Soulagement de la souffrance - Hozana

Soulagement de la souffrance

Soulagement de la souffrance

Chers compagnons de prière,


En ce deuxième jour de notre neuvaine, laissons Padre Pio nous guider vers une meilleure compréhension de nos souffrances. Puissions-nous apprendre auprès de lui à leur donner du sens.



Au coeur de nos souffrances toucher la Présence

Padre Pio a toujours été particulièrement sensible à la souffrance de ses “frères d’exil” et il a été vecteur de nombreuses guérisons, physiques, morales et spirituelles. Il a fait monter vers le ciel de très nombreuses prières pour des personnes souffrantes. Il a mis beaucoup d’énergie et d’engagement personnel dans la création d’un grand hôpital moderne pour le sud de l’Italie, qui en était dépourvue, et il a intitulé cet établissement “Maison pour le Soulagement de la Souffrance”.

Le soulagement de la souffrance est au coeur de son apostolat, et la sensibilité à la souffrance au coeur de sa vie de prière.

Tout en gardant à l’esprit cet aspect très important de sa mission et de sa personnalité, écoutons attentivement les 2 exemples suivants de conseils de direction spirituelle qu’il donne à des personnes qui traversent des périodes de souffrance :


“ En tous les événements de la vie, reconnaissez la volonté de Dieu, adorez-la, bénissez-la. Spécialement en ce qui est le plus dur pour vous, ne cherchez pas à en être délivré. Plus que jamais alors, élevez votre esprit vers le Divin Père et dites-lui : “Ma vie, comme ma mort, est entre vos mains, faites de moi comme meilleur vous semblera.” ” (lettre de direction spirituelle, citée in Padre Pio, le buisson ardent)


“Ne vous abandonnez jamais à vous-même ; toute votre confiance, mettez-la en Dieu seul. De Lui attendez toute force, et ne désirez pas trop être délivrée de votre état présent. Laissez le Saint Esprit agir en vous. Abandonnez-vous à tous ses transports et ne craignez rien” (ibidem)


Comme le rapporte le Père Derobert, Padre Pio dit à de nombreuses reprises que, quoi qu’il arrive dans notre itinéraire de vie, “c’est Dieu qui tient les ficelles” ; et au coeur de souffrances spirituelles qu’on lui rapporte il dira fréquemment que “ce ne sont que jeu d’amour” de Dieu.


Alors la souffrance doit-elle être soulagée ou accueillie avec une sainte résignation ? pour le comprendre, continuons à écouter les conseils spirituels de Padre Pio, où il esquisse pour nous la portée de la souffrance, de cette impuissance qui, en nous mettant face à l'inanité de nos propres forces, nous mène à Dieu :

“La vie du chrétien n'est qu'un effort perpétuel contre soi. L'âme ne s'épanouit qu'au prix de la douleur.

Dieu enrichit l'âme qui a fait le vide en elle.” (cité dans Padre Pio, le stigmatisé)


Padre Pio sait ces souffrances spirituelles par laquelle l'âme se retrouve "nue et misérable" et "le coeur aride et sec" ; il sait ces épreuves spirituelles dans lesquelles on apprend à ne plus rien connaître, à n'être soi-même plus rien et où il ne reste qu'à aimer l'amour lui-même, qui se dérobe.

Padre Pio a expérimenté très tôt dans sa jeunesse combien la souffrance fait partie du chemin d’amour qui mène à l’intimité de Dieu : parce que l’amour de Dieu fait souffrir l’âme finie qui vient se brûler à un amour trop grand pour être contenu par elle, et parce qu'au coeur de la souffrance l’âme ouverte à Dieu ne trouve pas le vide mais une union mystérieuse à Jésus crucifié.

