La Messe……........……Agnus Dei - Hozana

La Messe……........……Agnus Dei

 La Messe……........……Agnus Dei

Jésus est descendu de la croix et remis à sa Mère. Treizième station du chemin de croix de la colline des Espélugues surplombant la grotte de Massabielle à Lourdes,

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              Treizième publication de l’EXPLICATION DE LA MESSE d’après les notes prises lors des différents explications données par Dom Guéranger à ses moines : Elle concerne les prières depuis l’Agnus Dei jusqu’à la communion du prêtre.

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            Avant d’aborder la prière suivante, rappelons que le prêtre vient de laisser tomber dans le calice la fraction d’hostie qu’il avait dans la main. L’Eglise manifeste ainsi la réunion du Corps et du Sang du Christ lors de la Résurrection, le Christ reprenant le sang qui se trouvait épanché au Calvaire, au prétoire, et au jardin des Oliviers.

AGNUS DEI

               Après avoir fait ce mélange, le Prêtre, s’inclinant devant le Saint-Sacrement et joignant les mains, rappelle la parole de saint Jean Baptiste et dit : Agnus Dei, qui tollis peccata mundi miserere nobis. ( Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous ) Cette parole ne saurait venir plus à propos. C’est ainsi que la sainte Église va partout recherchant les plus belles choses pour les réunir dans un seul tout en cette grande action du saint Sacrifice. Ainsi elle prend le chant que les Anges font entendre au Ciel, et elle s’écrie : Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus sabaoth. (Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu des armées ) Puis elle ajoute le cri des enfants des Hébreux : Benedictus qui venit in nomine Domini : ( Bénit soit celui qui vient au nom du Seigneur)  Maintenant elle dit avec le Précurseur : Agnus Dei. A ce moment, en effet, Notre Seigneur est véritablement l’Agneau immolé, elle supplie par deux fois ce divin Agneau qui a pris sur lui nos péchés, d’avoir pitié de nous, miserere nobis. La troisième fois elle ajoute : Dona nobis pacem, ( Donnez-nous la paix) parce que l’Eucharistie est, comme nous l’avons dit, le sacrement de la paix, par lequel tous les fidèles se trouvent réunis.

         Aux Messes des morts, au lieu de miserere nobis, on dit dona eis requiem, ( Donnez-leur le repos) et la troisième fois on ajoute sempiternam,( Eternel )  ce qui exprime sans équivoque le caractère de la demande que nous faisons pour les âmes des fidèles trépassés ; nous demandons pour elles non plus l’union dans la paix, mais le repos dans la paix éternelle.

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ORAISONS AVANT LA COMMUNION

        Vient maintenant l’Oraison de la paix : Domine Jesu Christe, qui dixisli Apostolis tuis : Pacem relinquo vobis, pacem meam do vobis : ne respisias peccata mea, sed fidem Ecclesiae tuae, eamque secundum voluntatem tuam pacificare et coadunare digneris. Qui vivis et regnas Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen. ( Seigneur Jésus-Christ, qui avez  dit à vos apôtres : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix », me regardez pas mes péchés, mais la foi de votre église, et donnez-lui la paix et l’union dont vous voulez qu’elle jouisse. Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.)

        Telle est la formule par laquelle le Prêtre demande la paix et l’union de la charité pour les fidèles, au moment où ils vont participer aux saints mystères. Cette Oraison ne se dit pas aux Messes des morts. – Lorsqu’elle est achevée, le Prêtre qui dit la Messe donne la paix au Diacre, qui la porte ensuite au Sous Diacre chargé de la donner au Chœur. Si le Célébrant est un Évêque, il donne la paix au Prêtre assistant, qui à son tour la porte au Chœur, tandis que les Diacres et le Sous-Diacre viennent la recevoir directement du Prélat.

