vite des dons d’intelligence et des dispositions pour l’étude hors du commun. Sa famille - peut-être celle des Hartenfaust - est noble et se préoccupe de son éducation. Il est envoyé à l’école de la cathédrale Saint-Cunibert, dans sa ville natale. Or, compte tenu de ses dons, dès qu’il a quinze ans, sa famille et ses maîtres le jugent digne du meilleur enseignement prodigué à l’époque : celui de l’Université de Reims.

Les plus fameuses universités du monde occidental se trouvaient alors toutes en France. Au nombre de celles-ci, Reims était, sans conteste, la plus prestigieuse. Elle avait bénéficié de l’enseignement du grand Gerbert, un fils de paysans auvergnats, considéré comme un génie universel en arithmétique, géométrie, astronomie, mécanique et musique. Il avait inventé la sphère céleste, le balancier d’horloge et un orgue perfectionné. Homme de Dieu il devait devenir, en 999, le pape Sylvestre II.

A Reims, Bruno, élève assidu, se passionne pour la théologie. Ses dons sont si exceptionnels que ses professeurs le signalent bientôt à l’archevêque de Reims, Monseigneur Gervais. Il nous reste, de la main de Bruno, en témoignage de ce temps passé à Reims, une petite pièce de vers, quatorze au total, consacrés à la vanité des biens terrestres et à la nécessité d’assurer son salut dès la jeunesse. Après ses diplômes, Bruno retourne à Cologne. C’est très probablement là, en 1056, qu’il reçoit les Ordres des mains du saint évêque Annon. 

Toutefois son destin n’est pas de rester en Germanie. A Reims, l’archevêque n’a pas oublié cet étudiant aux dons exceptionnels. Or, en 1057, une charge importante s’y trouve vacante, celle d’Ecolâtre. Entendons par là un directeur des hautes études et inspecteur des écoles du diocèse. Pour la pourvoir, il faut un homme de science et de conscience. Bruno, l’allemand, si bien formé aux disciplines françaises, convient parfaitement à  ce poste. Sa jeunesse, il n’a que vingt-cinq ans, ne semble pas un obstacle à l’archevêque. Sa nationalité non plus puisqu’il sera appelé Bruno Gallicus, autrement dit le Français. A Cologne, Bruno, en voyant arriver le courrier aux armes archiépiscopales, se réjouit de sa promotion et reprend bien vite la route de Reims, cette fois pour enseigner.

L’élite intellectuelle du pays se presse bientôt aux cours du nouvel Ecolâtre dont la réputation ne fait que croître. Bruno est admiré, aimé aussi. Il noue avec ses étudiants des liens d’amitié et, pendant dix ans, la vie lui sourit.

La chance tourne le 4 juillet 1067, à la mort de l’archevêque Gervais. A cette époque, les princes de l’Eglise étaient dotés de revenus appréciables ce qui suscitait des convoitises. Or la charge de l’évêché faisait l’objet d’une élection par le peuple. Peu rodé au discernement, ce peuple peut aisément se faire abuser par un candidat sans scrupules et assez hypocrite pour cacher son jeu. C’est ce qui se produisit à Reims avec l’élection d’un certain Manassès. Celui-ci, une fois dans la place, procède d’abord avec prudence. Pour se concilier Maître Bruno, il le nomme Chancelier ecclésiastique. Croit-il, pour autant, en avoir fait un complice ? Car il lui fait cette confidence : « Bon archevêché que Reims ! Les revenus en sont bien ronds. Dommage que pour les toucher, il faille chanter la messe ! »

Maître Bruno n’a plus aucune illusion… Et, de fait, Manassès se dévoile tout à fait, ne pouvant dissimuler plus longtemps un caractère violent et emporté. Les clercs qui protestent sont excommuniés et leurs biens confisqués. Idem pour les moines dont les monastères sont pillés. Manassès s’approprie les vases sacrés et les revend.

C’en est trop pour Maître Bruno qui s’allie avec de nombreux clercs et adresse une protestation au pape Grégoire VII, en lui demandant la déposition du coupable. Prudent, le pape charge son légat en France d’instruire l’affaire. Il s’agit de Hugues de Die qui, pour ce faire, organise un concile à Autun. Maître Bruno et les clercs se déplacent mais Manassès se garde bien de paraître. Il crie à la calomnie et, dans sa furie, pénètre  chez ses détracteurs, s’empare du mobilier qu’il vend et menace leurs vies. Prudents, ceux-ci se gardent bien de rentrer à Reims. Pour sa part, Maître Bruno a tout simplement regagné Cologne. Hugues de Die prononce la suspense. Mais Manassès, loin de se soumettre, fait appel à Rome et le pape le convoque. Le félon déploie devant le Saint-Père une telle habileté que celui-ci, ébranlé, demande à Hugues de Die de convoquer un nouveau concile qui a lieu, cette fois, à Lyon. Manassès fait traîner le procès et finit par être condamné. Grégoire VII confirme la sentence mais le coupable reste en place… Pour finir, Grégoire VII demande à Philippe Ier, Roi de France, de mettre le jugement de l’Eglise à exécution. Enfin délogé de Reims mais les coffres pleins, Manassès traverse le Rhin avec son butin. Et Maître Bruno le repasse en sens inverse… Il est accueilli avec enthousiasme mais ne retrouve pas sa charge d’Ecolâtre, confiée entretemps à quelqu’un de respectable. Qu’importe ! On pense, pour Bruno, à une dignité beaucoup plus haute : le siège archiépiscopal. On ne peut mieux choisir et voici que la crosse et l’anneau lui sont offerts.

A la stupeur générale, Maître Bruno refuse.

Au nom de toute l'Eglise, les Chartreux, par leur choix d’une vie érémitique, font monter vers Dieu un hymne de louange ininterrompue. Ils signifient ainsi au monde leur foi en l’Amour immuable de Dieu et reçoivent en partage la paix, la joie.

A leur exemple, faisons, nous aussi, monter vers Dieu notre louange, un acte d’amour qui ne demande en retour que Sa Grâce. « Mon âme exalte le Seigneur » a dit la Vierge Marie. Apprenons à prier comme Elle le fit.


Je vous salue, Marie…


Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

5 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

GJ
place Metz, il y a 3 mois
Amen.
Christiana
place Vesoul, il y a 3 mois
En Union de prières, amen 🙏🌻
jean
place Haguenau, il y a 3 mois
En union de prière. Amen.🌹🙏🙏🙏 j-m
Florence
place Plouray, il y a 3 mois
en union de prière amen fiat
Marie-Astrid
place Marseille, il y a 3 mois
Union de prière🌹🙏🕯🙏🕯🌹