La souffrance n’est pas à rechercher, mais nous avons à écouter celles que nous trouvons sur notre route, nous avons à laisser Dieu nous façonner dans les souffrances que nous traversons et qu’il traverse à nos côtés :

Écoutons Padre Livio, actuel gardien du couvent de San Giovanni Rotondo, parler de Padre Pio : "Beaucoup sont restés en dehors du vrai message et n'ont pas compris l'amour qui brûlait son coeur. L'amour n'est jamais banal. Que le Seigneur nous ait aimés jusqu'à donner sa vie, qu'il nous ait associés à la rédemption de l'humanité, cela reste une bonne nouvelle toujours actuelle. Nous connaîtrions mieux ce que signifie l'offrande de soi si nous comprenions jusqu'où va l'amour. Aimer passionnément les hommes, désirer leur salut, suppose le don de soi. Quant à la souffrance, l'humanité en est marquée de mille manières. Ici, nous rencontrons des gens qui souffrent physiquement, moralement, spirituellement. Ils reconnaissent en Padre Pio un ami, quelqu'un qui peut les comprendre. Dans sa vie, il a connu la souffrance, il a partagé les douleurs des autres. Cela explique sa popularité universelle et le nombre sans cesse croissant des pèlerins. Ils viennent se décharger de leurs épreuves, alléger leur croix. Padre Pio n'a pas cherché la souffrance, il ne l'a pas fuie non plus, il en fait une offrande. C'est son exemple et son message.



Ne pas fuir, offrir

Que peut vouloir dire “offrir sa souffrance" ? La vie de Padre Pio, par la richesse des fruits de cette offrande de la souffrance, porte le signe de la part de vérité qui se trouve dans ce mystère.

Cette offrande implique que la souffrance n’est pas quelque chose de négatif, car on n’offre pas du négatif : l’offrande à Dieu remonte aux origines de la relation de l’homme à Dieu, c’est pourquoi la Bible fait remonter cette pratique à Abel et Caïn qui avaient chacun à offrir, pour nouer relation à Dieu après et malgré la Chute, l’un les premiers nés de son troupeau et l’autre ses premières récoltes. Dans l’offrande il ne s’agit donc pas de déposer du négatif auprès de Dieu pour qu’il le transforme en positif, qu’il en annule la négativité, il s’agit au contraire de restaurer, vivifier la relation à Dieu en Lui donnant de notre bien en reconnaissance que tout bien vient de Lui, et donc lui revient. L’offrande est toujours offrande en retour. Offrir à Dieu ses souffrances c’est donc reconnaître la main de Dieu dans la souffrance, et remercier Dieu de nous l’envoyer. C'est pourquoi il faut distinguer dans nos souffrances : toute souffrance n’est pas à offrir : le désespoir est à combattre, à guérir, avec l’aide de Dieu. 

Padre Pio nous rappelle en effet fortement la lutte qui se joue dans notre monde, et qui en est le ressort secret : “Les tentations émanent de l'ignoble et des ténèbres ; les souffrances du sein de Dieu [...]. Méprisez les tentations, recevez les vicissitudes à bras ouverts.

Il faut donc distinguer : la souffrance derrière laquelle “c’est Dieu qui tient les ficelles”, que nous avons à accueillir et qui porte en elle pour nous la possibilité d’un pas à faire dans notre itinéraire spirituel, et la souffrance qui ne vient pas de Dieu, mais plutôt des méandres de la vie physique à laquelle nous sommes soumis (comme la maladie accidentelle), ou encore de l’Alternative à Dieu et de toutes ses conséquences dans nos vies : nombre de nos souffrances nous sont en effet infligées par nos frères d’exil quand ils cèdent à la tentation de l’obscurité. Les conséquences des tentations obscures auxquelles nous cédons et qui nous contaminent nous-mêmes et contaminent nos frères ne sont pas de Dieu mais bien trop humaines. Aux prises avec ces souffrances qui ne viennent pas de Dieu nous avons à nous mettre en quête, auprès de Dieu, de protection et de soulagement de nos souffrances. Et nous trouverons Padre Pio pour se faire vecteur du soulagement divin.



Pour savoir quand nous devons combattre ou accueillir, remettons-nous-en à l’oraison mentale, pratique de prière particulièrement conseillée par Padre Pio.

L’oraison est l’ouverture de notre coeur à Dieu : dans cette ouverture nous trouverons l’amour, qui nous éloignera de ce qui relève du pouvoir de l’ombre sur nous, et nous fera accueillir et aimer ce qui vient de Dieu.

Dans l’oraison Dieu sera toujours là pour nous aider à porter les souffrances qu’il n’impose jamais en vain : “ Ce n'est pas manquer de patience qu'implorer de Jésus la fin de nos maux quand ils excèdent nos forces ; il nous restera toujours le mérite d'avoir offert notre souffrance…” (cité in Padre Pio le stigmatisé)


Que peut vouloir dire "offrir sa souffrance" ? déposer avec confiance et amour notre souffrance au pied de la Croix, non pour nous en débarrasser mais pour que Jésus lui donne un sens. Ce que nous dit Padre Pio en nous disant de ne pas fuir la souffrance, c'est que la souffrance n'est en elle-même ni positive, ni négative, elle fait simplement partie de la vie. Elle est vécue négativement quand elle est vécue sans l'aide de Dieu, dans la solitude de la créature fermée à son créateur ; quand elle est vécue en union à Dieu, en ouverture du coeur au créateur de la vie dont la souffrance fait partie intégrante, elle devient creuset de l'étreinte de Dieu, en Jésus Christ. 


Jésus, toujours

Dieu tient les ficelles d’un jeu d’amour qui est chemin initiatique d’amour, et qui ne peut passer que par Jésus, le chemin de réconciliation au Père n’existant que par le Fils : “Si Jésus se manifeste à vous, remerciez ; s'il se dérobe, remerciez. C'est tout le jeu d'amour pour nous attirer suavement à son Père. Persévérez jusqu'à la mort, jusqu'à la mort avec le Christ sur la Croix.” (ibidem)


Dans toutes nos souffrances nous trouverons la main secourable de Jésus, qui nous attend sur la Croix de toute éternité : “Ne craignez jamais les embûches de Satan. Pour fortes qu’elles soient, elles ne réussiront jamais à déstabiliser une âme qui se maintient fixée à la croix. Que la barque de votre esprit ait l’ancre puissante de la confiance dans la bonté divine.” (cité in Padre Pio, le buisson ardent)


Laissons les paroles de Padre Pio nous révéler l’amour de son cher Jésus pour nous pauvres pécheurs. Laissons ces paroles percer les carapaces de nos coeurs trop endurcis et trop englués dans l’ici-bas où l’on oublie le ciel. Goûtons, dans ces paroles de vérité, l’assurance de la présence de Jésus au coeur de nos souffrances, qu’Il a par avance pris sur son coeur ; nous y puiserons la force de faire face à nos souffrances par amour pour Jésus :

“Jésus… Tu as pris sur toi toute notre faiblesse. Pour nous donner ta force, tu es devenu notre bouc émissaire. Tu veux nous apprendre qu’en toi seul nous devons mettre toute notre confiance, même si le ciel nous paraît d’airain.

Jésus, Tu as répondu du fond de ton coeur consumé d’amour, au cri de l’humanité qui réclame ta mort comme prix de Rédemption.

Ô mon Jésus, donne-moi ta force lorsque ma pauvre nature se révolte devant les maux qui la menacent, afin que je puisse accepter avec amour les peines et les détresses de cette vie d’exil. J’adhère de toutes mes forces à tes mérites, à tes peines, à ton expiation, à tes larmes, afin que je puisse travailler avec toi à l’oeuvre du salut et que j’aie la force de fuir le péché, cause unique de ton agonie, de ta sueur sanglante et de ta mort”. (extraits de la Méditation sur la Sainte Agonie de Padre Pio) 


N'oublions pas, au cours de chacune de nos journées, de nourrir une pensée aimante pour Jésus Crucifié. Que nos coeurs soient auprès de Jésus souffrant, nous découvrirons alors que dans nos souffrances monte de nous une louange au Dieu-Père, nous découvrirons le soulagement de nos souffrances.


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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

2 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

GJ
place Metz, il y a 3 mois
En partage ces deux citations de Saint Jean-Paul II qui rejoignent parfaitement ce sublime enseignement de Saint Padre Pio : "On ne peut découvrir la Joie, que lorsque l'on peut donner un sens à sa souffrance !" "C'est par le Christ et dans le Christ que s'éclaire l'énigme de la douleur et de la mort, qui hors de l'Evangile nous écrase." En Union de Prières. Amen.
Lucienne
place Lourmarin, il y a 3 mois
merci pour ces belles citations. mes prières vous accompagnent