               Quant au Célébrant, il prend la paix en baisant l’autel auprès de la sainte Hostie. C’est le Seigneur lui-même qui la lui donne. On peut se servir pour donner la paix d’une plaque de métal précieux, que l’on appelle pour cela instrumentum pacis ; dans ce cas le. Célébrant baise cette plaque après avoir baisé l’autel. S’il se trouve dans l’assemblée des princes et princesses ou quelque grand personnage que l’on veut honorer, on leur porte l’instrumentum pacis qu’ils baisent à leur tour.

              Nous avons déjà remarqué que la paix ne se donne pas aux Messes des morts ; la même chose s’observe au Jeudi Saint afin de protester contre le baiser de judas par lequel Notre Seigneur fut trahi et livré à ses ennemis. On s’abstient également du baiser de paix au Samedi Saint, gardant en cela l’ancienne coutume suivie lorsque la Messe se célébrait pendant la nuit ; le grand nombre des néophytes aurait pu occasionner de la confusion. Et puis ce n’est qu’au soir de la Résurrection que Notre Seigneur adressa à ses disciples assemblés cette parole : Pax vobis. La sainte Église, par respect pour les moindres circonstances de la vie de son céleste Époux, omet à cause de cela à la Messe du samedi et le chant de l’Agnus Dei ; qui amènerait ces paroles : dona nobis pacem, et la cérémonie du baiser de paix, qui ne reparaît qu’à la Messe du jour de Pâques.

                Le Prêtre doit dire encore deux Oraisons avant la Communion. Celles qui sont aujourd’hui au Missel ne sont pas très anciennes ; cependant elles remontent bien à mille ans. Autrefois ce que l’on disait à ce moment était de tradition, ainsi que l’étaient les prières de l’offrande ; aussi ces Oraisons ne se trouvent pas dans le Sacramentaire de saint Grégoire, qui ne contient que les Préfaces et le Canon, les Collectes, Secrètes et Postcommunions. Tout le reste se transmettait par tradition et variait suivant les Églises. C’est parmi les différentes Oraisons qui se disaient ainsi, que l’on a choisi les deux qui se trouvent aujourd’hui placées au Missel. Elles doivent toujours se dire, lors même que l’Oraison de la paix est supprimée. La première des deux commence ainsi :

            Domine Jesu Christe, Fili Dei vivi ; qui ex voluntate Patris, cooperante Spiritu Sancto, per mortem tuam mundum vivificasti. . .  (Seigneur Jésus-Christ, fils du Dieu vivant, qui par la volonté du Père et la coopération du Saint Esprit avez  donné par votre mort la vie au monde… ) Ainsi, dans la mort de Notre Seigneur, la Sainte Trinité tout entière agit ; le Père y met sa volonté, le Saint Esprit y coopère et assiste l’humanité de Notre Seigneur dans l’offrande qu’elle fait d’elle-même. Mais poursuivons dans l’Oraison : libera me per hoc sacrosanctum Corpus et Sanguinem tuum, ab omnibus iniquitatibus meis, et universis malis. (Délivrez-moi, par ce très saint corps et par votre sang, de tous mes péchés et de toutes sortes de maux.) La première chose que nous devons désirer, en communiant, c’est que nos péchés disparaissent ; et comme nous n’avons pas seulement en vue le moment présent, nous demandons d’être délivrés de tous les maux, ajoutant de plus cette demande qui regarde l’avenir : et fac me tuis semper inhaerere mandatis et a te nunquam separari permittas. Qui cum eodem Deo Patre et Spiritu Sancto vivis et regnas Deus in saecula saeculorum. Amen. ( Faites que je m’attache toujours inviolablement à votre loi, et ne permettez  pas que je me sépare jamais de vous: Qui, étant Dieu, vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.)  Ainsi à Dieu venant en nous par la sainte Communion, nous demandons trois choses : d’abord de nous délivrer de nos péchés, puis de nous attacher toujours plus à ses commandements, enfin de ne pas permettre que nous soyons jamais séparés de lui.

      Suit la troisième Oraison : Perceptio Corporis tui ; Domine Jesu Christe, quod ego indignus sumere praesumo, non mihi proveniat in judicium et condemnationem. ( Seigneur Jésus-Christ, que la participation à votre corps, que j’ose recevoir malgré mon indignité, ne tourne pas à mon jugement et à ma condamnation )  C’est ici une allusion aux paroles de saint Paul à propos de la Communion, dans sa première Épître aux Corinthiens : qui enim manducat et bibit indigne, judiciüm sibi manducat et bibit (Car celui qui mange et boit indignement, mange et boit sa propre condamnation) (I Corinth. XI 29)., L’Oraison se termine ainsi : sed pro tua pietate prosit mihi ad tutamentum mentis et corporis, et ad medelam percipiendam. Qui vivis et regnas.  ( Mais que, par votre bonté, elle serve à la défense de mon âme et de mon corps, et me soit un remède salutaire. Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez )  Il y a évidemment dans cette pièce un oubli des liturgistes qui l’ont composée. Dans toutes les autres, on a bien soin de mentionner le corps et le sang du Seigneur, tandis qu’ici l’on ne parle que du corps. Cette Oraison pourrait donc paraître peu nécessaire, si son utilité ne ressortait de son emploi dans la fonction du Vendredi Saint. En ce jour, en effet, le Prêtre communie sous la seule espèce du pain, mais il n’offre pas le saint Sacrifice. Pour l’immolation de la Victime, les deux espèces du pain et du vin seraient nécessaires. Mais au jour du grand Vendredi, le souvenir du grand Sacrifice accompli sur le Calvaire occupe tellement la pensée de l’Église qu’elle renonce à le renouveler sur l’autel. Elle se borne donc à participer au mystère sacré par la Communion ; et c’est cette troisième Oraison qu’elle emploie au moment de cette Communion, à l’exclusion de la précédente qui fait mention du Sacrifice. – Cette prière peut être utilement employée par tout fidèle qui se dispose à communier.

             Ces Oraisons étant terminées, le Prêtre dit ces paroles imitées du Psaume 115  : Panem coelestem accipiam, et nomen Domini invocabo. (Je prendrai le pain céleste et j’invoquerai le nom du Seigneur.)  Quand la sainte Église peut puiser dans les Psaumes, elle le fait toujours ; car c’est pour elle la véritable source, le modèle et le type de la prière.

           Après avoir prononcé ces paroles, le Prêtre prend de sa main gauche les deux parties de l’Hostie, au-dessous de laquelle il tient la patène, et se frappant la poitrine par trois fois, il dit : Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum ; sed tantum dic verbo, et sanabitur anima mea. ( Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison, mais dites seulement une parole et mon âme sera guérie. ) C’est la parole qu’adressa le Centurion à Notre Seigneur, qui venait pour guérir son serviteur. Encore une fois disons-le, la sainte Église a su trouver tout ce qu’il y avait de plus beau dans les saintes Écritures, pour le placer à la sainte Messe et l’y enchâsser comme des diamants. Nous disons donc aussi : Domine non sum dignus. Pour nous ce n’est pas un serviteur que nous avons à guérir, c’est notre âme elle-même qui demande du secours, et ces paroles sont comme un dernier appel fait à Dieu. Nous avons besoin d’être guéris, et plus nous approchons du Seigneur qui peut seul nous guérir, plus nous devons demander avec confiance. Rien, il est vrai, n’est aussi patent, aussi connu, que notre indignité ; mais aussi qui est puissant comme le Seigneur ? Il n’y a qu’à lui demander humblement : sed tantum dic verbo, et sanabitur anima mea. Oui, dites seulement une parole, cela suffit pour guérir mon âme.

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COMMUNION

          Après cet acte d’humilité, le Prêtre se dispose à faire la sainte Communion ; faisant donc le signe de la croix avec l’Hostie qu’il tient de la main droite, il dit : Corpus Domini nostri Jesu Christi custodiat animam meam in vitam aeternam. Amen. (Que le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ garde mon âme pour la vie éternelle. Ainsi soit-il.)  Remarquons : in vitam aeternam, pour la vie éternelle. Le Prêtre parle comme s’il ne devait communier qu’une seule fois dans sa vie. Une seule Communion devrait suffire en effet à garder notre âme pour la vie éternelle, et Dieu a voulu qu’il y eût, dans ce sacrement, de quoi soutenir une personne qui ne communierait qu’une seule fois. Il a voulu même nous donner quelques exemples de cette vérité, entre autres celui de sainte Marie Égyptienne, qui fut avertie de se préparer à faire la Communion qu’elle reçut du saint abbé Zozime ; et cette unique Communion garda son âme pour la vie éternelle. Toutefois la sainte Communion n’est pas un gage de vie éternelle pour notre âme seule, elle est encore un gage de résurrection pour notre corps. Aussi lorsque l’Évêque donne la Communion aux nouveaux Prêtres qu’il vient d’ordonner, il dit à chacun :  Corpus Domini nostri Jesu Christi custodiat te in vitam aeternam.

     Ayant communié, le Prêtre se recueille un moment, puis, découvrant le calice, il y met les petites parcelles de l’Hostie qui ont pu rester sur le corporal et la patène, disant : quid retribuam Domino pro omnibus quae retribuit mihi ? Calicem salutaris accepiam, et nomen Domini invocabo. (Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu’il m’a fait ? Je prendrai le calice du salut, et j’invoquerai le nom du Seigneur) . Cela est encore tiré du psaume 115 ; David parlant du calice, calicem salutaris, ( Le calice du salut) n’avait pas en vue une boisson ordinaire ; on sent dans sa parole quelque chose de prophétique ; on entrevoit que l’homme sera sauvé par un breuvage auquel nul autre ne saurait être comparé, breuvage qui ne sera autre chose que le sang du Seigneur. – Le Prêtre ajoute : Laudans invocabo Dominum, et ab inimicis meis salvus ero.  ( Je louerai le nom du Seigneur et l’invoquerai et je serai délivré de mes ennemis.)  Maintenant je louerai le Seigneur, car je suis apte à faire retentir sa louange à cause des dons qu’il m’a faits ; et délivré de mes ennemis, je n’aurai plus rien à craindre. Alors il prend le calice de la main droite, forme avec ce calice le signe de la croix, disant : Sanguis Domini nostri Jesu Christi custodiat animam meam in vitam aeternam. Amen.  ( Que le sang de Notre Seigneur Jésus-Christ garde mon âme pour la vie éternelle. Ainsi soit-il.) Et il prend le Précieux Sang ainsi que la particule qu’il y avait mêlée, au moment où il avait adressé au peuple son souhait de paix.

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             Pour illustrer la façon dont un prêtre pouvait célébrer la messe suivant ce rite, nous publierons prochainement le récit complet que Maria Winowska fit d’une messe particulière, celle à laquelle elle avait assisté pour la première fois, à San Giovani Rotondo,  la messe du Padre Pio.  Nous avions donné le 5 mai 2018,  l’introduction de ce récit. ( https://hozana.org/publication/33172-padre-pio-a-l-autel  ) 

         Ce récit en 2 publications sera ainsi une sorte de conclusion provisoire de cette longue explication de Dom Guéranger .


Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

10 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

Florence
place Plouray, il y a 4 mois
en union de prère ainsi soit-il
Philippe
place Le Blanc, il y a 4 mois
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.
Marie-Thérèse
place Quincy-Voisins, il y a 4 mois
En union de prières - Amen -
Philippe
place Le Blanc, il y a 4 mois
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Michel
 il y a 4 mois
Que le sang de Notre Seigneur Jésus-Christ garde mon âme pour la vie éternelle.
Philippe
place Le Blanc, il y a 4 mois
Que ce mélange et cette consécration du Corps et du Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ, soient pour nous qui les recevons le gage de la vie éternelle. Ainsi soit-il.
Marie therese
place Carcès, il y a 4 mois
Amen !!! 💓
Philippe
place Le Blanc, il y a 4 mois
Amen
Marie-guy
place Orbigny, il y a 4 mois
Union et communion de priére Amen 🙏
Philippe
place Le Blanc, il y a 4 mois
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie